‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 24 sur 66 · Son Excellence Léopoldine, comtesse de Coligny · texte numérisé non relu

Son Excellence Léopoldine, comtesse de Coligny

7* Son Excellence Monsieur le comte Ferdinand . . '. . 53

(1) La toise valait environ quatre stères.

(2) En 1797, lorsque se vendaient les coupes du Parc, on n'était plus à ce taux là, mais cependant encore à des prix très modérés. La toise ou corde de hêtre façonné valait six francs dix sous. Il est vrai qu'on ne payait de façon, au bûcheron, que vingt-deux sous et qu'il n'en recevait que trois, pour abattre un chêne.

(3) Cette somme faisait ressortir chaque repas à onze sous environ.

(4) Le prince d'Oels était le beau-frère de Léopold-Eberhard.

(5) Le prince héréditaire ou soit disant tel, comme son épouse, étaient les enfants de Léopold-Eberhard. Lui , né de la comtesse de Sponeck, elle, fille d'Henriette Edwige de L'Espérance.

Saint-Simon , dans ses mémoires (1723), parle de ce couple qui se transporta a Paris à la mort de son père. « S'étant faits catholiques pour s'acquérir

8' Madame la Baronne de Scloncourt (') et Mademoiselle

Caroline, sa lille Gl

9° Monsieur de Saint (') 1

10* Monsieur le comte de la Verne (8) , les deux Messieurs

de la Suisse et leurs domestiques 129

11* Monsieur Waltener (4) avec ses domestiques .... 36

12' Judy, Babet, la Riemern, les deux servantes de la cuisine

et Casper Kunrat (Gaspard Conrad) 310

13* Des personnes qu'on a mangey par ordre de S. A. S. la

princesse héréditaire 43

Total des repas . . . 1,762

Nous voilà suffisamment renseignés sur les personnes. En serrant de plus près la question, voyons ce que ce monde buvait et mangeait.

Au mois de Septembre 1720, Léopold-Eberhard avait reçu en visite Christian Ulrich, duc de Wurtemberg-Oels, son neveu alors âgé de vingt ans, dont il tenait particulièrement à s'attirer les faveurs et l'amitié en pensant aux difficultés qu'il prévoyait pour le moment de son décès, en raison de la situation irrégulière de ses enfants.

Le séjour du jeune homme à Monbéliard dura trois mois et

les prêtres et les dévots, — dit-il, — ils ne bougeaient pas de Saint-Sulpice, des Jésuites et de tous les lieux de piété en faveur. »

Des procès eurent lieu entre les divers frères et sœurs. Dans les œuvres de Cochin, on trouve (tome V) cent quatre-vingts pages qui s'y rapportent. D'autre part, la maison de Wurtemberg lit imprimer un volumineux mémoire dirigé à la fois, contre les trois fils de Léopold-Eberhard tant Sponcck que Coligny, se disant princes de Montbéliard.

La nombreuse famille de Léopold-Eberhard fut bien accueillie par la noblesse française. Elle apportait un nom, des ressources en argent; elle contracta des alliances. On n'y regarda pas' de trop près.

(1) La baronne de Seloncourt est Sébastienne de L'Espérance.

(2) Sans doute Sent de Taubenkeim, gendre de la précédente.

(3i Le comte de la Verne était au service de Léopold-Eberhard. Au retour d'une mission auprès d'uue cour étrangère, imitant le cynisme de son maître, il osa, — dit Duvernoy , — ajouter au bas de l'état de ses frais de voyage : y lu* pour le jeu et les filles < ce qu'il plaira à Votre Altesse Sérénissime, ;

(4) Le comte de Waldner de Freudstein, gentilhomme d'Alsace, fut chargé de missions par Léopold-Eberhard, au sujet de sa famille, tant à Vienne qu'à Paris. Ces missions n'eurent pas grand résultat.

fut signalé par nombre d extravagances. Nous l'y voyons insul tant les passants jnoffensifs, cassant les vitres des habitations, rossant le guet, en compagnie de ses cousins.

Il y avait alors fête continuelle au château. En Septembre, le maître d'hôtel sert 2,790 repas et en Novembre plus de 3,500.

Certes, ce fonctionnaire ne brillait ni par l'orthographe ni par la syntaxe, mais lui au moins, très occupé, avait de l'ordre et aimait à se livrer au calcul des consommations.

Voici ses comptes :

c Vins sortis des eaves dès le ior Septembre 1720 au 1« janvier 1731. (!) »

« Il est sorti des caves, de toutes sortes de vins : 4,943 pots, qui reviennent par mois, à 1,235 pots, qui, divisés pour le mois de Septembre entre 1,790 personnes (*), reviennent, par repas, à 6/u et demi de pot (*).

Pour le mois d'Octobre entre 2,836 personnes, revient par personne et par repas à 6/*« et */* de pot.

Pour le mois de Novembre entre 3,508 personnes , revient par personne et par repas, à V" et quart de pot.

Et pour le mois de Décembre entre 2,253 personnes, revient par personne et par repas, à V»* et un tiers de pot. »

Comme provenance, ce sont :

160 pots de vin de Katzendal.

du Marquisat.

de table.

de France.

de Champagne.

d'Arbois.

de Riquewihr.

de St Laurent et d'Alicante, en bouteilles.

du pays.

de brandevin.

Le tout est estimé 4,707 livres à raison de vingt sous le pot,

(1) Archives Nationales. Fonds Montbcliard K 1775.

(2) Il ne s'agit pas ici, de môme que dans les énumérations qui suivront, qu'on s'en souvienne, — de personnes. — - mais de repas servis.

(3) Le pot est de 2 litres 30 centilitres.

sauf le via d'Àlicante compté à trois livres , le Riquewihr à dix sols et le vin de pays à cinq sols.

Les convives, tant hommes que femmes et jeunes gens, burent donc durant toute cette période, en moyenne un litre par repas, sans compter l'eau de Lougres et le brandevin , dernier article dont la quantité n'est pas négligeable.

L'argent ayant, en 1723, une valeur ou un pouvoir d'achat triple de celui de nos jours, c'est comme si on disait aujourd'hui qu'on a bu au château, dans ces quatre mois, pour quatorze mille francs de vin.

Passons maintenant à la cuisine, nous y relèverons des prix curieux.

Etat général de la dépense de la Cuisine du 1er Septembre 1720 au 1er Janvier 1721. (l)

!• 336 Vi poules (paires de) à 8 s. 4 d L. i40

2' 80 chapons ( id. ) à 29 s. 2 d 116.13

3° 65 canards ( id. )à8s 26.—

4' 995 livres de beurre à 7 s. 8 d 109.13

5* 25 » de raisins (secs à 22. 7

6' 8 » de sucre à 3 1. 6 s. 8 d 26.13.4

7° 27 » d'amandes à 24 s. à 32. 8

8° 62 V* livres de fromage à 7. s. 4 d 22.18. 9

9° 315 douzaines d'œufs à 5 s 76.13

10' 146 livres d'huile à 3 1. 14 s 540. 4

11* 31 » de riz à 6s 9. 4

12' 30 cochons de lait à 19 s 29. 5

13' 43 V» pigeons (paires de) à 10 s 22.13. 2

14' 5 cochons gras à 15 1 75.—

15' 348 livres de sel à 10 1. le cent 34.16

16* 11 mains de papier à 6 s. id 3. 7 10

17' 65oyesà20s 65.—

18' 69 coks dindes à 65 s. 1 d 224.10

19' 52 douzaines allouettes à 14 s. 6 d 37.10

20' 32 douzaines bécasses à 10 s. 9 d 17.4

21' 176 grives à 2 s. 9 d 24. 4

22* 274 livres de lard à 10 s. 1 d 138.2.10

{i) Archives Nationales. Fonds Monlbéliard K 1775.

23* 1224 livres de poisson à 3 s

24* 48 quartes de froment à 24 s

25' 20 » d'avoine à 6s , . .

26* Ustensiles, journées et messagers

27* 24 citrons à 10 s. 2 d

28* 6 livres girofle et muscade à 10 1. 3 d. . . .

29* 2 */u livres de canelle à 10 1

30* 2 'A » fleurs de muscade à 24 1. . . .

31* 2 V* » confiture à 4 1

32* 3 » cochenille à 10 1. 13 s. 4 d. . .

33* 265 7» » chandelles à 8 s. 11 7> d. . . .

34* 5 7* » mousserons à 18 1

35* 73 poulardes (paires de) à 18 s. 8 d

36* 28 livres anchois à 2 1. 7 s. 2 d

37* 35 » câpres à 32 s. 5 d

38* 27 » olives à 8 s. 7 d

39* 2 » morilles à 251

40* 2 7* » trufles à 15 1. 7 s. 8 d. . % . . .

41* 91 salé et jambon (la pièce) à 20 s

42* 24 langues à 20 s. probablement la paire) . .

43* 4 livres marrons à 5 s

44* 8502 livres pain et farine à 1 s

45* 118 lièvres à 6 s. 1 d

46* 1 quarte orge émondée

47* 1 V* » pois à 3 1

48* 2 V* livres gingembre à 12 s

49* 4 7i » poivre blanc à 2 1

50* 5 7* » poivre noir à 24 s

51* 602 » venaison à 2 s. 6 d

52* 6 onces safran à 3 1

53* 7787 livres viande à 2s

54* 32 7* pots de crème à 6 s

55* 245 » de lait à 2s

56* 738 7« plats de jardinage (') à 4 s

57* Gibier

58* 120 toises de bois à 3 1

59* 197 pots de vinaigre à 6 s

60* Perte d'argent (e'eii-à-iire tir iechup), par Higlman .

Total Livres . . . 5,t00

(1) Le régime végétal est traité ici avec un certain mépris. On ne fournit aucun détail. Tout légume vaut le même prix : quatre sous le plat!

De la somme ey dessus pour quatre mois, revient pour un mois à L. 1.350.-

La dite somme de 1350 livres, divisée par trente jours, revient par jour à 45 livres et par repas à 22 livres 10 s.

Latus cy dessus 5,400.—

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