HISTOIRE DE LA COMPAGNIE. LUI
(( Et le passant, dont je charmais la vue , « Oubliera, quel opprobre ! et Tombre et la fraîcheur « Que prodiguait ma coupole touffue « A son front baigné de sueur. »
Un Zéphir , dont l'aile légère Se jouait à travers son branchage effeuillé , Répondit, en ces mots , à sa complainte amère : « Pourquoi gémir ainsi ? l'hiver t'a dépouillé , a Le printemps peut te rendre à ta splendeur première ; « Mais rien ne vient en aide à qui se désespère. »
Le Zéphir disait vrai. Les regrets et les pleurs
Ne réparent point les malheurs; Luttons contre le sort quand il nous est contraire, A qui sait braver les malheurs Il peut venir des temps meilleurs.
Mon oranger en fit l'expérience :
Un souffle de printemps lui rendit l'expérance. Bientôt de sa racine à son dernier rameau Honte, circule, éclate une sève abondante ; Et du soleil de mai la chaleur fécondante L'a couvert tout entier d'un feuillage nouveau ; L'air s'embaume des fleurs dont sa tête est parée ; Et , rétabli dans toute sa splendeur, n est encor l'honneur de la contrée Et le charme du voyageur.
Profitons, Messieurs et très-hoDorés Confrères, des utiles conseils renfermés dans cet apologue de Téxcellent M. Yiennet , et ne nous décourageons point. Le langage qu'il prête an zéphyr est celui du bon-sens. Le printemps, c'est la vaillante légion de nos jeunes recrues, qui sauront toujours transmettre à nos successeurs les traditions de travail et d'honneur que nous avons reçues de nos devanciers , comme ces flambeaux de la vie que , selon Téternelle
IIV HISTOIRE DB LA GOtfPÀGNIE.
loi de la nature, se passent de main en main les générations aux générations.
Et quasi carsores vital lampada tradant,
poar parler comme IMmmortel auteur du Natura rerunu (Lib. II, 79.)