LA COMPLAINCTB DES NORMANS
A très doulx duc de Bretaigne (1),
Qui es puissant, bel et gent
Luy supplyons qu'il ne se faigne (2)
Nous délivrer de cette gent ;
Puissant de gens, riche d'argent.
De villes, de chasteaux et de pourpris](3}
S'il lui plaist estre diligent
Encore serons ses voisins.
Et au puissant duc de Bourgogne (4) Supplyons, grans et petis, Qu'il se mesle de la besongne , Activement sans alentir.
Vrayement, s'il lui prent appétit Avec le duc des Bretons , A ceste fois, serons, sans mentir, Délivrez de ces faulz godons (5).
A Duc d'Alençon , nul ne doubège (6) Ferait grand mal et aux Royaulx Se nous portions la croix rouge , Qui somes leurs subgez loyaulx (7) ; Supplions lui et à ses vassaulx Qu'ain«À ne nous laissent morir . Mais aux barnas et aux chevauk (8) Nous viennent briefment secourir.
(1) François I«', fib de Jean V (ikhUih60)i
(9) Se ménage , tarde ft«
(8) PowprinSf endos.
[h) PhOippe m le Bon (i&i9-i&07) ( V. le couplet XV ).
(5) Goulus*
(6) Jean II (iAiM&7&)« Je n*en doute nullement.
(7) G*est encore la même menace plaintive qu*aux couplets III , IV et XVI*
(8) Aux pour o signifiait aTec.
ENVOYÉ AU ROT NOSTRB SIRB. 555
Se nostre fait tournast à bon Pas ne feussions à Tescart, Et s*il plaist au duc de Bourbon (1) A ce employer de sa part, Luy supplions et tost et tart S'il lui plaist qu'il ne nous oublie Mais se mette avec son estandart Quant la trêve sera faillie (2).
Très noble conte d'Ângoulesme (3) Plaise vous d'y mettre peine Du sang royal et du bon cresme Et aussi le conte du Maine (4), Mais que chacun son ost amaine (5) En Avril , le gracieux mois , Normendie , le riche domaine , .Seroit délivré des Anglois.