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monstrueux de formes et d'ornemens ; qu'ils tranchent de la se'rie des temps l'intervalle qui sépare la chute et la renaissance des arts ; que d'autres rejettent à leur tour les lettres du moyen âge ; qu'ils les trouvent entachées de la grossièreté du langage et des mœurs de celte pe'riode qui repoussait le génie immortel de De'mosthène et de Pindare , de Cicéron et d'Horace , de Pascal et de Racine j que des légistes , admirant avec raison les lois romaines et les lois françaises , ne veuillent point s'occuper des peuples qui en ont eu de différentes j qu'enfin des moralistes ou des poètes , rebutés par le caractère dégradé du même âge , n'osent y puiser leurs sujets ; la Société indiquera toujours d'une manière fidelle les monumens et les écrits qui pourront faire porter des jugcmens impartiaux ; et quand ses modestes recherches ne serviraient qu'à désarmer ces critiques par les étincelles de génie ou de vertu qu'on
de se jetter dans de fausses sabtilités ; de \k leur Wat ce mauTais goftt en toute chose. Ils ont été sophutes en raisonnemena , amateurs de colifichets en architecture, et inventeurs de pointes en poésie et en éloquence : tout cela est du même génie.
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aperçoit à quelques époques du sommeil de la civilisation, elles seraient encore utiles^ et mériteraient d'être encouragées. Uesprit trouvera en effet des sujets dignes d^admiration ou d'ëtonnement dans les institutions et les dogmes druidiques ; dans les ouvrages sortis de la plume
des Ambroise , des Augustin y des Abélard ; dans les vastes idées de Charlemagne et de St. -Louis sur la législation et le gouvernement des peuples ; dans la fchevalerie qui fit éclore les plus sublimes vertus ; dans les poésies des troubadours ; enfin dans les grands monumens gothiques suspendus dans les airs par des combinaisons profondes sur la forme et IVquilibre des corps. La Société s'attachera cependant à dissiper cet aveuglement populaire qui ne fait établir aucune difl*érence dans les productions des arts. Nos campagnes , nos villes écartées , sont toujours couvertes d'objets grotesques et difibrmes qui rappellent les temps de barbarie j les règles du goût n'y ont point encore pénétré ou n'ont pu s'y fixer. Que l'Italie est différente ! les dernières classes y répètent sans <%58e les vers des grands poètes ^ sur des chants
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liarnionieux ; elles indiquent aux i^trangers 1 beauté des tableaux^ des statues , des édifices, et prouTcnt que tout italien suée avec le lait ce goût antique qui fait les de'iices de Pimagination. La Société déposera dans un établissement public les objets quelle aura recueillis , ou qu^ûa
]uiaura confiés; ils demeureront ensuite sous la protection spéciale do gouvernement. L'ordre qui régnera dans ce dépôt mettra les iàvans et toutes les pei^sonnes qui s'intéressent aux progrès de l'histoire à portée dé &ire eux-fnémes de nouveaux examens , de nouvelles descriptions , et ils sau«* ront eu même temps quels àoins et quels sacrifices devront être payés par la reconnaissance publique.
Il importe de remarquer que la Société ne prétend point attirer au centre de la contrée qu'elle veut étudier les objets d'antiquité qu'on pourra conserver dans les endroits où ils seront découverts j elle pense qu'ils y auront toujours un plus grand prix : çlie désirerait même qu'un document trouvé dans un ancien édifice n'en fût. jamais détaché. On peut sans doute
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aujoardlmi perpétuer des souvenirs par Timprinierie ; cependant Pusage soutenu de déposer des médailles sous les premières pierres des monumens dénote toujours la crainte de désastres qui anéantiraient des descriptions imprî- Hiées. Il £iut j dans un siècle de lumières , se garder d^Lmiter les barbares , qui s'inquiétaient pea des temps à venir ; on doit découvrir, mais aussi conserver j toutes les indications transmises par les anciens , dont les volontés demandent des égards respectueux.
La Société, ayant pris à tâche de recueillir des faits pour l'histoire, a résolu de s'occuper aussi 4e$ monumens ei des productions qui honorent les temps modernes , et sur lesquels les ouvrages imprimés n'auraient pas donné des renseignemens asaes précis. La ridiesse , la population , le commerce , Fagricnlture, les science^ , les arts, changent continuellement la face de la Normandie , et les historiens seraient déjà embarrassés de fixer les époques et les causes de tous ces heureux changem^tis. Que de renseignemens précieux manquent sur les ports de Cherbourg , du Havre ,
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de Rouen , de Dieppe ; sur les fortifications j les canaux j les routes et les mines ; sur les grands édifices publics ; sur les hôpitaux , les prisons y les maisons de détention ; enfin sur les manufactures et les autres ëtablissemens de Tindustrie ! Cette seconde partie de la carrière que la Société se propose de parcourir n'est pas moins importante que la première : on voudra dans Tavenir connaître plutôt les Normands du XVIII®. et du XIX^. siècles, que les Celtes et les Gaulois; et Ton reprocherait avec raison aux antiquaires de ces deux siècles d'avoir négligé Tétude de Tépoque brillante où ils vivaient.
En embrassant ainsi tout le passé , les membres de la Société ne seront point interrompus dans leurs recherches; ils pourront considérer un artou une* science dans toute ^on étendue , et présenter des tableaux complets. La tâche qu'ils s'imposent est grande sans doute , mais ils se la partageront suivant leurs goûts et leurs facultés; ils sont nombreux j et leur zèle les soutiendra.
Voilà les règles et les motifs de leurs projets. Les autres sociétés ou compagnies formées jusqu'à