LUE A LA SÉANCE PUBLIQUE DES ANTIQUAIRES DE NORMANDIE
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„ i.PAfi. M, J-ÉON, DE LAjSIÇQTIÈRE,
. Ancien Directeur de la Sociétéi
. ,,,][^u9ieiM^ADiié^ a^ sqi^t^éççjalée», depuis la mort de Georges Mancel;
^i^Qimnpsiqw mj^t toutf.hqiniiies et choses, à. son vrai point , est venu con- ^,.tr)61l3r 1^^ 9ppré(|i9tiQP? de la première heure spr son nom et ses travaux ; p,,in$iîs,;^flpémpirQ n*a pas vieilli, et les regret^ qu'il a laissés dans la Société
,.des.Aqti(m9ir^s sqnt toiyours aussi présents. Il en est de même de ceux ^ qul^riss^tçpt^i) çœqr de ses amis ; c*est là son meilleur éloge.
,, Cci .n'est P^s à.mqi gu'av^jt 0té confiée la tâche délicate autant qu'hono- ^;^i:al;il4d'esquissçr.cette,PQtipe,hi9grs|phique et littéraire. Une plume plus «u.AUtqri^^qiie l^.jpiieni]^ Af ^^^t la présenter à votre Société ; mais M. Charma o. ^t mort-Ayswt c^'^yçii^iacheyé 9on travail, mort, comme Mancel , en pleine o.frPQM^sian de )« vje , ejt Ifiiftsaut « gomme lui , au sein de celte compagnie , 1^^ qui luji .estxedeya^lie à. tapt<te, titres, un. vide bien difficile à remplir. Quel- ^iqif^ftporsoQues^ une surtout dont }a prière devait être Mcrée pour tous «i- fl^^îsrdç Qeorge&î Mapcel , oqt foit appel à ma yieille aflfection pour lui , et m*ont demandé dejir^rendre le travail que M. Charma avait à peine
LYl GEORGES MANGEL.
ébauché. J'ai cédé. Je n'aurai sur M. Charma qu'un seul avantage , ce sera de pouvoir lui faire sa juste part dans les travaux qu'il publia de concert avec Mancel , et d'associer dans l'expression publique de mes regrets deux noms que la science et l'amitié avaient si souvent rapprochés.
Jean-Baptiste-Georges Mancel naquit à Caen, le 10 décembre 4811, d'une famille honorable. Son père alliait des goûts d'artjste à son commerce de meubles ; c'était un connaisseur en tableaux d'un tact et d'une sûreté rares.
11 fit au collège de Caen des études médiocres. I^ sévérité des lettres classiques effarouchait quelque peu son esprit libre et ondoyant. Railleur et naïf, flâneur et chercheur comme il le fut toujours, aussi fervent dans les croyances littéraires qu'il s'était faites que réfractaire aux admirations de commande , un vieux dicton normand avait déjà plus d'attrait pour lui qu'une page du Conciones , et il eût donné de bon cœur tout un volume de vers mythologiques du XYIP ou du XYUP siècle pour une ballade du XY* ou une Méditation du XIX% Avant même de terminer ses études , il était mêlé à quelques sociétés semi-joyeuses, semi-littéraires, soufflant au^besoin une rime on aiguisant la moitié d'un couplet.
Il prit ensuite ses inscriptions à l'École de Droit, mais sans y trouver aucun intérêt ni en retirer aucun fruit. Ses goûts et ses aspirations étaient ailleurs. Il suivait plus volontiers quelques cours de la Faculté des Lettres, celui de M. Charma notamment, dont la parole éloquente groupait autour de sa chaire un auditoire nombreux et passionné. Il se plaisait surtout dans un petit cénacle, reflet lointain de celui qui avait été le foyer de la nouvelle École, où l'on agitait les grandes questions d'art et de littérature à Tordre du jour , où l'on cherchait à constituer pour les jeunes écrivains de la province des organes spéciaux de publicité. Mancel s'y distinguait par la vivacité curieuse de son esprit et un fonds de bon sens qui prenait toutes les formes, même celle du paradoxe. Étudiant en droit à cette époque, mais étranger à la ville de Caen, je Tétais aussi à ces réunions littéraires dont Mancel était un des membres les plus actifs. Le hasard nous rapprocha. Une certaine communauté de goûts littéraires et historiques, jointe à l'attrait de son aimable humeur et d*une indépendance d'idées assez sincère pour admettre celle des autres, ébaucha entre nous