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tous ses autres monuments , sans exception , fut élevée sur les ruines mêmes de la première. Nous avons souvent constaté que ces tristes débris étaient entrés comme matériaux dans les constructions de la nouvelle ville gallo-romaine, qui appartient bien certainement au Bas-Empire.

La médaille de Constantin P^ , qui a été trouvée , ainsi que nous l'avons dit , sous la base du reste de muraille militaire dont on vient de détruire une partie, prouve suflSsamment, d'ailleurs , que la construction de cette muraille ne peut être antérieure au règne de ce prince. Une autre mé« daille moins importante , il est vrai , que la première , trouvée dans le même lieu , vient confirmer ce que nous avançons sur Pépoque à laquelle ont dû être élevées les dernières murailles gallo-romaines du vieux Rouen. C'est un petit bronze de Flavius Julius Grispus , fils de Constantin et de Minervia, sa première femme. Crispus naquit vers Tan 300, et fut nommé césar par son père en 317. L'efiigie très-délicate de ce jeune prince occupe l'avers de la médaille où se trouve sou buste cuirassé ; la tête, tournée à droite, est ceinte d*une couronne de laurier; on aperçoit, vers l'épaule gauche, une partie du bouclier et l'extrémité supérieure d'un long javelot qui forment les armes offensive et défensive du vainqueur imberbe de Licinius. Une légende entoure ce buste ; la voici : ivl. ceispvs. NOB. GAES. (Julius Crispus nobilùsimus cœsar). Au centre du revers de la même pièce s'élève un joli autel votif, en forme de piédestal carré, sur lequel est déposé un globe terrestre (arôis)^ portant diverses indications astronomiques. Ce globe est surmonté de trois étoiles , emblèmes du ciel ; sur la face antérieure de l'autel qui lui sert de support on voit, écrits en trois lignes, les mots : votis. xx ( vaiis vicesimis ) ; et au-dessous , à l'exergue , s. th. Ce sujet , assez fréquent sur les médailles du Bas-Empire, est circonscrit par les mots : beata *** tranqvilitas. Le césar Crispus mourut empoisonné, par les ordres de son père , l'an 326 de notre ère.

I^ découverte de cette seconde médaille tend donc à fixer la construction des dernières murailles militaires gallo-romaines de Rouen entre Tan 317 et l'an 326 de l'ère chrétienne. Cette date s'accorde parfaitement, d'ailleurs , avec toutes les données historiques recueillies par moi, depuis plus de vingt années, sur ce point important de notre histoire locale. Il résulte en effet de ces recherches, basées sur la découverte, faite dans le sol de Rouen, de monuments antiques très-nombreux, que les murailles dites de la

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rue de r Aumône furent bien certainement bâties avant l'année 8ft7 de Tère vulgaire, en laquelle mourut Constantin P'.

Tout ce qui a été dit des fouilles , objet de cette note , se rapporte plus particulièrement à la dernière époque de Rouen , sous la domination des Romains du Bas-Ëmpire et de la Décadence. Ajoutons que les remblais sur lesquels s'appuyait le fragmrat de muraille militaire qu'on vient de détruire cachaient les ruines d*une autre muraille non moins formidable que la première, dont elle suit à la fois l'aplomb et la direction, de l'est à l'ouest La base de cette dernière muraille, qui se trouve aujourd'hui à près de sept mètres au-dessous du niveau de la rue des Carmes (1 ) , est exclusivement composée de pierres de très-grand appareil ; elles ont toutes un mètre cinquante ou quatre-vingts centimètres de longueur , sur un mètre environ de largeur. Quelques-unes de ces pierres se trouvent posées à champ, comme si un grand désastre était venu les déplacer, tandis que les autres sont solidement demeurées sur leur assise* Tout* démontre que ce reste de mur est d'une époque bien antérieure à la construction des dernières murailles militaires romaines , dont la base même en était éloignée verticalement de plus d'un mètre , en remontant vers le sol moderne.

Il n'est pas probable, cependant, que la dernière muraille dont nous parlons ici appartienne encore à l'une des plus anciennes constructions de l'antique Rotomagus des Véliocasses. On a remarqué, en eflTet, que plusieurs des immenses blocs de St-L.eu qui composent cette maçonnerie vraiment imposante avaient fait partie de monuments plus anciens, ce qu'il est facile de reconnaître aux moulures saillantes et encore très-apparentes que portent plusieurs de ces pierres.

M. André Pottier, le savant conservateur de notre musée des antiquités et de la bibliothèque publique , a lui-même fait une observation analogue dans les fouilles pratiquées, au mois de mars 1851, * sur te f côté méridionat de ta rue des Fossés-Louis^FlIl, vers te milieu de ta t partie comprise entre ta rue des Carmes et ta rue Socrate (2). >

En extrayant la couche de remblais dans laquelle étaient enfouies les ruines de la dernière muraille sous-jacente dont nous avons parlé, les

(1) Voir ma notice : Le premier vieux Rouen Mouterrain , $on enceinte militaire et ses produit» in» duitriel» €M commencement de la domination romaine ; — voir le Journal de Rouent i9 mars 1859. (S) Voir la Rmme de Rouen , aon. I85f , pages 190 et 191.

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