LE REVE
AïR : CiïKjuiènit Edition.
Le ciel qui voulut à nos maux Accorder une utile Irève , Du sommeil versant les pavois, Y joignit la faveur du rêve.
Son prestige consolateur Adoucit toujours la souffrance :
H est le soutien du malheur ; Il est le fils de l'espérance.
En vain la triste gravité,
Qui ne rit jamais , rit des songes ;
Une ennuyeuse vérité
Plaît moins que d'aimables mensonges.
Pour l'homme en butte à la douleur,
Soit qu'il la craigne ou qu'il l'affronle ,
Sur le plaisir ou le bonheur,
Un rêve est toujours un à-compte.
Un rêve heureux du mal présent Eloigne Tatteinle ennemie, Et dans un vague enchantement , Il plonge notre ame endormie.
Si le passé nous fait gémir, Ecartant ses tableaux austères , Il nous conduit dans l'avenir Portés siir l'aile des chimères.
A des temps éloignés de nous, Si de beaux rêves nous font croire, Parfois d'un souvenir bien doux.
Ils amusent notre mémoire.
D'un ami chéri tendrement Pleurons-nous la perte cruelle , Un rêve est un peintre charmant Qui nous retrace le modèle.
Des songes les faibles mortels Empruntent l'appui salutaire ; C'est que faute des biens réels , On veut un bien imaginaire.
Toujours de ces rêves charmans On suivra la pente illusoire , De même qu'on lit des romans Pour se consoler de l'histoire.