HISTOIRE DB LA SOCIÉTÉ
Alors une ville brillanle Frappe leurs yeux éœerTeillés.
C*est Luna , calme et conGaotet Drapeaux el festons déployés.
L^astre à la lueur douce et blanche Lui prêta son nom gracieux ; Et pour se voir, elle se penche Au bord des flots harmonieux.
Du plus beau marbre de Carrare Un dieu prit soin de la bâtir.
Mais Porgncil d^une beauté rare Doit se changer en repentir.
Comme une jeune Gancée Qu*un ravisseur surprend au bain, Luna , par Tennemi pressée i De terreur a frémi soudain.
• Voici la Tille qu^on renomme, « La Tille des enchantements 1
• A nous ses palaisl à nous Rome ! t Ont crié les soldats normands*
L^attaque est prompte et Tîgoureuse»
Mais la défense Test aussi.
Craignant une Gn désastreuse , Le fier Hasting s*est adouci.
Il dissimule ses alarmes.
Car les instants sont péritleax , Et bon nombre de ses gens d'armes Ont déjà péri sous ses yeux.
Vers le gouTerneur de la Tille Un émissaire est dépêché , Disant que sans dessein hostile Hasting s*en était approché.
Ballotté par une tempête Et foUgué par]les combats.
Il n*a plus Tesprit de conquête, Il touche aux portes du trépas.
De Diteu conjurant Tanathème, SUl se Toit sauTé du danger, n reocTra le saint baptême Des mains du Pontife étranger.
On se confie à sa parole :
La Tille est ouTcrte à ses pas.
L*éTêqne, en simarre, en étole.
Comme un père lui tend les bras.
En grande pompe il le baptise Après un sermon très-chrétien ; Et croit attacher à PÊglise Un fidèle et puissant soutien.
Or, pendant la cérémonie.
Au lieu dMoToquer rÊterod, Le fourbe, en son mauTais génie, Méditait un dessein cruel.
Le sacrilège et le blasphème Sont un jeu pour son cœur d^aîrain.
Trompant le gouTemeur lui-même , Il l'aTait choisi pour parrain.
A voir de son morne visage Et la tristesse et la pAleur, On eût dit son mftle courage Anéanti par la douleur.
De cette ruse si hardie Il arait instruit ses barons.
Comme lui pleins de perfidie , Comme lui païens ei Ifurons.
Hasting rentré dans sa demeure, Ses soldats proclament sa mort ; Ajoutant qu*à sa dernière heure Il n'a pas accusé le sort.
Son seul Tora, c'est que l'on dépose Sa cendre aux caTeanx du saint lien , Afin qu'à toujours il repose En paix sous la garde de Dieu.
Puisqu'il lui faut changer de tente , Par l'autet qu'il soit protégé.
Chrétien ferTenI , dans cette attente , Il l^oe ses biens au clergé.
Déjà l'heure du conTOi sonne , Prêtres, guerriers sont réunis ; A leur tête la croix rayonne ; Leurs dilKrends semblent finis.
HISTOIKE DS LA aOCSÈTÛ.
Hastîog , étendu dans sa bière , Garde, comme au jour du cbmbat, Son épée , épouse dernière , Fidèle à l'amour du soldaL
Avec pompe à la calhédrale Tool un peuple porle son corps :
Au milieu du chœur on Tinstalle ; On diante la messe des moris.
L'érêque allait finir Tabsoute, Avec les chants des jours de deuil.. • Un bruit sourd fait gémir la foftte :
Hastiiig s*est levé du cercueil*
Il s*élanoe sans qu*on Tarrête Vers le goavemeiir jeune et fort; D'un seuloDup il franche sa télé:
Le Pontife a le même sort«
Le peuple alors pffe de vertige Est accablé par les soldats ; Il se signe, il crie au prodige^ Succombe et ne résiste pas.
Bientôt la ville épouvantée N*a plus ni chers, ni défenseurs, El sa richesse si vantée Passe à de nouveaux possesseurs.
Mais, irrité de sa méprise , Hasting redouble de courroux.
Ce n*est pas Rome qu'il a prise ; Les destins oni trompé ses coups.
Pour éterniser sa vengeance , Saccageant temples et palais, Dans sa haineuse extravagance.
Il détruit Luoa pour jamais.
Et blentfttfo ville opulente, La ville aux pompeux monuments • M'est plus qu'une tombe sanglante.
Un monceau de débris fumants;
Vous qui» loin d'imiter dans vos nobles conquêtes
Ce chef qui ne rêvait que de terribles fêtes ,
Aspirez à saisir pour le monde éelatfé
lie secret de rhisCoire et son flambeau sacvé «
S'il vous est arrivé de légères méprises ,
Si par quelques erreurs vos lumières surprises
N*oiil pas élé toujours ce qu'elles sont souvent , •
Vous n'en êtes pas moite le Coooile savant ,
Sans repos vers le vrai marchant comme un seul homme,
Certes 1 vous ne prendrex jamais Luna pour Rome I
Non , mais vous donnera , par un sublime effort , .
A la nuitlegiané jour, et Ift vie à la mort
Quand d'autres ne voudraient que briser et détraire.
Vous savei protéger , féconder et produire.
Tantôt creusant le sol , è nos yeux enchantés
Vous en laites sortir des temples, des cités;
Tantôt vous reprenez aux vendeurs fiiméllques*
De merveilleux objets, de pieuses reliques,
Et si vos doctes mains fouillent dans les tombeaux.
C'est pour en exhumer de prédeux lambeaux.
Sages réparateurs des guerres intestines,
Vous avez relevé nos castels en raines.
\X^I HISTOIBE DE LA SOGliTÉ.
Unis des mêmes vœux , des mêmes sentiments, VoQS êles les sauveurs de nos vieux monuments. Aux siècles à venir vous gardei I^liéritage Qui de la Bande noire eût été le partage : Arrêter et flétrir de coupables excès, Ce sont là vos combats , oe sont là vos succès.
A six heures , un banquet de quarante couverts réunissait les convives dans la grande salle du Pavillon, Deux toasts furent portés par M. le Président , l'un au Directeur absent , Fautre aux sociétaires non résidants qui étaient venus prendre part à cette fête de famille et parmi lesquels on remarquait: MM. le sénateur marquis de Belbeuf^ le comte de Toustain, de Bonnechose et G. Yillers. Ces deux toasts furent vivement applaudis ainsi que la réponse que ût au dernier, pour ses collègues du dehors et pour lui , M. le marquis de Belbeuf. On n'en applaudit pas moins un troisième porté , en termes exquis , à notre honoré Président , M. Thomine , par M. le conseiller Demiau de Grouzilhac qui s'est fait ainsi Finterprète éloquent et chaleureux des sentiments de toute la Compagnie.
Le lendemain matin , sur les huit heures et demie , la Société se réunit en séance administrative , sous la présidence de M. Thomine. Après quelques détails d'administration intérieure, on procède au renouvellement du bureau iBt du conseil d'administration. Sont nommés : directeur, Mgr. Didiot, évêque de Bayeux et de Lisieux ; président , M. Bertrand ; vice-président , M. Puiseux. Sont maintenus dans leurs fonctions , en vertu du règlement par suite duquel ils ont été Tannée dernière , à pareille époque , élus pour deux ans , le secrétaire , le secrétaire adjoint, le bibliothécaire , le conservateur du Musée et le trésorier. Les six membres élus pour former , avec les six dignitaires de la Société , le Conseil administratif qui se compose de 12 membres, sont: MM. Cauvet, Hippeau, Leboucher, Mancel, Tbomine-Desmasures et Travers.