‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 53 sur 101 · SUR LE MONT-JOLT. I · texte numérisé non relu

SUR LE MONT-JOLT. I

Il est hors de doute qu'elle n'a pu être faite par la maiii des hommes. La montagne ëlant une roche de grès de la plus grande duretë ne pouvait pas non plus être creusëe depuis le sommet jusque la hase j telle que nous la voyons y par le seul eflE^ de P^écouleraent des eaux du lac pen-* danttel nombre de âècles qu'on voudra supposer. D ÊiQt donc croire qu'une commotion subite ot terrible , dont l'dpoqae se perd dans la nuit des temps j aora occasionne cette rupture.

Dif côté du nord, latnontagne ofire un aspect toairà«fait romantique. Sur le plateau oriental , élan bord même du précipice , on voit un tom^ beau entouré de peupliers et d^arbres verts y Bmnment ^consacré par uù propriétaire du lien aux mânes de son épouse , et qui a fait donner à la montagne le nom qn 'elle porte aujourd'hui ( i ) . Plus loin ) sur la . gauche ^ est une petite église paroissiale qu'on appelle Saint^Çaentinr-de^hi'^ Roche , et à / laqueUe on accède par un chemin d'une pente assez douce,

(i) Harie-ÉUiabeth Joty « célèbie actrîM dq théâtre Crai^çais , Borteà Pari» le 5 mai i^^fat inhumée à la roche Saint-Quentio, le 3 jain toivaût , comme nous Tapprend une petite brochure ^ fini M. Dnlomboy , son époux ^ publia en 1799. Fresque ^te remplie d'élégies , de romances et autres pièces en vers «t en prose , cette brochure contient aussi quelques détails qui Hnlent aujourd'hui inconnus y et dont j'ai dû profiter.

108 NOTICE

On voyait alors dans le ravia trois moulina placés" en amphithéâtre et d^un dTet très-agreabte. On peut gagner le vallon méridional en suivant ce chemin ; mais la nécessité de traverser sans cesse le ruisseau , qui est entrecoupé de gros quartiers dé roche ^ rend le trajet fort pénible» Dans certains endroits j le voyageur ne peut so défendre d'un sentiment de frayeur en voyant à droite et à gauche Timmense hauteur des dea% flancs presque perpendiculaires , d'où il lui semUe que des rochers comme suspendus dans les airs vont se précipiter sur sa tète et punir son impru«» dente curiosité. Tout porte dans-cette gorge rem— preinte du bouleversement ; les roches qui ea occupent à peu près tout le fond ont eu leurs angles brisés et arrondis par le choc et le roulis des pierres que les eaux du lac entraînèrent avec violence lors de la rupture , .et dont elles couvrirent le vallon du nord jusqu'à une trèsgrande distance. Quelques-unes de celles qui occupent le lit du Laizon s^élèvent au^-dessus du niveau des deux rives.

Le peu de temps que je passai sur la montagne ne me permit pas de voir Pintérieur de l'église pour examiner s'il présentait ou non quelques vestiges d'antiquité. L'extérieur ne m'en offrit point ; cependant je crois que l'édifure mériterait d'ôtre aujourd'hui visité avec attention.

Page 1