‹ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits (volume 2)Chapitre 138 sur 154 · MESDAMES DE · texte numérisé non relu

MESDAMES DE

QUI m'avaient prié de définir le 2e ne sais Oltuoi,

Air : Cet arbre apporté de Provence.

La divinité de Gythère , Ayant usé depuis long-temps Tous les moyens connus de plaire Esprit , attraits , grâce , talens , Voulut augmenter son empire ; Et , pour mieux nous faire la loi , Un jour fit naître d'un sourire L'agréable y d ?2e sais quoi.

Ce berger, connu dans la Fable Comme juge de la beauté, Trouva Minerve respectable Et J unon pleine de fierté.

— 43o — Si Vénus des deux immortelles Triompha, savez-vous pourquoi?

C'est que Vénus avait plus qu'elles Le séduisanty^ ne sais quoi.

Vous que par un hasard aimable

Le sort vient offrir à mes yeux ,

Qui de la sagesse intraitable

Evitez les tons ennuyeux ,

Par grâce au moins daignez m'apprendrc

Le secret àwje ne sais quoi;

Alors, si vous voulez m'entendre ,

.le vous dirai : Je sais bien quoi.

HYMNE A L'AMlïlE

Musique de Mademoiselle Bonne D'Alpy.

Amour, amour, cruel vainqueur, Fuis, puisqu'il faut que je te craigne, Et ne règne plus sur un cœur Qu'on méprise et que Ton dédaigne ; C'est bien assez de m'enlever L'espoir de plaire et de séduire ; Ah ! permets-moi de n'éprouver ) . Que les sentimens que j'inspire. )

Tendre amitié , présent des cieux , Viens rendre la paix k mon ame ; L'amour m'embrasa de ses feux :

Reviens m'éclairer de ta flamme.

L'amour fait payer ses faveurs ; Plus douce sans élre moins tendre, Tu viens pour essuyer les pleurs , Et l'amour nous en fait répandre.

L'amitié vil sous un ciel pur Que troublent de légers nuages , Et l'amour , sous un ciel obscur , Que désolent de longs orages ; Par le temps il est affaibli , En un jour il est infidèle ; Tandis que plus elle a vieilli , Plus l'amitié paraît nouvelle.

Lorsque l'amour nous a soumis , Bien souvent sa chaîne nous blesse On peut chérir quelques amis , Il faut n'aimer qu'une maîtresse.

Servans d'amour peuvent changer ; Ceux de l'amitié sont fidèles ; Et ce n'est que pour obliger , Qu'à l'amour ils volent ses ailes.

Mais l'amour rit de ma leçon ; Tendre amitié , je t'en supplie, Conserve , sous un autre nom , Son feu , sa brûlante énergie ; Embrase , électrise mon cœur, Et que l'objet qui m'a su plaire , Sensible aux charmes de la sœur , La prenne souvent pour son frère.

Page 1