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LES DROITS DB MER

^ gDeio plateam quamdam ad piscariam instituendam in littore de A Gharrueis quam dederuot prefate ecclesîe Robertus de Gharrueis,

I Thomas et Herveus avunculi ejus » (i).

t Simon, comte d'Évreux, confirma, en 1157, au même monastère une maison et une saline à Yarairille , que ses ancêtres avaient aumê* nées longtemps auparavant (2).

' Lieceline de Soligny lui donna des droits d'usage dans la tanguière qu'elle possédait dans la baie du Mont-St-Michel : « In tangaria

c mea tangam predictis monacbis in usu bominum suorum de Yacua-

4 valle • (3).

ABBAYE DU MONT-SAmT-MICHEL.

Getle abbaye avait reçu, dès le XP siècle, d'opulentes donations dans les tles du Golentin. Le duc Robert lui avait aumône la moitié de Guernesey [h) ; Guillaume le Conquérant , les îles de Serk , d'Aurigny et de Jetbou; et Henri II, Tilot de Herm (5). Les droits de mer, on le comprend , avaient une importance exceptionnelle dans ces contrées que r Océan entourait de toutes parts. La pêche en était la principale, et probablement Tunique industrie. Au milieu du XIIP siècle , les ba« bitants de Guernesey, appelés à une enquête ouverte par le gouverneur ou gardien des tles , déclaraient que, si le roi d'Angleterre cessait de protéger cette industrie, le pays serait entraîné dans une ruine complète (6).

Le principal établissement de l'abbaye dans Guernesey était au Yale» paroisse de St-Clément , où les nioines, cbasséç du Hont-St-Michel par

(i) Du dom, mariu j p; 59.

(2) Id. , p. 60.

(5) AI., ibid.

(6) Le Cotentin et ses tles , î- part. , p. S17. u (5) Jkid., p. iZh et 208.

(0) PCaàU cor* Drogo de Barentin (apt Seeond rep. of the commis J,

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Bichard , étaient venus , dit^n , se réfugier en 966 , et où ils avaient fait construire une cbapelle et fondé un prieuré (1). Ce lieu était, plus que tout autre, favorablement disposé par la nature pour y organiser les divers genres de pêche. La mer y pénétrait fort avant dans les terres et y formait un vaste marais , qui porte le vieux nom celtique , encore en usage dans le Cotentin , de Bougue du Yale ; des mares et de petits cours d'eau, qui nourrissaient des carpes et des anguilles, dont la renommée s'étendait au loin (2).

L'abbaye possédait le varech sur la côte qui bordait le prieuré et les Ilots de Lihou et Jethon , et , en outre , le quart du varech sur tout le littoral de Guemesey (3). Elle avait encore Tesperquerie des congres dans les mêmes lieux et les autres droits analogues, parmi lesquels il fiâuf noter cette pêche spéciale des anguilles, qu'on désigne par les mots de cursus anguillarum (Ji).

Dans rtle de Jersey , les domaines du monastère étaient situés dani^ là paroisse de St-Brelade, aux villages de Pierreville, La Roche-Godeme et Noirmont. Le varec et le droit de chasse y étaient attachés (5).

Les religieux n'exploitaient pas eux-mêmes ou par leurs hommes leura pêcheries de l'archipel ; ils les louaient à des fermiers , à chaîne d'une redevance annuelle. En 1198, les esperqueries de Guernesey étaient affermées à Vital de Wille; le prix de la location était de vingt-cinq livres (6).— En 1296, les mêmes esperqueries du Yale et la coutume des maquereaux de Piémont étaient donnés à bail , pour quatre années» à un gascon nommé Pierre Darsis, moyennant six livres tournois par milliers de congres (7).

Le Mont-St-Micbel était encore moins à l'abri , dans les lies , des ten» tatives d'empiétement et des contestations , que l'abbaye de Caen ne Tétait à St-Wast. Quelque prot^ée que fût la propriété ecclésiastique au

(i) Le Cotentin et ses UeSf p. i89.

(9) Charte de 1287 ; ap. Arch. de la Manche. (8) Chartes de 1288, 1259, i266, etc.; ibid. (A) Chartes de «288 et 1864 1 ibid.

(5) Charte de 1218 ; ibid.

(6) Grands râUs de PÉch. ; ap. Mém. des AnU^ U XVI , p. AO.

(7) Charte de 4296 ; ap. Arch. de la Manche.

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khoyen âge, les évéoejnefits politiques qai Turent la cooséqueoce d< k eoDquète de la Normandie par Philippe Auguste Teiposèreot à de conttBuels périls ; à chaque instant , elle était obligée d'invoquer Tappui du monajrque contre les attaques dont elle était l'objet Les archives de la Manefae renferment, sur ce point « un nombre de chartes trop considérable pour que nous puissions ici en Taire môme une simple énumé*^

Fitlom

En 1218, le gouverneur des îles , Philippe d'Aubigny , tenait ses asèites à Jersey , sur Tordre dn Gouvernement anglais , et conirmait t après une enquête parjurés, Tabbaye dans ses possessions, etî, en partie entier, dans ses droits de varec (i).

Le prieuré de St-Olément , à Jersey , avait été saisi, comme alien priatieip^v le seigneur des tles, Henri de Turbeville, vers 12â/U au mOi^ ment où Henri II Taisait un nouvel effort pour porter la guerre en France» en tecoui<ant le duc de Bretagne \ en 1238, la saisie fut levée et le Mont- St-'Michel fut remis en possession de toutes ses terres ; on lui concédai même le droit d'exporter en Normandie, ou ailleurs , ses produits agricoles (2).

Eh 1255, il y eut une nouvelle enquête, ayant le même olyet, devant Philippe de Carteret , Guillaume de Saumarez et Henri de Cancleu , sous Tadministration du gardien Jean de Gray. On reoonnaissait toi^oars aa monastère le dfolt de recueillir le varec et les atentunes de mer à rtntérieur du Yale, à Libou et à Jethou , --« inter Walltum uxxrequium et ûdventuras maris , similiier in Lihou et Ketethôu ^ — à TexceptioD de la soie et de Técarlate non travaillées, et des manteaux neufs et sans taches, qui appartenaient à la dignité du prince. A Jersey, le franc-fief de Noirmont jouissait des mêmes coutumes et libertés (5).

En Ifiôâ et 1266, Édouwd, fils aîné de Henri III. et Migneur ^bn Iles, renouvelait ces déclarations [h).

Cela n'empêcha cependant pas ce même prince, lorsqu'il fut devenu roi d'Angleterre, de faire confisquer, en ISOJi, dàbs les assises tenues par les justiciers itinérants, Henri de Guildeford et ms compagnons, le

(1) Charte de i2i8 ; ap. Arcli. de la Manche.

(9) Charte de 1238 ; ibid.

(8) Charte de 1259 ; ibid.

(&) Chartes de 1265 et 1206; ibid.

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prieuré de St-Glément avec tons les privilèges qui en dépeDdaieût (1). Record fut donné de cette sentence, en 133&, devant d^aiitres assises. L'abbé avait fait défaut. Ce ne fut qu'en 1339 que, sur de nouvelles ré*« clamations et une nouvelle enquête , le monastère fat remis en saisine de ses anciens droits d*esperquerie , de pêcherie et de gravage (2). Us loi furent néanmoins encore contestés: en I86ft, à Toccasion de € plii^t c sours verez de meir appttquiez et arriviés en f isle de Guernerie jouxt^ c lé diastel de notre seignour le Roy appelez le chaste} Cornet (3) » ; et« en 1365, pour Tesperquerie des congres et la coutume des maqueream; dont une charte d'Edouard III lui conirma une fois de plus la paisible possession (&), que le siècle suivant devait lui enlever sans retour.

L'abbaye eut moins de difficultés à çojaiHr dans la Normandie conti-r îientale, oh elle avait d'autres établissements de pèche et où elle avait le gravage.

Sur la côte qui fait face an mont Tombelaine , à l'embouchure de la petite tlvlère le Mien , H existait , depuis les premiers siôdes de notre ère , un port qui paratt avoir eu une certaine importance , puisqu'il était le siège d'une amirauté, prœféctura maris (5). La ville ou le village dont Il dépendait était Genêts. C'est un lien consacré par des souvenirs histo^ ilques nombreux. Le Mont-St-Michel y possédait une pêcherie, désignée sous le nom de Grossein; elle lui avait été donnée, vers 1430, par ase dâmc appelée Prime , assistée de son mari , Alain : cette pêcherie devait être importante, puisqu'elle avait été partagée entre plusieurs proprié-» taires. i/un d'eux , Hugues de La Barre, qui en possédait un cinquième, renonça à sa part en faveur de f abbaye {6).

Mais la Jouissance de cette propriété impiiqnait-neile te droit de priae des p<rfssons À couenne et des poissons royaux 1 C'est ce qui^fut oemiesté au nom de la couronne de France, «eus les successeurs de Philippe Auguste»

(i) PlaHu de quo warr», eH.\ ap. Arch. de la Manche.

0) Ibid. , i .

'^) Charteeniirttnçafeilu Attan IMilt^pi i^h^ '■•'

(A) Charte du SA novembre idd5 ; ibid.

' '^5) Les parohsâs âe là Me dn^MontSuMicM , pftr WHAé Dêaùchfs. (api; ,Blém. dm A%L',^t.:m\r ^68).

(6) VAvranehin^ efc, par Le Hérichery t II, p. 620. — Recherches hUU, etc., par .r«hb^ ,lk8i(!Mheft ap. Mém. des Ant, t. XIV, p. 7A ]. , .

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