NOTICE BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE. LVII
QDe liaisoD qui devint bientôt une amitié véritable : la mort elle-même n'a pu briser entièrement cette amitié, je le sens encore eu ce moment. Â cette même époque, il s'occupait de politique avec plus de hardiesse et d'action qu'on ne Teût attendu de la douceur, de la froideur apparente de son caractère.
Quelques années se passèrent pour lui en essais, en tâtonnements divers sur lesquels nous reviendrons en rappelant , dans leur ordre chronologique, ses nombreux travaux.
Sa vie fut, d'ailleurs, peu accidentée.
Il fut attaché à Tadministration du Pilote , que dirigeait alors notre collègue, M. Gourty, en 18â/i et 4835.
Il entra à la Bibliothèque le 6 octobre 1838, comme conservateuradjoint de M. Hébert, mais sans traitement. Alphonse Le Flaguais, dont le nom est resté cher aux lettres normandes, et dont les beaux vers ont été si longtemps un des principaux attraits de nos séances publiques, y entrait en même temps avec le même titre. Plus tard, et à là mort du titulaire, le personnel de la Bibliothèque fut complété par Tadjonction de M. Trebutien, que la noblesse de ses sentiments et son érudition délicate et profonde ont placé si haut dans Testime de tous. Son traitement, qui n'était que de 900 fr. d'abord, fut élevé à 1,800 fr. lors de la mort de Le Flaguais, et, quelques mois seulement avant sa mort, à 3,000 fr. Il faut aimer passionnément les bibliothèques pour s'en faire le conservateur et s'y absorber tout entier dans de pareilles conditions. •
Il épousa, en août 1839, M^^' Céline Salles , de Balleroy , et dans cette union , chèrement désirée , il devait trouver jusqu'à la fin tous les dévoûments qui font aimer la vie et qui pourtant aident à la quitter.
Vers cette même époque , il s'afiiliait à l'Académie de Caen, à la Société d'Agriculture et de Commerce , à l'Association Normande , à la Société des Antiquaires. Toutes ces sociétés devaient recevoir de lui de nombreuses et intéressantes communications , mais la nature de nos travaux avait et garda pour lui jusqu'à la fin un attrait particulier. Moins érudit , dans le sens austère du mot, que curieux, il parcourait dans tous les sens le champ si vaste et si varié ouvert à nos investigations , plus jaloux d'y cueillir une fleur oubliée » d'y découvrir un nouveau point de vue , d'essayer de défricher un coin resté inculte , que d'y creuser des mines obscures et
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LVIII GBORGES MANGEL.
profondes. A côté et peut-être ati-dessus dë'l^totôirè des ' itiofitiifieiits , il plaçait volontiers éelYé des peuples et des tadhidas, de Ib laïque eft'des mots, des arts/des usages, dès livres eux-mêknes; Bibliographe padstMiDé, il avouait qu^aprês le plaisir de composer des livres , le ^us vif est oelai de parler des livres des autres.
IFne seule crîsé extérieure vint agiter cette vie de fomille et d« travail si doucement organisée.
Ses anciennes opinions , loyalement manife^éës en pliis d'usé circonstance, lui firent saluer ravènèment de la Bépublit[Uë de 1S&8 avec une confiance dont^sëé ennemis'hièmé , s*ileût pà en avoir , eurent dû reconnaître le désintéressement et la sincérité; ' €onime à beaucoup d^wtres ,
* '' dWpfus'hbntiëtës et dë^])lu3'1^tenigents, leâ déception^ ne lui>mân()yèrent pas. If avait ^oâié sa caTïdidatift*é ér VA^seïnblée Constituante , en rappelant
' son devodfiiient ô'ë vfèillé date à h *eàufte démocrat{<}ue , ëâ demandant : « Liberté religieuse ; ttberfé de coitscietice ; liberté d^enseignebient v liberté • d'association ; liberté de la * pensée sous toutes les formes ; maS0 ' Missi i ordre et modération (l) ^ ; mais là loyaiité de ses opfliions, la déliëatesse âe ses goûts, la nature hélas 1 un peu aristocratique de ses travaux tae pouvalent suflBre. Il n'est pas 'jusqu'aux frais' matériels de Timmense publfcitét qu'il eût fallu doûàer à sa candidature ef qu*il ne - peuvaft sttfyportëf , qui ne fussent un obstacle. Il se' rètifa Se fti luttlè, éft rentrft dans la vie privée pour ne plus en sortir.
Voici' maiiitenant ïa liste/ 'très-coibiilèté'; eti commençant par les Revues et en suivant i'ôrdtè dés dates, te seul' possible,' des publications de notre regretté cohfrère. Nous citeyonsV dans' nos longues et laborieuses recherchés , n'en avoir omis aucune de quelque importance. Mais le nombre en est si consid^érable qàe-, pour la ^upart ;'Hoqs devrons nous borner à uhé sèche énuâiération-, saâs en éi^^r ni r«ippréciation ni ihême l'analyse.
(1) CireuUrirt av« eitojfêni de l'arrondissement de Bayeux, une page in-&*.