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ORIGINE ET FORMATION DES NOMS PATRONYMIQUES

Tout le monde sait que l'usage des noms patronymiques a commencé en France vers le XI* siècle.

Marques de l'agnation, propres à tous les individus descendant par mâles d'un même ancêtre, ces noms, créés par l'instinct d'un besoin social , se sont formés peu à peu , dans les plus diverses conditions , sans aucune règle fixe, et ont été soumis longtemps à bien des changements et à bien des altérations.

D'abord , pour distinguer les individus portant le même nom , on n'avait qu'un procédé, celui de joindre à ce nom individuel le nom du père. Pour distinguer entre tous les Robert , ou tous les Guillaume, ou tous les Raoul , celui qu'on voulait désigner , on disait : Robert , fils de Gerold , ou Robert , fils de Meurdrac ; Guillaume , fils de Roger ,

CXXXIV KTUDBS GÉNÉALOGIQUES

OU Guillaume, fils d'Osbern ; Raoul, fils d*Auspac, ou Raoul, fils de

Durand.

Au Xr siècle , quelques-uns de ces surnoms passèrent , avec leur Tonne composée , de la première génération à la deuxième , puis aux suivantes, et constituèrent quelques noms patronymiques, tels que ceux des familles Fitz-Herbert, Fitz-Gerald ou Fitz-Urse. —D'autres, en grand nombre , subirent le retranchement du mot indiquant la filiation , et, comme ceux des Giroie , des Grimoult ou des Meurdrac , commencèrent la grande série des noms patronymiques dus simplement à Tadoption héréditaire d'un des vieux noms jadis purement individuels , tels que les: Onfroy, Auvray, Godefroy, Gautier, Richer, Guimond, Beaudoin, Anquetil, Goscelin , Foucher , Goubert , etc. , et leurs très*nombreux

dérivés.

Tous ces noms , qui avaient été créés dans les langues anciennes avec une signification, n'en conservaient déjà plus ; leur étymologie lointaine , gaélique ou Scandinave , était désormais oubliée , et les familles qui les adoptèrent n'y trouvaient au plus que le souvenir d'un ancêtre dont le nom servait encore à désigner la lignée.

Simultanément , avec ces appellations dépourvues d'une signification , d'autres apparurent ayant un aspect différent et empruntées à la langue

usuelle.

Celles-là avaient pour caractère d'ajouter, au nom de l'individu, l'indication d*uue particularité qui le désignait entre ses homonymes.

Entre plusieurs Roger, ou plusieurs Guilbert, l'un fut appelé Le Blond et un autre Le Noir ; celui-ci Le Despensier> et plus tard Spencer, parce qu'il était chargé de régler la dépense , et celui-là Le Prayer, parce qu'il était le surveillant fieffé de certaines prairies , ou Le Tarmellier , parce qu'il fournissait les tarmelles ou pains cuits à l'eau.

Sans doute , la qualification distinctive , ainsi jointe au nom du père , ne passa pas toujours aux enfants et fut plus d'une fois remplacée par d'autres.

Nos rois , beaucoup de seignçurs et d'autres individus eurent ainsi des surnoms qui leur demeurèrent personnels ; tels : Philippe Le Long et Philippe Le Bel , Louis Le Gros et Louis Le Lion , ou Guillaume Le Charpentier , vicomte de Melun , ainsi nommé de la vigueur avec laquelle

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