PIERABS TOMBALES DES ANGIBISS S^N^CHAUX DU NEUBOURG
encore que la fondation et la constraction de la jolie petite église de Ste.- Opportune-du-Bosc fut une des bonnes œuvres de la famille Anquetin^ dont plusieurs membres furent sénéchaux du N^uboui^ pendant le XIY*. siècle, ainsi que nous Tont révélé les légendes des pierres tombales qui recouvrirent autrefois leurs restes. Les noms de ces anciens dignitaires et bienfaiteurs du Neubourg et de ses environs , généraleneiit ignorés jusqu'ici , pourront maintenant servir de point de départ à des recherches historiques, qui ne seront pas sans intérêt pour le pays , dsM les archives du département , ou même dans celles , quelquefois fort an*ciennes , de certains notariats de Farrondissement de Bemay«
Par m. l'abbé COCHET ,
MemlM-e de la Société.
Le siècle dernier a commencé parmi nous l'élude des voies romaines. Bergier inaugura ce mouvement archéologique par son important ouvrage sur les grands chemins de T Empire romain (1). L'ancienne académie des Inscriptions et Belles-Lettres ouvrit le recueil de ses mémoires à des dissertations sur cette matière dont un érudit normand , M. Tabbé Belley, les enrichit (2).
L'Académie de Rouen ne resta pas étrangère à cet élan patriotique , et quoiqu'à son berceau , la jeune Compagnie vit deux de ses membres les pluséminents, les abbés Saas {S) et Terrisse (&), lui apporter, sur ce point d'érudition, le résultat de leurs recherches.
De nos jours, et depuis trente ans surtout, l'œuvre a été reprise de tous côtés avec une ferveur nouvelle et des succès marqués. Le signal de ces
(1) Bergfîer, Hisfoire des gi^ands chemins de CEmfrire vomain, 2 vol. io-Â*., Bruxelles, 17)9.
(2) L^abbé Belley, Mémoires sur une voie romaine qui conduisait de l'embouchure de ta Seine à ParU (16 juin ilàà), dans les Mémoires de l* Académie des Inscriptions et Belles^Lettres, t. XIX, p. 6A8-71.~ M., Dtuertaiion sur Jufivbona, ancienne capitale des peuples Caleti, ibid., p. 623-à7, édit. in-&". — Id., rbid. , édit.- in•8^, t. XXXII, p. 800-A3, p. 378-299. — Mémoire sur une voie romaine qui passait de Valognes d Vieux prés Caen , et ensuite à la ville du Mans (2 juillet 1756), dans les Mémoire* de VAca-* demie des Inscriptions et Bellcs-Leitres, t. XXVIH, p. ^75-80, édit. m^h^, — Observations sur deux voie* romaines de Condate, Rennes en Bretagne et jusque dans le fond du Cotentin (49 août 177A), dans les Mémoires de l* Académie des Inscriptions et Belles-LeltreSt 1. XLI, p. 568*82, édit. in-A^
(3) Le Père Leiongdit que, le 17 a?rtl 1755, Tabbé Saas Int à T Académie de Rouen un mémoire sur les voies romaines de Normandie* Ce mémoire était alors dans les archives de cette Compagnie. Biblio-
théque historique de France, t. I*^, p. 10, n^ 85, édit. de Fevrel de Fontette, en 1768.
(à) Précis analytique de V Académie de Rouen^ t. V, p. 808, et nos Églises de l*ai*i*ondissement de Dieppe t t. I*'., p. 385-56.
recherches a été donné par les Sociétés archéologiques qui , à Texemple de la Société des Antiquaires de Normandie , se sont fondées dans presque toutes les villes importantes de nos départements. Nous indiquerons en quelques lignes les travaux qui sont parvenus à notre connaissance.
Le premier des écrivains normands et peut-être des écrivains français que nous ayons à signaler ici, M. Auguste Le Prévost, dotait, dès 1832, le département de l'Eure, sa terre natale , du réseau complet de ses voies antiques (1). Après lui, un des doyens de Farchéologie normande, M. de Gerville , de Yalognes , reprenait pour le Cotentin (2) et la Basse-Normandie ("3), Tœuvre de l'abbé Belley, tandis que M. Mangon de La Lande essayait un travail analogue pour le pays de Gaux {K). Dans son Cours iF antiquités monumentales j professé à Caen en 1830, M. de Gaumont a bien montré Tintérèt qui s'attache à faire revivre pour la Gaule Y Itinéraire d'Antonin et la Table de Théodose (5).
Pendant que M. de Gerville relevait les voies du département de la Manche, M. Ghaudruc de Grazannes, de Gastel-Sarrazin , restituait celles du département du Gers, d'après les itinéraires anciens (6). Mais, en 48&0, M. Graves, de Beauvais, mieux inspiré et appartenant à une meilleure école que le précédent, rétablissait , d'après les monuments, les anciennes chaussées de l'Oise (7). En 1855, il complétait, après quinze années de recherches et de vérifications , son premier essai déjà si digne d'éloges (8). En 18/i5, M. Bizeul, de Blain, déroulait, dans le Bulletin mo-
(1) A. Le Prevostt T^otice historique et archéologique sur le département de fEttre, in-8^ de Jli p. Évreai, 1833, et Recueil de ta Société d'Agriculture , étende l'Eure, t UI, p. 297-326. Évreuz, 1833.
(S) De Gerville , Bechercheê tur les villes et les voies romaines du Cotentin, dans les Mémoires de ta Société des Antiquaires de Normandie, t. V, p. 1-60.
(3) Id., Des vit tes et voies romaines en Basse^ Normandie et de leur communication avec te Mans et Rennes, in•8^ de V el 93 p., Valognes, 1888. — Id.« Supplément au mémoire sur tes villes et voies ro' maines de la Basse-Normandie, in-8®. Valogiies, 1841.
(à) MangOD de La Lande a esquissé les voies de Lillebonue dans les Mémoires de ta Société des Antiquaires de Normandie, L III, p. 215-16.
(5) t II et III. Ère gallo-romaine.
(6) Chaudnic de Craiannes , Description des voies romaines du département du Gers, d'après les anciens itinéraires, dans le Bulletin monumental, i, IV, p. 407-20, 1838.
(7) Graves, Essai sur tes voies romaines du département de VOise, avec carte» dans le Bulletin monu^^ mental, L VI, p. 113-55, 1840.
(8) Graves, Notice archéologique sur le département de l*Oise, 2*. édit. , p. 183-296.
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numenialj les anciennes Yoies de la Bretagne et du Morbihan (1) , tandis que Tabbé Voisin nous donnait celles qui vont aboutir au Mans (2), et que nous-mème nous esquissions ceHes de la Seine-Inférieure et de la Haute*Normandie (S).
Depuis quelques années , une moisson plus abondante encore a mûri de toutes parts. En \ 858 et 1859, M. Tudot, de Moulins, nous a présenté un excellent tableau des voies romaines de T Allier, toutes hérissées de leurs colonnes milliaires (ft). M. Piette a retracé les chaussées romaines du département de r Aisne (5) , tandis que M. Terninck entreprend celles du Pas-4e-Calais (6). Dans ce même volume, où M. Cousin , de Dunkerque , révèle trois grandes artères de Tancien Boulonnais (7) , M. Pigault de Beaupré sonde les routes antiques de Tarrondissement de Dunkerque, et celles qui rayonnèrent jadis autour de Cassel , Fancien CasuUum Mari^ narum (8).
EnGn , excité par Texemple que donnait en Allemagne ua prince de sa famille (9), S. M. TEmpereur Napoléon III a fait un appel à tous les savants de la France et a créé une commission topographique spéciale , afin de ressusciter toutes les voies romaines de la Gaule, qui revivront ainsi dans un monument national (10).
(I) M. Blieul, Roffport mr /«• vciu rcmtdne* de CAnjou^ dam le Bulletin numumenlalt L VII, p. Â9A- 50S.^Id., Vùi€9 ramainei de la Bretagne et du Morbihan^ dans le Bulletin wunmmental^ u X, pw 5^2, 201-S58.
(S) L*abbé Voiiio, Ménurire eur les voies romaines qui venaient aboutir au Mans, dans le Bulletin monumental^ t X, p. &5(M(i«
(3) Voies romaines de P arrondissement du Havre^ dans les Mémoires de ta Société des Antiquaires de Normandie, U XIV, p. 150-69.
(4) B. Tttdot, Études des voies romaines de P Allier, dans VArt en province. Revue du Centre , 1858-59, in-4^ atec teite , carte et planches. — Id. , Carte de» voies romaines du département de r Allier, m-à*. de 17 pages avec carte et 2 planches.
(5) Piette, Voies romaines de Reims à Arras et de Reims à Amiens , dans le Bulletin de la Société académique de Laon , t. VII. 1858. -^ Id. , Les chaussées romaines dans le département de C Aisne*
(8) A, Terninck, Promenades archéologiques sur la ehautsée romaine d^ Arras à i>fu,in-A*« Arras, 1869.
(7) Cousin, Trois voies romaines du Boulonnais, dans les Mémoires de la Société Dunkerquoiu , t. VI , p. &00-S8 , aTCc carte.
(8) Pigaait de Beaupré, Reeonnaissanu des voies locales existant au V\ siècle , avec carte, dans les Mémoires de la Société Dunkerquoise , t. VI, p. 75-91.
(9) s. A. R. le ooMte GulUanme de Wurtemberg, goQTemeur d*l}lm et président de toutes les Sociétés archéologiques de rAllemagne.
(40) Le Moniteur universel du 18 juillet 1858; du S7 léfrier 1859; du U mars 1860.
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Sous cette puissaiite ioflueDce, la plupart des Sodélés arcfaéologiqaes de France oot stimulé , par un pressant appel , le zèle de leurs Hiembres , et elles ont proposé des prix pour les meilleurs mémoires sur les voies ro*maines de nos provinces. Nous citerons surtout comme modèles les programmes publiés dans ces dernières années par la Société des Antiquaires de Normandie et par celle des Antiquaires de Morinie,
C'est aussi pour répondre au double appel de la science et du pouvoir, que nous avons essayé de résumer ici ce que près de trente années de travaux et de voyages dans la Seine-Inférieure nous ont appris sur les voies romaines de ce département.
Quoique nous ayons long-temps étudié ces routes et vdes antiques , nous confessons cependant que nous sonunes encwe peu avancé dans cette connaissance. 11 y en eut sans doute un bon nombre dans nos régions sous la domination du peuple-roi. Jusqu'ici nous n'avons pu en reconnaître que quelques-unes bien marquées et bien caractérisées dans le voisinage de la Seine , oii ucmis apparaissent aussi les débris des villes romaines dont le souvenir nous est resté.
Pour rappeler ici avec quelque méthode ce que- nous en savon , n^us nous placerons au sein des deux métropoles que renferme le déparlenent Car c'est de là que partaient et c'est là que venaient aboutir toutes les artères de communication établies dans ces contrées. Nous esquisserons ensuite les chemins qui conduisaient aux villes secondaires et aux simples stations.
Avant d'entrer en matière , donnons quelques notions préliminaires sur les divers noms des voies romaines et sur la mesure des itinéraires antiques.
Les noms que portent les voies romaines sont divers selon les pays' et selon les temps. En Normandie , ils se tirent de différentes sources , variant au gré des localités ou des époques. Ainsi , les uns se prennent des fondateurs , des possesseurs ou des réformateurs de ces voies , et Von dit : la rue Césarine (1) , le chemin de César (2), le chemin des Ro^
[i) A Lilleboone : voir La Normandie nmterraine , l". édit. , p. lOâ; 2*. édit, p. 118. — Leségtiua dêrarrondiêument d^Yvttot , l**. édit., p. 151; 2«. édit., t. l*'., p. 167.
(2) MimoirtB de la Société de$ Antiqumre» de Normandie, t XI V, p. 455, 407. — Les égiiêe» de rarrondiuement d'Yvetot, A^. édit , t I**., p. 151 ; S«. édit., t. I"., p. i«7. — Graves , Notice archéo^ logique tur le département de l'Oiic, 2*. édiL, p. ISA. — DeCaumont, Cours d*antiquitéi monument talée ,L H, p. t52.
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mains (1 ), la chaussée Brunehaut ou de ta reine Brunehaut (2), le pavé du Aot , la rouie Royale , le chemin du Roi , quemin-le-Roy ou le pavement du Roy nostre sire (3). Les autres n'ont en vue que le terme où tout aboutissait, cette ville de Rome , tète et centre de T Empire , vers laquelle tout devait tendre et convei^er. Cest ainsi qu'à Arques ou dit encore la rue de Rome (&) ; et à Grainville-la-Teinturière ( l'ancien Gravinum ) , la mette de Home (5). Ailleurs, on ne fait attention qu'à leur largeur ou à leur élévation an-dessus du sol , et on dit : la grande^rue (6) , la haute-rue (7) , ou le chemin 'haussé (8). Plus loin, c'est la nature de leur pavage ou de leur encaissement qui sert pour les qualifier, et de là leurs dénondiiations vulgaires de chaussée, cauchie, être, étrée, chemin ferré, sirota calceia , où Ton retrouve la chaux et le silex employés dans leur confec-
(i) tjtt é^i$e§ de Carrondiuement d^rvetot,i^, édiL, t. !•'•, p. 15!, 257, 27J ; V, édiU, L I•^,
p. 167, ilit 28iL— 'Craies » tiotin archdotogiqme sur U département de l*Oiêe, 2«. édit, |i. 184*
A. Le PrerÔBl, Notice hUtorique et archéologique $ur te département de VBure, p. 76-77.
(1) Bstanoelin, Histoire des comtes d'Eu,p, 14. — Mémoire» de la Société des Antiquaire§ de ffor» mamdie, t. Ill , p. zlvh, et U XLV, p. 167. ^ Htrétat , son poêêé, son présent et son avenir, eh* lu.— Coiiski, àiémoires de la Société ihmkerquoise, L VI, p. ^08, A0&, 405, 406, 409, 414. Dans U»t le Boulooneis, TArtois et la Picardie, le nom de ekoMSSée Brunehaut ou Bumehaut appliqué à des voies antiques était irèsHrommuD au siècle dernier. M. Cousin le troure sur des titres de i769, de 1618 et BUéme sur uae charte de 1905 : eaieeia Brunehaut , Id», IHd» — L*opinion commune est que le nom de Bru- ■ehant vient à nos voies de ce que cette eélèbre reine d'Austrasie a fait réparer, de son temps, les routes romaines de la Lorraine, de la Champagne et de la Bourgogne. Quoiqu*elle n'ait pas régné sur la Neustrie, on croit communément que le nom de Brunehaut a été donné à nos chemins par assimilation. Cepen* dant au Congrès archéologique de France tenu à Cambrai, en 1858, des antiquaires ont émis Topinlon que ce surnom n'aurait rien de perMmnd et que c'est Bumehaut ou Bomekaut qu'il fbudrait lire et dire. Celte qualification viendrait alors des bornes mllliaires qui échelonnaient ces chaussées. Congrès archéologique de France ; séances générales tenues en 1858, p. 452-58. — Graves, Notice archéologique sur U département de r Oise, 2«. édit, p. 203, 210, 211, 216, 220, 222, 256, 289, 268, 265).
(8) Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie , t. XIX, p. 152.— Les églises de P arrondissement tC Yvetot , !'•. édit, t. !•'., p. 22 et 100; 2% édit, t. !•'., p. 21 et 54. — Graves, Notice archéoiogique sur le département de COise, 2*. édit, p. 187, 188, 189 et 278.
(4) Les églises de l'arrondissement de Dieppe, L 1*'. , p. 198. ^ La Normandie souterraine , !'•. édit, p. 61; 2*. édit, p. 72. — Les églises de l'arrondissement d'Vpetoi, l". édïU, t I*%, p. 151 ; 2«. édit, 1 1*'., p. 167.
(5) L«f églUes de P arrondissement d* Yvetot, l'*. édit, tl*'., p. 151 ;2«. édit, t I«'.,p. 167.
(6) Graves, Notice archéologique sur le département de COise, 2*. édit, p. 244.
(7) Id., iHd*, 2*. édit, p. llt,^Mémoires de ta Société des Antiquaires de Normandie,UXlVjp, 161. (S) Graves, fhtics archéologique ikrle département detOhe, 2*. édit, p. 184. — Tout le monde con-
aiiU le célèbre chemin hansié qui traverse hi campagne à quelques lieues de Gaen.
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tion (1). Enfin, dans quelques localités, on ne tient c(»npte pour les nommer, que de leur antiquité et de leur longue durée; c'est alors la vieille roule, le vieux chemin, P ancienne chaussée, etc. (3).
Nous ne songeons pas ici à rappeler tous les travaux accomplis ou tentés sur les mesures itinéraires des anciens ; le point capital , pour nous, et celui auquel nous devons nous en tenir, est Tévaluation pratique du mille romain dans nos contrées* Qu'il nous suJQBse de savoir qu'entre la Seine et le Rhin , le mille romain des itinéraires doit se traduire dans l'application par la lieue gauloise (â) , et que la lieue gauloise {leuca gallica) représentait un mille et demi environ. Or , d'après les meilleurs et les plus récents interprètes , le mille romain est estimé à 768 toises
(i) Beaucoup de pays ont pris leur nom ou leur surnom des mots latins siraia et ealceia, et tons sont situés sur des Toies antiques. Voyei Dumoustier , Ntuitrimpia, p. 864, 859, 85A« 858. — L'abbé Belley , Mémoim ée V Académie de$ Inêcriptionê et Beilei-Lettres, t XIX, p. 898 , 899, 688, 888, 889, 670. — A. Le Prévost, Notiee kiêtorique et arekéoio^qne eur le département de CEure, p. 74, 78, 79, 81, 83, 89, 88 , 89, 9i, 98, 94, 95, 98, 98, lOi, 109, 109, 110.— Mémotret de ta Société de$ Antiquairee de fiormoHdie, t XIV, p. 154, 155, 158, 161, 186, 187, 189.— Loisd, SUmaireê dee payé, vilU, comtes et comté de Beauvaiê. Paris, 1617. — Étrétat,son paseé^ ton préeent^ son avenir, €h, net in.— Cousin, Mémoires de la Société Dunkerquoise, L VI, p. 409, 404, 405, 406, 409, 414. ^ Annuaire statistique de la Seine-Inférieure pour 18S9, t I*^, p. 588. — - Graves, Notiee arekéolofique sur le département de POise, l: édiL, p. 184, 185, 189, 375..
Le silex à veines rouges est encore, dads nos contrées, le signe caractéristique des voies roDaines. Il parait bien qu*il en est de même dans le département du Nord ; car an archéologue Lillois, décrivant les voies qui de Bavai allaient à Tongres, à Cologne, à Reims, à Boissons, à Amiens, à Tournai, à Gand, etc., dit qu*on trouve, en plusieurs endroits, des caillonx et du silex qui paraissent avoir été apportés de fort loin (Revue archéologique du 15 juillet 1859 , t. XVI, p. 344 )•— Il en est à peu près de même dags la Dordogne où les voies romaines de Périgueox, d'Agen et de Vésone, toutes en calcaire silioenx, sont appelées e4eiiitiM ferrés, eami ferrât (De Gourgucs, Congrès arekéoiogique de France : séances générales tenues en 1858, p. 844, 849 et 859). ^Do reste, ce système de pavage ou ferrage des cbemios remonte bien loin, poisqa*ane inscription mutilée, recueillie à Riei ( Basses» Alpes), attribue à IVmpereur Adrien l^établissement d'une voie en silex, 0 VIA SILICE STBVCTA » f Millitt, Voyage datis le midi de la France, 1 111 , p. 53. — Cbaudruc de Craiannes, Revue archéologique, 19*. année, p. 49.— La ligne A^Augustodunum ( Aulun) à iBrevtodMnim ( Ouiooer-sur^Tréaée) (Loiret), par Entrains, est désignée dans l'Orléanais par le nom de eheHtin ferré. Partout où la chaoasée est intacte , elle a 8 mètres de largeur ( Mardttnd , Mémoire sur tes découvertes de mines romaines de la station de Breviodurum à Ouxouer-sur^Trésée , L I*'., pw 15.
(3) A. Le Prévost, Notice historique et archéologique sur le département ée VBure, p. 78, 80. *- Graves, Notice archéologique du département de COise, 3*. édiL, p. 199, 395.
(9) L*abbé Belley, Mémoires de l'Académie des fyscriptians et Beltes^Lettres , U XIX, p. 698.— De Caumoot , Bulletin monumental, t XXVI, p, 943. — Cousin, Mémoires de la Soeiété Ihmkerquoise, t. VI , p. 409. — Walclienaér, Géographie aneienne des CauUs, t. ID, p. xlvu.
DE LA 8ElN£-lNF<aiE|}RE« 319
d'autrefois ou l^ftSl mètres d'aujourd'hui (i). La lieue gauloise, au contraire, qui, avant César, était de 2, Al 5 mètres, selon les uns, ou de 2,&68 mètres selon les autres (2) , paraît avoir été réduite , après la conquête, à i,l&0 toises ou 2,221 mètres 50 centimètres (â). C'est sur cette donnée, qui parait obtenir la majorité des suffrages, que' nous jugeons les distances indiquées par les itinéraires dans la Seine-Inférieure.
Voie de Juliobona (LUleiMmne) à Caracotinum (Harfleur). — Iter a Cariicalino Auguslo^
bonam CLJIL M. P. Sic : JULIOBONA... X. M. P. (û).
Cette voie , que nous appellerons la première section du grand chemin militaire qui conduisait de la mer jusqu'à Troyes ( Iter a Caracotino Au^ gustobonam), sortait de Lillebonne par la cAte de St-Jean-de-Folleviile, couverte de sépultures antiques. Elle passait devant l'auberge des For^^^ (5) à St«-Antoine-Ia-Forêt et traversait Mélamare, connue par ses briqueteries et ses tuileries exploitées au moyen- âge.
Elle descendait la côte de Ste.*Honorine à l'endroit où se voit encore la vieille chapelle de cette sainte , élevée , dit-on , sur le lieu même de son martyre ; car (fest là, d'après la tradition, que la vierge chrétienne aurait versé pour la foi le seul sang qui , dans l'antiquité, ait arrosé la terre des Calètes (6).
De ce point, le chemin conduisait à la Remuée et passait devant
(1) Waieienaêr, Géographie aneiênnê de$ Gaulet, t 111, p. luv, InIroducUoD. — L*abbé Belle/» M moire» dtC Académie des Inseription$ et Belle»- Lettre»^ t. XIX, p. 686.— -Bu^/efin monumental, t. XXVI, p. 8&2. —^ Congre» archéologique de France : séance» générale» de 1858 , p. 458.
(9) Bulletin moimmental , U XXVI , p. 389 et 84S.
(3) L*ablié Bdlejr, Mémoire» de C Académie de» Itacription» et Belle»-Ultrc» , L XIX, p. 636. — Mémoire» de la Société de» Antiquaire» de Normandie, t. XIV, p. 157. — Cottrin, Mémoire» de la Société Dunkerquoise , t. VI, p. AOS.— Bulletin monumental, t XXVI, p. 84î.
(4) Recueil de» hi»torlen» de» GoÊtle» et de la France^ t. I"., p. 108. — Fortia d*Urban, Recueil de» itinéraire» ancien»^ p. IS5b— De GaumoDt, Cour» d'antiquité» monumentale» , t. U , p. 56-60. — L*abbé Beiley, Mémoire» de l'Académie de» In»criptions et Belle»-L€ttr»»t L XIX ^ p. 685 et 648. — Fallue, Mémoire» de la Société de» Antiquaire» de Normandie, t. XII, p. 117. -> Mémoire» de la Société de» Antiquaire» de Normandie^ b XIV, p. i5S. — Le Prevoftt, Notice archéologique de CEwre, p. 78.
(5) E. Gaillard, Gazette de Normandie, du 16 mars 1834.
(6) Le» égliêe» de rarrondi$»ement du Havre , t. 1*'. , p. 84. — E»»ai hi»torique et deecriptif eur l'abbage de GraviUe, p. y^. -^ Mémoire» de la Société de» Antiquaire» de Normandie, U XIV, p. 154,