XIV INTRODUCTION
« entame la guerre de Sept ans, cela devient tout de suite (( la guerre de Trente ans. a
li serait impossible de faire entrer dans notre cadre toutes les phases d'une vie aussi longue et aussi aventureuse , dont le prince de Ligne aurait pu seul nous faire connaître l'ensemble. A la mort de l'empereur Joseph se termina la carrière politique du prince de Ligne; depuis, il ne fut plus employé , mais il garda avec sa haute position sociale ses litres et ses dignités. A toute l'Europe civilisée il avait l'air de faire les honneurs de Vienne, et, sans contredit, il était le centred'une réunion à laquelle on chercherait en vain quelque chose d'analogue aujourd'hui. Le plus infatigable des flâneurs, le prince de Ligne était partout , au théâtre, aux guinguettes , dans le Prater, beaucoup dans les salons et peu à la cour. A Vienne , tout le monde, peuple et grands, le saluait avec plaisir ; de loin on le voyait venir, soit à pied enveloppé d'un manteau demi-militaire ; soit dans son carrosse gris , attelé de deux chevaux blancs, et sur lequel s'épanouissait , sous la couronne princière , le large écusson de ses ancêtres, portant d'or à la bande de gueules, surmonté du cri de la grande maison d'Egmont, de laquelle celle de Ligne estissue : Quocumque res cadunt, semper linea recta. Derrière ce carrosse était monté un Turc que le prince Potemliin lui avait donné à l'assaut d'Ismaël, et qui par cette raison portait le nom de la ville. Lorsque le Turc mourut , le marquis de Bombay lui fit l'épitaphe suivante :
Repose en paix , bonlsiuaél, Tu seras [tleuié par ton maître ; Il .se consolera, pcut-ôtrc, Avec les filles d'Israël.
Les filles d'Israël étaient deux juives fort belles que le prince de Ligne voyait assidûment, mais qu'il quitta brus-