AVERTISSEMENT. VII
tens, Plaisance, Castelnau, etc., etc., y figurent comme le théâtre de nombreux et intéressants événements (2). »
M. Clausade ajoutait : « Si vous croyez que ce qui reste des mémoires du sire de Cornac puisse convenablement trouver place dans le Bulletin, je les enverrai par fragments à la rédaction. Dans ce cas, la lettre que j'ai Phonneur de vous adresser pourrait en précéder la publication, comme un petit avant-propos. »
La proposition de Fhonorable notaire de Marciac fut agréée, et il ne tarda pas à fournir au recueil auscitain (tome i, p. 473-i76) un extrait des Mémoires de Jean d'Antras relatif au célèbre siège de Poitiers par l'amiral de Goligny en 1569, extrait précédé de quelques renseignements biographiques sur Fauteur (p. 466-476). Nous ignorons pourquoi la publication ne fut pas continuée.
Deux des meilleurs travailleurs de notre région, M. Alcide Curie Seimbres, qui, dès Tannée 1844, prit copie des pages retrouvées par M. Clausade, et M. Léonce Couture, qui, en 1861, appela l'attention, dans son Esquisse d'une histoire littéraire de la Gascogne^ , sur l'intérêt que présenteraient ces pages, avaient eu le jirojet, chacun de son côté, de les réunir en un volume. Tous les deux, avec une déUcatesse dont aucun de ceux qui les connaissent ne sera étonné, ont bien voulu voir en nous non leurs rivaux, mais leurs héritiers naturels : ils nous ont prodigué les plus utiles communications, et nous ne pouvons assez remercier ces excellents confrères d'avoir si généreusement fait profiter notre travail de toutes les ressources de leur science et de leur expérience.
a Bulletin d'Auch, t. ii, p. 577, 578. Nous nous plaisons à espérer que le savant et brillant critique transformera, plus tard, cette esquisse en un tableau achevé.
Vni AVERTISSEMENT.
Désireux de ne pas nous montrer les trop indignes successeurs de ^LM. A. Curie Seimbres et L. Couture, nous n'avons rien négligé pour donner une satisfaisante édition des Mémoires de d'Antras. Notre premier soin, comme on le pense bien, a été de chercher à reconstituer le texte tout entier de ces Mémoires. Quand, après mille actives démarches, nous avons reconnu que Tentreprise était illusoire, nous avons voulu, du moins, rattacher à ce qui reste du manuscrit tous les lambeaux épars qui subsistaient çà et là. Nous avions surtout compté, pour ajouter à notre texte divers chapitres inédits, sur la vaste compilation formée, au siècle dernier, par le laborieux Larcher, et conservée dans les archives départementales des Hautes-Pyrénées. Mais nos espérances à cet égard devaient être cruellement trompées : les vingt-cinq volumes des Glanages de Larcher, successivement compulsés, ne nous ont pas Uvré le plus petit butin. Les extraits assez nombreux des Mémoires de d'Antras insérés par Fintrépide chercheur dans son recueil se retrouvent tous précisément, par une de ces fatales coïncidences qui nous a rappelé de tragiques tirades contre Tironie du sort, dans la partie du manuscrit sauvée de la destruction.
Nous avons été un peu plus heureux en examinant un autre recueil manuscrit, V Histoire de la province et comté de Bigorre, rédigée vers 1750 par l'abbé Duco (5). Nous y avons trouvé une citation qui nous permet de faire disparaître une lacune d'autant plus fâcheuse que le récit dont on était privé est plus intéressant. Nous avons comblé une autre lacune, beaucoup plus considérable, en reproduisant, dans notre édition, les extraits des premières pages tracées par ce cadet de Gascogne qui s'intitulait si fièrement le capdet sans reproche, extraits donnés, en 1847, par M. le duc de Fezensac, à la
AVERTISSEMENT. It
suite de son Histoire de la maison de 3Iontesquiou-Fezen-
sac{i').
N'ayant pu, à notre grand regret, présenter à nos lecteurs un texte complet, nous avons mis notre ambition à leur présenterun texte fidèle. Quelques personnesnousreprocherontmême sans aucun doute d'avoir reproduit le manuscrit autographe avec une trop scrupuleuse exactitude, c'est-à-dire d'avoir conservé dans toute son irrégularité la forme donnée aux mots par un narrateur qui maniait infiniment moins bien la plume que l'épée. Mais il nous a semblé que la langue parlée en Gascogne, dans la seconde moitié du xvi' siècle, par un soldatgentilhomme, avait trop de saveur pour n'être pas respectée par nous jusqu'en ses plus bizarres écarts, et nous sommes persuadés que la plupart de nos lecteurs, en dehors même des purs philologues, préféreront à des pages dont la lecture aurait été facilitée par le rajeunissement de l'orthographe, un texte où revit toute la naïve et curieuse incorrection du cadet de Gascogne. Nous avons donc seulement donné, à l'aide de la ponctuation, un peu plus de clarté aux phrases parfois si longues et si enchevêtrées du narrateur. Encore avons-nous cru devoir user avec une certaine réserve du pouvoir discrétionnaire laissé, à cet égard, aux éditeurs de vieux textes.
L'annotation des Mémoires de d'Antras a reçu d'assez grands développements. Nous avons surtout tenu à éclairer de la plus abondante lumière tout ce qui, dans les récits de notre héros, est relatif aux choses gasconnes. On trouvera particulièrement dans notre travail des notes — qui ressembleront souvent à des notices — sur les personnages méridionaux mentionnés en si grand nombre par le chroniqueur. Nous avons réuni, autour du nom de chacun de ces personnages, beaucoup plus de renseignements généalogiques et biogra-