LE SECRETAIRE DE NAPOLEON
1803. — J'ai entendu raconter à M. de Lacépède un trait de bravoure et de sang-froid bien extraordinaire d'un sergent de grenadiers. C'était à la bataille de Marengo. Bonaparte observait les mouvemens de l'ennemi et donnait des ordres écrits : un biscayen atteint le sergent auquel il dictait ; il est mutilé et jeté à la renverse. Bonaparte demande bien vite un autre secrétaire, et il allait lui pailer, lorsque le maliieureux blessé se relève et crie : Général , nous en étions là.
— Bonaparte, surpris, lui dit : « Mon brave', je rae » souviendrai de loi. — Le malheur a voulu, ajouta » M. de Lacëpède, que le Consul ait oublié son nom; » j'ai fait des recherches inutiles pour découvrir cet » homme intrépide, qui probablement est mort de » ses blessures. Il faut convenir que c'est bien mal- l » heureux , car ce sergent s'était conduit en héros , » et c'est comme s'il avait répondu : Nous en étions » /à, quand f ai été tué, »