‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 75 sur 101 · BS DUCS DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

BS DUCS DE NORMANDIE

I^ope mère de Guillame, de Bacx fu née , Vingl et cioc ans fu Dns , mult out corte durée » IcODguement en fupùiz Normendie esfrée; Franchois lor firent mainte maie jornée. OuiUame fut filas Rou , li bon Conquéréor > XjÎ Tassai 9 li hardi , U bon eombatéor , Qui fiât mainte bataille et sofirit maint ester : I>u lignage le daim et li chief et la flor (i). Tant guerréa Franchoiz et tant lor fist poor ^ Qu*îl s'entr'acorderent , pais pristrent et amor : lii Roiz qu^il tencit 11 fist si grant énor , Gille une soie fille li don a à user (a) , Et tôle Normendie et dedenz et entor.

Roa fu de grant noblesce et de mult grant valor^ Plusors de ses veizins le tindrent por Seignor , Trente anz tint Normendie en sa bone vigor.

(ExpUcit.)

(0 De M race je le proclame le chef et la flcui^ y[ (a) A femme.

Sur V Église du prieuré de St. - Gabriel , département du Calvados; par M. D£S- HAYES*

JL^âGLTfiE de St.^Gabridymetiacëe idWe ruine ( i ) prochaine , est un des plus prëcieox monaments du moyen âge qui existent dans notre dëpartement. La certitude de la date , la parfaite conser- "vation, le fini du travail , tout se réunit pour nous faiH^onnaître dans cette petite fabrique Tétat de nirt sous le règne de Guillaume-le-Conquérant.

Le site agrëable qu^occupe cette ancienne ëglise ajoute encore à FeiTet pittoresque de son faîte ruine, et S Taspect imposant de son abside circulaire : entourfëe de verdure , elle s'élève sur un

(0 Cet édifice intéressant pour l'histoire de l'art n'eiistera bientôt plus ; l'absence du toit , enlevé depuis deux on trois ans , accélère la ruine des ?oùtes : celle de la grande nef résiite encore à l'infiltration des eaas ; mais les vofttcs des bas côtés s'écroulent de toutes parts.

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plan incline qui s'abaisse insensiblement jusqu'aux rives de le Seule. L'inclinaison du terrain et rabaissement de l'horizon semblent agrandir ce temple dont Ve'tendue est assez médiocre, puisque la longueur actuelle , prise en œuvre , n'excède point cinquante pieds , et que la largeur de ses trois nefs est à peine de quarante-huit. A la vérité, la hauteur du pignon un peu trop forte ( quarante-quatre pieds ) contribue à rendre l'efTet plus piquant ; elle devait s'accorder avec un plan plus vaste dont il ne reste plus que quelques vestiges. J'ai reconnu et mesuré sur une longueur de soixante •- dix -r huit pieds les fondations de la grande nef démolie ; mais c'est en vain que j'ai cherché les débris de colonne et les chapiteaux provenant de cette démolition et qu'on dit avoir long-temps resté sur les Ueux : tous ces objets ont disparu. On dit aussi qu'on voyait autrefois deux tours au portail de celle église : je n'ai point de document certain sur le nombre des tours ; mais il est évident qu'il en existait au moins une y puisque la charte de fondation (i) de ce prieuré

(i) M. Tabbé de La Rue possède ceUe charte; elle confient des renseignements curieux sur le prix de dÎTers objets dans le XI*. siècle : nous y trouTons ce qu'ont coûté les TÎtreauz et les cloches de St. -Gabriel , el la Talenr du marc d'or représentant à cette époque, en l'^ormandle, neuf marcs d'aigeut , etc. , etc.

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fait mention du prix des quatre cloclies donnëes par les fondateurs : j'ignore aussi l'ëpoque de la démolition de la nef et des tours ; on pourrait seulement présumer qu^elle est ancienne et bien antérieure à la date qu'on lui assigne vulgairement. Ceci me parait démontré par Pextrême (i) petitesse et le plein-cintre des trois portes ouvertes dans le mur transversal servant aujourdliai de façade à cet édifice. Quoi qull en soit , nous ne saurions décrire que ce qui existe , et c'est de quoi je vais vous entretenir.

J'appellerai d'abord votre attention sur l'extérieiu: de l'église de Saint-Gabriel : cette partie est la moins remarquable ; l'ensemble en plaît à l'œil j mais le travail des détails est fort néglige. La corniche n'est composée que d*ùn larmier grossièrement taillé et soutenu par des modillons ou corbeaux très-insigniiiants et difformes (a) :

(1} La haotenr de l'ouverture de ces petites portes est à peioe de pinq pieds , sa largeur de trente-deux pouces.

(a) En général Tentablement est la partie la plus mal enteudae dans tous les genres d'architecture du moyen Age ; et si quelque chose l'emporte encore sur Ja^ difformité des corniches , c'est sans contredit la composition des chapiteaux ; c'est là que l'ignorance et le mauvais goût semblent avoir épuisé tontes les extravagances pour en former un ensemble hideux et repoussant : des têtes grimaçantes , des corps sans nulle propor- ' 1i«n , des animaux monstreux , des enlacements mesquins et

DU PRIEURÉ DE SAINT-^GABRIEL. 4^)t

l«s contreforts ou pilastres, couronnes d'une

espèce de chapiteau corinthien^ sont d^un meilleur

effet ; ils s'accordent assez bien avec les petites

arcades qui interrompent la proportion trop alon-

gée de ces contreforts : la fenêtre en ogive de

Fabsideest évidemment d'une date bien postérieure

au reste de l'église ; elle est surmontée de rinceaux

composés de feuilles de vigne et disposés sur

unelignehorizontale; c'est le seul ornement qu'on

y remarque : la simplicité de cette ogive , un peu

aiguë, indiquerait assez qu'elle appartient au

Xnie. siècle.

Sur la partie extérieure et latérale de la grande nef on aperçoit un rang de petites arcades et de colonnes prises dans l'épaisseur du mur , et figurant des fausses fenêtres^ ainsi qu'on en voit dans un grand nombre d'édifices du moyen âge (i) : les chapiteaux de ces petites colonnes sont pour la plupart cannelés \ leur fût est d'une

bizarres , ToUà les sujets choisis poor la composition de ces chapiteaux ; et lorsqu'on en rencontre an ou deax,daas la maltîtnde , qui nous offrent quelques formes tant soit peu régulières, qoelqoe idée de proportions, ils commandent en quelque sorte notre admiration ,. tant il est rare d'en trouver de semblables. (1} Cette manière d'interrompre la nudité des murs par de fausses galleries est fort ancienne : on en voit de pareilles dan» le monument de Marcellus Léo , faisant aujonrd'hui partie des vieux murs de Gonstantinople (Ghoiseul Gouficr , toyage en Grèce ].

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proportion plus svelte que ne le sont ordlnairemeat ceux des colonnes du Xl^. siècle. Cette singularité et le genre d'ornements qui décorent rintérieur du chœur et de la nef, ne sont nullement en contradiction avec la date que leur assigne M. Pabbë de La Rue , puisque rinléfieur de l'église Sainte-Trinité de notre yille , dont la dédicace fut faite en 1 066 , nous offre des proportions et des ornements semblables. Ce savant antiquaire fixeTépoquede la fondation du prieure de Saint-Gabriel vers le milieu du XP. siècle. II est toujours évident qu'elle a précédé la codquêle 9 puisque le duc Guillaume ne prend pas encore le titre de Roi dans h cbartre qui autorise cette fondation : elle doit donc être placée entre

loSoet 1066, époque à laquelle appartiennent les anciennes constructions de ce priouré. Le peu de saillie des contreforts , la petitesse des pierres et la forme des cbapiteaux^suffisent pour confirmer notre opinion ; ainsi, sans m'étendre davantage sur les détails que l'on peut remarquer au dehors de Saint-Gabriel , je vais vous soumettre les ob« servations que j'ai faites suv l'intérieur.

Ce sanctuaire abandonné offre quelque chose de triste à la pensée , en même temps que l'ail se repose agréablement .sur l'ensemble de ses proportions ; il y règne une sorte d'harmonie

DU PRIEURÉ DR SAINT-*GABaiBL. 4^)3

qae cette enceinte doit presque entièrentient à la-re'duction qu^elle a éprouvée , et qui la ramène à de$ mesures plus convenables ^ en sup* primant Texcessive longueur des nefs , deïaut commun à la plupart des églises du moyen âge (i). A cet avantage il faut ajouter la parfaite conservation de toutes les moulures , conservation bien rare dans les monuments publics y et qui n^est ici que le résultat du peu de fréquentatiop de ce temple isolé : la trace des gouges et des dents du gratoir ou riflard j existe encore même dans le» bases et le socle ; on dirait qu'ils sortent de la main die Touvrier. Tout a été soigné: dans cet édi&ce , tout y est aussi parfait que le temps a pu le permettre : le choix de la pierre , les coupes simples et bien entendues j les assises bien oivedlées -^ la finesse du travail des angles, et des moulures ^ .tout annonce un^ certain perfectionnement dans les

(i) Par cette rédoction la grande nef présente wn parallclu* grame dont la longueur est le double de la largeur. Cette proportion se retrouve souvent dans les temples antiques ; quel<[aefois même' elle 4st .moindre. La longueur du teMple d'Ephèse était de j^oS pieds , sa largeur de 307. Le Parthenon avait 100 pieds de large sur aaj de long ; et le chef d'œuvre de Tarcbitccture du moyen âge , le temple de Sainte- Sophie « élevé dans. lé VI». siècle, n'a que .a5a pieds delobg, sur une largeur de aaS pied.«.

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