‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 40 sur 216 · LE ROMAN DU MONT-SAINT-MICHEL · texte numérisé non relu

LE ROMAN DU MONT-SAINT-MICHEL

pab m. le hérigher.

Membre de la Société*

Le Roman de Rou est Pépopée nationale de la Normandie. Composée par un normand , Mattre Wace , de Jersey , sur Tbistolre de la Normandie et principalement sur son événement le plus glorieux , la conquête d'Angleterre, elle fut publiée et annotée par des normands, MM. Pluquet et Auguste Le Prévost , et éditée par un normand , dans la capitale de la province, en 1827. Cette date, qui est la veille d*un grand mouvement littéraire , auquel Férudition donna une intelligence plus vraie du passé , rappelle, sinon le réveil des études philologiques sur le moyen*-âge, au moins un temps où elles n'avaient pas acquis la sûreté et l'étendue qu'elles ont obtenues depuis. Aussi cette publication fait-elle époque dans l'bistoire de la philologie firançaise , et a-t-elle donné un puissant élan à ses progrès. Cette œuvre capitale, jugée à son heure, est le plus grand et le plus beau moniunent que la Normandie ait élevé à la fois à la poésie , à la linguistique et à l'histoire , et on y lira long-temps avec honneur et reconnaissance les noms de l'architecte et du sculpteur.

Toutefois ne serait-il pas possible, par suite du développement des études locales et générales, que quelques modifications de détail, quelques additions, quelques corrections pussent y être introduites, par amour de

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fart, sonmnes au jogemeiit de cdui des deux auteurs qui survit encore et qui s*est toujours signalé par une vertu rare chez les antiquaires « par ie désintéressement dans les questions de science et d'histoire? Ne serait-il pas permis de jeter quelques notes sur ce poème , en vue d'une réédition qui viendra tAt ou tard ; car nous sommes loin d'être arrivés à la pureté philologique sur notro poète national et classique , qui , toute différence poétique observée, doit être pour nous l'objet d'autant de soin qu'Homère pour les Grecs, Dante pour l'Italie, Shakspeare pour l'Angleterre? N'aboutirons-nous même pas à une édition complète de l'œuvre entier du trouvère normand? Je voudrais essayer, pour ma part, d'exposer quelques observations que m'a suggérées un commerce assez intime avec le Roman de Rau, par suite d'études philologiques comparées, entreprises depuis long-temps pour un Glossaire anglo-normand , qui se hasardera peut-être à paraître un jour, après les travaux remarquables en ce genre qu'a pro^ duits la Normandie, parmi lesquels le Dictionnaire de MM. Du Méril réclame , comme type , le premier rang. L'édition future de Maître Wace devra tenir un grand compte , après cette première œuvre de MM. Pluquet et Le Prévost, des Observations sur le Roman de Rou de M. Raynouard et du Supplément aux notes historiques sur le Roman de Rou, par lesquelles M. Le Prévost a complété ses notes exactes et judicieuses qui , avec d'autres travaux , font de lui un des hommes les plus versés dans l'histoire de la Normandie. Enfin , avec les leçons du ms. 6987 et du ms. 7567 de la Bibliothèque impériale , de celui du British Muséum , de celui de M. de Sainte-Palaye , on pourrait élever un monument qui serait digne de Tétat actuel de la philologie française.

Le titre du poème n'est pas correct, lisez : Romans de Rou.

i. Des nobles fez è des bons aiz

Re 11 Baron è U Seignor firent de teins andanor. — V. 12.

Ancianor est interprété par ancien^ avec cette note que la rime a forcé Wace à forger cette terminaison. Il est plus probable que c'est une forme de comparatif, analogue à un mot fort commun dans le poème et à cette

époque, greigtiar, plus grand , dérivé de grandicr. Il dira, aii y. 7689, juvenur, pour plus jeune.

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