HI8T0IRB DE LA SOCIÉTÉ. XI
de randenne Nenstrle, qoe l'exploratioD plas de mille fols répétée de la sépulture du Frauc, m'avalent disposé pour cette entreprise nationale. J'ai pensé également qu'une étude comparative, poursuivie pendant dix ans, de la tombe du Franc avec celles du Burgonde , du Bavarois , du Ripuaire et de TAnglo-Saxon y me désignait naturellement pour cette tâche. J'ai cru que mes rapports fréquents avec les archéo* logues et les explorateurs de la Suisse , de la Belgique , de l'Allemagne et de l'Angleterre m'avaient suffisamment muni pour cette campagne à travers le pays des invasions.
t Qu'on me pardonne ma foi naïve ou ma confiance exagérée ; mais en entreprenant cette besogne délicate et malaisée* j'ai cru rendre un service à mon pays. J'ai pensé qu'il y allait de l'honneur de la France d'élucider elle-même ses propres origines, surtout lorsque ces monuments ont une haute valeur historique et une célébrité européenne.
€ Depuis long-temps le besoin d'une enquête nouvelle sur la grande découverte de Tournai était senti par tous ceux qui s'occupent d'archéologie ; on peut dire même qu'elle était généralement désirée et ardemment demandée par les savants de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre. M. Yallet de Vlriville s'était rendu l'organe de ce vœu ûd^ns \e Moniteur universel et au sein même de l'Institut (1). Du fond de l'Allemagne, Jacob Grimm, le grand-mattre de l'archéologie germanique, avait publiquement formulé ce désir (2), que nos amis d'Angleterre y MM. Wylie, Akerman, Roach Smith et Thomas Wright me redisaient sans cesse.
< Souvent dans leur correspondamce Ils revenaient à la charge , et afin de m'y déterminer plus sûrement, sans doute, ils allaient jusqu'à la menace : m'assurant que l'un d'eux se chargerait prochainement d'accompHr ce travail d'Hercule, si je ne me hâtais de satisfaire le pins ardent de leurs vceux.
t Que cette menace fût sérieuse ou non , toujours est-il qu'elle me détermina à prendre la plume. Les antiquaires anglais, je le savais fort bien, étaient parfaitement
(i) • La bcienoe, è Tépoque où se produisit la décou?erle de Tournai, était presque destituée de termes de cooiparaison qui permissent de proooDcer avec uoe certitude éclairée sur de tels monuments. Depuis ce temps les lumières de Tarchéologie nationale , alors dans Tenfonce , se sont accrues avec ses richesses. Des armes méroyingiennes, des épées, des agrafes, des fiboies et autres menus objets du même métal, du même trayail et de tous points analogues ou comparables au trésor de Childérie,oni été successivement découverts en diverses localités de la Gaule-Belgique ou Celtique. Une nouvelle enquête, qui devrait révner dans l«ir easeoiMe rhislorique et les résultats de cette découverte, aurait aujourd^liBî une réePe opportMiiié; et je présume,' s*il m*est petmiade haurder d^avanee un avis sur celte question, que les conclusions de Cbiflet sortiraient plus autorisées qoe par le passé de cette nouvelle' épreuve. • Vallet de Viriville, Mémoire sur C Iconographie hiitorique de» roi» de France, lu ft TAcadémie des Beaux-Arts. Moniteur universel , du 20 janvier 1856.
(f) t Dièse merkwfirdigen AIlerthQmer etc. C*est-ft-dire : Ces antiquités très-remarquables
demaiidem et méritent d''élre traitées de nouveau, v S, Grimn , Veber das Verhraemen der Leichen. Berlin, 1850.