SEIGNEUR DE CORNAC
SUR CE QUI PEUT INTÉRESSER LA MAISON DE MONTESQUIOU (Ce manascrit est aa château de Cornac).
Discours des segons troubles et guerre civile de France contre les huguenots qui s'estoient saisis depleusieurs villes, l'an ^566 *, la où j'ay toujours assisté et fort blessé.
... Auquel bruit de la prise des armes des liuguenots toutes les compagnies de gens d'armes de Gascougne, capitenes et autres, se préparèrent après avoir reçu le commandement du Roy pour marcher en France i^, et entre autres le seigneur de Gondrin (1 ), de La Valette (2) et Darne (3) et autres, parce que les huguenots s'estoient déjà saisis de fortes villes et fet des entreprises fort importantes contre Sa Magesté. Lesquels
a II faut Ure 1567, car la seconde guerre civile n'éclata qu'en cette dernière année. Voir VArt de vérifier les dates, édition in-S», Paris, 1818, t. vi, p. 180. Du reste, à la fin de l'année 1566, d'Antras était à iMadère avec Peyrotde Monluc; il s'était embarqué à Bordeaux le 23 août 1566.
b Pour les méridionaux d'alors, comme pour ceux des siècles précédents et même suivants, la France ne commençait qu'à la Loire.
4 LA NOBLESSE GASCONNE DANS LA GUERRE CIVILE. [l567]
seigneurs de La Valette et Darne avoient cliaqun un régiment de clievaux légiers, qu'ils avoient presque tous ensemble pour fere ce voyage. Monsieur de Gondrin aussi, le grand père de celui qui est à présent ^, avec sa compaignie de gens d'armes, duquel le sieur de iMontespan, son fils (4), étoit lieutenant, et Monsieur le vicomte de Saint-Girons (S) on enseigne, et M. de Lau (6) son guidon, accompagnés d'une fort belle trouppe de noblesse du pais, bien armés et bien montés, et Monsieur de Montluc demeura sur le pais comme lieutenant du Roy, où il se fesoint de grands desordres et entreprises par les huguenots quis'étoint aussi saisis de quelques villes en ce pays (7).
Le régiment de M. de La Valette étoit de six compagnies chevaux légiers compris la sienne de gens d'armes, qui estoit la plus belle et bien montée qui le pourroit dire, et les capitenes des autres compaignies estoint le seigneur de Bidonet (8), Dorade (9), de Lymul (10), du baron de Mimort (11) et une compaignie d'Espagnols, et toutes accompagnées de braves jeunes hommes capdets du pays.
La trouppe de M. Darne (12) estoit aussi fort belle; son lieutenant estoit Monsieur de Lacassaigne deCondom (lo). Monsieur de Saiiit-Lary (14) son enseigne, et Monsieur de De beze (15) son guidon, et le petit Bounrepaire (16) son mareschal de logis. Monsieur de Sayas (17) estoit aussi Ueutenant de Monsieur de La Valette, Monsieur du Gabarret son enseigne (18), Monsieur de Trignan son guidon (^9), et Monsieur de Rouquettes (20) son mareschal de logis. De la compagnie de Monsieur Dorades, Monsieur de Montesquiou le baron estoit lieutenant (21), lecapiteneGensac deComenge (22), son enseigne. En la compagnie du seigneur Bidonet, Monsieur de Lamesan (23) estoit son lieutenant, et le sieur de Monfaucon
a Cette phrase permet d'établir que l'époque où d'Antras a écrit ses Mémoires est postérieure à 1611, date de la mort d'Hector de Pardaillan, « père de celui qui est à présent. » On trouvera plus loin une autre indication, d'après laquelle la rédaction des Mémoires doit être avancée jusqu'à 1615 tout au moins.