‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 199 sur 216 · HISTOIRB DU BOURG D*j£GOUCH · texte numérisé non relu

HISTOIRB DU BOURG D*j£GOUCH

deux^ généreux fondateurs y tous deux clercs , se nommaient Guillaunie Le Mouz et Guillaume de Goupigny. La donation consistait en un liébergement , ou maison manable accompagnée de bâtiments et dépendances, située auprès de la porte Bourges (1). Ils complétèrent leur donation par l'abandon de 4 acres de tenre , situées non loin de là : Taumftne fut validée par des lettres d'amortissement du fonds concédé, déliTrées au nom du comte d'AIençon, comme suzerain, et par celles des seigneurs directs d'Écouché (2).

Telle fut Torigine de cet hospice, qui ne tarda pas à recevoir des bourgeois d'abondantes aumônes en argent et en terres. Plusieurs même poussèrent le dévouement jusqn^à se donner à la maison pour le service des pauvres ; ils prirent le nom de frères condonnés, cumdaH.

Après les premières années de la fondation, lorsque tout commença à prendre forme, on sentit le besoin de fixer lès attributions de chacun par un règlement. Les bourgeois d'Écouché s'adressèrent, à cet effet, à l'évèque de Séez, Guillaume Mauger, qui, par lettres datées du château de Fleuré le jeudi d'après la Purification de l'année 13&&, confirma la fondation de l'hospice et délivra le règlement démandé.

Ce prélat ne s'était pas contenté de dresser une règle, calquée sur celles des maisons hospitalières du voisinage : il voulut connaître les intentions des habitants et recueillir les avis des plus capables d'entr'ëux. A cet effet, six délégués furent élus par les bourgeois : M*. Michel Burel, Jean Le Boucq, Raoul Le Rouillier, Michel Pellicoq, Gervais Charupel , Jean Duveau (Johannes Yituli), tant clercs que laïques, lesquels, suflbamment constitués en commission par le doyen d^Ëcouché; se rendirent auprès de l'Évêque à son château de Fleuré. Après avoir pris leur avis {peritorumconsUio ) , le prélat arrêta : que Guillaume de Goupigny , le principal fondateur de l'hospice, qui avait concouru en toute circonstance à son établissement et à sa construction , et l'avait doté de ses biens mobiliers et immobiliers, en serait le maitre et administrateur et quMl y aurait sa résidence. Cette dernière obligation fut également imposée à ceux qui< devaient lui succéder, afin qu'ils fussent^ plus à même de prendre soiudes^ pauvres et de leurs biens.

(i) Voyei êupra, p. 647.

{%) Voirie» lettres de ces sei^neors. Apfiendire, n*. bf>k, 8.^.0..

HI8T0IBE DU BOURG D^^COUCné. '601

Le mattre devait rendre ses comptes, chaque année, de la manière suivante : les trésoriers en charge , jurant d'agir loyalement et sans tenir compte des amitiés ou des haines, devaient élire six bourgeois honnêtes et capables, lesquels, réunis auxdits trésoriers et aux Frères de Tbospice, après avoir prêté serment , recevaient les comptes du maître administrateur.. I^ maitre était toujours révocable, chaque fois que cette mesure sérail jugée utile. Lorsque remploi venait à vaquer par cession, décès ou révocation , les six bourgeois qui avaient reçu le dernier compte , ainsi que les frères condonnés, devaient élire quatorze bourgeois honnêtes et capables, lesquels, réunis aux six qui les avaient nommés, après s'être engagés par serment à procéder avec justice et conscience, devaient élire celui qu'ils jugeraient le plus digne de remplir la fonction vacante. Cet élu était présenté , pour la collation du titre , à Tévêque ou , en cas de vacance du siège, à rofflcialité de la Cour de Séez. Il prêtait serment , entre les mains du prélat, de gérer avec fidélité le bien des pauvres : après quoi il était déclaré constitué en charge. Si les bourgeois , ne pouvant tomber d'accord, restaient plus d'un mois sans présenter de candidat, ipsd facto^ l'évêque en nommait un d'office.

Les frères servants étaient choisis par le mattre, assisté de six bourgeois qui avaient reçu le dernier compte, avec conscience, selon l'intérêt de la maison.

Ces six bourgeois formaient naturellement le Conseil du maitre ; ils l'assistaient dans les affaires importantes, telles que les acquisitions ou aliénations d'immeubles. Le traitement du maitre fut fixé à la somme de 10 livres tournois, chiffre qu'on pouvait élever en cas de surcroit de travail ; ce qui était laissé à l'appréciation du Conseil des six bourgeois assistés des frères. Quant à ces membres du Conseil, ils ne devaient rien percevoir à leur profit ^ ni boire, ni manger, ni enfin quoi que ce soit, à l'occasion de leurs fonctions ; à moins qu'il n'en fût décidé autrement par le mattre et les frères avec l'autorisation de l'évêque (1).

Telles sont les principales clauses du règlement qui servit à gouverner l'hospice d'Ëcouché pendant près de deux siècles.

Il n'y eut pas plus de deux frères pour le service de la maison , bien que

(i} Il existe une copie de ce règlement, ^llationnée sur Toriginal, aat Archives de rhospiee^d^Écouciié (A.« I). Ce docttmeia esl en latin.

602 QISTOIEB DU BOUftG D BGOUCHé.

le règlement n*en fixe pas le nombre. Ainsi» nous avons rencontré lin acte, daté (le 1&02, qui constate que lé maître se nommait Guillaume Bossu,

prèti*e, et qu'il était assisté de M\ Jehan prêtre, et de Mathieu

Desvaux , frères et condonnés dudit Ostel-Dieu (1).

Peu de temp6 après la fondation de Thospice , on y érigea une chapelle pour assurer aux pauvres malades le service divin , et aux pieux fondateurs des prières et une sépulture honorable. Elle fut dédiée à saint Mathurin : ce qui fit désigner la maison sous le nom de ce saint.

Outre les pauvres qui reçurent Thospitalité dans cet asile , quelquefois les boui^eois aisés ne dédaignèrent pas d*y venir chercher une retraite pour leurs vieux jours : témoins ce Jehan Le Vieul et sa femme, qui reconnurent et confessèrent par-devant les tabellions du siège d*Écouché, et consignèrent dans un acte daté du 1& février lhk9 : • quMls se donnoient à ladite Maison-Dieu de St -Mathurin, avec la somme de 22 sous tournois 6 deniers de rente, qui leur appartenoit Ils donnèrent et aumdnèrent, en outre, à icelui hospital 16 bêtes aumailles, tant grandes que petites, deux lits, douze draps linges, six écuelles d'estain, six saucières, deux plats, un grand pot de cuivre, une paelle d'airain, et plusieurs autres ustensiles de mesnage , dont ils firent la réserve leur vie durant ; ils donnèrent, en outre, à Thospice tout ce qui pouvoit leur échoir par la suite , à la condition qu'ils auroient audit lieu une chambre solitaire pour leur demeure ; illec auront , aux despens dudit hospital, tout leur nécessaire , boire , mangier, vêstir et chaucier ; seront pourvus se ils sont malades au lict , et soignés bien et honnestement selon leur estât , tout le temps de leur vie; et, à leur mort, seront mis en sépulture, selon ce qui à eux appartient , et toutes les finances qu'ils ppurront faire et recueillir à l'avenir seront toutes au profit dudit hospital ; et partant, Raoul Gurot, présentement maître et administrateur dudit hospital , les reçut à être admis par la forme susdite audit hospital , « du consentement des trésoriers de l'église et de plusieurs autres bourgeois (2). >

(1} Acie original, sur porcheiiiin , de fide d*aiM pièce de terre opparteniant à rhospîoe ( Archifes de Pliospice )• ^ (2) Ibid.'

HI8T01BB DO B0UE6 D'iCOUGH^.

Les institutions humaines, même celles qui sont basées snr la eharité et la religion, finissent toujours par dégénérer entre les mains de ceux qui les dirigent : tant il est diflScile de résister aux mauvaises influences de notre nature I Qu'on ajoute à cette cause de désorganisation les longues suites de guerres et de discordes civiles qui agitèrent la société à Tépoque qui nous occupe , et on ne sera pas surpris que le temps ait amené de graves abus aussi bien dans l'administration de Thospice d'Écouché que dans celle de toutes les maisons hospitalières.

Le roi de Navarre et son épouse , la célèbre Marguerite , qui se trouvaient alors seigneurs d' Alençon , informés de ces désordres , prirent des mesures pour y remédier dans leur duché. Ils délivrèrent , à cet effet , des lettres-patentes , par lesquelles ils nommèrent des commissaires pour présider à une réformation des maisons hospitalières de leurs domaines. La commission pour le bourg d'Écoucbé était précédée d'un préambule remontrant : • que, par ci-devant, les biensdeThospital d'Escouchéavoient • été employés à autres usages que pour les pauvres et qu'il étoit néces- « saire d'y donner ordre à l'avenir. »

Deux commissaires se rendirent donc sur les lieux et rédigèrent, avec le concours des' boui^eois, un nouveau règlement qui pût arrêter les abus. Voici un extrait du procès-verbal de cette opération et un résumé des statuts qui s'ensuivirent : « Le pénultième de décembre 1539 , les commissaires firent congréger et assembler par devant le sénéchal-sergent les bourgeois, manans et habitans d'icelui boui^, dans l'église paroissiale d'icelui lieu, desquels les noms ensuivent (ces noms sont au nombre de &1 , y compris le procureur-général des bourgeois, Jehan Mauvoisin), tant prêtres que laïques , lesquels se réunirent en la présence de M% Jehan Tirmois , procureur fiscal es vicomtes d'Argentan et Exmes, lequel ayant fait requête de procéder à la réformation dudit hospital et Maison-Dieu, les commissaires Ifirent à l'assemblée remonstration des intentions et bonvouloir desdits seigneur et dame, de maintenir mesnage et gouvernement qui, par en devant, avoit été au revenu de ladite maison et hospital ; les biens d'ycelle étant employés à autre uss^e que pour les pauvres , et qu'il estoit nécessaire d'y donner ordre à l'avenir ; et, après avoir reçu Tadvis d'un chacun en particulier, avoir, de leur accord et consentement , réformé par leur délibération et avis , avons ordonné et

60& mSTOIBB BO VOVRG J?iCÙUCBi.

« ordojinoDs les choses qui ensuivent > Suit un règlement, en 16 articles, dont nous donnerons la substance :

Par l'article !"• Jl était enjoint de célébrer dorénavant le service divin de ladite Maison-Dieu selon et jouxte les fondations et legs anciens.

Art 2. Chacun an sera élu un bon et loyal receveur aimant et zélant le bien des pauvres, pour recueillir le revenu et administrer le temporel.

L'article & introduisait une innovation dans remploi des ressources de rhospice ; une portion en était attribuée aux secours à domicile «n faveur des pauvres honteux ; et , afin que le revenu fût charitablement distribué , on devait élire , chaque année , deux personnes notables pour tenir le bureau chaque semaine, et connaître des affaires de toute nature, tant à rhospice que dans le bourg.

Quant aux admissions dans la maison, il fut spécifié qu'on n'y recevrait que les gens du bourg, à savoir : les enfants exposés sans fraude, non avoués; les impotents et les malades, ne pouvant aucunement gagner leur vie. L'admission ou la distribution des secours étaient à la discrétion du bureau.

Pour la recherche des pauvres honteux, on devait élire chaque année deux honnêtes personnes d'Écouché, sous la dénominatk>ft de doyens des pauvres, qui seraient tenues de faire mémoire chaque dimanche ou autre jour auxdits maîtres, afin d'y ordonner leur avis et consentemrat (i).

Les maîtres devaient signer les ordonnances et décharges conceinant les aumônes et les transmettre au receveur ; par cette formalité , les dépendes se trouvaient allouées aux comptes du^t receveur et non autres deniers qui, par lui« pouvaient avoir été payés de quelque mani^ que ce fût.

Pour le service des malades dans l'hospice, les frères furent remplacés

(1) Ceci ooDSiitDa va bufois de cbariléb moëe 4*aMntaooe bîoi Insoltam lorsqu*!! s'aginait de hAre ftce à des diseUesi on chertés de grains, qui se produisaient si flou?ent. Dpns œs circoaslaiioeii le TféÊor de la paroisse, aussi bien que les Confréries, s^imposeient des sacrifices importants pour tenir en aide aux besoins les plus urgents Noos trouvons, dons les anciens comptes de la Fabrique et des Confréries, le détail des sommes allouées sous la dénomination de taxe de* pauvres. Les années de ces dépenses oorrespondcst infailliblement à des époques désastreuses. Ainsi, en l6A9-$0, le Trésor de Téglise appliqua la somiiie de. 250 livres à cette aumdne, et la Confrérie Notre-Dame celle de 75 livres. En 1662, depuis le jour des Rameaui jusqu^à la fin du mois de juin, la dépense se monta à kà livres 15 h)us pour le Trésor et h 72 livres pour la Confrérie.

Blft'rOIBB DU BOORG D^éCOVCBÉ. 6ÛS

par deux femmes tenves ou autres, de bonnes mœurs, ou un homme et sa femme aimant les pauvres, auxquels on devait donner provision de vivres par les gens tenant le bureau. Dans la crainte que ces secours donnés avec tant de charité ne développassent les abus du paupérisme, par un article spécial ayant la sanction souveraine, des peines même corporelles furent portées pour les conjurer et les réprimer. Il est ainsi conçu : « Pour obvier aux pauvres mendiants, vivant en oisiveté, vaguant par les c rues, desquels arrivent et procèdent plusieurs maux et abus, seront • faites expresses défenses par les dits seigneur et dame et leur justice, «t sous peine du fouet,* aux gens puissants et bien dispos de leurs personnes

^ « de mendier. Seront les valides et puissants tenus de besoigner et gagner

« leur vie ou bannis hors du bourgs »

^ Quant aax mendiants étrangers traversant le boui^, sMls se présentaient

à ThApital, ils pouvaient y être hébergés une nuit seulement et non plus : « elsMls sont trouvés après commandement à eux faict de vider, ledit

I « receveur avertira le procureur fiscal pour en faire punition exemplaire. » .

Le dernier article fixait les gages du receveur pour ses peines et salaire

I de la distribution des deniers et administration de la Maison-Dieu ; il devait

I avoir à son profit t2 deniers par chacune livre de recette (i).

I Telle fut la règle de Tbospice d'Ëcouché jusqu'à la fin du XYII*. siècle,

en 1666 , où, àToccasion de l'élection de deux filles pour le service de la

I . maison, les habitants, réunis en assemblée, délil)érèrent et arrêtèrent un

I règlement en 15 articles concernant la conduite, les soins, les occupations

i desdites filles et ce qui devait être fait pour elles à leur mort, enfin la

manière de les remplacer à Ta venir, ^administration de T hospice leur fut confiée à forfait, tant pour la nourriture du personnel que pour les médi-

I caments à administrer aux malades selon les ordonnances. Leur nombre

fut fixé à deux, à moins que, par suite de vieillesse ou d'infirmité, il ne

fût néce88ato*e de leur adjoindre des aspirantes pour les soulager. Elles ne

(i) Une expédilfon, sur iiiie énorme fenille de parchemin, des lettres^pa lentes du roi et de la reine de Na- Tarre, do procès-Terlml et du règlement des commissaires, se trouve aux Arclilves de Phospice d*Écoucbé. Le règlement ne termine ainsi : ■ SI donnons en commandement au bailly d*Alençon, ricomte d'Argenlan'

* et Bimes, qn*tls fassent chacun à droit lol observer, garder et entre: eoir de point en point les articles* r et instances ci-dessus déclarés ; en témoin desquelles chos' s, nous avons signé les présentes et apposé*

• le scel de nos armes. Donné audit lien d*Escouché, le pénultième de décembre, Tan 1580. Signé: J« 9 Cambt, h Bloxdel*' i

606 HISTOIBB DC IDCBC D ECOC

jMNnraiatt obleirir celle fiiTear qe*a|iris en avoir roMiiriqwf avec Ir ilenroffé, Jea prètrea* lechapdaiB, lea adaûistmcwa et prÎM^m boiirgeob; aprëa quoi lea potlubalea seraieDl adnisea a iûre kar pnbatioBf qui devait durer six laoisw

Cea boqiltalièrea, étues à vie par le fait de lear MMMMitieB, éuicat causées avoir douétoos leurs biees meulilea piéaeala et à veair ; caqadqo^eudrmt et drcooataBces qu'ils se troiivaaseiit , ils élâeat acqaisi h oiaisoD* Pour compeaser ce sacrifice , r AdoûialratioB de riiôpilal leor coBcédait le logemeot, la jotusasBce des salles, cbafldms, gmien, jmliBs. et leor assurait la s^mltore dans la chapelle après leor nnrL 11 kar iàt alloué 5 sous chaque jour par malade adnis sar lea lits. Cepeadait« ks bourgeois se réservèrent de D*en donner que A pour les giatantaires, qaaid il y aurait des hospitalières un peu plus à leur aiaeque celles qui occapsieit présentement remploi , ou Men dans le cas oh Thoapice aenit chsrcé dn soin desdites filles pour cas de vieillesse et d*infinnilé. On leur abandonat, en outre, la rente d'un capital de 800 livresque le sîeur Ducoudray-Brière avait donné à rhospice pour aider leadites filles à se procurer les remèdes nécessaires aux pauvres admis sur les lits.

Ces hospitalières forait chargées de tenir les petites écoles des pauvres, et elles touchèrent le prodoit delà fondationqai se montaitàSOlivna paras (1). Enfin, on s'engagea à leur payer rinlérét de Targent qu'elles mettraiest

(1) Cette fbodttiOD datsh de raoïiée 1679, «in^ 4a'il résulte d'un oonlnt peiié le 5 jeaner, entre Mf V de roroMld, éréi|«c de Sèei, cl W*. Pfcm ChcrvWe» vialre perpéivd de 8L«C«miide8én, poor plaeeoMnt êar le cleifé du diooiiie, en rente coiMiUiiée an denier 1$, d*ttne aoiiae île deoi oùUe ooit Mliente Htret, que le tleor Cherfille dèclarail avoir reçue d'one dame charitable, pour être cnployèe en fonds de rente, aSn d*établir quatre filles ou ^tcs dévotes, dans les lieai île Belléme, Êeouehé, Tmo et SL-Pierrfr4ttr*0lf es pour tenir les petites écoles de filles pauvres cl visiter les anladea. Ces ialiUilrfioa devaient être agréées par Té^êque de Sén, et révocables à sa volonté. Les habitants d'Ecooché, mb eo demeure d*acorpler leur pan de cette fondation, consentirent aiii obligations qu'elle ioiposait, savoir: de faire Taequlsltloo d*one rente de valeur pareille à celte lég^née. Le 4«'. wars 1091, ils préseulêrcM Gaèridie Hériot, Tune des hospitalières de THélel-Dieu ; elle fut agréée. Les hospitalières «aitniiièrast par la saite a tenir l^éco'e gratuite ; néanmoins, elles furent autorisées à prendre des pensionnaires, aaab avec ragrément des chefs du bureau et des notables, qui devaient fiier, en assemblée, les conditions de leur admissico. Le fonds de cette fondation ftat perdu lors de la banqueroute de Law, le remboursement ajant été fait es billets de ia banque du célèbre agioteur. L'éoole ue fut point fermée par suite de cette perte, paice que TAdministration de l*bospiee pourvut k celte dépense. Néanmoins, les hospitalières eurent un petit nombre de pensionnaires, parce qn^il y avait doux autres smurs dans le bourg, jouissant d'une maison et du retenu d*une fondatiM en Ihveur des filles pauvres. Leur école était très-bien suivie et tiés-bien tenue.

HISTOIRE DU BOURG d'ÉGOUGUÉ. 607

dans la maison, de leur vivant. Après leur mort, il devait être célébré deu\ services , au lieu de leur sépulture, par les soins du clergé de la paroisse.

Bien que cet accord fût signé simplement par les habitants et les hospitalières, et quMl paraisse n'avoir reçu la sanction d*aucune autorité civile ou religieuse, il se maintint jusqu'en Tannée 1773. A cette époque, les bourgeois d'Écouché sollicitèrent Tautorisation de réformer les anciens règlements: à cet effet, ils déléguèrent deux d'entr'eux, pour les représenter à la Cour du Parlement , qui ordonna Tenquête , sous la direction du lieutenant au bailliage ; elle eut lieu le 22 novembre de cette année et fut favorable aui solliciteurs. Us obtinrent un nouveau règlement en 21 articles. Les modifications portaient sur les points suivants.

Les anciens statuts permettaient aux hospitalières d'admettre les malades sur un simple billet, sigué par le curé ou son vicaire et par un des membres du Bureau. Pour éviter l'admission de gens ne faisant point partie de la population du bourg, il fut arrêté qu'on n'en admettrait que sur la présentation d'un billet signé par trois membres du Bureau, avec une attestation du chirurgien (1) certifiant que le postulant était incapable de gagner sa vie.

Les secours à domicile furent maintenus. Le Bureau était composé du sieur curé, du chapelain de l'Hospice, des deux plus anciens prêtres habitués de l'église , de six des principaux bourgeois dont deux étaient renouvelés chaque année, et de deux administrateurs choi»s parmi les notables habitants pour gérer les biens et affaires de l'Hôpital. Ces fonctionnaires, élus de trois ans en trois ans, étaient indéfiniment rééligibles. Cette administration se complétaitpar un receveur élu pour deux ans, ayant droit de séance au Bureau, mais sans voix délibérative.

Les deux administrateurs et les six notables devaient visiter tour à tour, deux fois la semaine, les malades de l'Hôpital.

Cette oj^nisation se maintint jusqu'à la Révolution : à cette époque, la maison fut fermée et les hospitalières se retirèrent dans leurs familles. Après la tourmente, elles rentrèrent et continuèrent à donner des soins aux malades.

(4) Le chirurgien de I^Hospice, en sa qualitéde chirurgien des pauvres, jouissait du privilège d*exeiDption de la Taille ; c'est ce qui résulte d^une délibération du général des habitants d^Écouché, en Tannée 1696, par laquelle il était enjoint aux collecteurs d^iinposer Jacques Chrétien, chirurgien, droguiste et cirier, jouissant de son bien dans le bourg, lequel revendiquait rimmunllé, comme prétendu chiraigien des pauvres. Les habitants ne reconnaissaient que Gabriel Gauthier, aîné, chirurgien.

608 niSTOiRE DU BOuaG d'egoughé*

En ranoée 1 809, les habitants d'Écouché, aux termes des articles 2 et 5 du décret impérial du 18 février, soumirent leurs statuts à la sanction du gouvernement.

La maison, qui comptait li lits, fut placée sous la surveillance du maire et des autorités supérieures, et soumise aux règles administratives fixées par la loi du 16 messidor an Vil. Néanmoins, les principes du régissent de 1773 furent maintenus, quant à la gestion des hospitalières. La dame Bazière, qui était à la tête de THospice depuis vingt -neuf ans, en qualité de supérieure, continua ses soins aux malades. L^ meubles et provisions de toute nature, telles que bois de chauQage, cidre, vin, eau-de-vie, denrées alimentaires, furent reconnus lui appartenir. L'Administratiott ne revendiqua que ce qui était porté sur le répertoire du 1 â floréal an XI IL La dame Bazière fut chargée de Tentretien des malades, à raison de 75> centimes par jour pour chacun (cette règle pouvait varier suivant des circonstances majeures). La maison et le mobilier durent être entretenus à ses frais.

Les hospitalières, si elles devenaient infirmes, toml>aient à la charge de l'Hospice. Mg'. TÉvèque de Séez, pour ce qui r^rde le spirituel, était le supérieur immédiat de cette Communauté* Il devait recevoir par lui-même, ou par un prêtre dél^ué, la novice présentée par la sup^eure et agréée par T Administration de T Hospice. Cette novice promettait, entre les mains du prélat, respect et obéissance à ses supérieurs spirituels et temporels. Ces hospitalières ne firent jamais de vœux et n'appartinrent à aucun ordre religieux. On les soumit à un noviciat plus ou moins long, suivant leurs facultés intellectuelles et les besoins de la maison; elles portaient le costume noir et devaient sortir voilées, soil pour aller aux offices, soit pour faire les provisions; leur nombre fut fixé à deux ou trois.

Cet ordre de choses n'existe plus: les administrateurs agissent directement sans rintermédiaire des so^rs , qu'on fait venir de telle ou telle communauté. Cette ancienne oi^nisation avait donné Heu à bien des plaintes et des tiraillements : les archives de T Hospice sont encoml>rées d'actes de procédure entre les administrateurs et les hospitalières. Ces débats ont duré pendant plus d'un siècle.

L'enquête de 1809 accusait pour revenu à l'Hôpital d'Écouché le cbiflQre de quatre mille deux cent trente-huit irancs , dont trois mille neuf cent quatre-vingt-treize en biens fonds et deux cent quarante-cinq en rentes.

HISTOIRE DU BOURG d'ÉCOUCH^. 609

Le chiffre actuel se monte à environ six mijle francs , qui sont employés à secourir les pauvres du bourg à Texclusion des étrangers.

L'Administration a toujours été très-soigneuse d'empêcher les fraudes à cet égard. Cependant, les derniers seigneurs d^Écouché s'étaient arrogé, sur les questions administratives de l'Hospice, un droit d'approbation dont n'avaient pas joui leurs prédécesseurs. Les décisions prises depuis- MM. de Breteuil sont toutes sanctionnées sur le registre par le visa des seigneurs. Les choses allèrent même plus loin : en l'année 1 769 , M. le marquis, de La Hotte, en sa qualité de baron d'Écoucbé, fit apporter, sur son chariot, une femme de Joué-du-Plain qui avait un grave mal au pied et la fit déposer à l'Hospice, en vertu d'un billet délivré par les administrateurs.

Lorsque le sieur curé, qui n'avait pas été prévenu, eut connaissance du fait, il convoqua une assemblée de paroisse, le 22 d'avril 1769. Il y exposa son grief contre le seigneur de La Motte et les administrateurs de l'Hospice, soutenant que cette admission était contraire à tous les précédents, et demandant si l'on voulait ainsi donner un droit aux étrangers. LMnfluence du marquis de La Motte pesa tellement sur l'assemblée qu'une partie se retira sans délibérer, et qua le petit nombre des votants fut partagé en deux camps. Huit furent pour l'admission , deux seulement contre. Quant au sieur curé, il protesta énei^quement contre cette décisioiL C'était M. Dubois.

Cet acte de faiUesse des habitants contraste singulièrement avec l'attitode que plusieurs d'entr'eux devaient prendre , quelques années plus tard, lorsque vint à gronder la tempête révolutionnaire. Mais on nous permettra de consigner encore ici quelques particularités relatives à l'histoire de cet Hospice.

Louis XIV ayant rendu, en décembre 1672, un édit pour l'annexion , à l'ordre de St -Lazare et du Mont-Carmel , de toutes les maisons hospitalières qui pouvaient avoir été détournées de leur destination pour tomber entre des mains étrangères, à titre de bénéfices , le Conseil de Tordre, sous la direction de haut et puissant seigneur messire François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, grand-vicaire général de l'ordre , assigna les habitants d'Écoucbé, pour les contraindre à remettre en son pouvoir leur Maison-Dieu.

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