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LA-CAMPAGNE

A l'extrémité orientale du Calvados , sur la limite extrême du département de l'Eure , dans le voisinage de la petite ville d'Orbec , se trouve la commune de St-<jermain*la-Campagne , importante dans le temps présent et dans l'histoire. Sa population est de 1,/iOO âmes. Les JRofnains y ont laissé des traces intéressantes de leur présence, et, au moyen-ige, les évoques de IJsietix y ont souvent résidé (1).

Eu reconstruisant , il y a une vingtaine d'années , la nef de l'église du lieu, devenue insuffisante pour la population, on trouva, en démolissant, un bloc antique de marbre de Yieux , qui servait de support à l'un des poteaux de la construction en bois et en blocage de cette vieille nef. On allait l'ensevelir de nouveau dans les fondations lorsqu'une inscription , gravée sur une de ses faces , attira l'attention du curé de St-Germain et

(4) Extrait de V Annuaire normand ^ i8ik9, p. 170. Article de M. Raymond Bordeaux.

de M. Margeot, propriétaire voisin. Ce curieux débris d'antiquité romaine fut réservé, et par les soins de MM. Bourguignon, architecte, et Bonnin, fut transporté à Évreux. M. Bonnin a fait placer ce marbre dans le jardin des plantes d'Évreux. Dans la crainte d'accident, M. Raymond Bordeaux Ta dessiné et mesuré avec tout le soin possible.

Notre cher ronrrère, M. Théodose Bonnin , ne Payant pas fait figurer dans son bel ouvrage sur les Antiquités du département de l'Eure , publié en 18&0, nous avons cru quMl ne serait pas déplacé de le recueillir dans ce travail. Voici ses dimensions : haut de 1 mètre 12 centimètres et large de 60 centimètres, en le mesurant dans le sens dç la corniche très-fruste qui fait saillie à la partie supérieure et qui u'existe pas sur le côté de derrière, non poli et apparemment appliqué 'contre un mur. Comme toute la partie inférieure est aussi très-mutilée , il ne reste plus de IMnscription que les fragments suivants :

iNVM AVG

SIGNVM MERCVU

CVM SVAAEDE EX

TA

Quatre trous ronds et deux de forme allongée indiquent la place où se trouvaient fixés les pieds, et peut-être aussi le caducée de Mercure qui surmontait le piédestal : c'est une analogie de plus av^ le marbre de Torigny.

On voit qu'il s'agit d'une statue et d'un temple dédiés à Mercure et érigés sur le bord de la voie romaine de Noviomagus (Lisieux) à Condate (Condé-8ur-Iton).

L'aspect de ce monument, quoique très-mutilé, indique suffisamment qu'il appartient à une bonne époque de l'art, et nous ne craignons pas de trop nous avanicer en lui donnant pour date le premier siècle de notre ère. Les caractères sont de bonne forme et purement tracés , ainsi que l'on peut en juger par le dessin ci-après emprunté à M. B. Bordeaux (1).

(i) C'est à M. de Caumont que nous devons encore de pouvoir reproduire la vignette du piédestal de la statue de l'autel de Mercure, qui a été trouvé à St-Germani-la- Campagne {Annuaire normand de 1849, p. i7i, et BulUlin monumenlal de 1866, p. 198).

EPIGBAPIIIE ROMAINE

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