‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 42 sur 66 · ls · texte numérisé non relu

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17 1. as.

(1) Ludicigsburg, Aclendepol. Rappoit du Conseil au duc du 2£ ma 1725.

poste mise en régie rapporta 2448 livres 15 sols 3 deniers y compris les ports de la Seigneurie. Défalcation faite de ceux-ci ainsi que des frais et du gage du maître de poste, il restait à la Seigneurie, un bénéfice net d'environ 200 livres.

D'autre part, nous voyons que les ports de lettres payés au bureau par la Seigneurie se montent :

De 1745 à 1746, à 1 145 livres 16 sols 6 deniers {») 1752 à 1753, à 805 1. 16 s. (*)

Le produit net de la régie , confiée à Jean-Frédéric Morel s'élève, suivant le compte qu'il rend, de la Saint Georges 1753 à pareil terme de 1754, à 286 livres 15 s. 6 d. (8); de la Saint- Georges 1754 à la Saint-Georges 1755, à 334 livres 14 sols (•). Le produit brut de la régie pour cette dernière période avait été de 852 livres 1 s. 6 d. Sur cette somme on avait payé, savoir :

Gage annuel du directeur 300 livres

Gage du messager Jean Weist 1501.

Pour chandelles de l'année 10 1.

» cire, encre, papier ficelle 21.10 s.

» lettres de rébus renvoyées à Belfort . 4 1. 17 s. » gratification ordinaire à Delaporte .

directeur des postes à Belfort. . . 50 1.

Trente ans après, le produit de la poste avait triplé. Du 23 avril 1791 au 22 avril 1792, il s'éleva k 1962 livres 19 sols 6 deniers (10).

(1) Arch. Doubs. E. 1123.

(2) Arch. Doubs. E. 1126.

(3) Arch. Nation. Fonds Montbéliard. K. 2098.

(4) Arch. corn m. Montbéliard. CC. 4.

(5) Arch. Doubs. E. 1132.

(6) Arch. Doubs. E. 1133.

(7) irf.

(8) Arch. Doubs. E. 1123.

(9) Arch. Nation. Fonds Montbéliard. K. 2098.

(10) Arch. Nation. Fonds Montbéliard. K. 2098.

Dans le compte des dépenses dont le montant est de 900 livres J4 sols, on voit figurer notamment :

350 livres pour gages de la rendante Titot. 24 » » frais de bureau.

200 » » gage du messager.

6 » » ses étrennes du nouvel an. 15 » payées à Boltz [portier du bureau de Belfort]

pour avoir ouvert la porte au messager. 150 » payées à Mmc Felletin pour gratification. 42 » pour la Gazette Universelle. 36 )) » la Gazette de Berne. 54 » » le Courrier de l'Europe. Au moment de la Révolution , le produit brut de la poste montbéliardaise était de près de deux mille livres. Le montant des ports de lettres payé alors par la Seigneurie variait luimême entre 1500 et 2000 livres par an.

Coches, Diligences et Messageries.

Etablissement d'un Coche de Besançon à Strasbourg en 1730

Le directeur des postes de Besançon établit en 1730 un coche public qui se rendit de Besançon à Strasbourg deux fois par semaine.

Des pourparlers furent engagés avec le prince de Montbéliard pour faire passer ce coche par Montbéliard (!), mais ils n'aboutirent point et le coche prit sa route par Héricourt (*).

Or, il arriva qu'une main inconnue apposa des affiches à Montbéliard pour annoncer au public la départ de ce coche et le prix des places entre Besançon et Strasbourg.

Soucieux des prérogatives du prince, le Conseil de Régence immédiatement s'en émut et ouvrit une information à l'effet de rechercher et châtier les auteurs de cet affichage clandestin. Ceux-ci restèrent introuvables.

Le Conseil de Régence suppose que l'entrepreneur du service, un nommé Jean Corbet, avait soudoyé quelqu'un de la ville ou un étranger pour exécuter cette besogne, peut-être nuitamment.

« Dans ces circonstances où il ne s'est rien fait ici de la part

(1) Arch. connu, de Montbéliard. Lettre du Conseil de Régence au prince, du 21 sept. 1730.

(2) Id. Relation du Conseil au prince, du 18 janv. 1731.

du roy ni de l'intendant... n'y paraissant point qu'il y eut eu aucun dessein de donner atteinte à la souveraineté de S. A... » le Conseil de Régence rassuré se borna à faire arracher les placards par un de ses huissiers (l\

Diligence entre Colmar et Belfort en 1750.

Une ordonnance de l'Intendant d'Alsace Barthélémy de Vanolles, en date du 19 décembre 1749, autorisa les maîtres de poste de la route de Colmar à Belfort à établir une diligence relayant de poste en poste, pour assurer le service des correspondances et des voyageurs entre ces deux villes.

Cette diligence, à partir du 4 février 17î>0, partit de Colmar pour Belfort tous les mercredis, en hiver à 7 heures du matin et en été à 5 heures. Elle repartait de Belfort le dimanche aux mêmes heures, suivant la saison.

Les voyageurs payaient, sur le pied de 20 sols par poste, une somme de 7 livres pour le trajet Colmar-Belfort. Ils bénéficiaient d'une franchise de bagages de 30 livres ; ils payaient l'excédent à raison de 1 sol par livre pour le même trajet.

Les voyageurs de Colmar à Roufïach payaient 30 sols, avec la même franchise, et 3 deniers par livre d'excédent sur le même parcours.

Les voyageurs de Colmar à Cernay payaient 3 livres K) sols, aussi avec la même franchise et H deniers par livre d'excédent.

Projet d'établissement d'une Messagerie de Baume-les-Dames à Héricourt en 1759.

A la fin de l'année 1759 et au commencement de 1760, des négociations furent entamées entre le sieur Thiéhaud, subdé-

(1) Àrch. comm. de MontbéHard. Lettre à son Excellence M. le Gouverneur, du 28 juin 1732.

légué à Baume de l'Intendant de Franche-Comté et le Conseil de Régence de Montbéliard, en vue de l'établissement d'une messagerie entre Baume et Héricourt , passant par Clerval. l'isle sur-Je-I)oubs et Arcey.

On prévoyait la mise en route de deux messagers qui partiraient deux fois par semaine l'un de Baume, l'autre d'Héricourt, et échangeraient leurs dépêches à l'isle sur-le-Doubs

Chaque messager recevrait 20 sols par voyage, gage qui devait être amélioré par les bénéfices que Jui procureraient les commissions. Le messager d'Héricourt toucherait un supplément pour porter ses dépêches à Montbéliard, le lendemain de son retour.

La dépense de ce service devait être répartie entre les communes intéressées. La seigneurie de Blamont devait être appelée à bénéficier de cette innovation ainsi que les villages de Bourguignon, Mathay, Voujaucourt, Dampierre, Berche et Etouvans qui avaient des relations suivies avec les marchés de Montbéliard.

La quote-part incombant à chaque commune devait varier entre 3 et 4 livres et cette charge serait compensée par la réception en franchise des ordres émanant de la subdélégation. Le Conseil de Régence et la subdélégation auraient la même franchise pour les dépêches circulant à l'intérieur de la messagerie.

Les seigneuries de Blamont et Clémont participant à cet établissement, un entrepôt devait être créé à Sochaux pour que le messager ordinaire de Blamont à Belfort pût y laisser en passant les lettres destinées à la messagerie d'Héricourt et en reti rer les lettres à destination de Blamont.

Nous voyons par une lettre eu date du 10 mars 1760, adressée à M. ïhiébaud, que la combinaison projetée agréait au Conseil de Régence, mais il demandait que le gage de l'entreposeur de Sochaux et le messager de Montbéliard à Sochaux fussent payés au moyen d'un repartement sur les communes des seigneuries de Blamont et Clémont, bénéficiant seules de cette section de la messagerie. Montbéliard ne devait prendre à sa charge que le gage du messager se rendant deux fois par semaine à Héricourt.

On faisait remarquer que Montbéliard , sans grandes relations avec l'intendance, n'aurait intérêt à l'établissement de la messagerie que pour ses affaires pendantes devant le Parle-

ment. On demandait en conséquence que le messager de Baume à Besançon, lut tenu de remettre en franchise au procureur de Montbéliard à Besançon toutes les lettres émanant du Conseil de Régence qui lui seraient confiées.

Nous n'avons pas connaissance que ce projet de messagerie ait été exécuté.

Rétablissement de la poste à Baume en 1764.

En 1764 , Baume-les Dames lit des démarches pour le rétablissement de sa poste (').

« Le bien du service du roy re'atif au passage de ses troupes et à la promte connoissance de ses ordres, celui des voyageurs, celui encore des sujets de S. A. le Prince de Wirtenberg dans la subdélégation de Baume » (*) , tels sont les motifs sur lesquels s'appuie la ville pour solliciter ce rétablissement.

Le Conseil de Régence de Montbéliard, sollicité par les magistrats de Baume, appuya leur requête dont il saisit, en la lui recommandant, le baron de Thun . ministre du Wurtemberg à la cour de France.

La principauté de Montbéliard s'intéressait particulièrement à ce projet à cause des affaires qu'elle avait à traiter fréquemment tant à Besançon qu'à Baume , et qui souffraient quelquefois d'assez longs retards préjudiciables à S. A. S. par défaut de prompte communication (8).

La correspondance échangée entre le Conseil de Régence et M. de Thun montre la part active que prit le prince de Montbéliard au rétablissement de la poste de Baume.

En 1785, nous voyons qu'il y avait dans cette subdélégation o postes établies sur la route de Besançon à Belfort, C'étaient celles de Roulans, Baume, Branne, l'Isle-sur-le-Doubs et Tavey (*).

(1) Arch. du Dauba. E. 1635.

(2) Lettre des Magistrats de Baume au Conseil de Régence, du 20 mars 1764.

(3) Lettre du Conseil de Régence à M. de Thun, du 9. avril.

(4) « qui ne sont point chargées de la malle pour l'Alsace, attendu que le courrier qui en est porteur passe sur celle de Vesoul ». (Arch. du Doubs. C. 175.)

Le maître de poste de Tavey, Pierre-Joseph Jacotey, assurait le service jusqu'à l'Isle-sur-Je Doubs d'un côté (en correspon dance avec Besançon par les bureaux ou relais de Branne et Baume les Dames) et jusqu'à Belfort, de l'autre.

11 disposait de 3" postillons et de 10 chevaux et jouissait d'un gage annuel de 180 livres (M.

Le service de cette poste, dit un rapport du temps, était « bon et bien fait ».

Etablissement d'un Messager de Montbéliard à Stuttgart

en 1771.

Le duc Charles Eugène, « préoccupé du bien-être de ses chers et fidèles sujets de la Principauté » et <( prévoyant que leur éloignement de la résidence les priverait du précieux avantage... de lui présenter immédiatement leurs très humbles requêtes, mémoires et autres objets de remontrances... » fit établir un messager de Montbéliard à Stutlgard, lequel, à partir du io septembre 1771, se rendit une fois par mois désormais dans le duché de Wurtemberg (*).

Les plaignants et solliciteurs pouvaient s'adresser à ce mes sager « en toute confiance » et lui remettre leurs écrits pour le prince. Néanmoins le Conseil de Régence exhortait « tous et un chacun de s'abstenir très soigneusement de toutes plaintes et remontrances mai fondées ou contraires à la vérité » , faute de quoi « ils encourraient certainement toute l'indignation de S. A. S. et ensuite seraient punis exemplairement ».

Ce service ne fonctionna pas longtemps, non plus qu'un service semblable qui avait été tenté déjà en 1724 (*).

(1) Comme fortune, il possédait en propre 20 journaux de prés et champs. On avait l'intention de relever les appointements et la situation en général des maîtres de poste quelques années avant la Révolution, et c'est à ce dessein qu'on avait institué une enquête sur leur étal de fortune.

(2) Décret du Conseil de Régence, du 26 août 1771. Bibliothèque de Besançon. Collection Ducernoy. In-folio 6. Ville de Montbéliard. Tome I, p. 74.)

(3) Arch. Nation. Fonds Montbéliard. K. 1942.

Etablissement d'une Messagerie ou diligence de Montbéliard à Bâle et à Mulhouse en 1788.

Le sieur Jean-Henri Vicki, d'Essingen, avait obtenu, au mois de mai 1788, des fermiers généraux des messageries de France, le renouvellement d'un bail aux termes duquel il assurait, au moyen de voitures suspendues , le service de messagerie entre Belfort et Bâle par Altkirch. Une clause de son bail l'autorisait, s'il le jugeait convenable à ses intérêts et au bien du service, à établir une seconde messagerie de Mulhouse à Altkirch et d'Altkirch à Montbéliard pour correspondre avec ses autres voitures.

« Les liaisons de comerce entre Montbéliard, Basle et Mulhouse, expose-t-il dans une requête au prince Frédéric-Eu gène (*), exigeroient pour l'avantage réciproque de ces trois villes et particulièrement pour le bien de celle de Montbéliard qu'il y eut une voiture dont le départ lixe fournit l'occasion de faire passer dans ces différents endroits les paquets et balots qu'on ne peut faire parvenir que difficilement parce que le plus souvent l'objet est de trop peu de conséquence pour y envoyer un voiturier exprès ».

De là des frais considérables pour les négociants de Montbéliard obligés d'adresser leurs ballots pour Mulhouse et Bâle à des négociants de Belfort.

Vicki fait remarquer que l'établissement d'une messagerie de Montbéliard à Mulhouse présenterait un autre avantage. « Comme on envoyé plusieurs jeunes gens de Basle et Mulhouse pour apprendre le françois à Montbéliard, les parents auront une facilité de plus non seulement pour y envoyer leurs enfans, mais pour y faire passer leurs hardes et les petits objets dont ils peuvent avoir besoin ».

Il ajoute « que ses voitures de diligence et messagerie seront à un prix aussi modique que possible. Il prendra neuf livres

(1) Arch. comm. de MonlbêUard. Requête à Frédéric-Eugène , du 1" avril

par personne qu'il conduira à Basle; chaque personne aura dix livres de hardes franches; les paquets jusqu'à cinquante livres payeront 1 sol par livre et il fera le transport des grands ballots et marchandises sur le même pié que les voituriers ordinaires peuvent les conduire et chaque semaine, à jour fixé, il arrivera en celte ville. Ayant été sollicité h Basle et à Mulhouse de faire passer cette messagerie à Montbéliard, il ne veut le faire qu'après en avoir obtenu la gracieuse permission de S. A. S. »

La Société des Marchands invitée k donner son avis sur l'opportunité de cet établissement répondit qu' « il ne pourroit qu'être avantageux et commode pour le commerce et pour les particuliers de cette ville, et qu'en conséquence on verroitavec plaisir qu'il ait lieu » (*).

Le directeur Titot, de son côté, conclut à l'utilité de cette messagerie et pour le commerce et pour les particuliers, en demandant toutefois que Vicki n'empiétAt point sur l.es attributions du messager de Montbéliard à Belfort.

« Je pense, écrit-il au Conseil , que Wicki ne doit se charger pour Montbéliard que des paquets et autres effets qui lui seraient remis par les villes de Basle, Milhausen et sur sa route... qu'en conséquence il lui sera défendu de se charger à Belfort des paquets pour cette ville ni de ceux venant d'Alsace et d'autres endroits » (*}.

La messagerie de Montbéliard h Baie et h Mulhouse commença à fonctionner en mai 1788 (")»

(i) Àrch. connu, de Montbéliard. Avis dos Marchands, du 3 avril 1788.

(2) Àrch. coin m. de Montbéliard. Avis de Titot, du 6 avril.

(3) Disons ici que los princes do Montbéliard no s'arrogèrent jamais lo droit de messagerie ou do transport. Tn édil du Conseil do Régence, du 17 mars 1718, ayant défendu aux particuliers de tenir dos chevaux de louage a peine de 50 et 100 livres d'amende (on cas de récidive) , et ayant concédé privilège pour cette location à la veuve And ré -David fireys et a son (ils Marc, les corps de ville de Montbéliard protestèrent énergiquement contre cette décision. Ils ne contestaient point au prince le droit « d'establir des postes publiques et dos chevaux de relai dans ses propres états », mais estimant que l'établissement d'une banalité sur los chevaux do louage allait a l'oncontre de la liberté publique, du bien et de l'intérêt des particuliers, ils demandèrent qu'on laissAt le louage des chevaux libre et permis à tous « comme il a esté du passé et de toute ancienneté ». (Àrch. connu, de Montbéliard. Requête des 3 Corps de ville a S. A. S. du 23 mars 1718. BB. 2, p. 108V Los bourgeois obtinrent gain de cause.

Voici le texte du placard qui fut apposé sur les murs pour l'annoncer au public :

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