‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 76 sur 204 · BORNE MILUAIHE DE FRÉNOU VILLE , RÉGNE DE TRAJAN · texte numérisé non relu

BORNE MILUAIHE DE FRÉNOU VILLE , RÉGNE DE TRAJAN

Le 1& septembre 180/i, on découvrit dans la commuDe de Frénouville, arroudissement de Gaen, à deux lieues de cette ville, à cinq pieds de profondeur , en faisant une fouille pour bâtir , une grosse pierre ronde de 4 pieds & pouces de hauteur , 2 pieds de diamètre à sa partie inférieure , un peu moins à sa partie supérieure ; sa grosseur augmente insensiblement en allant vers le milieu , où elle a 7 pieds 9 pouces de circonférence ; la partie supérieure est grossièrement arrondie ; au milieu de la partie inférieure , on voit un trou carré qui a & pouces et demi de profondeur sur k pouces d'ouverture. Il paraît que cette pierre était scellée , et portait sur une base qui n*a pu être retrouvée. Cette pierre était à 25 pieds de l'ancien chemin qui conduisait de Gaen à Paris. Elle était posée de travers quand on Ta découverte ; elle est fendue dans une partie de sa hauteur (1).

Ce monument est aujourd'hui conservé et posé sur une base , dans le parc du château de cette commune (Yoy. pi. I, n» 2).

Yoici l'inscription qu'il porte , disposée en quatre lignes, que nous avons établie ainsi, d'après la copie que nous avons faite au mois d'avril 1825 :

IMPERATORI NERVAE TRAIANO DIVI

NERVAE FILIO. GAESARI, AVGVSTO , GERMANIGO,

PONTIFICI MAXIMO. TRIBVNICIA POTESTATE, PATRI PATRIAE CONSVLï II.

NViMERO MILLIA PASSVVM VIGENTl QVINQVE.

Cette inscription paraît avoir été substituée à une autre dont on aperçoit encore quelques vestiges du côté gauche. Les lettres, quoique pures, ne sont cependant pas tracées d'une manière aussi profonde que celle de Claude ; elles sont beaucoup plus grêles et la ponctuation y a été entièrement négligée.

(i) Notice de M. Moysant, I*' vol. des Mémoires de C Académie de Caen^ iSii, in-S*, p. 807.

Le second consulat de Trajan , indiqué sur la colonne de Frénouville» correspond à Tan 98 de Tère cbrétienne, première année de son règne.

L'abbé De La Rue (1), qui a donné une transcription non figurée, fort inexacte de Tinscription de ce milliaire , explique la lettre N de la dernière ligne par le nom de Nœomago ( ancien nom de Lisieux ) et applique à cette ville la distance des 25 mille pas que nous y voyons ; nous regardons cette assertion comme très-douteuse. D'après le principe admis depuis longtemps , Ton tient pour certain que les anciennes circonscriptions ecclésiastiques ont été calquées sur les divisions établies par les Romains , à très-peu d'exceptions près ; or le diocèse de Bayeux était limité à Test par la rivière de Dives de toute ancienneté. Donc le territoire de Frénouville, placé à 3 lieues et demie en deçà de cette rivière , vers l'ouest , a toujours fait partie de l'ancien territoire des Baiocasses, et par conséquent les distances devaient être comptées du chef-lieu , c'est-à-dire de la ville A' Augustodurum (Bayeux). C'est effectivement cette distance de vingt-cinq milles que Ton retrouve exactement en suivant l'embranchement de Creully, par Bretteville-l' Orgueilleuse, et en traversant l'Orne au passage de Vaucelles , pour arriver directement à Frénouville.

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