VI EXPOSITION
les contes populaires , les dictoas même : des expressions étranges , des tours extraordinai^ res de la pensée pourront lui donner des fils pour rattacher des nations séparées par de longs intervalles de temps ou de lieux ; il discernera ce qui serait résulté d'une grande migra«tion , et ce qui ne serait établi que dans plusieurs familles oii Ton aurait admis des étrangers ; il sera ainsi garanti des méprises oîi tombent souvent des voyageurs passagers et trop con^ fians : des procédés , des instrumens , lui découvriront le berceau des arts utiles. Enfin, sHl connaît les efibrts , les concessions , qu^il a fallu faire pour substituer à des cultes grossiers la vraie religion , et à la loi de nature les lois qui régissent les nations civilisées, il verra jaillir de Texamen des coutumes et des pratiques religieuses des sources abondantes d^antiquitéSé II donnera toujours des textes^ des fac-similé, des modèles, des descriptions, des dessins exacts et même minutieux : pourrait-il oublier que le plus faible indice est devenu souvent d'une grande importance dans la recherche de la
PRÉLIMINAIRE. YH
renié j et qne des systèmes sëduisans , adoptés avec ardeur , se sont dissipes tout-à-coap par rinsoifisance des faits qui leur servaient de base ? Qu'on ne blâme cependant pas la tendance de l^omme à conclure ou à généraliser ; sans elle les sciences ne feraient jamais de progrès réels : fl suffit de ralentir ou de suspendre son action , lorsqu'on ne peut encore lui présenter des^ recueils complets d'observations.
La Société rassemblera tous les matériaux qu'elle aua découverts, et les conservera précieusement. Elle espère qu'un jour les Normands, dont le caractère éclatant et les exploits glorieux ont ému l'Europe quand les autres peuples se traînaient encore dans l'avilissement et la barbarie , trouveront un historien digne d*eux , qui coordon^nera ces matériaux et les fera servir à élever enfin le monument qu'ils attendent. Les membres de la Société se rappelleront sans cesse d'ailleurs , en faisant des descriptions , que toutes les parties de la science de l'antiquaire s'enchainent , s'appuient , s'éclaircissent mutuellement. La disiribation de l'intérieur des temples fait connaître
Vllt BXPOSXTIOX
OU confirme les pratiques et les cérémonies, des cultes ; celle des ëtablissemens publics et des mair sons ordinaires , Tëtat des peuples : on est force de conclure que la mécanique avait fait des progrès sarprenans chez les Egyptiens , lorsqu'on sait que la chapelle monoljthe de Sais , qu'ils avaient fait venir de loin , pesait six cent milliers ; le souvenir desGrecs serait entièrement perdu, qu'un seul couplet d'Ânacréon apprendrait que la Grèce fut la patrie des beaux arts. Si chez deux peuples dont le climat , les mœurs , et les besoins , sont dilTérens'on voit les mêmes productions de Fart y Tun d'eux n'est certainement que le copiste servile de l'autre , et n'a que de simples artisans dont le génie étroit ne peut sortir des limites d'un procédé. L'architecture du moyen âge décèle sans doute l'éloignement des premiers chrétiens pour la mythologie romaine et pour tous les ouvrages pro^ ianes. Découvre-t^on des traces de superstition dans les mœurs domestiques d'un peuple, affirmons que des crimes souillent son histoire ( \â mort de Jeanne d'Arc fera toujours frémir d'horreur ). Enfin un fragment de la Henriade ^ un chapitre
PRiLlMlNAIRS. IK
ik Code Civil , une page un traite de M^caniqne Cëleste , le poat de Neaiilj , la route du SimploQ, Tegliae de St^ .-Geneviève , le palaia de la bourse de Paris , et le port de Cherbourg , né tuflSiraienlHls pas seuls dans Tavenir pour donner One juste idée des gôuvernemens , de Tindustrie , du go&t ^ et de la gloire ^ des peuples de TEurope an XVUI^. et au XIX^# siècles ? Ainsi U Société , dont le but e6t le perfectionnement de 1-histoire j recoBunande à ses membres de ne rien négliger ' pour ifit leurs descriptions intéressent autant qu^il se pourra tous les savans ^ tous les artistes. Que des critiques dirigés par un goût pur , mais exclusif | et qui s'empressent de compter Fâiélon dans leurs rangs y dédaignent Tarcbitecture gothi* que(i), qu'ils n'j voient que des assemblages
(i) N'sTex-Toas pas remarqué ( dit Fénélon , en parlant de rarchîtectore des Tieilles égllics ) ces roses , ces poiots , ces petits omemenscoopéset sans dessin suivi, enfin tous ces colifichets dont elle est pleine F Voilà en architecture ce que les antithèses et les astres jenx de mots sont dans l'éloquence. L'architecture grecque est bien plus simple , elle n'admet que des oroemeos majestaenx et naturels ; on n'y Toit rien que de grand « de proportionné , de mis en sa place. Cette architectore , qu'on appelle gothique y nous est Tenue des arabes : ces sortes d'esprits étant Ibrts Tifs y et n'ayant ni règles ni culture , ne ponraient manquer