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DEUXIÈME MÉMOIRE

Sur les Thermes antiques de la ville de Bajeiur ; par Chihles-Éoouabd LAMBERT.

(j'est avec regret <pie , dans notre premier travail sur les thermes antiques de la ville de Bajeux , nous n'avons pu indiquer que rapidementles découvertes faites en 1821 : nous nous proposons de donner dans ce second mémoire des développements qui nous ont paru le complément nécessaire de nos premières observations ; nous y ajouterons une description détaillée des médailles recueillies dans les fouilles faites à cette époque. Il nous semble d'autant plus utile de consigner ces faits , que le temps s'écoule avec rapidité , et que , dans quelques années , il ne resterait que des idées confuses sur les choses que nous sommes aujourd'hui à même d'examiner, €t qu'il est si intéressant de conserver comme documents historiques du pays. C'est

5a SUR LES THBRMES INTIQUES

surtout lorsque l'histoire cesse de nous ëclaircr que nous devons chercher les moyens d'y supplëer en interrogeant les ruines de nos anciens monuments , témoins irrëcusables des siècles passes.

En nous reportant vers ces temps recules , nous tâcherons de fixer Te'poque à laquelle remonte le premier établissement des bains romains de la cite de Bayeuz , et les vicissitudes qu'ils auront ensuite éprouvées.

Avant la conquête des Gaules par les Romains, les habitations de nos ancêtres n'étaient cons« truites qu'en pierres brutes , en bois ou en terre^ et couvertes de chaume: mais les Romains ^ lorsque leur gouvernement eut acquis une certaine puissance , commencèrent à bâtir des édifices publics , et à montrer aux Gaulois Vart de construire des palais , des temples , des thâtres , des thermes , à Timitation de ceux de la capitale de PËmpire. Le séjour des autorités romaines dans notre pays dut y apporter de rapides changements : elles ne tardèrent pas à vouloir 66 procurer les agréments et les commodités que Ton trouvait déjà dans la partie méridionale des Gaules , plus anciènnemeut soumise aux Romains* Aussi voit - on chez nous , sous le règne des premiers Césars ^ s^élever de tous côtés un grand

Dft LA VILLE BB BATEUX. ^f

nombre (Pëdifices consacres à la religion et à Tiitilité publique. 'Nos belles carrières de pierre et de marbre commencent à être exploitées ; on arrache aux falaises qui bordent les côtes de rOcân cette pierre poreuse qui renferme des débris de végétaux, et connue sous le nom de tuf; on emploie ce calcaire jurassique dont nous sommes environnés ; des forêts font place à de grandes cultures , et le pays prend une face QoaveUe.

Nous ignorons si Auguste , qui partagea les Gaules en provinces de PEmpire , s'occupa de faire ouvrir des routes dans notre pays ; mais nous avons la certitude que , sous le règne de Claude , on établit une voie militaire pour faciliter la marche des troupes préposées à la garde de cette contrée. La colonne milliaire trouvée, en 18)9, sur le bord du chemin de Bayenx à la Délivrande , qui servait de communication entre le Bessin et le camp de Bemièles, en est une preuve évidente»

Ce ne serait peut-être pas trop donner à la con« jecture que de rapporter au règne de cet empereur les premières constructions qui furent faites dans l'ancienne cité des Vadicasses. Les médailles du Haut-Empire sont communes à Bayeux, mais surtout celles de Glande; et, parmi ces dernières, nous

0*2 Sun LES THERMES lîlTÏQUES

eu citerons une belle, de moyen bronze^ trouvée dans les fondations du château y qtii présente , d'un côtd , la tête nue de ce prince ^ avec cette légende, Ti. CLAVDivs caesaravg. f* M. TR. p. iMP. ; et de Fautre , une femme assise^ tenant des épi3. On lit autour/ gères avg.

Il est donc naturel de penser que les preaiiers établissements importants , faits par les Romains dans la secondeLyonnaise,datent de cette époque, et que c'est à eux qu'appartiennent les divers fragments de colonnes employés comme matériaux dans les fondations des thermes romains de Bayeux (emplacement F et K).

Winckelmann, dans son histoire del'art, nous apprend que ce fut sous le règne de Gallien seulement que l'usage s'introduisit déplacer des rangs de briques dans les murs (i). Or, les ruines antiques explorées en i8ai n6us ont présenté des doubles rangs de briques de distance en distance ;/Ct si l'on ajoute à cette autorité, déjà bien respectable, que les plus anciennes médailles trouvées dans les fouilles appartiennent (à l'exception de deux très*frustes ) à Gallien et à Salo-

(i) Malgré rautorité «leWinckelmano, nous pensons qne Tusagc de placer des rangs de briques dans lès murs , fut adopté antérieurement à Tépoque que cet auteur indique ; notre sauvant confrère, M. Ilever , a observé Ini>méme, dans plusienrs Tillet fia France , des constructions antérieures au règne de Gallien , qui présentaient des cordons de briques. Not9 du rapporteur^

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