‹ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits (volume 2)Chapitre 103 sur 154 · LES · texte numérisé non relu

LES

MœURS D'A PRESENT

Air : Le. Pon-Mahon est pris.

Esclave de la mode , Paris , Epris De sa loi commode , N'a pas d'autre méthode Que celle de jouir,

De courir

Du désir

Au plaisir ,

Sans dessein

Et sans frein.

La timide pudeur Passe pour une erreur ;

Sur la triste constance , Le goût Partout A la préférence , Et le seul vice en France Que l'on blâme aujourd'hui ,

C'est l'ennui :

On le fuit ,

Il nous suit ;

C'est un mal

Très-banal.

L'amour n'est chez les femmes Qu'un jeu, Qu'un feu , Le poison des âmes; La morale est en drames , Et les beaux sentimens

Des amans

Sont touchans...

Dans les vieux

Contes bleus.

La honte est un péché ; Cythère est un marché ; On s'y dispute en foule ;

A tant

L'instant

L'heure qui s'écoule ; L'argent par flots y roule, Et le plaisir s'y vend

Bien souvent

Au chaland

Plus offrant ;

Il est pris

A tout prix.

Plus de flamnre discrète ;

L'honneur ,

D'erreur, En tous lieux se traite ; L'Amour bat la retraite , Et cet enfant changé ,

Négligé,

Est jugé

Préjugé;

C'est un Dieu

Sans aveu.

On suit avec ardeur

Le char du faux bonheur.

Moi, sans regret, je laisse

Mi\ fous

Leurs goûts , Leur bruyante ivresse , Et j'ose à la tendresse

Consacrer tous mes yœux ; Trop heureux Si je peux Pour mes feux Obtenir...

Un soupir 1

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