LETTRE
De m. Delacboix, JrcE kv Tmbuxal citil db Tebsiiues, I ▲ M. LE Comte de S^gub, Paie de Fbakce.
Ce 9 août i8a5.
MoDÛeur le Comte ,
Si j*aTais prérn qne vous dussiez publier une seconde édition du premier volume de \os Mémoires avant de donner le jour an second, je vous aurais transmis un des traits honorables du ministère de M. le maréchal , votre père , qui n'honore pas moins sa mémoire que ceux que vous avez fait connaStre. En 1785 ou 1786 , car il s*est passé d.^puis tant d'événemens que j'en ai oublié la date précise, un sieur Petriconi , colonel d'un régiment corse, m'amena deux de ses compatriotes. L'un des denx avait eu le malheur d'être victime de l'erreur d'un tribunal de Corse , qnî l'avait condamné au fouet et à la marque , sur une accusation calomnieuse de snbor* nation de témoins. L'accusateur, opprimé sans doute par le remordi ou par la crainte d*une mort prochaine, fit tardivement l'aveu de son crime. A l'approche de l'exécution de ce fatal jugement , tooi les habitans de la ville où elle devait avoir lieu manifestèrent un deuil public ; leur évéque à leur tête , ils supplièrent le comte de Marbœuf de la suspendre jusqu'à ce qu'on eût obtenu la révision dn procès. Le vieux général fut inflexible , et l'innocent reçut l'empreinte d'un fer ardent. Par une distinction particulière . cet infortuné fut exempt de travailler avec les forçats, et on lui accorda p comme une grâce, la faculté de rédiger un mémoire justificatif, et de le faire parvenir au Conseil , qui renvoya l'examen de cette affaire à un parlement de France. Frappés de l'innocence du condamné, les nouveaux juges cassèrent le jugement soumis à leurs lumières; mais comment réparer un aussi grand dommage? étaitil au pouvoir de l'autorité royale d'effacer la tache imprimée sur le corps de la victime , de la réintégrer dans son honneur, dans le
Ifiidc i]ui lui avait V'tÉ cokvé: C'ttglt U M(iciiiiiuil 1« tn-tkc p leiplclaD Hilliciuil mon roiiunlère. Je lie vujuipu il'aburd di méde à lU) M grunl mal Cependanl , en r^fiwLiHSiit Mir t'él du jHiUTuir Miprfmr , je tentai de ['^mouvoir <■( il''ibtmir lia . tre <Jp 11 gueiTF aun intert cotaon en lavfar du anUiïureiu A Le m^ciire. qiir je pibliai en sdd n<im iirvduiiil i |>iiu y'nv qiiej« n'uuiit l'upcrer; il êltntrîiD Im plo* grai »uauug« do lu COiit. PlusÎFura inilitHirpt (luvirnnt CD foi client, qui eu jilu hui geaoui de Loiiis XVt, «i tDU Sa Mfljcilc travtTuait la galerie du |uUi*. L« rv! , m l'aûj Ricvcr , prit MD ménioire M le ri-itiil . aprËi l'avoit lu , maréchal de Ségur , puiu lui faii« ua rjjipurl de cette M. te mariidiul s'tcquilla de cc!lt« tdclic a>rcte EèlekpltM ri dJlcnniua Sa Majcilé i rendre uue urdoiiuance if licuc Abatucci dai» son grade dr lieulenant •colonel , lû tt les ttoit Biuiécid'iippuliiteiDciudonl il avait Hé froitré, vt ; à dit oetn île JuDiici.- la décoiaiian de la croix de Sftiut-l-anii
Ce bit, bonorobtc pour la luùmoirc de Louil XVI M dt nitire, fut coiuignf daiu la Gbilciic de Pranec : m pidtlïtil' JAqnelle 1c nom du dëfcnicur fui comprit , dcTÎut pour ami Vm qu< *t la plu* pl^eiuc rccompcntc.
Cumbiini il vit h regrellcr que tuua In iiiiiii«tr« on tuivi tclui dunl ruu* avpi re^ le jour, n'ai«ii( pu (oujtti de leor oieeiid^iDt pour obtenir de l'aotorite royale d'une juilice auui eolalactol
Je tuM atee une rvtpeciiimiKe coiiiïdi'ralioii,
Mouiieur le Comte ,
Vi.ti« xrtt liiunl,le ri trt* vUiim DELACROIX,
gTitilv i{ui lui avilit rl^ cnIriT': ' C'était U MJiciiiUdI I« h Injuel on «olliciuil mon miniil^re. Se ae voyait pM d'il niè<ie à lui *■ granii ouL Cejiendiuit , en r* fl6c1iii»uit fur IV4m dii |Kiuvoir KUiirfinc , je Mntni de IVjnouvnii st d'i>luijtur ilu m lr«<}e la guenv lua inlmcniioacnfaTiiiir du oinlLcureiii 1.F mémoire que je publiai ta *na nom prudiiiiit nor plus vite que je n'osaU l'eipî-ier; il électnia le* p1a« gr uuinuges de b cour, t^uaiinira niiliiBimt niivimit en fi clir^Dt , qui se jeta »a\ gcnoui de Loui* XVI, 4u m Sa Majesté trarersah b galerie du palai«. Le roi, en l'u relever, prit son méniDire et le lemit, •|in';B l'avuii' hi , i nukréolial de Sigur , pour lui faire un fjp|K>rl de oelta i M> leniarêcha] s'ncquitta de celtr tddaravcclo t^lephwlu e( détcnniuu Sa Majoclé a reudre aac ordituiilioce ijuî r kieiic Abatucci dnns «on grade de lieatuiiuil-coloiiel « ! le» troia aimées d'uppuiuteineut dont il nvail été fruatré, M ai * c«l acte de justifo la décaralian de U croix de S
Ce fait, kuDoiidile pour la méaioire de LomiXVI etiummw^ uiïlTc, Tut cuiuih-uë dauB lu Gaz«lIedeFr>nc< ; u laquelle le nom du dcruiiseur fut comprii , dctinl pour moi ThI* que et la plui précieuse récompeuse.
Combien il est i regretter que toug let minÏMret qui m uuiuîvL celui doai fuus avei, reçu le jour, n'aient de leur asc-eadani pour obieiiir de rsulorite royale dct d d'une justice ausM écUltuite!
Je MÛuiec uuu rcipccincuw consid^ralion, Moiisi^ui' W. Comte ,