‹ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits (volume 2)Chapitre 44 sur 154 · MOT DE M. DE TALLEYRAND · texte numérisé non relu

MOT DE M. DE TALLEYRAND

1803. — L'année qui précéda l'empire fut celle où l'étiquette commença à reprendre. C'était un coupd'œil vraiment curieux pour le philosophe, que celui de ces parvenus qui craignaient de se blesser en portant une épée , de ces femmes qui , par leur éducation , avaient plutôt été accoutumées , comme on le disait plaisamment, au panier qu aux paniers. Une dame de l'ancienne cour, qui avait voulu être présentée à la nouvelle, témoignait son indignation de se voir confondue avec certaines personnes dont elle n'aurait pas voulu , disait-elle, ^our/êmme de chariibre. Elle ne pouvait se refuser au plaisir de lancer des cpigrammes, quand elle les entendait dire quelque sottise : un jour que Tune d'elles entrait aux Tuileries dans un équipage magnifique, elle fut tellement choquée de ce luxe ridicule qu'elle dit à M. de Tal-

leyrand : « Concevez-vous que madame ***, fille d'un » chaudronnier, se donne les airs d'avoir derrière sa » voiture un chasseur. — Ce n'est pas un chasseur, » répondit le prince, c'est un braconnier. »

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