RAPPORT ANNUEL
du Sccrclairc- général.
Messieurs ,
Nos statuts imposent à votre secrétaire-général l'obligation de vous présenter annuellement un rapport sur la situation et les travaux de notre Société. Contraint^ en quelque sorte, d'accepter des fonctions qui, depuis le développement pris par la Société, sont tJrop actives pour être en rapport avec mon âge et avec le temps dont je puis disposer , je n'ai pas cru devoir obstinément refuser un honneur dû à la trop haute opinion que vous avez conçue de mes forces et de ma capacité. Seulement, il a été entendu que, dorénavant, les Rapports présentés à vos séances de mai par le secrétaire-général, au lieu d'être des œuvres littéraires , et de renfermer des considérations et des appréciations plus ou moins étendues sur les travaux et les progrès de la Société, ne seraient plus qu'un résumé succinct, une espèce de procès-verbal général^ des faits et des événements principaux de l'année. Cette nouvelle forme de nos comptes rendus aura d'ailleurs l'avantage d'épargner un temps précieux, qui sera bien plus utilement employé à des communications scientifiques ou littéraires^ plus dignes de fixer votre attention.
Vous savez donc. Messieurs, ce que vous avez à attendre aujourd'hui de votre secrétaire-général. Je me bornerai à vous rappeler rapidement les différents actes de notre Société pendant l'année qui s'est écoulée depuis la séance du 3 mai 1860. Dans cette revue sommaire, nous verrons successivement ce qui a trait l"" à son administration, 2** à ses relations, 3° à ses travaux, i"" à son Musée.
Les affaires purement administratives de la Société pendant la période qui nous occupe, se résument toutes dans ses finances. A cet égard notre situation est des plus satisfaisantes. Le budget de l'année courante, voté à la séance
du mois d'août dernier, solde par un excédant de recettes de 8 fr. 85 , quoiqu'il comprenne dans le chapitre des dépenses un déficit de 706 fr. 45 , provenant du budget de 4859. Désormais les finances de la Sociétés dont les frais du nouveau mobilier du musée avaient momentanément troublé l'équilibre, rentrent dans une situation normale et régulière, qui pourra être maintenue par une administration prudente. En elSet, l'accroissement incessant du nombre des membres titulaires de la Société augmente ses ressour* ces ; le Conseil municipal nous maintient l'allocation an* nuelle qu'il nous a votée; S. Exe. le ministre de l'Instruction publique et des Cultes nous fait espérer une subvention au moins bisannuelle ; et nous ne sommes pas sans espoir d'en obtenir une du Conseil-général du Département, qui déjà nous a aussi donné des preuves de l'intérêt qu'il prend à nos travaux.
Nous devons ajouter, cependant, que nous touchons, ou plutôt que nous sommes déjà arrivés au moment où nos collections et notre bibliothèque réclament une augmentation d'espace qui nécessitera de nouveaux frais extraordinaires , et nous forcera de réduire à leur plus simple expression les autres dépenses de la Société. Mais nous avons déjà fait (ace à des difficultés plus grandes, quoique dans des circonstances bien moins favorables; et notre Société possède aujourd'hui une force vitale qui la met bien au dessus d'un embarras financier momentané, si cet embarras devait se présenter. Sous ce rapport. Messieurs, nous pouvons donc envisager l'avenir non-seulen\ent avec sécurité , mais encore avec les plus légitimes espérances de progrès.
Nous n'en dirons pas moins , si , passant aux relations de la Société, nous examinons rapidement les rapports qu'elle soutient soit avec le gouvernement, soit avec les trente-sept sociétés savantes qu'elle compte aujourd'hui parmi ses correspondantes. — Vous vous rappelez comment M. le ministre de la Justice et des Cultes, après avoir reçu de nous un premier travail sur l'ancien Comté de Montbéliard et les quatre seigneuries qui en dépendaient » nous a successivement demandé notre collaboration au Répertoire archéologique de la France , travail qui lui a été fourni par la commission nommée à cet effet, puis à la Description scientifique de la France , autre vaste entreprise, pour la-
quelle notre contingent de matâ-iaux sera, aujourd'hui même , déposé en grande partie sur votre bureau , grâce au zèle des collègues auxquels vous « avez confié les différentes parties , selon le programme du Ministre.
Nos relations avec le Muséum de Paris continuent à être profitables à la Sodété, qui, cette année encore, a reçu de cet établissement de nombreux objets pour nos collections de zoologie. Notre reconnaissance pour ces dons est due en très-grande partie à notre collègue M. Contejean, auquel notre Musée a déjà de si grandes obligations, et qui ne cesse de nous témoigner le plus vif intérêt, en sollicitant en notre faveur l'attention et la générosité des directeurs et professeurs du Muséum.
Nous n'avons rien de particulier à dire sur nos rapports avec les Sociétés savantes nos correspondantes. Ces rapports consistent principalement dans l'échange de nos publications respectives, et dans les communications scientifiques de quelques-uns d'entre nous avec l'un ou l'autre de leurs membres. Partout nous rencontrons des témoignages d'une bonne et franche confraternité. Une de ces sociétés , récemment fondée , la Société d'Agriculture , Sciences et Arts de Poligny , après nous avoir tendu la main d'association , que nous avons acceptée avec joie, a voulu resserrer encore ces nouveaux liens, en envoyant des diplômes de membres correspondants à votre président et à votre secrétaire-général, honneur que votre bureau a cru devoir payer de réciprocité.
Mais nous ne pouvons parler de nos relations avec les diverses Sociétés correspondantes de la nôtre,. sans nous sentir pressé de rappeler qu'il en est une avec laquelle ces relations ont un caractère de cordialité tout particulier. Quoique placée en dehors du territoire français, elle est notre plus proche voisine. Son exemple, ses conseils, et particulièrement ceux du savant illustre qui la présidait à l'époque de notre naissance, ont guidé et encouragé nos premiers pas, alors si faibles et si incertains. Chaque année elle renouvelle à notre égard, elle redouble ses témoignages de fraternité. Il y a un an , à pareille époque , nous avions la joie de voir au miUeu de nous deux de ses membres , dont la présence et les communications ajoutaient un nouveau charme à notre réunion
hélas! bien peu de jours après, l'un d'eux, M. le pasteur Cunier , au milieu d'un court voyage , mourait victime
d'un aiïrcux accident!... Messieurs^ je tenais à mentionner celte perte, à laquelle nous devons être doublement sensibles, et pour nous-mêmes etpoiir notre sœur la Société juirûssienne d'Emulation.
Quant aux rapports de notre Société, non plus avec d'autres corps savants > mais avec des personnes distinguées par leur rang, leur science et les preuves d'intérêt qu'elles noifs donnent, oublierons-nous. Messieurs, la générosité dont S. A. I. le prince Napoléon a bien voulu user à notre égard, lorsque après s'être défait, au profit de divers musées, de la plupart des objets recueillis par lui pendant son voyage dans les mers du Nord, et n'avoir gardé qu'une collection particulière choisie , il a encore trouvé moyen , pour ne pas laisser sans réponse la demande que nous lui avions adressée, d'extraire de cette collection et de nous envoyer 63 échantillons minéralogiqucs provenant des régions hyperboréennes de l'Europe et de l'Amérique ? Et comment dire tout ce dont nous sommes redevables à M. Bixio , qui , dans sa libéralité vraiment inépuisable , nous accable sans relâche, on peut le dire, de dons tous plus précieux les uns que les autres ? Avant lui nous avions quelques livres ; grâces à lui nous avons une bibliothèque déjà importante par le nombre, le choix et la valeur des ouvrages qui la composent. Et ce n'est pas seulement des livres qu'il nous a donnés , quoique ses livres seuls eussent suffi pour lui mériter de notre pari une reconnaissance éternelle: objets d'art, d'archéologie, d'histoire naturelle, toutes les parties de nos collections lui doivent de nombreux et précieux accroissements. La grâce, la délicatesse exquise avec laquelle M. Bixio nous fait toutes ces largesses, ne saurait être surpassée, et en rehausse infiniment le prix. A chaque nouvel envoi , on dirait qu'il se tient pour obligé de notre acceptation.
Après ces mentions spéciales de donateurs exceptionnels , ce serait le moment. Messieurs, de signaler à la reconnaissance de la Société les nombreuses personnes qui concourent par leur dons à l'enrichissement de nos collections. Mais la liste complète de ces personnes figurera dans la dernière partie de ce rapport, avec l'énumération des objets donnés par elles. 11 en est une, toutefois, à laquelle, nous devons des remerciements tout particuliers ; c'est M. Parrol-Wild, un de nos nouveaux membres titulaires, au-
quel nous sommes redevables d'un don d'une grande valeur^ consistant en un nombre considérable d'oiseaux exotiques montés , acquis par lui dans le but exprès d'en enrichir notre Musée. Qu'il reçoive donc aussi dans ce rapport l'expression de notre gratitude.
Après cet exposé de nos relations , nous avons à présenter le résumé des travaux scientifiques et littéraires accomplis dans le sein de la Société. Comme ce résumé ne doit être qu'une simple énumération dégagée de tout commentaire^ l'ordre des matières est sans imp<»*tance; au lieu donc de rapporter ces travaux aux diverses sections auxquelles ils ressortissent^ nous suivrons simplement Tordre chronologique.
1 . Notice sur quelques plantes nouvelles pour la Flore du pays de Montbéliard^ ou pour les localités où elles ont été rencontrées. Cette notice de M. le docteur Quélet est appuyée d'échantillons de la plupart de ces plantes.
2. Recherches archéologiques, par M. Morel-Macler architecte , 4** sur les antiquités d'AUanjoie, 2** sur les antiquités de Beaulieu; 3" sur celles de Peseux; ces travaux suivis d'un essai sur la détermination du lieu où Arioviste a été vaincu par César. — Publié avec des planches faites sur les dessins de l'auteur.
3. Notice nécrologique sur M. Théodore Flamand, un des membres fondateurs de la Société , et le premier de ses membres titulaires dont elle ait à regretter la mort ; — par M. le pasteur Wetzel.
4. Quelques Fables de Lafontaine traduites en patois du pays de Montbéliard, précédées de quelques notes devant servir d'introduction à un travail sur les formes grammaticales de ce même patois, par M. Ch. Cuvier, doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg.
8. La première Eclogue de Virgile traduite en patois par M. Bohin, et écrite par M. Cuvier selon un système orthographique de son invention.
6. Deux fables de Lafontaine imitées et versifiées en patois, par M. Morel, pasteur à Allanjoie.
7. Episode d'un voyage au Brésil, par M. le professeur Favrot, de Porrentruy.
8. Statistique agricole de la contrée de Montbéliard, pour l'année 48S9, par M. Louis Kuhn.
9. La destruction de Mandeure^ Mémoire par M. Tabbé Bouchey^ vicaire à Montbéliard.
10. Note sur une pierre sigillaire trouvée à Mandeure et récemment acquise par le musée de la Société; par M. Wetzel, architecte.