BONAPARTE ET LE DIRECTOIRE
1707. — Bonaparte venait de quit'.er l'armée d'Italie; il apportait à Paris le traité de CantpO'Forviio^ et le Directoire l'avait complimenté dans une audience solennelle , lorsqu'un événement étrange orc iipa tons les esprits et donna lieu à mille conjectun-.
Une femme écrivit au vain(jueur dWrcole pour le prévenir que l'on \oulait attenter à ses jours, et que celait par le poison que l'on devait menacer sa vie.
Le porteur de la lettre ayant paru suspect à Bonaparte , il le força de le suivre chez le juge de paix ; ce magistrat, trop heureux de recevoir la visite du grand général, l'accompagna avec empressement chez la femme qui avait donné cet avis important. On la trouva étranglée.
NUL n'est PROPHETE EN SON PAYS.
1797. — C'est une chose assez connue aujourd'hui, que M. de Talleyrand a contribué puissamment aux deux chutes de Napoléon, et que, représentant de la France au congrès de Vienne en 1815, il a insisté pour qu'on lui fît une guerre d'extermination , se fondant sur ce qu'il était atteint d'une ambition incurable. 11 est curieux de se reporter au moment où le même M. de Talleyrand, nouvellement arrivé d'Amérique , et ministre des affaires étrangères, présenta au Directoire le général victorieux.
« Quand je pense , o c'est M. de Talleyrand qui parle, « à tout ce qu'il/?/// pour sq faire pardonner sa » gloire, à ce goût antique de la simplicité qui le dis- » tingue, à son amour pour les sciences abstraites, à » ses lectures favorites, à ce sublime Ossian quisem- » ble le détacher de la lerre ^ quand je pense à son » mépris profond pour l'éclat , pour le luxe , pour la "n force ^ méprisables ambitions des âmes communes ; » ah! loin àQ redouter ce quon voudrait appeler sort
» ambition ^]e sens qu'il nous faudra peut-être le solli' » citer un jour pour \ arracher aux douceurs de sa » studieuse retraite; la France entihe sera libre, » et peut-être lai ne le sera jamais. Telle est sa des- » linée. »
Il faut convenir que voilà un horoscope sin^julièrement tiré.