LOUIS XVI ET PETION
1792. — Le 21 juin 1792 fut la répétition en costumes des scènes tragiques du 10 août. Des brigands armés envahirent les Tuileries , et forcèrent le malheureux Louis XVI de mettre le bonnet rouge. Ou osa même diriger une pique contre sa poitrine ; c'est dans ce moment qu'il dit à M. Acloque, grenadier de
la garde nationale : « Tenez, mettez la main sur mon » cœur et voyez s'il bat plus fort. »
Deux ou trois sans-culottes couchèrent en joue madame Elisabeth, qu'ils prenaient pour la reine; quelqu'un les ayant avertis de leur méprise, cette princesse lui dit : « Que ne le leur laissiez vous croire ! »
Le lendemain de cette horrible journée, on vint annoncer que les troubles de la veille recommençaient, el le jeune dauphin (depuis Louis XVII) dit à la reine : « Maman, aujourd'hui, est-ce encore hier? )>
Pétion, maire de Paris, ayant osé se présenter au Château, dit au roi : « Je sais, Sire, que la conduite » de la municipalité a été calomniée , et cependant » cette conduite sera connue de vous. » Le roi l'interrompant, lui répondit : « Il faut qu'elle le soit de la » France entière; je n'accuse personne en particu- » lier, mais j'ai tout vu. »
Pétion répliqua : « Elle le sera , et , sans les me- » sures prudentes que la municipalité a prises , il au- » rait pu arriver des événemens beaucoup plus fâ- » cheux , non pas pour voire personne , car vous sa- » vez qu'elle sera toujours respectée, mais...
» — Taisez -vous, dit Louis XVI eu s'animanl. » Est-ce me respecter, monsieur, que d'entrer chez » moi armé, de briser les portes et de forcer ma )) garde; ce qui est arrivé hier est un vrai scancTale » pour tout le monde ?
» — Je connais l'étendue des devoirs que m'impose » ma responsabilité.
» — Vous êtes chargé , répliqua le roi , de veiller » à la tranquillité de Paris ; allez remplir vos fonc- » lions... Adieu.., »