A12 RECHERCHES SUR LA POPULATION DE LA GÉNÉRALITÉ
jouxte-Boulleng , Yandrimare , Fleury. La population , dans ces localités, était de 9/1.1 paroissiens au XIIP siècle ; elle était de 2&6 pendant Toc* cupation anglaise. G*est un temps de misère infinie, le plus lugubre que notre province ait eu à traverser depuis les invasions normandes. Tous les documents de Tépoque sont là pour Tattester. On n'a que rembarras du choix (1). Aux États généraux de 1&8&, Jean Masselin ne se rappelait pas, sans une vive émotion, les souffrances que la Normandie av.ait eues à endurer pendant la domination anglaise, c La population, dit-il , était réduite à si peu qu'on a pensé que le pays de Gaux n'avait conservé qu'à peine la centième partie de ses habitants: faerat enim creher, numeroms et felix », et ailleurs il s'exprime ainsi : • Dans le pays de Caux , on rencontre une infinité de villages qui renfermaient autrefois cent feux ou familles, centum ignés sive familiœ, et qui aujourd'hui n*en ont que quarante. > 11 fallait que la décadence fût alors bien profonde, puisque les paysans consultés, dans les informations du XY* siècle , sur la valeur des cures et sur la population des paroisses , après avoir recueilli leurs souvenirs et s'être reportés aux années qui avaient précédé la guerre , ne déclarent que des chiffres constamment au-dessous de ceux du Fouillé d'Eudes Rigaud.
Entre l/i50 et l/i70, la population de 407 paroisses, portée à 6,988 paroissiens au XIIP siècle, n'était évaluée qu'à 2,257 paroissiens.
(i) Nous en avons cité un grand nombre dans nos f Recherches sur Cétat des campagnes de la Boute» Normandie dans les derniers temps du moyen-âge, » — t Estât par abregié des rentes et autres revenues a appartenant à Pesglise de Fescamp , depuis le xviii* jour de février mil une xviii jusques au lundi xv* (i jour d^avril mil ccccix.^Lc5 renies et revenues de labaronnie de Fescamp n*ont esté d^aucune valeur « pour ce que le pays est destruit pour Toccasion de la guerre , mesmement de la frontière de Harefleu.
c Les rentes et revenues de la (erre de Fonlaines-lc- Bourg n'ont esté semLlablcment d^aucune valeur « pour ce que pour Toccasion de la guerre, especialement pour le siège qui fut devant Rouen, la ville et « chastel et le pays d'environ sont ars et destruits et les bonnes gens mors à Rouen par famine, par quoj « le pays est désert, et aussi Ton n'y ose ne n'a osé bonnement converser pour la double des brigans « qui, de jour en jour, y hantent et se relrayent es bois dont le pays est moult avironné.
€ Les rentes et revenues de la terre de Heu debou ville n'ont esté scmblablement d'aucune valeur pour « le fait de la guerre, mesmement pour Foccasion du siège qui fut devant Loviers Tan précèdent et c semblablemcnt pour la garnison de ceulx de Dreux qui chascun jour courent en la dicte terre et es « parties d'environ, car nul ne demeure en ycelle terre et se sont piechà retrais es bonnes villes, et la « greigneur partie mors, et ainsi demeure le pays non labouré et désert*
« Les renies et revenues de la terre d'Aesy n'ont semblablemcnt esté d'aucune valeur à l'esglise pour « ce que Mons» de Clarence, en laquelle seigneurie elle est enclavée en la vicomte de Pont-Audemer, l'a « détenue et délient en sa main, jà soit ce que le roy notre souverain seigneur l'ait délivrée. »
ET DU DIOCÈSE DE ROUEN AVANT r?89. 418
Entre l&TO et 1500, la population de 108 paroisses, portée à 8,490 paroissiens au XIIP siècle, n'était évaluée qu'à 3,699 paroissiens.
Enfin , bien que le règne de Louis XII doive être considéré comme un règne relativement heureux, il s'en fallait encore de beaucoup que Dotre pays fftt alors revenu au degré de prospérité qu'il avait atteint dans les premières années du Xlll® siècle , et c'est là un fait important qu'il ne faut pas perdre de vue , si l'on veut juger équitablement le moyen âge. Nous avons sous les yeux les informations de 55 paroisses. Leur population, évaluée à 4,095 paroissiens dans le Fouillé d'Eudes Rigaud , n'était encore que de 2,222 paroissiens dans les dix dernières années du XY* siècle (1).
La comparaison de la valeur des cures , indiquée au Fouillé d'Eudes Bigaud , avec celle qu'indiquent les informations du XY* siècle , fournit des résultats analogues pour l'époque de l'occupation anglaise et pour les années qui suivirent Elle met également en lumière ce fait que la richesse s'accrut uotablement dans les campagnes sous le règne de Louis XIL