‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 69 sur 216 · Mandé ii a par mal des piet - V · texte numérisé non relu

Mandé ii a par mal des piet - V

Non pas • par méchanceté , » mais par dépit (de despectus), de ce que Guillaume avait refusé l'hommage à la France pour l'Angleterre,

^"7. Engielerre ai conquis à torL,.

Et à tort ai 11 règne pris^ Eçolcej'ai a tort toleit, Ou Jo n'en aveie nni dreit;..— V. 14270.

Quand il serait hiuoriquement vrai que Guillaume mourant, selon la leçon cependant moins accentuée d'Orderic Vital {regni quod tôt peccaiis

St^R LE ROMAN BE ROU. 7â

obtinui) , se serait repenti de la conquête d'Angleterre. Ce Tait serait poétiquement faux dans la bouche d'un poète, et c'est en cela surtout que Wace est poète, c'est qu'il est passionné pour la race normande et le héros de cette race, le Conquérant. En outre, cette concession est un démenti positif au poème tout entier , aux longs discours du Conquérant et aux paroles de ses barons : tout cela appuyé sur les trois droits positifs : le testament d'Edouard, le serment de Harold et la sanction du Pape. Aussi la version du ms. deDuchesne rentre-t-elle dans le sens général du poème, et la logique des idées nous y somble-t-^Ile préférable :

Por ceo le puiz fere par mei , Reignablemcnt savez por kei.

Englelerre ai cuDquîse à drelt Et por ceo voil seignor en seit

6S. Hobens ferment, windent il tref.— V. 16879.

« Ferment le haubans et hissent la voile. » Fermer les haubans n'offre guère de sens ; c'est ici le verbe firmare , fermer , assurer , fortifier, si usité dans notre auteur. Quant à windent, d'où dérive notre verbe guinder, et le patois guindeau, cabestan, il signifie virer ^ comme sa racine to tcind, en anglo-saxon, ou plutôt en Scandinave qui nous a donné la plupart de nos termes nautiques : wœnda, suédois. Nous croyons que windent ti tref signifie : virent le cabestan , c'est-à-dire le treuil.

Page 1