ANTIQUITÉS
des fragments de haubert j et un petit bas-relief représentant Mars eondnisant la Victoire , et dont le grand style indique IVpoquede la renaissaiK^^ ont encore été troovës dans le même lieu.
Deux des chapiteaux conservés de Tancieiuie église m^ont paru mériter par leur sigularilë d'être décrits.
L'un représente antérieurement la Nativité du Sauveur. La Vierge est dans son lit; St^-Joseph, debout au pied , semble lui montrer un roseau, sur lequel rien n'est écrit. L'enfant Jésus emmaillotté, est comme suspendu au-dessus du lit de sa mère. L'âne et le bœuf qui figurent ordi* nairement dans ce sujet sont placés au--dessus du berceau, de tdle sorte qu'ils semblent descendre de la voûte.
Des deux parties latérales de ce chapiteau , l'une représente la Visitation , l'autre l'Annonciation aux bergers. La partie supérieure est couronnée par divers morceaux d'architecture , représentant peut-être la ville de Bethléem , qui y malgré leur position , rappellent assez exactement le style du XI«. siècle.
Quelque bs^rbare que soit le travail de ce chapiteau y la manière dont quelques parties délicates s'y trouvent détachées du reste ^ suppose beaucoup d'adresâe dans le sculpteur qui Ta exécuté.
OBSKRTisS A DREUX. 67
Le sujet du principal bas-relief qa'iX dëcore parak an reste aToir ëtrf fré^iemment empbyié an wàème iis^e par les artistes d^alon , puisque je Fai retrouyë plus e& petit y mais presque en^ tièremeni semUaUe , quant à la composition , sur le chapiteaa dPone des colonnes du portîque mëndional de la basilique de Chartres , dont la conativction est plus ancienne de près d'un siecie*
L'antre chapiteau , jrfus bitarre encore , offre la figure d^un monstre anlë ayant deux corps y ou plutôt un seul coips fendu en deux parties , l'on termine par une griffe y l'autre par un pied y et buvant par la bonde dans un tonneau qu'il porte sur ses hus.
Ces figures grotesques , ces monstres de tout genre y enfants d'une imagination dërëglëe y dont le goût ne venait jamais borner les écarts y œgri somnia y ne sont au reste nullement rares sur les monuments du moyen âge.
Pai recueilli à Dreux deux autres objets antiques.
L'un est une clef romaine en bronze y presque entièrement semblable à plusieurs figurées dans
MontËiucon.
L'autre est une de ces pierres aiguisées par la main des hommes y de manière à en former
68 ANTIQUITÉS OBSEHr^ES A DREUX.
un instrument grossièremeat tranchant , qu'on désigne souvent sous le nom de hache, quoiqae I ■ véritable usage deces iostrunents , qui paraissent remonter jusque IVpoque qui a précédé dans nos contrées l'art de. travailler les métaux , soi* assez difficile à déterminer. Celui-ci est d'iioâ pierre basaltique verte extrêmement dure.
Ces denz derniers morceaux ne proviennent point des fouilles faites sous l'ancienne ^lise du chiteau de Dreux : ils ont été trouvés dans les environs de celte ville j canton des plus riches en débris et en souvenirs de tout genre.
NOTICE
Sur une maison de* plaisance des ducs de Normandie , située dans Varrondissement de Bajeux j par F. PLUQUET.
JLa . fertilité da sol da Bessia , ses bois , ses eaux , le voisinage de la mer , et surtout la langue danoise y qui iy ëtait conservée plus long-temps que dans les autres parties de la domination normande , eurent un attrait particulier pour nos ducs. Us s^onmaient souvent à Bayeux 9 et y donnaient des fêtes brillantes. B est très-probaUe que le cbâteau de cette ville , bâti dans le X«. siècle, et démoli à la fin du XVin«. , était le lieu particulier de leur résidence»
Richard I^**. , qui 7 avait été élevé, j fut atteint, eu 996, de la maladie qui le conduisit au tombeau. Llûstorien Wace rend ainsi compte de cet événement :
A baieues ont maladie
Ties hnem ert )& si afiéhUe ;
Quant ?it ke morir li estQYeit , (i)
^1} lui fallait.
70 SUR Uir£ MAISON' DE PLAISANCE
Ne ke par mire (i) ne garreit, (a) Ne Le mes ne porrail leter , A Fescam se nma (3) porter*
( Jl. de Rou , vers 5970 et suiv. )
Le même auteur raconte qu'eu looi^ Richard 11^ son (Ils ) donna un repas splendide à Bayenx y où un chevalier vola une cuiller d'argent.
A BaJeves ert (4) à sujur , Ne sar mie dire à kel jur; Ll dus fu al disner assis , Asea i ont homs et amis.
No sai kei orent à mengier , Mais de coilliers orent mestier (5)
( R. de Rou , vert 7097 et sui^ )
Le compilateur de la chronique de Normaadie , qui copie presque toujours Bervilement Wace y raconte cependant ce fait d'une manière beaucoup plus précise.
« Avint un jour que le dit Richard estant à <c Bayeulz cëlëbra une solemnelle feste \ et
(1) Médecin.
(a) Ne guérirait.
{3) Run^r ou raner , ordonnoM,
(4) Était.
(5) Besoin.