SIÈGE DE SALNTE-BAZEILLE
Durons et autres furent prestes pour marcher. Et ayant esté mandés prindrent leur chemin vers Agen et aux environs et de là le long de la rivière de Garonne droit à Marmande ^ et à Senle-Bazeilleb aus environs de laquelle larmée fut longée pour rassiéger parce que les huguenots, quelques jours devant, sen estoient saisis c . Et demourant là environ un moysil ne se fit batterie ny autre chose digne de mémoire que quelques petites escarmouches qui nous donnoient occasion de quelques fois monter à cheval; si cenest quun jour le fils dudit sieur mareschal de Byron^ volsit entreprandre de se saisir de la porte de la dite ville de Sente Bazeilhe, qui fut descouvert et estant en ceste délibération cella vint aus oreilles de Monsieur de Mont de Marrast qui sy en ala tout seul sans dire mot ny fère samblant de rien à personne, et si ainsi faut dire sans considération pour ny avoir esté appelé croyant quil seroit à tamps à lexéculion; il savança si fort iusques près la porte doù ledit sieur de Byron sestoit desja retiré pour avoir esté descouvert, que le voyant à luy fut chargé par les gens de la garde qui estoient à la porte de la ville de Sente Bazeille, et ne peut si bien fère quil ny fut fort blessé.
Et se retirant et ne pouvant plus aler se mit contre une muraille où feu Monsieur d'Aussat (153) se trouva davanture
a Dans la Notice sur la ville de Marmande publiée par l'un de nous (1872 grand in-8", p. 74. note 2), une faute d'impression a transformé, au sujet de ce passage de nos Mémoires, l'année 1580 en l'année 1576.
b Commune du canton de Marmande, à 6 kilomètres de cette ville, à 62 kilomètres d'Agen. Le siège de cette ville commença en août 1580.
c Ce fut en juin 1580 que Jean de Beaumanoir, sieur de Lavardin, plus tard maréchal de France, occupa la ville de Sainte-Bazeille, et ce fut le mois suivant, vers le 15 juillet, que le maréchal de Biron « fit approcher son camp pour faire faire les préparatifs pour assiéger la ville de Sainte-Bazille, occupée par les ennemys, qui furent sommés de se rendre, à quoy ils ne volurent obéyr. » Ainsi s'exprime François de Syrueilh, chanoine de Saint-André de Bordeaux, archidiacre de Blaye, dans son Journal si bien publié par M. Clément-Simon. {Archives historiques de la Gironde, t. xiii. — P. 81 du tirage à part, 1873, in-4°.)
«1 Charles de Gontaut, successivement amiral de France, maréchal de France, gouverneur de Bourgogne et de Bresse, ambassadeur extraordinaire en Angleterre, duc et pair, etc., n'avait alors que dix-neuf ans.