QUI MAVIIT ENVOYÉ SES ŒUVRES
Que j'aime ce joli recueil ,
Où tout ensemble l'on admire La plaintive élégie en longs habits de deuil ^
La vive el piquante satire ,
Le poëme majestueux ,
La stance à la marche légère ,
L'ode aux éclats impétueux ,
L'épître noble ou familière,
Et jusques aux contes joyeux !
Vous voir, c'est vous aimer ; vous lire, c'est vous croire.
Vos plaintes ou vos traits malins
Se gravent dans noire mémoire ;
Votre malheur est de la gloire ,
Et vos crayons sont des burins.
Lorsque des passions vous peignez les tempêtes , A voire voix on s'attendrit ; Vos fables nous offrent des bêles Qui feraient honte à bien des gens d'esprit ; .le vous admire encor , quand vous savez en prose Rendre Shekspir , par vous ressuscité ,
Ou lorsque vous plaidez la cause De l'infortune et de l'humanité :
A chaque ligne , on reconnaît votre ame. Vos accens m'ont touché, votre style m'a plu ; Vous avez (c'est un don qui vous est dévolu) Un talent d'homme , un cœur de femme..; Vous voyez bien que j'ai tout lu.