XII HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ
capables d'accomplir ce qu'ils disaient Âu point de vue des moyens d'exécution, ils sont en mesure de mener à bien l'affaire et ils ne le cèdent à personne sous le rapport des ressources scientifiques.
f La raison de cette campagne des Anglais sur une terre en apparence étrangère vient de ce que, tout aussi bien que nous, ils ont besoin du tombeau de Childéric. Fourbes descendants de Hengist et de Horsa, la dépouille du fils de Mérovée est le meilleur point de comparaison avec la sépulture saxonne. Ce tombeau est le vrai -point de départ de l'archéologie teutonique en Europe. Saxons et Allemands doivent s'appuyer sur lui, comme nous nous y appuyons nous-mêmes. Ce tombeau ouvre la marche de cette grande civilisation barbare qui recouvrit , en Occident , la civilisation romaine. Saxons, Burgondes, Francs, Bavarois, Allemands, Visigoths même, tous ont leur source et leur point d'appui dans cette tombe mérovingienne. De tous les monuments que la grande période des invasions a déposés sur le seuil du monde moderne, il est le seul qui ait surnagé et qui soit parvenu jusqu'à nous , parlant et solennel.
« J'avais donc lieu de craindre d'être devancé par les Anglais dans une étude qui nous appartient^ et je n'ai pas voulu qu'on ravtt à la France le plus beau fleuron de sa couronne historique et monumentale. J'appréhendai qu'un étranger ne portât \à main sur la couronne de nos rois.
c Je me suis donc mis à l'œuvre en chevalier de la France archéologique. Je m'armai, pour son honneur, de la lance, de la hache et de Tépée du Franc. Je m'imagUiais en avoir le droit et être suffisamment préparé pour cette campagne. Il me semblait que j'avais pris mes licences au fond de vingt cUnetières, et au sein de trente fouilles entreprises pour l'amour des antiquités nationales»
< Appuyé sur les dépouilles du monde franc, escorté d'une légion de guerriers mérovingiens, entouré de faisceaux d'armes et paré des bijoux de cette grande époque, je suis entré en lice. L*amour du pays m'a guidé ; le xèle de la science m'a soutenu; vous direz. Messieurs , si j'ai réussi !
Après la lecture de ce discours , la parole est conservée à M. Charma qui s'exprime en ces termes :
HONORÉS Collègues, Messieurs,
Vous voyez ici tous les ans figurer dans cette solennité, comme au théâtre, deux sortes de personnages bien inégalement partagés ; tandis que les uns , et c'est Dieu merci le plus grand nombre , agissent pour leur propre compte devant un public que par cela seul ils captivent , l'un d'entr'eux vient vous raconter officiellement ( c'est une tâche , vous en conviendrez , bien ingrate ) ce que les premiers ont pu faire derrière la scène. A mes beureux confrères le beau rôle, à moi le fastidieux emploi ! Ils sont le drame lui-même, je ne suis que le récit : pauvre Arcas, malheureux Théramène I mais la conscience que j'ai de c)stte hafériorité relative nous servira du