‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 84 sur 89 · SKI · texte numérisé non relu

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M. Scharffenstein , de Nuremberg, ayant adressé une pièce de poésie allemande à S. A S. sur son arrivée dans notre pays, a obtenu une pension annuelle d'un hiehot de bled, d'autant de boige, et de 30 L. en argent. Voilà des vers bien payés, et une pension qui lui vient bien à propos, pour remettre en mouvement plusieurs mâchoires désœuvrées depuis lougtems.

J'ai appris que M. Mfgnin, maître de poste, a écrit a votre Excellence, etqu'îl luioflresa maison du Mouton ('). Elle jugera par là des empressemens qu'on a de la revoir bientôt ici, et de ne la pas laisser sur la roule. On dit aussi que votre Excel lence a déjà écrit ici pour qu'où lui assure la maison de Madame la Comtesse deSponeck.

J'eus l'honneur de dîner hier au château avec Mess" les conseillers Ihiternoy (qui est de retour de Besançon dès avant hier), Houthenot et Ministre Durrrnoy. Madame la Gouvernante, parlant de choses et d'autres, dit qu'elle aurait souhaité d'avoir votre Eberli pour blanchisseuse, mais que celle-ci n'avait point voulu , attendu qu'elle comptait de rentrer au service de V. E. lorsqu'elle sera de retour ici. Nous venons d'apprendre qu'il y a eu un cruel orage et une chute d'eau si extraordinaire dans un village à deux lieues de Baie, que toutes les maisons avec un moulin ont été totalement emportées dans le Rhin. Tous les habitans du village au nombre de cent et quelques personnes sont péries dans les eaux, à l'exception d'un seul homme qui a trouvé moyen d'échapper à ce déluge.

Le pavé de la rue Su rien u est entièrement achevé et cette rue est présentement la plus belle de la ville.

On parle actuellement de combler le fossé du Grand Jardin, je ne sais si ce projet aura lieu ou non. M. le Ministre Durernoy continue de faire seul le service à l'Eglise allemande, à l'absence du Sr Vallft , ministre ad intérim à Montécheroux ; le premier parait être fort goûté de M. le Gouverneur et de Madame. On l'envoya, jeudi dernier, chercher à Belfort de la part des officiers protesta ns du Régiment de Royal-Pologne pour disposer à la mort un jeune soldat de 17 ans, originaire du Wirtemherg, qui fut conduit au supplice et arquebuse .1 heures après son arrivée; il avait volé 30 L. à son camarade. Monsr Ihitervoy fut toujours accompagné par des officiers et un détachement de

III Une i|i;s anciennes auberges de lu ville.

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soldats, la bayonoetle au bout du fusil , pour le préserver des insultes de la bigotle populace ; il fut dans la prison exhorter ce jeune homme, il le prépara à la mort, le communia, l'accompagna au travers de la ville à la léte du régiment jusqu'au lieu du supplice, en l'exhortant publiquement. Après avoir été bien régalé par tes officiers, il s'en revint avec dix écus pour ses peines. N. B. ils n'ont point d'aumônier prolestant, quoiqu'ils ayenl droit d'en avoir.

Monsr Sturler (') se trouve un peu mieux , il commence à se servir de sa jambe paralitique. On l'a mené hier pour la première fois à Sochaux dans la voiture de M. le conseiller Gogutl, et on le transportera jeudi prochain à Plombières. Madame Dodelan a dessein d'y mener aussi mademoiselle sa fille, qui se trouve de lemsenlems incommodée d'un gonflement de glandes du col. Madame Dodelan et Mesdames ses sœurs, également que Mess" les conseillers Rosse!, Gropp et Dwernoy m'ont chargé de faire mille compiimensde leurpart el de celle de leurs daines à votre Excellence et à madame. Le bruit court toujours généralement chez les grands et les petits que votre Excellence retournera bientôt ici en qualité de chancelier ou de vice-président. Faxit Deus.

Mr de Grundlach, lieutenant colonel suédois émérite et qui jouit d'une pension de L. 21)00 du Roy a quitté la maison de Raisin, où son ami défunt Mr de Sternheilm l'avait placé ; il est actuellement en pension chez Mr le vieux Sa nier ; c'est un homme de passé 80 ans.

Monsieur Durcrnoy et ma femme persistent à présenter à votre Excellence et a madame leurs respecte uses obéissances et j'ay l'honneur d'être avec un parfait attachement.

Monsieur, De votre Excellence, etc.

La dernière lettre que j'ai reçue est du ai juillet. Mes deux dernières sont du ;i et 8 du courant.

Montbéliard, ce 12 d'août 1748.

1>. S. Je m'a perçois, que, sans y penser on peut remplir une lettre avec du griffonnage, Pardon, s. v. p.

(1) Il appartenait n une famille Laloise fixée a Montbéliurd.Dnvid~Satomon Sturler, mort en ITiî, fut conseiller de régence à Mon tbel tard. Sun neveu, Jean Frédéric Sturler etail conseiller a M uni bel tard et châtelain de la seigneurie de Franquemoni.

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A Montbéliard, ce lo d'aoOt 1748.

Monsieur,

Voire Excellence jugera aisément des tristes conjonctures où se trouvent nos pauvres seigneuries par rapport aux Eglises et à la religion à la vue de l'extrait suivant d'une lettre de M. le Ministre d'Etat d'Argenson adressée à Mr de la Tour, commandant de Blamont, elle est datée le 4 du courant et elle lui est parvenue le 12 suivant.

« l.e Roi, qui se trouve très mécontent du procédé des agents i' de Mr le Duc de W'irtemberg, vous ordonne de (aire sortir « les ministres qu'ils ont établis dans les seigneuries; attendu h que les choses doivent rester sur le pié où elles étoienl lors- <( qu'en en a pris possession, n

M. de la Tout fit notifier le 13 du courant l'ordre qu'il a reçu aux nouveaux ministres des seigneuries, à eux de s'y conformer en se retirant dans 4 heures à peine d'être saisis et emprisonnés : ces pauvres gens se sont retirés ici et ont demandé ce qu'ils avaient à iaire dans ces tristes circonstances : On a été d'avis de ne les y plus renvoyer jusqu'à ce qu'on ait donné avis où il convient de ce procédé, et qu'on en ait le résultat.

A peine avons nous cru pouvoir respirer, qu'on vient de nouveau nous frapper par l'endroit le plus sensible ; toutes nos espérances ne roulaient principalement que sur la restitution de nos pauvres Eglises des seigneuries, par le traité conclu avec la France et voilà à quoi elles se trouvent réduites. Ces pauvres gens, aussi bien que nous qui sommes les spectateurs de leur triste situation, sont à présent dans l'angoisse et dans la plus grande désolation, et nos ennemis communs triomphent actuellement de leurs pleurs. Bon Dieu jusqu'à quand ! Dcus corda ei tempora mutet.

J'espère que par l'ordinaire prochain je pourrai marquer l'envoi de la lettre que le Magistrat médite d'adresser à S. A., d'abord qu'ils apprendront son arrivée, au sujet de la demande en question. Votre Excellence peut étie persuadée qu'ils avaient sérieusement pris la résolution de le faire à l'arrivée de S. A., mais comme il ne fut pas possible, ils attendaient son retour ici, lequel ne s étant point fait comme ils avaient lieu de l'espérer, on a trouvé bon d'attendre qu'il soit arrivé à Stoutgard,

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pour le féliciter sur son heureux retour et en même lems proposer la chose. Je fus encore avant hier chez M. R. et M., ils m'assurèrent qu'on ne souhaitlait rien tant, et eux en particulier, (|ue le retour de V. E. dans ce pais, et que cette seule chose les avoit embarrassés, savoir si après l'établissement d'un Gouverneur et Procureur, votre Excellence voudrait encore retourner ici. Je les en ai assuré positivement, et je ne doute plus qu'on n'écrive ronséqueroment pu plutôt.

S. E. Mr notre gooverneur fut avant hier à la forge de Chagey, visiter l'écluse qui demande de grandes réparai ions et qui menace ruine, quoique construite à neuf sous le séquestre.

Il donna hier à diner à Mess" les cons: Rossel. Gropp, et llurernoy et à leurs dames ; on dit qu'il suivra ainsi avec le reste, toujours six personnes à la fois. Ni lui ni elle n'ont point encore fait de visites, ils sont encore occupés à arranger leurs eflets, et leur «économie.

Madame Dodelan, mademoiselle sa tille et M. Sturlcr sont partis ce matin pour Plombières. M1 Ihtternoy reçut hier la lettre de votre Excellence; elle nous a d'autant plus réjouis que dès celle du 24 du passé, nous n'en avions point reçu et que j'étais incertain si elle aurait reçu régulièrement les deux lettres que j'écris ordinairement par semaine.

M. Jaqvin , M. Duvemoy et ma femme prennent avec moi la liberté d'assurer votre Excellence el madame de leurs respectueux devoirs et j'ay l'honneur d'être avec une considération sans égale,

Mons1. De V. E., etc.

Mes deux dernières lettres sont du 8 et du 12 et celle ci est du Ci d'août 1748.

Monsieur,

Y. E. aura eu par ma dernière un précis de l'ordre adressé à M. de la Tour pour expulser nos ministres nouvellement rétablis dans les seigneuries. J'envoie présentement une copie lidèle de la lettre entière de Mf d'Argenson, celle du 4 août 1748 par où il paraît clairement que M* de la Tour a eu beaucoup de part par les noires couleurs qu'il a données à cette aflaire. « J'ai reçu, MT, votre lettre du 2li du mois dernier. Hien n'est plus

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irrégulier que la conduite des ministres luthériens dans les croisses dépendantes des seigneuries cédées par le Roi à Mr le I>uc de Wurtemberg : il suffît que Sa Majesté, qui a incontestablement sur tout ce pays le droit de souveraineté, n'y a pas fait connaître ses intentions par rapport ix la tolérance de la religion prétendue réformée, pour que les gens du pays, ni les agens de M* le Duc de Wurtemberg ne soient point en droit de lien innover au dernier état où étaient les choses à cet égard lorsque le prince en a pris possession. Vous devez donc faire entendre à tous ceux qui ont rapport aux entreprises de ce genre qui viennent d'être fuites, que le Roi en a été niécoiilenl, et que jusqu'à ce que vous ayez des ordres précis de la Cour sur cette matière , vous ne souffrirez pas le moindre changement dans l'exercice de la religion , et que vous ferez mettre en prison ceux qui voudront y en apporter; vous ne vous tiendrez pas même aux menaces, le cas arrivant, et l'intention de Sa Majesté est que vous fassiez arrêter ceux que vous apprendrez être auteurs de pareils troubles, ou qui y auront eu part ; en un mot. M1, toutes les fois que les administrateurs de M' le duc de Wurtemberg croiront avoir quelques demandes en exécution de la dernière convention, c'est au ministère du Roi qu'ils doivent s'adressser pour en rendre compte à Sa Majesté, qui donnera ses ordres selon les engagements qu'elle a pris avec ce prince. J'envoie à Mr le Duc de Landau copie de la lettre que je vous écris, afin qu'il soit instruit des ordres que je vous donne de la part du Roi.

Je suis, Monsieur, etc.

Signé, d'AnuKNsoN. (>}

Leurs Excellences M" de Keller et de Georgi ont donc bien fait sur ce principe de ne se plus rencontrer dans les seigneuries; a la réception de cette lettre ils auraient été exposés à une main basse de M' de la Tour en conséquence des ordres ci dessus. (Tout exercice de religion se trouve «le nouveau suspendu dans ces pauvres églises des Seigneuries. Mr Valeur (') a repris son poste de Diacre allemand, et ses confrères sont ici en exil.

Il] Cette lettre figure dans le Monlbéliitrd agrandi. |2) Lisez : Vallet.

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Les crevasses du Donjon n'ont point été réparées, elles continuent d'elle telles jusqu'à présent, sans qu'elles se soient augmentées dès le départ de votre E., et c'est ce qui a enhardi ces mess" de prendre leurs quartiers dans le Donjon pendant le séjour de S. A. dans ce pays et après. Quant à M' notre gouverneur et à Mail", ils ont trouvé Vamptkaus plus logeable et plus à leur goût ; ils s'y plaisent infiniment ; on fait la cuisine où on faisait la lessive. Je supplie V. E. au cas où elle écrive ci après à M1 le gouverneur, de ne pas oublier son très humble et entier serviteur.

Votre recommandation aura toujours du poids et ne pourra être qu'avantageuse, principalement pour des gens qui sont comme moi sujets à être fréquemment au pélitoire.

Je n'ai point appris que Mr Lœtelin eût demandé aucun fiel, ni qu'il en ait obtenu. Il ne doit avoir été à Paris en aucune autre qualité qu'en celle de solliciteur de la charge de Steittmeittrr de Colmar, laquelle il a enfin accroché de son oncle ayant renoncé en sa faveur.

Quand je parle de Mr Sattler, c'est toujours du fils dont il est question, a moins que le père ne soit exprimé sous cette qualité. Actuellement il n'en a aucune autre, et il n'est plus question de lui ; il ne fréquente même que fort rarement le château, et en agissait de même du temps de M" de Georgi. Moyennant cinq cents cinquante livres que le fils lui paie annuellement, il s'est chargé de l'entretien de l'économie sauf te vin du fils, le bois et les salaires des domestiques. Outre cela, il ne l'occupe plus à rien et les digneaux (?) l'abandonnent. Mr Perreciot, de Besançon, arriva avant hier au soir ici ; il est venu faire sa cour a monseigr le gouverneur ; il n'est plus à présent question de la charge de chancelier des seigneuries. J'apprends qu'il sollicite actuellement celle d'intendant desditles terres.

11 dit avoir été recommandé à Paris à monseigneur le Duc par monseigneur le cardinal Tenciv. Je ne sais s'il obtiendra sa demande, mais je ne vois pas qu'on soit beaucoup empressé à la lui accorder. Il ne cherche qu'un beau titre et un gage suivant toute apparence, sans examiner de quelle utilité pourrait être un Intendant dans les seigneuries, principalement sur le pied qu'elles sont restituées. J'eus l'honneur de diner hier soir au château avec lui et M" les conseillers Gropp et Itutxrnoy. Je me suis informé si, chez Mr le comte île Sponeck, on avait reçu

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la boite en question ; ils m'ont dit que oui, et m'ont fort chargé de faire mille compliments de leur part à V. E. et à madame. Vous avez sans doute reçu la lettre de me la comtesse jointe à la mienne du 1 août , par laquelle elle en accusait la réception. Nous ferons une chélive vendange dans ce pays ; il n'y a rien à Valentigney, la Chaux, Fleur d'épines et Bart, et la moisson n'a pas été bien abondante.

M. Bregenzer, l'officier, est parti ce matin pour s'en retourner dans le Wurtemberg; il a tiré ici la carte du pays et de toutes les seigneuries pour la présenter au duc.

S. E. notre gouverneur doit aller dans peu visiter toutes les seigneuries d'Alsace et de Bourgogne. M. /fosse/ l'accompagnera. Je n'ai pu voir aucun de messieurs du Magistrat pour m'informer si la lettre est partie par cette ordinaire ; re que je sais, c'est qu'elle était minutée.

M. Duternoy, le ministre, et ma femme, supplient, avec nous, votre E. et madame de recevoir ici leurs respectueuses obéissances, et délie persuadées du parfait et sincère attachement de celui qui a l'honneur d'être in eternum, Monsieur, votre, etc.

Montbéliard, ce 22 août 1718.

Etant obligé d'aller en campagne , il ne me reste que le teins d'envoyer a votre Excellence ce qui suit, et dont il est question au milieu de ma lettre du lii août.

Sérénissime Prince, Votre Altesse Sérénissime voudra bien recevoir par écrit, des fidèles Bourgeois de sa ville de Montbéliard, les respectueux hommages que leur zèle méditait de lui renouveller de bouche à son retour de France. Nous bénissons le Seigneur d'avoir exaucé les prières ardentes que nous avons faites pour la conservation de votre personne sacrée et pour l'heureuse issue de ses voyages. A ces actions de grâces nous joignons les vœux les plus sincères pour la constante et parfaite prospérité de V. A. S. et de son auguste maison. Il nous est glorieux, Monseigneur, d'avoir pour père de la Patrie un grand Prince, qui excite l'admiration des étrangers et gagne l'estime des plus grands Rois, tandis que leurs sujets envient le bonheur que

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nous avons de vivre sous son gracieux et sage gouvernement. C'est à celle sagesse et à la prudence de ses conseils que nous devons, après Dieu , la satisfaction de voir les seigneuries rentrées sous la Domination de V. A. S. Cette satisfaction a été augmentée par l'avantage que nous avons eu de voir, dans celle ville, le gracieux souverain dont Dieu nous a fait le riche présent, et qui est si digne de tout l'amour lendre et respectueux que nous sentons pour lui. Nous venons de recevoir une nouvelle marque de votre bonté, Monseigneur, par le choix qu'il a plu a V. A. S. de faire de son digne ministre d'Etat le Baron de Gemmingen, pour gouverner sa province de Montbéliard, et y présider à l'administration d s la justice , de la capacité et de la probité duquel nous avons tout sujet de nous féliciter. Si V.A.S. trouve bon de lui associer un secondant, ce sera pour nous et pour tout le païs, un surcroît de grâce, si elle jette les yeux sur notre ancien et cher Directeur Faber qui a si bien mérité, et de son gracieux souverain et des sujets. Tous ces heureux événe mens que le ciel a fait éclore sous les auspices de V. A. S. et ceux qu'elle nous donne lieu d'attendre à l'avenir, nous pénètrent pour vous. Monseigneur, de la plus vive reconnoissance, et nous remplissent d'une joye intime : Elle sera à son comble, si V.A.S. daigne agréer tes nouvelles protestations que nous osons lui faire de notre fidélité inviolable, et de la respectueuse soumission avec laquelle nous serons toujours, autant par inclination que par devoir.

Monseigneur, De votre Altesse sérénissime. Les très humbles, etc.

N. B. La lettre ci-dessus du

magistrat n'est partie que

le 29 août.

J'ay appris hier, que Gros, mari de votre ancienne cuisinière, a changé de religion, ou plutôt s'est déterminé d'en prendre une à Dijon ou à Dole avec son enfant; sa femme est avec lui, mais elle ne doit avoir point changé, à ce que j'ay appris.

Par l'ordinaire de lundi j'aurai l'honneur d'écrire plus amplement à votre Excellence ; en attendant, je la supplie de me faire la grâce de recevoir ici les assurances de respects que ma femme et moy présentent à votre Excellence et à madame, et de me croire, à toujours, avec toute la soumission possible, Monsieur, De votre Excellence, etc.

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P. S. Si votre Excellence souhaite d'avoir copie de la lettre de cachet du Roy adressée au Parlement de Besançon, le 9 juillet 1707, et qui sert de base à la convention du 10 ntay dernier, elle n'aura <|u à me le taire connaître.

Montbéliard, 20 août 1748.

Monsieur,

Quelque brillante qu'ail paru la restitution que la France a laite de nos seigneuries et que monsieur d'Argentan nomme simplement cession, elle u 'est cependant jusqu'à présent qu'un spttntliilum m'Ai/. Et il parait que pour qu'elle change de face, il laut qu'elle soit uniquement l'ouvrage de Dieu et non des hommes.

Les intercessions du Rut de Prusse, une négociation d'une durée infinie jointe à des frais immenses, l'accord du passage d'une armée entière par le Wirtemberget un séjour hiliniment coûteux, une parfaite neutralité du cercle de Souabe , une oppo silion à une association des cercles, qui aurait pu être fort préjudiciable aux vues et aux projets de la France pendant cette guerre, n'ont pu produire autre chose qu'une prestation de foi et hommage et une renonciation formelle des souverainetés incontestables qui étaient possédées sur le pied dès un temps immémorial, et que les traités de paix les plus solennels qu'on prétend toujours faire servir de base aux modernes, assurent à la Sérénissime maison de Wurtemberg, sous la dépendance immédiate de l'Empire.

Le sort du feu duc Uopold-Eberkard, quelque triste qu'il ait paru, et sans contredit beaucoup plus riant que n'est celui de notre Sérénissime Duc par la convention du 10 Mai.

IJopotd Eberkard n'a jamais prêté foi et hommage pour les 4 seigneuries envers la France et on ne les a pas exigés de lui ; il les possédait cependant.

Jamais on n'a demandé qu'il renonçât formellement pour lui et ses successeurs à la souveraineté sur ces 4 seigneuries, ni qu'il promit de n'avoir jamais recours a l'Empire pour toutes les difficultés qui pourraient naître dans l'exercice de ses droits dans les dites seigneuries, comme on le fait dans le traité.

Il avait un surintendant pour les églises de ses seigneuries.

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sans que personne s'y suit jamais opposé, ou qu'on l'ait trouvé mauvais. Il établissait librement des ministres dans toutes les cures, excepté à SI Maurice, et il exerçait dans les églises des seigneuries tous les droits épiscopaux avec pleine liberté; il avait l'administration des revenus ecclésiastiques.

Présentement on traite d'irrégularité et trouble qui mérite châtiment le rétablissement qu'on avait fait de cinq ministres dans les endroits où on s'était emparé des églises par violence, durant, le séquestre; on lésa expulsés, et Maillard de Blamont, receveur des églises, ci devant établi par l'Intendant, actuellement devenu sujet du Prince, a fait défense à ceux à qui on a donné l'adjudication des dîmes ecclésiastiques, de ne les livrer à personne qu'à lui seul, sous peine de payer deux fois.

Le prieuré de Chalenoy, qui actuellement rapporte environ trois mille livres, a toujours dépendu de la recette ecclésias tique de Monlbéliard dès la réformation jusqu'à l'année dernière, que le Roi en a privé le Duc et en a fait remettre la possession à un moine nommé Séguin, qui jouit actuellement des revenus dudit prieuré, non seulement, mais qui prétend même que les revenus seigneuriaux que le Prince a audit Chalenoy, indépendamment dudit prieuré, en doivent aussi faire partie, sans qu'on ait pu jusqu'à présent obtenir du Roi une révocation de cette mise en possession directement contraire aux traités de paix de religion. Toute cette conduite de la France à l'égard de notre S. Duc est cependant nommée restitution et doit passer pour le fruit des travaux et des sacrifices de ce Prince; outre la démarche qu'il a faite daller à Paris faire sa révérence au Roi.

l'xque (htm cantabit gallus !

On n'a pas de nouvelles ultérieures de la Cour touchant nos pauvres églises.

Quelques curés de la seigneurie de Riquewilir ont battu en dernier lieu de nos ministres, entreautres relui de Reblenheim a été à moitié lapidé par un deux ; un autre a eu la moitié de son juste au corps déchiré, etc.

Le diacre allemand Valht, qui desservait Monlécheroux, est accusé par le curé dudit lieu d'avoir dit, lorsqu'on lui signifia l'ordre de décamper, qu'il se moquait des ordres du Roi ; et sur ce faux exposé du curé, ledit Yallet est à l'Inquisition. Le Bailli d'Héricourt est parti hier pour Monlbéliard, pour faire des in-

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formations à ce sujet; jugez ce qu'elles seront 1 puisqu'il est débiteur du curé et ennemi juré de la Religion. J'en ai parlé à Vallet, il m'a protesté qu'il n'avait rien dit autre chose au maire de Montécheroux, qui est catholique ainsi que les deux témoins qui l'accompagnaient lorsqu'il vint lui signifier l'ordre de sortir et cela de la part du Roi et de monsieur le Curé, qu'il respectait les ordres du Roi, mais que pour M' le Curé il n'avait rien à lui ordonner.

Les choses en sont venues à ce point maintenant en fait de religion, que la moindre chose indifférente en elle-même passe pour un crime capital. On trouve partout des commenteurs et des imposteurs, et ils sont crus, (fuand on veut battre un chien, ou trouve partout des bâtons, et quand on veut le noyer, on dit qu'il est galeux.

Les fermiers des seigneuries subsistent et par conséquent ils jouissent des satiues et de la forge de Cbagey.

Que toutes nos tristes circonstances ne dégoûtent pas cependant votre Excellence de se rendre à nos vœux et de retourner dans notre pays. Dieu changera les temps et ne sera peut-être pas toujours irrité contre son peuple.

Je ne sais pas encore si monsieur notre gouverneur partira cette semaine pour visiter les seigneuries d'Alsace. Monsieur le ministre Dwoernoy, ma femme et moi continuons d'offrir à votre Excellence et Madame l'assurance de nos très humbles obéissances; et j'ai l'honneur d'être avec un attachement respectueux, Monsieur, etc.

Montbéliard, ce 29 août 1748.

Monsieur,

La lettre de votre Excellence du 17 m'est fort bien parvenue le 26 suivant. Les jours que j'ai le bonheur d'en recevoir sont pour moi autant de véritables jours de fête , je souhaiterai seulement de pouvoir dans peu célébrer celui qui nous annoncera l'agréable nouvelle du départ de Vienne pour Montbéliard. La partie est déjà liée entre M. Duvernoy, ma femme et moy pour aller à la rencontre de votre Excellence au moins jusqu'à Colmar, et peut-être plus loin.

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Le gros Huguenot est charmé de l'acceptation de son offre, je fais un bon amas de regain en cas de besoin, je prens la liberté de l'offrir. S. E. Monsieur notre Gouverneur est parti le 27 en poste avec M. Rosse! , pour visiter les seigneuries d'Alsace ; on compte qu'ils seront de retour au commencement de la semaine prochaine, M. Sattler fils est de la partie, maig sur ses chevaux.

Nous sommes toujours dans l'expectation du redressement des griefs concernant nos pauvres Eglises des seigneuries; il pst à craindie qu'on ne lasse traîner cette affaire à plaisir, en attendant les curés ne se lassent point de molester ces pauvres gens, ils ne veulent plus permettre aux maîtres d'Ecole proies tans d'y tenir les Ecoles, ni d'y faire les prières, comme ils Tout fait jusqu'à présent.

Ces curés font rebâtir à neuf et réparer la majeure partie des Eglises, à la construction desquelles ils emploient des Irais si considérables que les sujets ne peuvent plus y fournir, ce qui les expose à des fréquens attachemens d'huissiers. Ils ont aussi eu la ruse, a ce que j'apprens , de faire passer à la cour de France tous les enfans, même ceux qui sont à la mamelle , de quelques familles catholiques, qui se sont habituées dans quelques villages, pour autant de chefs de famille à fin de faire paraître considérable le nombre de leurs paroissiens catholiques ; ceux-ci ne paient pour ainsi dire rien des frais de la bâtisse et réparation des Eglises parce qu'ils les ont fait repartir sur les fonds qui sont tous possédés par des protestaos.

On n'a encore rien signifié à Mr le comte de Coligny, touchant Baldenheim, peut être nos messieurs le feront-ils pendant qu'ils sont de ces cotés- là.

Depuis les réparations faites à la chaussée devant le Grand- Pont et l'érection de quatre nouvelles arcades , les inondations n'ont plus été si fréquentes, ni aussi considérables.

Le bâtiment des salines de Saunot, que Cote avait fait construire à grands frais pendant le séquestre, menace d'une ruine prochaine, les fondements ne valent rien ; il faudra le rebâtir à neuf. Ou dirait que les Français ne l'avaient fait que pour durer aussi longtems qu'ils en jouiraient., comme cela est aussi arrivé aux Ecluses des Forges d'Audincourt et de Chagey.

Réfléchissant dernièrement sur la prestation de foy et hommage faite à Paris entre les mains du grand chancelier poux nos seigneuries, prestation qui naturellement devait se faire à

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la chambre de Dole d'où relèvent tous les fiefs de la Franche- Comté et où se doivent faire toutes les prestations , je crois que la France a eu en vue d'en faire des fiefs relevant immédiatement de la couronne de France, afin que si, tôt ou tard, la Franche-Comté venait à changer de domination, la maison de Wirtemberg soit nonobstant cela toujours tenue à prêter foy et hommage au Roy de France pour ces-dites seigneuries, quoiqu'elles soient déclarées, par la convention du 10 may , être situées en Franche-Comté. Je ne sais si je me trompe dans mes conjectures.

Madame la Conseillère Gogutl et le sr Pour viennent de m'en voyer ces incluses, le dernier n'ayant mis aucune adresse sur la lettre pour M1 son fils, il a fallu y suppléer.

Nous ne discontinuons point Monsf Duveruoy , ma femme et moy d'ennuyer votre Excellence par ces fréquentes assurances de nos respectueuees obéissances.

J'ay l'honneur d'être, avec tout un attachement sans égal, MonsT, De votre Excellence, etc.

Mes deux dernières lettres sont du 22 et 26 et la présente est du 29 août 1748.

Montbéliard, ce 2 septembre 1748.

Monsieur,

Les jours du départ des postes sont pour moi également que les jours de leur arrivée des jours de délices, par rapport à la satisfaction que j'ai de pouvoir m 'entretenir avec votre Excellence et de recevoir de ces chères lettres. Dieu veuille, cependant, que dans peu j'abandonne ma plume pour laisser à ma langue cette agréable fonction.

La présente ne sera pas comme les précédentes remplie de lamentations, il n'y en est point survenu de nouveau sujet depuis, je souhaite que ce soient enfin les dernières que nous ayons à essuyer et que d'heureux aspects paraissent bientôt sur notre horizon pour faire succéder à nos alarmes le doux calme que nous espérions par la cession de nos pauvres seigneuries.

Nos messieurs ne sont pas encore de retour des seigneuries d'Alsace. On ne les attend ici que sur la fin de la semaine.

J'appris hier de Mr le conseiller Gropp qu'on a signifié à

Mons' le comte de Coligny un acte de déguerpisse ment de sa seigneurie de Baldenheim ; on n'a point encore de réponse de sa part.

Le vieux Lieutenant Colonel de Gundiach, pensionnaire de M. SattUr, va dans peu de jours quitter sou hôte et notre ville pour se retirer à Béfort, ou s'en retournera à Strasbourg, où il croit qu'il passera le reste de ses jours avec plus d'agrément et de satisfaction, el l'hôte et le pensionnaire paraissent être également contents de se quitter.

Un habile imprimeur, originaire de Franconie, vient d'obtenir la permission de S. A. S. d'établir une imprimerie dans cette ville, où il arrivera dans une quinzaine de jours avec une Bàloise moyennée qu'il vient d'épouser. Cela va faire tomber entièrement les Editions fameuses typis Biberianis. Je ne sais pas encore dans quelle maison il se fixera.

Un nommé Lorillard, de cette ville, qui depuis longtemps est chef de cuisine chès l'ambassadeur de France à Soleure, et qui est un fort bon traiteur , demande à acheter la maison de M" Hosut et Perdrix en la rue Surleau pour y venir établir une auberge, je ne sais si Monsieur Rossel se déterminera à s'en défaire attendu qu'il avait pris la résolution de l'habiter lui même.

Mons' et Mad: André s'en retourneront lundi prochain à Stoutgard, ils ont fait réparer leur maison d'ici, qui doit être habitée par Madame Lynck, jeune veuve du professeur en droit de Strasbourg. Elle doit arriver ici aux premiers jours avec Madame sa mère. Je ne sais quel motif engage ces deux dames à quitter Strasbourg pour venir s'établir iri. Tempus mox doeebit.

L'information contre Vallet ci-devant ministre à Montécheroux est finie, on ne dit pas encore ce qu'elle contient. Tout ce que j'ai appris a ce sujet , c'est que le curé du lieu informé que cette information devait se faire, doit avoir auparavant fort bien mis au fait les témoins sur les réponses qu'ils devaient faire aux interrogations du Bailli.

Toute ma maison et dépendance prie votre Excellence et madame de recevoir ici l'assurance de nos respectueux devoirs, et j'ai l'honneur d'être, comme toujours, avec une considération parfaite, Monsieur, De votre Excellence, etc.

Mes deux dernières lettres sont du 20 et 29 août et la présente est du 2 septembre 1748.

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Montbéliard, ce 3 septembre 1748.

Monsieur,

Les deux lettres de votre Excellence datées le 24 d'août me sont bieu parvenues, j'ay reçu celle par Baie le 2 septembre et celle par Strasbourg le 4 suivant.

Parcelle de Baie, votre Excellence me marque qu'on doit s'abstenir de toute sollicitation en sa faveur pour des raisons que je suis fort impatient d'apprendre. On n'a rien fait que j'ay eu l'honneur de vous écrire dans ma lettre du 22 août; la lettre du Magistrat n'est même partie que par l'ordinaire du 21) suivant. Ainsi cinq jours avant* la réception de la lettre de votre Excellence.

Par celle de Strasbourg, j'apprens qu'elle a reçu la lettre de Mégnin par laquelle il offre sa maison et dépendances; je crois qu'il y a deux pelits appartenions dans le bas avec une cuisine, et au second étage une grande salle avec un ou deux appartenions a côté qui paraissent être en bon état également que le reste ; outre cela, il y a une bonne cave, grandes écurie, remise et grange et cour sur le derrière avec un petit bâtiment qui servait de boulangerie, un jardin joignant emplanlé de bons espaliers, etc:

Quant à la maison d'Exincourt, je crois que votre Excellence y serait avec beaucoup plus d'agrément, tant pour le logement en soi-même, que par rapport à sa charmante situation. Elle y serait comme en ville, par l'endroit de la proximité, et en campagne. On peut y aller dans moins d'une demi-heure en voiture, sur une route fort unie, des plus agréables et pratiquable en tous teins. Quant à la location , je crois qu'il n'y aurait qu'à parler, on l'obtiendrait sans difficulté. Que n'en sommes nous bientôt à ce chélif embarras ! Quoi qu'il en soit, je crois que votre Excellence ne doit point être embarrassée du logement; il y en a en tout cas encore quelques-uns en ville. Les maisons de Messieurs de Florùnmt, de Thértmot, de madame la comtesse, la Croix d'or, peut-être aussi celle des Jacquvn, et autres seraient, à ce que je crois, à choisir.

Le mariage de notre Sérénissime Duc a été différé de 3 semaines. On ne manquera pas de le bien célébrer ici : quantité

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-Mode tempéramens secs et altérés sont déjà dans l'impatience de voir naître cet heureux jour, qui mettra en liberté des liqueurs qui gémissent dans leurs prisons à portes de liège.

Je suis fort sensible à la part que votre Excellence prend à l'acquisition que j'ai faite des biens de Madame Megerlin, M' de Georgi m'a fait le plaisir de se charger de la somme pour le premier païment, il vient de m'en accuser la délivrance par une lettre des plus obligeantes. Me voilà actuellement en biens de campagne. Mais, ce qu'il y a de triste, me voilà aussi en dettes pour quelque tems et en soucis pour faire le second paiement à Noél, ce qui fait voir qu'il n'y a point de plaisir sans amertume. Mais, s'il plait à Dieu, Pierre s'en tirera sans étri vières, comme avec lacude.

S. E. Monsieur notre gouverneur est de retour ici avec Mons1 Rossel dès hier soir, de son excursion d'Alsace ; comme je n'ay pas encore été au château dès son arrivée, je ne sais encore aucune particularité de ce voyage, tout ce que j'en ai appris, c'est qu'ils ont été bien régalés chès Mess19 les Présidents de Colmar et ailleurs.

Mr Vuvernoy, ma femme et moi, prenons la liberté de présenter à votre Excellence et à madame l'assurance de nos parfaites obéissances et j'ay l'honneur d'être, avec l'attachement le plus sincère et respectueux,

Monsieur, De votre Excellence, etc.

Mes deux dernières lettres sont du 29 août et 2 septembre et la présente est du o dito 1748.

Montbéliard, ce 9 septembre 1748.

Monsieur,

Ayant été obligé d'assister à l'agonie du sr dette qui vient de décéder, il ne me resle qu'un moment pour répondre à la dernière de votre Excellence , datée le 28 août et satisfaire à la demande qu'elle me fait au sujet du cours et du prix de ses lettres, tant par la vole de Strasbourg que par celle de Baie.

Cette lettre du 28 , dans laquelle il y avait les lettres pour Mess" Richard et Mégitm, et qui a couru par Baie à coûté 36 sols jusqu'à Beltort et 3 sols dès Béforl à Montbéliard , ainsi 39 sols,

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et elle m'est parvenue le 6 du courant à midi. Savoir dans neuf jours et demi.

Les deux précédentes, sauf la même date du 2't août, me sont cependant parvenues différemment et à des prix différens: celle de Bâle m'a été remise le 2 septembre, et a coûté 14 sols, je n'ai reçu celle par Strasbourg que le 4 dito et elle a coûté 8 sols. Elles étaient les deux sans enveloppe.

J'ay remis la lettre de M. Richard an mains propres; il a été extrêmement satisfait de la recevoir. Quant à celle pour M. Mêgnin, comme il est à Chalons, je l'ai remise à sa femme.

M. Getie est mort de phtisie, après avoir langui près de deux ans ; il a fait son testament par lequel il dispose de ses biens qui doivent se monter à plus de 60 mille livres. M. le conseiller Gagne! et ses enfants, auront, à ce que je crois , tout sauf quelques legs pour pareils et amis.

Mr Notre Gouverneur doit partir demain ou après-demain pour visiter la seigneurie de Granges et les salines de Saunot ; il sera accompagné de quelques m" du conseil.

J'oubliais dans mes précédentes de marquer a votre Excellence que, parmi les maisons logeables de cette ville, il yaencore la maison du capitaine Goguel , qui se déterminerait peut être aussi à louer. Mais je crois que celle de Mad: la Comtesse ■;') et celle d'Exiocourt sont encore celles qui conviendraient le mieux.

M. le Lieutenant Colonel deGundlach vient de quitter la mai son de Mr Sauter et s'est retiré à Béfort.

M. Dutemoy, ma femme et moy supplions votre Excellence et madame de recevoir ici nos très humbles obéissances, et j'ay l'honneur d'être très respectueusement,

Mons1 De votre, etc.

On vient en ce moment de m 'inviter à dîner au château avec ma femme , Mess" les conseillers Rossel et Gropp seront de la partie avec leurs Dames.

Mes deux dernières sont du 2 et du S et la présente du 9 septembre 1748.

(1) Il s'agit ici de la maison U« la comtesse do Sponeek, place Kt-Martin. . de Faber, devenu vice- président du conseil de régence, l'acheta en effet et revendit à I» ville, en 1787, pour 80.000 livres. Le magistrat tic la ville

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Moatbéliard, ce 12 septembre 1748.

Monsieur,

Dès ma dernière lettre du 9 j'ay été en voyage à Belfort, et à Florimont d'où je ne suis de retour que depuis les deux heures de ce matin, ainsi je n'ai pu rien apprendre de nouveau à marquer à V. E. sinon que S. E. Mr notre gouverneur a été avant hier à Saunotavec M. Gropp, d'où il est revenu le même jour à Montbéliard. 11 est reparti ce matin pour Blamont avec le grandforestier, H sera de retour ici encore ce soir.

On ouvrit hier le testament de M. Gette en la maison de ville. 11 donne six mille livres aux pauvres, dont les intérêts seront employés à l'habillement et autres besoins de douze pauvres, savoir huit garçons et quatre filles, le procureur-général, le magistrat, un ministre , et un de la famille auront la direction de cette donation.

Il donne son jardin qui vaut 7 à 8 cent livres à M. Sturler,

revendit cet hôtel 21,00) livres il M. de Goll des mains de qui il passa aux Hacler, aux Masson et enfin aux héritiers de M. Frédéric Rosse I.

J'ai rencontré dans le l. 36, toi. 47, des Manuscrit» Dttvernoy, k la Bibliothèque de Besancon, la pièce suivante : » En vertu de celle ci, le soussigné Conseiller intime de Faber, autorise et donne procuration a Monsieur le Conseiller et physlcion Berdot père, de remettre en mon nom au louable magistrat de Montbéliard les clefs, litres et documens concernant la maison que J'ai vendue a la dite ville le mois de septembre passé de la mettre par ia en pleine possession dud. bâtiment et dépendances, et de se faire donner une reconnaissance de cet acte, sous promesse d'agréer et ratifier tout le géré de mon dit sieur le Conseiller Berdot, et de le décharger entièrement, si le cas échet ; fait a Montbéliard ce 5 mai 1768.

Signé : De Pabih.

Les soussignés Neuf Bourgeois Jurés assemblés en l'hôtel de ville de Montbéliard l'après-midi du cinq mal mil sept cent soixante huit, déclarent qu'ensuite de la procuration dont copie, cl dessus, ils se seroienl transportés dans le dit hôtel où étant mon dit sieur le Conseiller et physicien Berdot père audit lieu , au nom de son Excellence Monsieur le Président et Conseiller intime de Faber, leur auroil effectivement remis tous les titre», clefs et documens concernant l'hôtel que sad. Excellence Monsieur de Faber a vendue a ladite ville au mois de septembre dernier. En conséquence de quoi ils s'en tiennent pour contens et en déchargent mon dit sieur Berdot au nom qu'il agll ; lait les jours, mois et an que devant.

Jaques- Frédéric Feuhabd.

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avec sa theyere d'argent qui pèse trente trois onces, et douze couteaux à poignée d'agatte garnis d'argent, ce leg lui vient bien à propos.

11 donne aussi à la servante du S» Sturler vingt écus.

Martin a aussi vingt écus, on dit aussi qu'il doit avoir sa dépouille , mais je n'en sais rien de sûr. Ml,e Sentier qui le soignait depuis environ un mois a trois cent livres de leg outre la remise qu'il lui fait d'une cédule que son père lui devait de 80 livres.

Ses filleuls ont chacun deux cent livres. M. le conseiller Goguel a ses prés de Montbéliardqui valent environ quatre mille livres. Madame son épouse a un leg de 500 livres. L'aine des fils un de 1300, le puîné qui est son filleul un de 3000; la fille a deux beaux colliers de perles, etc. Il prétend que les intérêts des legs de ses deux neveux seront annuellement rappliques à leur profit.

Mademoiselle Marie Cucier a un leg de trente deux onces d'argenterie de France ou en nature, ou à raison de six livres l'once ce qui est à son choix.

M. le capitaine Goguel a son verger estimé à environ cinq cent livres.

Ses autres frères chacun deux cents livres. L'avocat Goguel a, outre cela, sa montre de poche et son cheval tout équipé.

Ce pauvre garçon me l'avait donné quelques jours avant sa mort, mais comme Mr le conseiller Goguel soutient qu'il lui a dit avant que de mourir qu'il le donnait a sond. frère, il faut me contenter de sa déclaration, me voilà donc démonté, obligé de continuer d'aller à pied et ex leg, je n'en ai cependant pas moins d'obligation au pauvre défunt, étant plus que persuadé de sa bonne volonté à mon égard. 11 a donné à Dupuis qui le pansait depuis quelque tems son habit neuf complet qui vaut une cinquantaine déçus. M. le médecin Hossel que j'avais appelle avec moi pour le voir et consulter ensemble , quelques jours avant sa mort, a un leg de cinquante livres. Quant au reste de sa succession, elle tombe à ses deux neveux et nièce Goguel.

M. Goguel n'est-il pas né sous une rare et heureuse constellation V

Mr Sturler arriva hier soir de Plombières avec Madame et Mademoiselle Dodetan : 11 parait que les eaux leur ont été fort

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salutaires. M. Sturler commence de marcher seul avec un bâton, et peut déjà un peu remuer son bras et sa main paralitique.

Outre les assurances ordinaires de respect de notre maison à son Excellence et à Madame , j'ai à mou particulier l'honneur d'être avec tout la considération et l'attachement possible, Monsr, De Votre Excellence, etc.

Mes deux dernières sont du 5 et (J septembre et la présente est du 12 dito.

Montb: ce 16 septembre 1748.

La présente n'annoncera pas encore a votre Excellence un redressement de nos griefs; rien ne transpire encore à ce sujet, et on n'entend plus parler de nous, ni en bien, ni en mal. Il parait que uos adversaires sont satisfaits de voir qu'ils sont venus à bout de leurs noirs desseins , et que leur mauvaise conduite à notre égard, loin d'avoir.elé desavouée parait plulôt avoir été approuvée du ministère de France, qui, selon toute apparence, a pendu cet affaire au croc et renvoyé l'examen de nos plaintes ad calendas Grœcas. Je crois que M. de Kelttr ne trouvera pas beaucoup de satisfaction dans le dénouement de s» négociation; il ne savait peut être pas encore qu'en France promettre et exécuter les promesses sont deux étoffes différentes.

Madame la veuve du s' Professeur Lynck, de Strasbourg, est arrivée ici vendredi au soir avec ses deux demoiselles. Elle prit en louage la maison dé Madame André, et a amené avec elle beaucoup de butin. On dit que c'est une dame savante, etqui a déjà donné au public des ouvrages d'esprit. Je n'ai pas encore eu l'honneur de la voir. Elle doit s'être retirée de Strasbourg dans la vue de pouvoir vivre à meilleur prix ici avec sa famille ; d'autres disent qu'il y a d'autres raisons que le tems éclaircira.

Notre nouveau imprimeur arriva ici hier soir, il me tarde de voir bientôt des souscriptions pour de belles éditions de Mont béliard.

Je n'ai point été surpris delà banqueroute que vient d'essuyer l'âme et la fortune de l'aventurier Rmjot ; sa vie n'ayant été, jusqu'à présent, qu'un enchaînement suivi de folie, détourderie, et de dérèglemens, on ne pouvait pas espérer quelque chose de mieux de sa part ; encore sa folle de mère qui s'est

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ruinée à peu près pour fournir à ce coquin les moyens de promener dans le Royaume du Nord et par toute l'Allemagne son extravagante personne, vint, ces jours passés, chez moy pour me solliciter de (aire parvenir à votre Excellence cinquante livres qu'elle m'apportait pour les remettre à son brave (ils, qu'elle disait être fait conseiller d'un je ne sais que) grand Prince d'Allemagne. Je ne voulus pas m'en charger et la renvoyai peu satisfaite de mon refus.

Lui et le chevalier errant Thevenot n'auraient-ils pas pu être employés dans le conseil privé de Don Quichotte ?

La lettre de V. F,., datée le 4 du courant, m'est parvenue le 13 à midi par Baie et a conté 'îi sols , ainsi huit sols de plus que la précédente, quoiqu'également par Baie et toutes deux sous enveloppe, je ne sais d'où vient ce changement de prix dans les postes.

M. Durernoy et ma femme supplient avec moy, votre Excellence d'agréer ici, avec madame, l'assurance de notre parfait respect. Et j'ay l'honneur d'être, avec une considération parfaite, Monsieur, De votre Excellence, etc.

Mes deux dernières sont du 9 et du 12 et la présente du 16 septembre 1748.

Montbéliard, ce 19 septembre 1748.

J'hazarde la présente par Strasbourg, sans l'adressera Mons' le Prélat Knebel, votre Excellence aura la bonté de me marquer si elle lui sera bien parvenue et en quel tems ; en attendant, je ferai passer toutes mes lettres du lundi sous le couvert de M' le Prélat et icelles du jeudi, je les ferai partir pour Vienne en droiture comme la présente, pour qu'on puisse remarquer la différence de la course des unes et des autres.

Monsieur notre Gouverneur fréquente régulièrement tous les jours le conseil où il se rend précisément a huit heures du matin et n'en sort le plus souvent qu'à une heure après midi ou environ ; il assiste à toutes les délibérations qui s'y font; il est fort laborieux. Il n'aime point la chasse, ni les promenades; il passe la plupart des api es midi à travailler seul dans sa chambre et ne sort point du château que pour aller au conseil ; il fit der-

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nièremeiit dans une seule après-midi ses visites chez Mess18 les conseillers. Quant à madame, elle n'a point encore été en ville dès son arrivée et n'est point, jusqu'à présent , sortie du château ; elle s'occuppe tout le jour à travailler et à diriger son œconomie, elle n'aime point les promenades, ni les fréquentes compagnies. On ne joue absolument point chez elle, ce qui n'accommode pus ceux et celles qui (ont consister leur principal amusement dans les caries. Us font paraître que leur séjour ici ne leur est pas désagréable et qu'ils s'y plaisent. Quoique je devine à peu près ceux qu'il estime le plus dans le conseil, je serais cependant curieux de savoir si je devine juste. Mons' de La Tour vint avaut hier lui faire visite accompagné de deux ofliciers de sa garnison. Mr le Gouverneur leur donna à dîner- Mess" les conseillers Roxxt!, (Iropp et Dur-crnoy, Sauler père et Jaqnin de Lyon y furent invités, ils s'en retournèrent à Blainont le même jour,

En vertu d'un rescrit qui arriva hier, Mr ftossel doit se rendre au plutôt à Stoutgard ; il partira le 22 prochain et s'arrêtera une couple de jours a Colmar et autant à l'Intendance de Strasbourg, de façon qu'il pourra être à Stouttgard sur la fin du mois : Le motif de ce voyage n'a pas encore transpiré.

J'ay fait connoitre au sr ministre Hayoi la conduite irrégulière de son lils, il a été fort surpris de voir le vide des idées flatteuses qu'il s'en formait. 11 m'a chargé de remercier votre Excellence de sa part, de ce qu'elle a bien voulu donner avis de ce qui s'est passé à l'égard de cet avaulurier qui aurait continué à lui tirer jusqu'à la moelle des os, s'il avait pu, au grand préjudice de ses autres lils. Il n'est plus d'humeur à présent de lui rien fournir.

Mon beau frère a appris avec plaisir le dévouement de la commission de Dresden au sujet des ainsi nommés Zinztndorfiens ('), il m'a chargé de remercier votre Excellence de sa part de l'avis qu'elle a bien voulu en donner. 11 est parli avant hier pour Baie , et ne sera de retour ici que dans une huitaine de jours; il est allé voir quelques amis qu'il a de ces cotés-là.

Ma femme présente ici avec moy ses très humbles obéissances

il) Las Zinzondorflons ou frt-rps Moraws Jivaionl (1rs amis à Montbrliard c parmi eux, le ministre J.-J. Duvrrnoy, boau-frôro tic BordoL

JigrizcdbyGoOgle

à votre Excellence et à Madame, et j'ay l'honneur d'être , avec un attachement très respectueux,

Monsieur, etc:

P. 8. Mes deux dernières lettres sont du 12 et du ifi et la présente du 19 septembre 1748.

Montbéliard, ce 23 septembre 1748.

J'espère que la lettre du 19 adressée à votre Excellence en droiture lui sera parvenue; il me tarde d'apprendre si ce sera avec plus de promptitude que celles sous le couvert de Mr le Prélat et si je dois toujours ainsi continuer; celles du iCi et des jeudi suivant partiront de même en droiture jusqu'à ce que j'ay des avis de votre Excellence.

Mr le Procureur-Général vient dans ce moment de partir pour Colmar où il compte de se rendre aujourd'hui ; il ne s'y arrêtera que le moins qu'il pourra, également qu'à l'Intendance de Strasbourg, pour qu'il puisse être à Stoutgard à l'arrivée de Monseigneur le Duc. Il a fait mettre son domestique en livrée neuve, habit gris, pa remens , doublure et veste jaune, des larges passemens assorlissans. Quant à lui, il se fera babiller à Strasbourg dans le goût le plus moderne, pour paraître en cour avec éclat.

Les motifs de son voyage pour Stoutgard ne ine sont point encore connus, on croît ici qu'il reviendra avec une augmentation de charge et de gage. Tempus docebit.

Mr Menât h, de Sochaux, vient de se marier à Colmar, avec la lilte d'un apoticaire nommé Sontag-, celui-ci a donné à sa fille neuf mille livres argent comptant le lendemain de ses noces; on dit qu'elle a encore plus de vingt mille livres à espérer. Une somme pareille ne sera jias indifférente dans la fabrique d'Indienne de Menoth. Mr le conseiller auscultant de Thielle et sa dame ont été aux noces ; il ne lui a pas été difficile d'obtenir la permission de s'absenter du conseil pour ce tems le.

M. Bernard, Ministre à St Julien, vient de se promettre avec l'ainée des Tilles qui restent à M' le surintendant Maeler, et M» .Horel d'Allenjoie avec l'ainée des filles de M» Marc-Darid Marti. Voilà comme tout se marie à l'imitation du maître (').

(I.i Le duc de Wurtemberg.

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