‹ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits (volume 2)Chapitre 137 sur 154 · LE REVE · texte numérisé non relu

LE REVE

AïR : CiïKjuiènit Edition.

Le ciel qui voulut à nos maux Accorder une utile Irève , Du sommeil versant les pavois, Y joignit la faveur du rêve.

Son prestige consolateur Adoucit toujours la souffrance :

H est le soutien du malheur ; Il est le fils de l'espérance.

En vain la triste gravité,

Qui ne rit jamais , rit des songes ;

Une ennuyeuse vérité

Plaît moins que d'aimables mensonges.

Pour l'homme en butte à la douleur,

Soit qu'il la craigne ou qu'il l'affronle ,

Sur le plaisir ou le bonheur,

Un rêve est toujours un à-compte.

Un rêve heureux du mal présent Eloigne Tatteinle ennemie, Et dans un vague enchantement , Il plonge notre ame endormie.

Si le passé nous fait gémir, Ecartant ses tableaux austères , Il nous conduit dans l'avenir Portés siir l'aile des chimères.

A des temps éloignés de nous, Si de beaux rêves nous font croire, Parfois d'un souvenir bien doux.

Ils amusent notre mémoire.

D'un ami chéri tendrement Pleurons-nous la perte cruelle , Un rêve est un peintre charmant Qui nous retrace le modèle.

Des songes les faibles mortels Empruntent l'appui salutaire ; C'est que faute des biens réels , On veut un bien imaginaire.

Toujours de ces rêves charmans On suivra la pente illusoire , De même qu'on lit des romans Pour se consoler de l'histoire.

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