‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 76 sur 101 · SUR L^EGLISE · texte numérisé non relu

SUR L^EGLISE

procédés mécaniqaes et des progrès marques dans rexécutîoQ ; mais la partie poétique de Fart est eacore barbare : Tordre , le goût , la pensée manquent partout ; on j Voit même Toubli fréquent des règles de construction les plus simples , les plus indispensables. Cest ainsi , Messieurs , que vous remarquerez souvent les baies supérieures portant à faux sur les ouvertures des étages de dessous ; les colonnes du second ordre plus lourdes , plus écrasées que celles qui les supportent ; des arcs iné* gaux , des colonnes inégales accouplées sans nul discernement , figurant ensemble de la manière la plus choquante. Il faut n'avoir nulle idée des principes de Part pour blesser ainsi toutes les lois de la statique et du bon goût.

Cependant , pour Fhonneur de Farchiteclure , nous avouerons que toute défectueuse qu'elle se montre encore dans le XI^. siècle , elle est incomparablement au-dessus des autres arts. A cette époque les ouvrages en sculpture ne sMlèvent guère au-dessus des productions des peuples sauvages , et la peinture est encore , s'il est possible ^ plus dégénérée et plus gros* sière.

Gitte supériorité de l'architecture sur les autres arts doit nous porter à croire que les phs

DtJ PBISURÊ D£ 8AI51^GABRIfiL. 4^5

beaux ëdiBces de ce temps ont été constroits par des ouvriers étrangers ; elle confirme j en quelque sorte , Texistence des confrenes ambulantes de Frères-maçons (i) , qui ont porté vers le Bord les traditions de la pratique de Part consareëes par les peuples du midi , et quelques réminiscences des monuments du moyen âge qui existaient dans leur patrie (là).

Pour prouver cette assertion je n^entrerai point dans âes détails longs et fastidieux ; les planches que j^annexe à ma dissertation vous en diront plus que la description la plus détaillée. Vous y verrez les ornements divers et les cha« piteaux variés les plus en usage dans le XI^» siècle ; j^en ai fait une planche particulière sur un module assez grand pour en faire saisir facilement tous les détails : ils sont tous tirés de cet édifice. «Tai réuni sur le même tableau des

(i) L'ezntence des confréries de maçons, connues en Allemagne sons le nom de F\réret taillêun d* pierre « n^est Uen avérée qne depuis la fin du XII*. siècle ; mais il est trèspiobable qu'elle est antérieure à cette époque.

(s) Cette opinion me parait assez prouTée par les rapporta intimes qui se trouvent entre les monuments de l'Italie du VK , VII*. et VIII*. siècles » et nos églises du X*. et XK Le plein-cintre » la colonne écrasée , des chapiteauK corinthiens lourds et bizarres , des zigzags autour des arcs , des frises ornées d'un échiquier yjoïik des ressemblances assez nombreuses arec notre arcUteclure pour en faire reconnaître l'origine.

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chapiteaux à volute de différentes espèces , tris^ communs dans Tarchitecture du mojren âge (fig* I et 6) ; d^autres couronnes diversemoU par un tailloir ou par nn double rang de zigzags ( fig. 2 , 5 et 4 ) ; les uns avec des rosasses €t des médaillons ( fig. 4 ) ; 1^ autres avec des denticules ( fig. 5 ), et quelques chapiteaux composés de cannelures formant enti^les des cônes renversés ( fig: 4 ^t 8). Je n'ai rapporté aucun exemple des enlacements -qu'on voit à quelques chapiteaux, parce que ce genre d'ornement est le plus barbare et qu^il se retrouve partout;

. J'éviterai aussi de me servir de la longde nomenclature dont quelques étrangers ont ho* iioré Farchitecture du moyen âge. Ces mots aussi singuliers que peu connus , sont pour la plupart tirés du blazon ; ils sont ininfelliglijes pour le vulgaire, et même pour un grand nombre d'hommes instruits; en conséquence je ne me servirai que d'expressions familières à tout le monde ; et , en attendant que* cette nouvelle nomenclature soit adoptée ou rectifiée , j'emploierai les mots depuis long-temps reçus dans Tarchitecture , en les appliquant à mon sujet autant que les similitudes pourront le permettre. .

tn misuRÊ 0B saint-oabribl. 4^7

ïiC choeur de Tëglise de Saint-Gabriel se

compose de trois, nefs f la krgeur des bas-

•côtés est ëgale à la moitié, de .la ; largeur de . la

^raode nef; ils n'ont, qu^un ordre de fenêtres

•en plein-cintre , accompagnées de ^solonnes cj^

lindriques^f^mblaUes à toutes celles qu^on aper-

<çoit dans, cet édifice* La baateur de la grande

-n^f est divisée par trois, ordres «qpetpqsés i lé

j>reD|neir a d^i: grandes arcades y le .second siJc

petites et.4e b*oi$îè.me. denx* L'arc du. premier

onji;r^ est orné dVm'SimplerangdsiKigzags rec-*

4angles ^ dits étrusques y surmonté ' de petits

|[Iands encadrés, dans.ua djMible filet (fig. 9 )•

<!!e grand arc repose sur des piliers composés

4ie colonnes en ; laiaoeaû ^ avec des <^hapiteaux

•très-variés et des . bases .toutes, semblables ; les

haises sont, , foro^ées d'an listel ^ dW tore, d'une

astragale et .d'ua. sqd^ ( fig. 10 )• On voit ^

4ur le milieu des piliers qui supportent les|[randes

-arcades ., une : colonne <; jjindrique en demi-

Tcli^f ^ qui s'élève jusqu'à la corniche des galeries

(i). Ces galeries dOL second ordre se composent

(1} Çm colonnes ea demi-relief étaient quel^aefots employées •chcs les anciens ; d'après la description du grand teinpie de Sicile , donnée par Diodore , on y Toyait de semblables co« lonnes , et Ton en trouTe encore dn même genre au théâtre 4€' Ma^celltts et à rampbitbéMr^ de Vciipasien,

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