INTRODUCTION. XV
quement un jour, en leur adressant le billet suivant : « Vous savez, Mesdames , que j'ai toujours été l'un de vos « admirateurs les plus empressés; vous n'avez ni enfants « ni chiens ; ce qui m'a donné tout de suite une grande u idée de votre mérite ; mais mes jambes refusent à grimper « vos escaliers. Adieu , vous êtes décidément les dernières « que j'aie adorées au troisième. »
Un soir qu'à l'hôtel de Ligne on jouait aux épitaphes , M. de Bonuay fit celle-ci , qui nous amusa longtemps :
Ici gît le prince de Ligne ; Il est tout (le son long couché ; Jadis il a beaucoup pécinï , Mais ce n'était pas à la ligne.
Le marquis de Bonnay, mort pair de France , je crois, l'un des habitués les plus intimes de l'hôtel , était un homme d'une très-haute taille et aux dehors les plus froids et les plus austères. Sous cette enveloppe puritaine il cachait un esprit vif et mordant. Devenu dévot, il avait oublié la prise des Annonciades et autres peccadilles de la même force ; c'était de lui que le prince de Ligne disait : ff Croie qui voudra aux apparences ; le marquis est marié et a dévot, mais il est taillé en célibataire et en athée. »
On a recueilli du prince de Ligne une foule de mots , dont un grand nombre ne lui appartiennent pas , et on a oublié les plus piquants, qui n'étaient connusque des intimes. Lorsque le duc Albert de Saxe-Teschien, après avoir perdu la bataille de Jemmappeset fait une maladie grave, revint à Vienne , il demanda au prince de Ligne comment il le trouvait? (f Ma foi, Monseigneur, » répliqua celui-ci, je « vous trouve l'air passablement défait. »
Lorsque dans la révolution des Pays-Ras , les insurgés lui envoyèrent unedéputation pour lui offrir le commandement de ce qu'ils appelaient l'armée nationale, le prince de