‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 37 sur 204 · NOTICE BIOGRAPHIQUE ET UTTÉAAIRE. CI · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE ET UTTÉAAIRE. CI

Guillaume-Stanislas Trebutien naquit à Fresnay-le-Puceux en Cinglais, le 9 octobre 1800. Il appartenait à une famille honorable, mais peu favorisée des dons de la fortune. Aussi , arrivé à Page d*homme , dut-il demander au travail des moyens d'existence. Les perspectives qui s'ouvraient devant lui étaient d'autant moins favorables qu'un accident l'avait rendu boiteux et que sa santé était déjà extrêmement précaire. L'étude devint sa suprême ressource et sa consolation. Sa mère tenait à Gaen un cabinet de lecture , avec le produit duquel elle faisait vivre la famille ; Trebutien puisa dans ce milieu l'amour ou , pour mieux dire, la passion des livres. Tout d'abord, il essaya d'exploiter un fonds de librairie; mais il dut bientôt reconnaître que ses aptitudes pour le commerce étaient nulles , et, mieux avisé, il alla successivement à Londres et à Paris essayer d'utiliser autrement les connaissances sérieuses que , sans le secours d'aucun maître , il avait acquises en bibliographie et dans les langues orientales. Bien qu'il parlât toujours avec une extrême réserve de cette période difficile de sa vie, ses amis intimes savaient à quelles épreuves douloureuses il fut soumis et avec quelle âpreté il dut lutter, non pas pour conquérir l'aisance, mais pour échapper à la misère. Ces années si dures avaient laissé sur sa physionomie un cachet de souffrance , qu'elle conserva toujours; mais elles trempèrent son caractère et contribuèrent puissamment au développement de son esprit

En 1839, les recommandations pressantes de MM. Magnin, Hase, ChampoUion-Figeac , et l'appui décisif de M. Guizot lui firent obtenir, à Caen, dans sa patrie d'adoption, les fonctions de bibliothécaire-adjoint. Ses plus chères ambitions étaient désormais satisfaites et sa position était définitivement fixée. Les attestations qui lui furent alors délivrées par les hommes éminents qui s'étaient faits ses protecteurs sortent complètement de la teneur habituelle de ces sortes de documents. On peut, du reste, en juger par le texte de celle de M. Champollion-Figeac, que les autres ne font guères que reproduire :

Paris, 15 juUlet i8S8.

« Je m'empresse de recommander l'objet ^e cette demande à l'atten- « tion et à la bienveillance de M. le Maire de la Ville de Caen. Les goûts, « les travaux et la science réelle, profonde et variée, qui distinguent

cil F.-G.-S. TREBUTIEN.

« M. Trebutien garantissent en lui un excellent bibliothécaire. Il a fait

€ ses preuves en littérature orientale^ en littérature du moy engage et dans

« la littérature classique en général. L'amour de l'ordre, la plus scrupu*

« leuse exactitude sont aussi des qualités essentielles dans un bibliothé-

« caire , et M. Trebutien possède aussi ces deux qualités. En fixant son

« choix sur lui , T Administration municipale prendrait une résolution qui

« serait agréable au monde savant, qui aime et estime M. Trebutien. >

Les nombreux et importants travaux par lesquels notre compatriote s'était déjà signalé expliquent ce qu'il y avait de flatteur dans de semblables témoignages.

Poursuivant d'abord , avec l'ardeur qu'il apportait en tout , ses études sur les langues de l'Orient, il avait donné successivement, en 1825, les contes extraits du Tbouthi-Nameh, traduits du persan, et, en 1828, trois volumes in-8^ de contes inédits des Mille et une Nuits. Il participa plus tard , d'une manière très-sérieuse , à la préparation de l'édition ^ publiée en 18âS par sir Spencer Smith , des Recherches de M. Hammer sur le culte de Mithra (1). Ce furent là, avec quelques fragments de poésies orientales, insérées dans la Revue du Calvados en 18&0, ses seules publications dans cette direction.

Il ne réalisa pas , en effet , le projet qu'il avait d'abord conçu d'éditer le poème de Djami; il ne poursuivit pas ses recherches sur les manuscrits orientaux de la Bibliothèque de Caen , annotés par Galland , et nous ne croyons pas qu'il ait jamais achevé la dissertation sur l'origine des contes des Mille et une Nuits , qu'il avait dû publier en tète des Contes inédits, et qu'il supprima au dernier moment , pour la soumettre à une révision définitive :

(1) Dès le mois de février 1830, VAtheneum weekty Review (Saturday, february 20, p. 99) consacrait un long article à cet ouvrage, qui lui avait été communiqué en épreuves : Pagan mysleries. Mémoire sur le culte de Mithra, son origine, sa nature et ses mystères, envoyé en 1825 au concours de TAcadémie royale des Inscriptions et Belles-Leltres de Paris par le chevalier Joseph de Hammer ; publié par J.-S. Smith et G.-S. Trebutien, de la Société asiatique de Paris. Paris, 1830.

c This Work, though announced in 1828 is not yet published : and the following notice bas been drawn up from a perusal of the proof sheets wicb were communicated by M. Trebutien of Caen, one of the editors. The other editor is the bon. Spencer Smith, the brother of sir Sydney Smith, formerly ambassado^ at Constantinople , and new residing at Caen. > L^ouvrage parut, en définitive, en 1833; le nom de Trebutien ne figure pas sur la couverture.

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