‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 2 sur 216 · HISTOIBE DE LA SOCIÉTÉ. I!I · texte numérisé non relu

HISTOIBE DE LA SOCIÉTÉ. I!I

population de nos campagnes , là où Téloignement d'autres établissements , chargés aussi du soin de prévenir ou d'adoucir les misères humaines , ne leur permettait pas de porter leur secours.

« Et ce n'était pas seulement aux douleurs physiques ou aui infirmités de la vieillesse qu'il s'occupait d'ouvrir ces pieux asiles ; il en avait pour les mayx de l'âme comme pour ceux du corps. Il en avait pour l'innocence timide qui n'ose affronter les orages de la vie ., pour les passions désabusées , pour les contemplations solitaires de l'étude, pour les vagues aspirations de ces âmes inquiètes, malades ou incertaines d'elles-mêmes. Le temps , les révolutions ou la main des hommes ont fait disparaître une partie de ces asiles ; ceux que nous avoos conservés ont reçu , pour la plupart , des destinations diverses , et souvent bien étran«gères à la pensée qui les avait créés. Mais ceux qui nous restent n'en font pas moins encore roruement le plus précieux de nos villes , le Juste objet de la curiosité et de l'admiration des étrangers qui les visitent; et quand on veut en rechercher l'origine , c'est à ses annales qu'il faut la demander.

c C'est aussi sa main que nous retrouvons dans la fondation de la plupart de nos écoles; et , sous ce nom , je ne comprends pas seulement les établissements qu'il avait fondés pour servir de pépinière aux besoins du sacerdoce , ni ceux qu'il avait établis dans ces grandes et glorieuses abbayes, où, après avoir sauvé des ravages de la barbarie ce qu'il avait pu lui arracher , il s'était hâté d'offrir un asile libre et paisible à ceux que le goût et le culte des études rassemblaient autour de lui » mais des établissements dont il avait enrichi la plupart de nos villes et où tous les rangs allaient puiser ces connaissances aimables et utiles qui polissent les mœurs , font le charme de la vie, en adoucissent les revers ou les aspérités , et auxquelles , dans le passé comme dans notre propre temps , nous avons dû tant de grands hommes.

« Et le clergé, qui suffisait à faire toutes ces choses, Messieurs , ne se bornait pas à créer ; il achevait , il entraînait , il agrandissait , il dotait. Ces établissements» que son inépuisable et expansivé charité répandait partout, il les fondait sans léguer aux générations futures des charges que des besoins nouveaux pouvaient rendre bien lourdes et bien difficiles à supporter. Peut-être, sous ce rapport , nous appartient il plus qu'à tous autres de sentir le prix de sa prévoyance , à nous qui , malgré les vides immenses que le marteau démolisseur a faits dans les monuments qu'il nous avait laissés, pouvons à peine , avec toutes les ressources de notre organisation moderne , suffire aux charges de l'entretien de ce qu'il nous a été donné de conserver.

« Partout donc se révèlent aux yeux de l'antiquaire les preuves éclatantes de cet esprit de force féconde et d'expansion puissante dont le clergé animait tout alors. n savait même faire tourner, au profit de la science et de l'humanité , les violences sauvages que la rudesse barbare de nos pères ne lui permettait pas toujours de prévenir ou d'empêcher. Aussi était-ce sous sa protection tutélaire que les popu-

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