‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 1 sur 216 · DU 25 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

DU 25 NOVEMBRE

A trois heures de l'après-midi, la Société prend séance dans la Salle des actes de la Faculté de Droit. Sur Festrade se pressent , unis aux membres de la Compagnie, les membres du Conseil académiquç qui ont bien voulu honorer cette solennité de leur présence.

H. Thomine-Desmasures , président, occupe le fauteuil. A sa droite et à sa gauche se placent : Mg'. de Bonnechose , archevêque de Rouen ; M. Tonnet, [H*éfet du Calvados, ancien directeur de la Compagnie; Mg'. Daniel, évéque de Coutances et d^Avranches ; Mg'. Didiot, évèque de Bayeux et de Lisieiix ; H. Desclozeanx , recteur de T Académie ; M. Bertrand , maire de la Yille ; M. Abel Yautier , membre du Corps législatif, et les secrétaires , MM. Charma et Demiau de Crouzilhac

Un public nombreux et choisi remplit Fenceinte ; une des tribunes est occupée par les Dames auxquelles elle avait été réservée.

Après avoir déclaré la séance ouverte , M. Thomine se lève et adresse à r Assemblée Tallocution suivante :

c Messiecbs,

• Ce D^est pas sans an profond regret qne Je me vols inopinénient appelé à occaper, dans cette réunion, la place que devait y remplir le savant modeste et laborieox auquel la Société des Antiquaires avait confié cette année la direction de ses travaux. Ce regret est augmenté et par la cause qui le retient loin de nous et par le surcroît de solennité que cette séance emprunte à la présence du Conseil académique , qui

Il HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ.

a^bien voulu suspendre un moment ses travaux et nous donner ce témoignage précieux de sa sympathie pour les nôtres.

I Certes , si jamais circonstance rendait désirable pour la Société des Antiquaires d'être représentée par le savant distingué auquel elle avait conféré la plus haute des dignités que ses statuts lui permettent de donner , c'était celle-là. Mais, puisqu'une fatalité , également fâcheuse pour elle et pour moi , m'impose le devoir de suppléer à son absence , je répondrais mal à la pensée de mes collègues si je n'exprimais , avant tout , au Conseil académique tout entier combien nous ressentons vivement le prix de cette preuve d'Intérêt et de bienveillance qu'il veut bien nous accorder.

i Mais qu'il me soit permis d'en offrir en particulier l'expression aux trois illustres prélats, non moins chers à la science qu'à la religion, que nous avons le bonheur de voir réunis dans cet e enceinte , et qui y font assister en quelque sorte avec eux cinq des sept sièges épiscopaux , entre lesquels se partageait autrefois notre vieille Neuslrie , l'objet cher et constant de nos études, dont l'histoire se rattache par tant de points à celle de ces évêchés.

I Plus qu'aucuns autres , ils sont ici dans leur domaine , je dirais presque dans leur famille* Que faisons-nous, en effet , nous qui cherchons à rassembler les débris épars du passé de notre contrée, pour en conserver les restes, pour en faire au moins revivre les souvenirs ; que faisons-nous autre chose que reproduire le tableau des longs et constants travaux de leurs saints et glorieux prédécesseurs , que raconter leurs œuvres , retracer pour les générations qui nous suivront et pour nous-mêmes tout ce que , par eux ou sous leur inspiration , l'esprit de foi et de vie qui les animait a su créer de grand , de beau , d'utile , de glorieux pour notre

pays ?

c Plus on pénètre dans l'étude de nos antiquités, plus on est conduit à reconnaître partout la main féconde et la bienfaisante influence du ciei^é. Ces vastes et innombrables basiliques que nous rencontrons dans nos villes les plus modestes, et qu'il a semées jusque dans nos hameaux et sur toute la surface de notre territoire; ces gigantesques édifices qui font encore aujourd'hui Torgueil de nos plus grandes cités, et dont nous admirons les belles proportions', l'élégance et la hardiesse , non moins que la variété , la solidité et la grandeur ; toutes ces immenses constructions > devant lesquelles l'art moderne se confond , et que , malgré toutes les ressources dont il dispose , il ne peut parvenir à dépasser , ni même à égaler , ne sont pas seulement autant de témoignages toujours vivants de sa fécondité et de sa puissance ; mais elles n'attestent pas moins éloquemment le nombre et le haut degré des connaissances théoriques et pratiques qu'il entretenait et répandait partout autour de lui, et dont il avait su conserver et agrandir le précieux dépôt au milieu des ténèbres et des ruines de l'invasion et de la barbarie.

• C'est sa main que nous retrouvons dans la fondation de ces hôpitaux, dont il avait non-seulement doté nos villes , mais qu'il avait créés dans les centres de

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