‹ Mémoires. Suivis de documents inédits sur les capitaines gascons pendant les guerres de religion et de la généalogie de la maison d'AntrasChapitre 26 sur 38 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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fille de Guy, seigneur d'Avensac, et de Anne de Bilhères, et veuve de Thomas de Podenas, seigneur de Marembat. Il en eut un fils nommé Pierre, qui fut tué dans les guerres de religion, combattant pour le parti catholique, sous les ordres du seigneur de Gondrin, « ainsi qu'il conste par un dire par écrit qui est à Bonlouix. » {Glanage L archer, ibid.)

(12) Nous trouvons dans ['Inventaire généalogique des titres de la maison Péguillan-Larboust, dressé par Chérin, le rôle de cette compagnie « fort belle : »

François d'Arney, capitaine;

Jean de Bezin, seigneur de Lacassaigne, lieutenant;

Georges de Monlezun, seigneur de Saint-Lary, enseigne;

Jean de Montesquiou, seigneur de Devèze, guidon;

Gaspard de Sarp, seigneur dudit lieu, maréchal-des-logis.

HOMMES d'armes.

Guillaume de Vie, seigneur de Maucaban;

Louis d'Andouins, de Bigorre;

Philippe de Monlezun, seigneur de Saint-Pesserre;

Jean de La Roque, de Castelnau-Magnoac;

François de Peguillan, seigneur de Belbèze;

Arnaud de L'Abbadie, résidant à Belbèze;

Charles de Lupé, seigneur du Garrané;

Thomas de Lamezan, seigneur de Savignac;

Bertrand de Lacassaigne;

Géraud de Montauban, seigneur de Montajan;

Pierre de Beaurepaire;

Bertrand de Saint-Pastou, seigneur de Salerm;

Gabriel de Monlezun, seigneur de Sigalas;

Jean et Pierre de Lamarque, de Castelnau-Magnoac;

Bertrand de Monlezun, seigneur de Las; etc., etc., etc.

Le même Inventaire fait encore mention du « Roie du paiement qui a esté fet au camp de Chinon de 42 hommes d'armes et 58 archers, de la compagnie de 50 lances du Roy sous la charge et conduicte de M. d'Arney, le xx janvier 1569, » Suivent les mêmes noms, et au-dessous : « Extrait du volume IV des titres scellés du cabinet de l'ordre du Saint-Esprit. » [Archives de M le comte de Péguillan- Larboust, château de Betbèze-Magnoac]

(13) Jean de Vezin, seigneur de La Cassagne, dans la commune de Saint- A vit, près Lectoure. D'Antras confond avec la terre de

Cassagne, près Condom, qui appartenait à l'évêque de Condom; ModIuc blessé s'y reposa en revenant du siège de Rabastens. La Cassagne était gouverneur de Lectoure, lorsque le capitaine Arné lui offrit lalieutenance de sa compagnie; il hésita un instant entre sa charge de gouverneur et celle de lieutenant. Monluc le décida à accepter cette dernière; il lui écrivait le 20 novembre 1627: <l Vous adviserez ce que devez faire en ce faict, car je vois que la compagnie du dit Arné est asseurée et le gouvernement incertain, de tant que la Reyne de Navarre taschera par tous moyens à ce que la ville sois remise soubs son auctorité. » Voyez dans le Monluc de M. de Ruble, passim, des détails biographiques sur La Cassagne. Il était fils de Pierre de Vezin, seigneur de La Cassagne, et de Marguerite de Thieuras-Lachassagne. Il eut de sa femme Charlotte desEssartsde Laudun, Bertrand, qui figure parmi les hommes d'armes de la compagnie dont son père était lieutenant, et Jeanne, qui fut mariée, en 1582, à noble Carbon de Lupé, seigneur du Garrané. Jeanne fut héritière des terres de La Cassagne, Saint-Avit, etc., etc. Son fils aîné, Jean-Bertrand de Lupé-Garrané, chevalier de Malte, grand-prieur de Saint-Gilles, a laissé des Mémoires et Caravanes, publiés par M. le comte de Lupé, chez Aubry.

(14) Georges de Monlezun, seigneur de Saint-Lary, Betplan, Haget, etc., etc., gouverneur pour le Roi à Lavardens. Il avait épousé en 1562 Anne de Lauzières La Chapelle; son fils aîné, Marguerin, épousa le 17 août 1600 la fille unique de Bernard d'Antras, seigneur de Samazan, frère aîné de l'auteur de ces Mémoires. (Voyez la Généalogie, Appendice IL) Georges de Monlezun, enseigne, et Jean de Montesquiou, guidon de la compagnie d'Arné, avaient épousé deux sœurs, Anne et Eléonore de Lauzières La Chapelle.

(15) Jean de Montesquiou, seigneur de Devèze en Magnoac, chevalier de l'ordre du Roi, capitaine de 50 hommes d'armes, et plus tard gouverneur du Rouergue. Il était fils d'Antoine de Montesquieu, seigneur de Devèze et Marsac, marié en 1541 avec Hélène de Voisins d'Ambres. Jean fut le dernier de sa branche. Il n'eut de son union avec Eléonore de Lauzières La Chapelle qu'une fille, Marguerite, mariée en 1596 à Benjamm d'Astarac-Fontrailles. (Arch. du château de Marsac, en Lomagne.) Nous recommandons aux archéologues le vaste et beau château de Marsac, canton de Lavit, Tarn-et-Garonne. Une inscription gravée sur une pierre, taillée en cartouche, y rappelle le souvenir d'Hélène de Voisins d'Ambres, mère du guidon de la compagnie d'Arné.

(16) Gaspard de Camplong, seigneur de Bonrepaire, Sarp, etc., etc., est celui que Moulue appelle S art et d'Antras le petit Bounrepaire, parce qu'il était seigneur de Bounrepaire et probablement petit de taille. Lorsque Monluc fut blessé à Rabastens, le comte de Grammont, qui assistait de loin au combat, lui envoya « un sien gentilhomme, nommé Monsieur de Sart, » pour lui demander l'autorisation de le visiter. Monluc ajoute : « Ledit seigneur de Sart est catholique. » Gaspard de Sarp avait épousé Françoise d'Appas, dame de Sarp, près Saint-Bertrand de Comminges; son fils, Pierre de Camplong de Beaurepaire, est au nombre des hommes d'armes de la compagnie. [Glanage Larcher, archives de Tarbes.] Nous ne savons si c'est à Gaspard de Sarp ou à son fils Bertrand que Ton doit rapporter les provisions de gouverneur de la ville de Saint-Bertrand de Comminges signées par le maréchal de Matignon, le 27 août 1595 , et dont suit la teneur :

Au sieur de Sarp salut : ayant advisé de pourvoir a la seureté et conservation de la ville de Saint -Bertrand, attendant que Sa Magesté ait commandé son intention sur la dernière reprinse faicte d'icelle par le sieur de Luscan (Géraud de Gémit, seigneur de Luscan) et autres durant que le sieur vicomte de Larboust qui en avoit la charge estoit près de notre personne, asseuré de vos sens, suffisance, etc , vous avons commis, établi, etc., pour commander en ladite ville de Saint-Bertrand et lieu appelle le Sceptre, et la maintenir et garder en l'obéyssance de Sa Majesté, sans introduire ny recevoir en icelle ceux qui ont assisté à la dite reprinse ny pareillement ledit sieur vicomte de Larboust, ny personne de quelque ordre et qualité quil soit, et pour cet effect nous vous avons ordonné le nombre de soixante soldats, etc. Fait à Saint-Sulpice le xxvij jour d'apvril 1595. Matignon. — Par monseigneur le maréchal, Surrinault. [Arch. de Tarbes.]

(17) Savaric de Yize, seigneur de Sayas, ne vivait plus en 1575; il avait épousé Anne d'Ozon, dame de Ponsan-Soubiran, Tournous- Debat, etc., etc. Le 7 mai 1575 « dans la maison seigneuriale de

Sayas, jugerie de Rivière-Verdun , establie Anne d'Ozon, dame

de Sayas et de Pounssan et aultres lieux, comme mère tutrisse et légitime administreresse de la personne et bien de noble Jean de Vize, son fils, et de noble Savaric de Vize, quand vivoit seigneur de Sayas et lieutenant de la compaignie du sieur de Labalette, etc., etc. , donne procuration à Raymond Duclos, notaire de Chateauneuf- Magnoac. » [Archives de M. le marquis de Moleville, au château de

Ponsan]. Savaric de Vize était fils de Jean de Vize, seigneur de Sayas, et de Jeanne de St-Lary; il laissait un fils, Jean, et une fille, Madeleine, qui épousa Gaspard de Marestang, seigneur de Lagarde- Noble en Astarac; leur fille unique, Anne de Marestang, fut mariée en 1592 à messire Pierre- André de Lasséran-Manssencome, auteur des Manssencome, marquis de Lagarde-Hachan, Monluc et Ornano. Savaric de Vize figure parmi les hommes d'armes de la compagnie du roi de Navarre, sous le nom de « Savary de Sayas. » Revue faite à Condom le 10 juillet 1552 [Monlezun, Histoire de Gascogne, t. vi, p. 158.]

(18) Philippe de Preissac, seigneur de Gavarret (Gabarret est la prononciation gasconne), était en 1552 archer de la compagnie du roi de Navarre. Voyez le rôle de cette compagnie dans le t. vi de V Histoire de Gascogne de Monlezun, p. 158. Gabarret avait épousé en 1554 Brandelisse de St-Julien-Bouvés.

(19) Bompart de Mélignan, seigneur de Trignan, en Condomois, se distingua aux batailles de Dreux, Jarnac, Moncontour, et aux sièges et prises de La Charité, Brouage et Issoire. Henri III le créa chevalier de l'Ordre en 1574 et le nomma gouverneur et commandant de la ville et Chateauneuf de Bayonne, en remplacement d'Adrien d'Aspremont, vicomte d'Orthe. Il fortifia la ville et la défendit avec valeur en 1576 et 1577. La collection des Lettres de Henry IV, par Berger de Xivrey, renferme plusieurs lettres adressées par ce prince à Bompart de Mélignan. Il fut remplacé au gouvernement de Bayonne par Jean-Denis de Polastron La Hillère [d'Aubigné, Hist. universelle, liv. m]. Trigoan suivit le duc d'Epernon dans son expédition de Provence. [Vie du duc d'Espernon, par Girard, du Pleix, etc.] Il fut nommé gouverneur de Sisteron, où il mourut en 1592. Antoine du Puget fait mention dans ses Mémoires de la mort de Trignan : « Le 26 avril, audict an 1592, le sieur de Trignan, guoverneur de Cisteron morat; le sieur de Ramafort [Charles d'Espagne, baron de] alla demander le guovernement au sieur Alphonse, qui le lui accorda et dépécha commission pour ce fait. » [Edition Michaud et Poujoulat,

(20) Nous n'avons pu découvrir le nom de ce maréchal-des-logis. 11 y a en Gascogne, dans la commune de Valence-sur-Baïse, un fief du nom de Rouquettes qui était possédé au xvi® siècle par une famille de Boyer (Boyer de Tauzia), et qui appartient aujourd'hui à une branche de la maison de Galard. Ce Rouquettes pourrait être alors noble Jean de Boyer, marié en 1556 avec demoiselle Gratiane de

Pégousse. Peut-être encore faudrait-il quitter la Gascogne et aller chercher en Guyenne messire Raymond de Caries, seigneur de Roquettes, qui était au 20 mars 1569 enseigne de la compagnie du capitaine ClioUet? [Voyez Nobiliaire de Guyenne et Gascogne, t. ii, p. 98.J

(21) François, baron de Montesquieu, gentilhomme de la maison du duc d'Anjou, dernier de la branche aînée des Montesquieu; il fut tué sur la brèche au siège de St-Jean-d'Angély en octobre 1569. Il avait épousé le 25 juin de la même année Catherine d'Ornézan- Auradé. Nous reparlerons longuement de lui dans une note, un peu plus bas, n° 36.

(22) Gensac de Comenge est un Mauléon, seigneur de Gensac, près Boulogne, dans l'ancien diocèse de Commiuges. On verra plus loin dans le texte des mémoires la triste mort du malheureux Gensac. Il était sans doute père ou frère de messire Carbon de Mauléon, baron de Gensac, qui assiste en 1577 au mariage de demoiselle Madeleine de Mauléon, fille de feu Pierre de Mauléon-Gensac, sieur de Sédillac, et de demoiselle Catherine de Labarthe, avec noble Jean de Maigné, seigneur de Salleneuve. [Glanage de Larcher.] Peut-être ce feu Pierre est-il le Gensac dont parle d'Antras?

(23) Il est peut-être difficile de désigner le Lamezan dont il est ic^ question, plusieurs membres de cette vieille maison ayant, à cette époque, porté les armes avec distinction. Toutefois, le nom de Lamezan, nommé seul, nous paraît désigner le seigneur de la vicomte de Lamezan, d'après l'usage qui donnait toujours au gentilhomme le nom de son fief. Ce serait alors Bernard, seigneur vicomte de Lamezan [canton de l'Isle-en-Dodon, Haute-Garonne, sur la limite du département du Gers], fils aîné de Jean, vicomte de Lamezan, et de Catherine de Montpezat-Carbon, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, chevalier de son ordre et gouverneur du Comminges. Il épousa vers 1540 demoiselle Sybille de Saint-Pastou-Bonrepos, et en eut un fils unique, Baptiste de Lamezan, lieutenant de la compagnie du seigneur Francisco d'Est, gentilhomme ordinaire de la chambre et chevalier de l'ordre, ainsi qualifié dans son contrat de mariage avec Françoise de Bazillac, du 25 février 1577, et dans une quittance dotale de 1580. [Archives de Madame la comtesse de Raymond, à Agen.] Baptiste succéda à son père dans la charge de gouverneur du Comminges, et ne vivait plus en 1589. [Voyez Monlezun, Histoire de Gascogne, t. v, p. 457.] Il laissait de son mariage un fils, Bernard, et une fille, Catherine, qui porta les terres de La-

mezan dans la maison de Béon du Massés, par son mariage avec Jean-Pierre do Béon, seigneur du Massés, fils de Pierre, tué au siège de Saint-Justin, ainsi que nous le dirons plus loin.

La branche cadette des Lamezan, seigneur de Juncet, a fourni au XVI® siècle un vaillant capitaine, qui portait comme son aîné le nom de Baptiste. Il fut un « de ces quarante-cinq diables, coupe-jarrets et assassinateurs gascons » qui poignardèrent le duc de Guise aux états de Blois, en 1588. Voyez dans V Histoire de Gascogne, t. v, p. 451, le récit de Lamezan sur ce qui se passa dans le conseil où fut décidée la mort de Guise... « Lors le pouvre Roy promena tout seul, parla à plusieurs, puis se tut. A quelque moment delà vint à moy et me dit : Quy me defaira de ces maulvais gens de Guise s'ils viennent icy? Lors de suite je luy repondis : Ceux qui n'ont pas paour, Sire; les trente-trois Gascons de la compagnie de mon cousin Themine! Ainsy dit ainsy fut fait, etc. » Ce seigneur de Lamezan- Juncet était aussi chevalier de l'ordre.

(24) Monfaucon était le seigneur de cette terre, près Maubourguet, département des Hautes-Pyrénées. Nous n'avons pu découvrir son nom, nous savons seulement qu'au xvi^ siècle, cette terre appartenait aux Lavedan de Sauveterre, et qu'elle passa, au siècle suivant, par une alliance, dans une branche de la grande maison d'Antin.

(25) Voyez dans la généalogie la mention du mariage de demoiselle Gensibe de Montesquieu, avec Bertrand d'Antras, co-seigneur de Pallaneet des Litges. Le baron de Montesquieu était petit-fils de Jacquette du Faur de St-Jory; on peut voir dans la généalogie que plus d'un lien rattachait Jean d'Antras à l'illustre famille des du Faur. Il pouvait dire en toute vérité du baron de Montesquieu : « comme il estoit de notre maison. »

Nota (page 5).

Entre le paragraphe auquel se rapporte la note qui précède, et celui qui commence par ces mots : « A même temps furent découverts, » il y a une lacune indiquée par les quelques points qui suivent les phrases coupées. Voici, d'après la Notice biographique dont il a déjà été question, les faits racontés dans ces feuillets perdus : « Les troupes s'étant assemblées aux environs d'Agen, il fut arrêté que Ton

prendroit la route de Lymoges, où Ton croyoit que Tarmée du Roy se Irouveroit. Six milles Suisses arrivèrent à Meaux; ils conduisoient le Roy à Paris, et le prince qui avoit dessein de les attaquer ne le put exécuter. Les huguenots se saisirent en même temps de St-Denis et d'Orléans; il y eut une bataille entre Saint-Denis et Orléans, mais Samazan n'avoit pas encore joint Tarmée du Roy. Les troupes de Guyenne et de La Rochelle arrivent, les ennemis ont dessein d'affamer Paris, et d'assiéger Chartres; Lansac envoyé des troupes en Allemagne pour empêcher que les AUemants ne viennent au secours des huguenots. Monsieur, frère du Roy, chef des armées catholiques, poursuit les huguenots jusques en Lorraine; donne ordre au sieur de La Valette, dans la compagnie duquel Samazan étoit, d'aller le joindre; les troupes françaises cathohques s'assemblent à Troyes en Champagne. Le sieur de Gondrin eut son quartier à la bataille, et la compagnie de chevaux légers où étoit Samazan faisait l'avantgarde, allant droit à l'ennemi, qui fuyait au-devant d'eux, brûlant et saccageant les éghses. Samazan et sa compagnie assaillirent une troupe de huguenots qu'ils défirent entièrement. Ayant ensuite découverts une troupe d'arquebusiers huguenots, etc. » Voyez le texte, page 5.

(26) Le copiste, qui a relevé dans le manuscrit des Mémoires les extraits relatifs à la maison de Montesquiou, a lu Samazan partout où il y avait Lamezan. Cette erreur maintenue dans l'imprimé rend le texte incompréhensible. Nous avons retrouvé dans les archives de Monsieur le comte de Lamezan, une copie de ce passage écrite de la main du chevalier d'Antras, qui nous a permis de rétablir le vrai nom. La lettre suivante accompagnait la copie : « Le jour même où j'eus l'honneur de vous voir. Monsieur le comte, j'ai été atteint d'une douleur au pied et à la jambe qui m'a empêché et qui m'empêche encore de sortir de ma chambre. Contrarié que je suis, j'ai fouillé les vieilles paperasses de ma maison et j'ai trouvé des notes qui ramènent à l'histoire des guerres de l'année 1566. J'y lis qu'un de vos ancêtres fut grièvement blessé. {Suit le texte.) Vous voyez. Monsieur le comte, que nos aïeux se battaient aussi bien que nos

libéraux, et certes, ils n'étaient pas républicains. Recevez, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

y> Chevalier D'ANTRAS.

» Ce 19 juin 1841. »

(27) Armand de Clermont, sieur de Piles, gentilhomme Périgourdin, fut une des victimes de la Saint-Barthélémy. Biaise de Monluc (Commentaires, t. m, p. 468) célèbre en ces termes le grand ouvrage de ce redoutable adversaire : « Comme aussi vostre victoire de Moncontour [le discours est adressé à Henri IIIJ feust arrestée par le choix que vos ennemys firent du cappitaine Pilles laissé dans Saint-Jean [d'Angély], et la valeur de ce chef qui sceut bien defFendre la place, mit sus les afFeres des huguenots. 2> M. de Ruble (Ibid.f p. 175) a consacré une intéressante note à ce « héros de nos guerres civiles. »

Nota (page 6).

Suite des mémoires d'après la Notice biographique. —

Blessure de Lamezan L'armée marche du côté de Cha-

lons; le capitaine Bolzus (?), huguenot, est défait. L'armée se porte sur Moulins en Bourbonois; Ponsenac est battu (l)par la compagnie de Samazan et celle de Monsalès. Les ennemis furent toujours suivis de près; les reîtres se joignent aux huguenots; l'armée de France va en Lorraine et l'armée ennemie se relire en Bourgogne. Les ennemis poursuivis en flanc ont dessein de passer par l'Auxerrois et le Gatinois. Châtillon et les Italiens jettent des chausses trapes pour enclouer les chevaux des ennemis. Deux compagnies d'Itahens sont battues par les ennemis, qui s'emparent des environs d'Auxerre, et veulent assiéger Crevant; ils sont repoussés. La Valette charge et défait un parti de maraudeurs. Les huguenots marchent droit à Chartres et ont dessein de l'assiéger. Les troupes catholiques sont mises en garnison.

(1) Jacques de Bouci, seigneur de Ponsenac, en Bourbonais, périt dans la bataille. Castelnau raconte dans ses Mémoires (édition Michaud et Poujoulat, p. 526) que le corps de Ponsenac fut déterré quelques jours après par les catholiques et percé de mille coups.

Monsieur, fiore du Roy, part pour la cour. Les vicomtes de Paulin, de Moncla, de Bruniquel assembloienl des forces en Guyenne, pour les conduire àFarmée, et les sieurs d'Assier et Mouvant en Languedoc, Provence et Dauphiné; mais avant leur arrivée à Orléans, ils furent battus avec perle, par MM. de Brissacetde La Valette, au point que leurs chevaux n'en pouvoient plus et qu'ils étoient sur les dents. Le chevalier d'Ensgarrebaque (1) fut tué et il y mourut beaucoup de leurs gens. On gagna sur eux quelques enseignes et le sieur de Samazan en eut une, toute rompue, en combattant pour Tenlever à un brave soldat; mais celui qui la portoit fut tué.

L'armée des catholiques reçut du secours de Guyenne, et M. de Nevers, en combattant quelques troupes ennemies sur son chemin, fut blessé à la jambe, qu'on fut obUgé d'amputer, et de la remplacer par une jambe de bois.

Après la prise de Blois, les huguenots résolurent d'assiéger Chartres. Monsieur y envoya de la cavalerie et de l'infanterie pour la garde de la ville. L'armée ennemie s'avança, et malgré la résistance de ceux de dedans, il approcha son artillerie. M. de La Valette avec son régiment de chevau légers, étoit à portée, et nuit et jour à cheval. Le siège est poussé avec vigueur. Monsieur donne ordre à La Valette de porter secours dans la ville, ce qu'il avoit entrepris de faire avec sept à huit cents chevaux; mais il ne put parvenir à son dessein, et se vit obliger de faire sa retraite, qui fut très belle et de laquelle il fut très fort loué du Roy, de la Reine et de Monsieur, et comme Samazan étoit avec M. de La Valette et quatre ou cinq autres gentilshommes avec lui, il en fut regardé de bon œil, et en reçut de petites caresses; il en étoit d'au-

[l] Esgarrebaque est un Sainte-Colomme (ou Colombe), seigneur d'Esgarrebaque en Béarn. Celte maison a fourni au xvi* siècle deux grands capitaines, Jacques, lieutenant de Lautrec en 1521, gouverneur de Plaisance (Italie), maire de Bayonnci et Jacques, son fils, dont le nom se rencontre partout dans les guerres de religion- Voyez son héroïque défense d'OIeron contre le baron d'Arros {Hist. de. Gasc, t. t' p. 329).

tant plus flatté qu'il cspéroit que François d'Antras, le dernier de ses frères, qui étoit dans la compagnie des gens de pied du régiment des gardes, commandé par M. d'Arné, auroit été son enseigne; mais il fut tué.

Le Ro3^ ennuyé de cette guerre, envoya devers M. le prince de Condé, et après des propositions de paix elle fut faite le 13 mars 1569.

Après la paix Sabaillan donna son enseigne à Samazan, mais après six mois il se retira à la sollicitation du baron de Montesquiou.

Tiers trouble et guerre civile en France, commansé au mois

d'apvril de l'an 1569,

Au mois d'avril suivant, la guerre se ralluma, les huguenots prirent les armes. Monsieur, général de l'armée catholique, veut savoir quelle est leur intention en s'asseînblant de toutes parts et s'emparant des villes dans toutes les provinces. MM. de La Valette, de Gondrin et d'Arné rappelés. Le prince de Condé assemble des troupes en Poitou. La Reine de Navarre va à La Rochelle avec son fils; 20,000 hommes de troupes se joignent aux huguenots.

Monsieur, frère du Roy, reçoit aussi beaucoup de toutes parts. MM. de La Valette et d'Arné et leur régiment ou compagnie de chevau légers vont joindre l'armée; Samazan part avec eux.

Monsieur, frère du Roy, s'en va en Poitou. Les armées s'étant rencontrées, il n'y eut que quelques escarmouches. Le frère de Samazan y fut blessé et son cheval reçut un coup d'arquebuse au col, blessure dont il fut bientôt guéri.

Les deux armées se trouvoient fort rapprochées, et J/onsieur le prince de Condé les voyant aller de si près, etc. (Voyez le texte, page 6.)

(28) Denis de Mauléon, seigneur de Saballan, gouverneur de Casteljaloux et du Mas-Grenier, commandant des pays de Comminges, Rivière- Verdun, comté de l'Isle-Jourdain et vicomte de Gimois, capitaine de cinquante hommes d'armes, chevalier de l'ordre. Il était fils de Jacques de Mauloon-Labastide, seigneur de Saballan, qui servit avec distinction en Italie, sous Monluc; il l'appelle dans ses Mémoires « Lahastide^ père des Savaillan, » un des plus vaillants gentilshommes qui fut en son armée. Jacques mourut en 1558. Ses fils, les Savaillan de Monluc, étaient : Denis, Arnaud, capitaine de trois cents hommes de pied, Jacques, chevalier de Malte, et Jean-Jacques.

(29) Louis I" de Bourbon, prince de Condé, septième fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, était né le 7 mai 1530 et allait être tué en cette même bataille de Jarnac (13 mars 1569) dont Jean d'Antras va nous raconter divers épisodes. Nous empruntons à V Histoire des princes de Condé, par Mgr le duc d'Aumale (t. n, 1864, p. 69-70), l'émouvant récit de la triomphante charge du prince de Condé : « Il demande ses armes. Comme on lui présentait son casque, le cheval de La Rochefoucauld lui brisa d'une ruade un os de la jambe; déjà il s'était froissé un bras dans une chute. Domptant la douleur, il se retourne vers les gens d'armes, et montrant tantôt ses membres meurtris, tantôt la devise : Doux le péril pour Christ et la patrie, que sa cornette faisait flotter au vent : Voici, noblesse françoise, s'écrie-t-il, voici le moment désiré! Souvenez -vous en quel état Louis de Bourbon entre au combat pour Christ et la patrie! Puis, baissant la tête, il donne avec ses trois cents chevaux aux huit cents lances de Monsieur. Une charge qu'il conduisait était irrésistible : tous les escadrons qu'il rencontre sont renversés, et le désordre fut tel un moment parmi les catholiques que beaucoup d'entre eux crurent la journée perdue. »

(30) Antoine d'Ossun, fils aîné du vaillant Pierre d'Ossun et de Jeanne de Roquefeuil. Brantôme raconte dans la vie du maréchal de Termes qu'on disait en Piémont : « Sagesse de Termes et hardiesse d'Aussun; l'Espagnol de même en disoit autant : Dieu nous garde de la sagesse de Monsieur de Termes et de la prouesse du sieur d'Aussun. i> Les fils de Pierre d'Ossun soutinrent la réputation de leur père. Ils étaient deux à Jarnac dans les rangs de l'armée catholique Antoine et Hector, tous deux très jeunes, presque des enfants, n'ayant que dix-huit et quinze ans. Hector resta sur le champ de bataille, et nous verrons tout à l'heure Antoine mourir à Libourne

des suites de ses blessures. Sur le vaillant gascon Pierre, baron d'Ossun, voyez tous les auteurs qui ont écrit sur les guerres de la première moitié du xvi® siècle.

(31) Nous avons déjà fait remarquer l'erreur et indiqué la position géogniphique du fief de La Cassagne, dont Jean de Vezins portait le nom. Voyez note 13.

(32) C'est-à-dire disposé à chamailler, à combattre. On sait qu'autrefois le chamaillis, qui n'est aujourd'hui qu'une dispute bruyante, était un sérieux combat. Nous disons en Gascogne, dans le langage familier, d'un homme querelleur, que c'est un chamailleur. On trouve dans le Dictionnaire de M. Littré le mot chamaillard, qui n'a pas été admis dans le Dictio7inaire de V Académie française.

(33) Jean-Jacques de Montesquiou, seigneur de Pompignan, frère cadet du baron de Montesquiou. Il mourut au château du Saumont, en Agenais, 1570, des suites d'une dyssenterie contractée au siège de Saint-Jean-d'Angély. Voyez les présents Mémoires, page 35 et 42. Il était devenu baron de Montesquiou après la mort de son frère aîné. Avec lui s'éteignit la branche aînée des barons de Montesquiou, seigneurs de Montesquiou, tout au moins depuis le x« siècle, et barons de la baronnie d'Angles, qui comprenait Estipouy, Riguepeu, Bazian et Castelnau-d'Angles. 11 laissait une sœur dont nous parlerons plus loin.

(34) Le capitaine Lignères était en effet un brave gentilhomme, parent du marquis de Villars. Castelnau le cite dans ses Mémoires parmi les prisonniers faits à Jarnac. Au siège de Saint-Quentin, en 1557, il commandait une compagnie de l'armée de Coligny, et se conduisit en brave. (Coligny, Relation du siège de Saint-Quentin.) Lorsque d'Antras, blessé, fut arrivé à Jarnac, ramené sur un brancard par MM. de Saint-Lary et de Las, « le marquis de Villars, parent de son prisonnier, vint le trouver pour traicter de la rançon; il le relâcha moyennant 400 écus. » La notice biographique place ce fait avant la mention de la mort du prince de Condé; ce qui indique encore une lacune entre le paragraphe qui finit par ces mots : « Je fus... fort bien pansé, mais fort débile, » et le suivant.

(35) Michel d'Astarac, baron de Fontrailles et de Marestaing, vicomte de Cogotois, était alors capitaine des gardes du prince de Condé (Mémoires de Castelnau). Brantôme parle ainsi de ce glorieux blessé dans sa Notice sur le colonel général des Albanais : « Bref, ce bon capitaine gascon (père de Fontrailles) a esté fort estimé de son temps. Nous autres qui avons veu de ses enfants ou petits enfants,

que je ne mente (M. de Monluc en parle dans son livre), pouvons juger quel a esté le père, car ils ont été très braves vaillans. L'aisné est M. de Fonterailles, qui vist encore aujourd'hui et est gouverneur de Lectoure (Michel). Il eut, à la bataille de Coignac [Jarnac est à 14 kilomètres de Cognac], une jambe blessée et coupée, mais pourtant il n'a laissé pour cela à très bien faire en tous les bons lieux oii il s'est trouvé. » Michel de Fontrailles avait un frère (Monlac l'appelle le jeune Fonterailles) qui, avec son beau-frère Solan, mit en émoi tout le pays de Foix à Pamiers par ses brigandages. Voyez la longue lettre qu3 Monluc écrivit au Roi à ce sujet, le 14 février 1567 [Alon^ lue, édition de Ruble, t. v, p. 77). Ce Solan a-t-il quelque rapport avec le capitaine que La Popelinière appelle Lalou heau-frère de jPon^eraiZ/es? Il commandait l'avant-garde de l'armée des princes avec Guittinières, au siège de Lunel, en 1570. Castelnaude Guers le surprit dans la nuit du 31 mars au l»*" avril, et passa au fil de l'épée toute l'avant-garde. Lalou fut trouvé mort sous un arbre où il s'était endormi. Voyez La Popelinière, Histoire universelle, siège de Lunel, 1570. Ce Lalou a dérouté la sagacité de l'annotateur de YHistoire des guerres du comté Venaissin de Provence, etc., par Pérussis. Le marquis d'Aubais déclare qu'il a fait inutilement des recherches sur la famille de Lalou. (Pièces fugitives, tome i, p. 296.) Michel d'Astarac mourut en 1604 et fut enseveli dans l'église de Castillon, au diocèse de Lombez.

(36) D'Antras ne nomme pas ce brave gentilhomme de Gascogne, son silence s'exphque facilement, car c'était son intime ami, le baron de Montesquiou. Rapprochons de ces deux discrètes lignes ce passage d'un chroniqueur qui n'avait aucun motif pour glisser aussi rapidement sur le crime du 13 mars 1569. Nous voulons parler de Brantôme : « Sur ceste entre faicte arriva le baron de Montesquieu, brave et vaillant gentilhomme, qui estoit capitaine des gardes des Suysses de Monsieur, frère du Roy, qui ayant demandé qui c'estoit, on luy dist que c'estoit M. le Prince. Tuez! Tuez! Mort-Dieu! ditil, et s'approchant de luy deschargea sa pistolle dans la teste et mourut aussitost. » [Grands capitaines françois, t. m, p. 346-347.) Monsieur le duc de Fezensac, dans le trop court volume qu'il a intitulé Histoire de la maison de Moritesquiou, examine à quel Montesquiou l'on doit attribuer le meurtre du prince de Condé à Jarnac. Il pense, avec raison, que ce ne peut être qu'à François de Montesquiou, quoique d'Antras ne l'ait pas désigné. On connaît les motifs de son silence. M. le duc de Fezensac s'appuie sur le témoignage

de Brantôme, qui nomme formellement le baron de Montesquiou, Ajoutons Davila, de Thou et d'Aubigné, qui disent également M. de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou. (D'Aubigné, comme il le déclare dans ses Mémoires, assistait à la bataille de Jarnac.) Michel de Castelnau et François de La Noue, qui assistaient également à la bataille, appellent dans leurs Mémoires le meurtrier Montesquiou tout court, comme aussi Pierre de l'Estoile, dans son Journal, et bon nombre d'autres chroniqueurs. Les auteurs qui ont accusé Antoine de Montesquiou, seigneur de Sainte-Colombe, sont évidemment dans l'erreur. Cet Antoine n'a jamais été appelé que Sainte- Colombe; il était jeune en 1569, n'avait pu encore, comme François, donner des preuves de bravoure et d'habileté militaires capables de le faire arriver au rang déjà élevé de capitaine des gardes suisses. Nul n'aurait pu le nommer baron de Montesquiou, puisqu'il ne possédait pas cette terre; ni même M, de Montesquiou, d'après l'usage qui désignait toujours le gentilhomme par le nom de son fief; enfin, déjà il était attaché à la maison de Navarre, qui ne cessa de le combler depuis lors de toutes sortes de faveurs, et de l'employer dans maintes expéditions militaires. Voici, d'ailleurs, une preuve sans réplique : Brantôme, qui connaissait bien le Montesquiou meurtrier de Condé, pour lui avoir sauvé la vie huit jours avant la bataille de Jarnac, dit que ce baron de Montesquiou fut tué peu après, au siège de Saint- Jean-d'Angély, d'une grande harquebusade, les huguenots disant que c'était par permission et punition divine. Voyez, page 34 des présents Mémoires, le récit de sa mort et de ses funérailles. Le texte de Brantôme, rapproché de celui de d'Antras, tranche définitivement la question. Il faut donc décider que ce

« Barbare Montesquiou, moins guerrier qu'assassin, »

fut réellement François de Montesquiou, dernier baron de Montesquiou.

(37) On lit dans des Heures, qui sont au château d'Ossun : « L'an 1569 et le 4 avril mourut Antoine d'Ossun, blessé d'un coup de lance à la tête et d'un coup de pistolet au-dessous de l'épaule droite, à la bataille de Jarnac. Son corps repose devant le grand-autel de l'église des Cordeliers de Libourne, à l'âge de 18 ans, au grand regret du Roy Charles IX qui l'avoit nourri au nombre de ses enfants d'honneur. » [Glanage Larcher.]

MMUSCRIT AUTOGRxVPHE.

Nota (page 9).

Entre ce dernier alinéa des extraits Montesquieu et le commencement du texte du manuscrit autographe, il manque peu de chose; la Notice biographique ramène par une simple phrase d'Antras au siège de Poitiers. « Etant arrivé chez lui, Samazan fut prendre les eaux de Baignères qui le guérirent entièrement de ses blessures. Après quoi il fut rejoindre sa compagnie, et se trouva au siège de Poitiers avec son frère, enseigne dans le régiment de Sarlabous. »

(1) Voir le Siège de Poitiers par Liberge, édition annotée par H. Beauchet-Filleau, de la Société des Antiquaires de l'Ouest (Poitiers, 1846, in-8o). Ce volume, enrichi par le savant éditeur de tous les éclaircissements désirables, dispense de recourir aux principaux ouvrages où le siège de Poitiers a été raconté, notamment aux ouvrages d'Agrippa d'Aubigné, de Davila, de la Popelinière, du président de Thou. M. H. Beaucliet-Fiileau s'est surtout servi, dans son Avant-propos et dans ses Notes, des Honnestes loisirs de messire François le Poulchre, seigneur de la Mothe-Messemé (Paris, 1587). Ce poète, né à Mont-de-Marsan en 1546 (voir Vies des poètes gascons, par Guillaume Colletet, 1866, p. 100), fut, comme d'Antras, un des vaillants défenseurs de la cité Poitevine, et il est curieux de comparer les récits de ces compagnons d'armes. Ajoutons, pour compléter, en passant, les éloges donnés à le Poulchre par le bon Colletet et par son commentateur, que l'historien des princes de Condé a souvent invoqué, dans ses deux volumes, le témoignage de celui qui fut plus exact narrateur que poète harmonieux.

(2) Ce pré, dit M. Beauchet-Filleau (p. 226), était ainsi nommé parce qu'il faisait partie du domaine particulier de l'Abbesse de

Sainte-Croix de Poitiers. L'on y remarque encore quelques débris de tours et de murailles. Ce pré est situé dans la partie nord-est de la ville de Poitiers, sur la batterie dressée contre le Pré-l'Abbesse (voir le Siège de Poitiers, par Liberge, p. 53, 70, 71, etc.)

(3) Voir sur cette sortie du 12 août, ainsi que sur l'attaque du faubourg de Rochereul (l^"" septembre), un peu plus bas, le récit de Liberge, pages 62 et 102; et aux notes, le récit de Le Frère de Laval, pages 238-240.

(4) Gaspard de Coligny, né le 16 février 1517, avait été nommé amiral de France en 1552. On s'est beaucoup occupé, en ces derniers temps, du noble vaincu de Dreux, de Saint-Denis, de Jarnac et de Moncontour. Nous citerons notamment les monographies que voici : y Amiral Coligny, étude historique, par Jules Tessier, docteur ès-lettres, professeur d'histoire au lycée de Poitiers (Paris,

1872, in-8°); (raspard c?e Coligny, amiral de France, d'après les contemporains, par le prince Eugène de Caraman-Chimay (Paris,

1873, in-8*^); V Amiral de Coligny, par I'abbé Buyat, vicaire général de Belley (Bourg, 1876, in-8o]; Gaspard de Coligny, amiral de France, par le comte Jules Delaborde (Paris, in-8o, t. i, 1879).

(5) François III du nom, comte de la Rochefoucauld, prince de Marsillac, chevalier de l'ordre du Roi, devait être lui aussi une des victimes de la Saint-Barthélémy. Les rédacteurs du Dictionnaire de Moréri (édition de 1759), rappellent qu'il se signala au siège de Poitiers, comme il s'était déjà signalé au siège de Metz en 1552. On le retrouve auprès de Coligny à la bataille de Saint-Quentin, comme à celle de Dreux, et à la bataille de Jarnac comme à celle de Moncontour. Biaise de Monluc écrit ainsi le nom de ce beau-frère du prince de Condé [Commentaires, t. i, p. 343) : « Monsieur de La Rochefocquau, » Ailleurs (t. m, p. 57, 166), il écrit : « La Rochefoucault. »

(6) Jacques de Crussol, baron d'Acier, fut longtemps le chef du parti protestant en Languedoc. Il abjura le calvinisme après la mort de son frère aîné, le duc d'Uzès (1573), et mourut en 1586. Monluc (t. I, p. 177) l'appelle « Monsieur d'Acier. » Liberge (p. 76) signale « le sieur d'Acier le jeune » comme « l'un des principaux gentilshommes et chefs de l'armée ennemye. »

(7) Henri I®' de Lorraine, troisième duc de Guise, n'avait pas encore dix-neuf ans, étant né le 31 décembre 1550. Voir sur la belle défense de Poitiers par le Balafré, l'Histoire des ducs de Guise, par M. René de Bouille (t. ii, 1849, p. 433-445). Le fils aîné de

François de Lorraine était entré dans Poitiers, le 22 juillet, de grand matin, avec « environ huict cens bons hommes de guerre, » comme s'exprime Liberge.

(8) Charles de Lorraine, marquis, puis duc de Mayenne, était né le 26 mars 1554. Voir ce que dit M. de Bouille (ouvrage déjà cité, t. II, p. 434) de ce prince € âgé de quinze ans, cohéritier de la valeur, du mérite paternel, associé à son aîné dans une ardeur martiale, dans des animosités communes, et qui obtient, pour la première fois, la liberté d'aborder la carrière des armes. »

(9) Guy de Daillon, comte de Lude, chevalier des ordres du Roi, sénéchal d'Anjou, etc., était gouverneur de Poitiers depuis l'année 1557. Fils de Jean de Daillon, gouverneur de la Guyenne, il s'était déjà distingué à la défense de Metz, comme dans les guerres d'Italie. Voir sur ce capitaine, mort le 11 juillet 1585, outre le Discours de Liberge, le Monluc de M. de Ruble, le Brantôme de M. Lud. Lalanne, etc.

(10) Liberge l'appelle Bourg et raconte ainsi sa mort (p. 113) : € En ces jours mourut le capitaine Bourg, des plus anciens du régiment du feu sieur de Brissac, et de grande expérience au faict de la guerre. Il mourut de maladie naturelle, mais qui s'estoit bien augmentée par le continuel travail qu'il avoit supporté en ce siège. Car tout malade qu'il estoit ne failloit jamais à ce trouver aux brèches et lieux dangereux, toutes les fois qu'on pensoit que l'ennemy viendroit aux mains. Il estoit en très grande réputation en toute l'armée d'excellent et vaillant capitaine. »

(11) Timoléon de Cossé, comte de Brissac, grand Pannetier et grand Fauconnier de France, tué au siège de Mucidan en 1569, d'un coup d'arquebuse, en reconnaissant la brèche, âgé de 26 ans. Il était capitaine et gouverneur du château d'Angers et il avait déjà donné des marques de sa valeur à la bataille de St-Denis et au combat de Jarnac.

(12) François de la Noue, né en 1531 près de Nantes, fut mortellement blessé au siège de Lambasse (4 août 1591). Henri IV a résumé d'une façon admirable la vie entière d'un de ses plus dévoués capitaines, en le proclamant un grand homme de guerre, et encore plus, un grand homme de bien. Si de ces paroles nous rapprochons le passage des Essais où Michel de Montaigne a si éloquemment vanté « sa constante bonté, doulceur de mœurs et facilité consciencieuse, » on conviendra que jamais homme n'a été aussi bien loué.

(13) La Noue ne dit rien dans ses Mémoires de la mission qui

lui fut confiée par Coligny. Puisque nous avons roccasion de citer ses Mémoires, empruntons à son récit du siège de Poitiers (édition du Panthéon littéraire, p. 326-328) cette appréciation de la conduite du duc de Guise et du marquis de Mayenne : « M. de Guise et son frère acquirent grand renom d'avoir gardé une si mauvaise place, estant encore si jeunes comme ils étoient; et aucuns ne prisoient moins cest acte que celuy de Metz. » La Noue, en ce même chapitre, critique l'imprudence commise par l'amiral de Coligny, lui appliquant le proverbe qui trop embrasse mal estraint.

(14) Liberge dit (p. 114) : « Le mercredy septiesme du mois, un peu après midy, tout leur camp fut levé, et s'en allèrent en grande haste vers ledit Chastelleraud, » Rappelons que Châtellerault est à 32 kilomètres de Poitiers.

(15) D'Antras se trompe quelque peu. Le siège dura moins de deux mois. Ecoutons Liberge (p. 114) : « Dieu sçait la joye que toute la ville eut de ce deslogement, pour y avoir sept sepmaines jour pour jour, deppuis la reddition de Luzignan jusques à ce mercredy, que Poitiers estoit assiégé : car de ceste journée-là, ils avoyent faict des courses jusques aux portes, et occupé toutes les advenues, jaçoit que le dimanche suyvant, ils avoyent commencé à se monstrer en gros, et camper autour de la ville, depuis lequel jusques au jour qu'ils s'en sont allés il y a six sepmaines trois jours. »

(16) La Noue dit la même chose (p. 328) : « L'armée de Monseigneur fit beaucoup d'honneur aux huguenots quand elle vint assaillir Chastelleraud; car ce leur fut une légitime occasion de lever le siège, qu'aussi bien eussent-ils levé, pour ce qu'ils ne sçavoient plus de quel bois faire flèches; et croy que ceux de dedans n estoient pas moins empeschés. »

(17) Sébastien de Luxembourg, duc de Penthièvre et d'Etampes, marquis de Beaugé, vicomte de Martigues, baron de Berre, était fils de François de Luxembourg et de Charlotte de Brosse. Il fut tué au siège de Saint-Jean-d'Angély, le 19 novembre 1569. Deux mois auparavant, Henri III avait érigé pour lui en duché-pairie le comté de Penthièvre. Voir l'article que Brantôme lui a consacré dans les Couronnels françois (édition déjà citée, t. vi, p. 36-53). Voir encore, dans la Revue de Marseille et de Provence de janvier 1880, la Notice de M. L.-P. Desvoyes sur Berre, ses barons, sa commune et ses armoiries, p. 36-41.

(18) Louis de Bourbon, duc de Montpensier, prince de La Rochesur- Yon, né le 10 juin 1513, mort le 22 septembre 1582, était alors

gou\erneur de rAnjoii, de la Touraine et du Maine. Petit-fils, par sa mère, du connétable de Bourbon, il allait devenir (1570) le beaufrère du duc de Guise par son second mariage avec Catherine-Marie de Lorraine, qui devmt si célèbre par le rôle qu'elle joua dans la Ligue. Voir sur lui l'ample et curieuse Notice de Brantôme.

(19) Armand de Gontaut, baron de Biron, né vers 1524 au château de Biron, en Périgord, fut tué au siège d'Epernay, le 26 juillet 1592. Grand-maître de l'artillerie (1569), maréchal de France (1577), lieutenant-général pour le Roi en Guyenne (1578), Armand de Gontaut, considéré soit comme personnage politique, soit comme personnage militaire, fut un des hommes les plus remarquables de son temps. Et pourtant on ne lui a pas encore consacré une de ces monographies qui ne laissent rien ignorer de la vie de tant d'hommes moins illustres que lui! Espérons que la Gascogne, à qui il alla demander une de ses plus nobles filles en mariage, Jeanne d'Ornesan, laquelle eut pour père un des plus glorieux hommes de mer du xvi^ siècle, l'amiral Bertrand d'Ornesan, baron de Saint-Blancard, espérons, disons-nous, que la Gascogne donnera au grand capitaine un biographe digne de lui.

{^0) Il serait trop long d'indiquer tous les récits que nous possédons de la bataille de Moncontour. Les principaux de ces récits ont pour auteurs les mêmes historiens que ceux qui ont été mentionnés plus haut au sujet du siège de Poitiers : d'Aubigné, Davila, La Popelinière, le président de Thou. Joignons-y l'il mj^/e narration de la bataille de Moncontour mise par Liberge à la suite de son Discours (p. 157-177 de l'édition de M. Beauchet-Filleau), et toujours, comme pour le siège de Poitiers, la brève mais excellente relation de La Noue. [Panthéon littéraire, p. 328-330.)

(21) Ludovic de Nassau, frère de Guillaume I de Nassau, le gendre de Coligny, était venu apporter à ses coreligionnaires de France le secours de sa vaillante épée. De retour en Hollande, il ne laissa pas cette épée oisive : ce fut lui qui surprit la ville de Mons en 1572. Il périt, le H avril 1574, dans un combat près de Gravelines.

(22) Claude de Yaudré, seigneur de Mouy, en Picardie, fut assassiné quelques jours après par un gentilhomme de Brie, François de Lauviers de Maurevel. Mouy vivait intimement avec ce Maurevel qui était un des capitaines de sa compagnie, même table, même bourse, même lit. Le soir de la déroute de Moncontour, Mouy s'était retiré à Niort suivi de son déloyal ami. Apprenant deux jours après qu'une partie de l'armée royale passe dans le voisinage de Niort,

Moiiy y court avec sa troupe pour lui donner la chasse; mais dans le temps qu'il met pied à terre dans un jardin « pour ses nécessités, » Maurevel lui décharge son pistolet dans les reins, saute sur son cheval et court rejoindre l'armée royale. Ce lâche avait reçu 10,000 écus pour assassiner Coligny; n'ayant pu arriver à son but, il tua son ami. Mouy alla mourir de ses blessures à La Rochelle. Brantôme fait l'éloge de ce capitaine qu'il appelle sage et vaillant et qui, ajoutet il, s'était fait signaler bien fort dans les guerres étrangères. Arthur de Vaudré veugea la mort de son père; il attaqua Maurevel dans une rue de Paris au milieu de ses gardes, non par derrière, mais en face et avec sa bonne épée qu'il lui enfonça dans le corps, au défaut de la cuirasse. [Recueil des choses mémorables, etc., sur Van 4569.] Voyez aussi le récit de ce combat dans les Mémoires journaux de Pierre de l'Estoile [édition Jouaust, t. ii, p. 121-3 23]. Un soldat de Maurevel déchargea son pistolet dans la tête du jeune Mouy et le tua; Maurevel mourut la nuit suivante.

(23) Voyez note 22 des extraits Montesquiou. Est-ce à un membre de la même famille, au père de ce Gensac, que l'on doit rapporter l'historiette suivante racontée par Brantôme en son livre des duels f Après avoir raconté la querelle de Gramont avec Maidéon, il ajoute : « Surquoy il me souvient d'un conte du feu seigneur de Gensac, gentilhomme Gascon, brave et vaillant et qui estoit escuyer du feu Roy Henry II, François second et Charles IX en la grande escuyerie et fort bon homme de cheval et de pied et mourut au siège de Bourges aux premières guerres [1562] ayant une compagnie de gens de pied. Il estoit bravache et haut la main selon son pays. Un jour ayant pris querelle contre le sieur d'Avaret, brave gentilhomme aussi, et luy donc prest de mettre la main à l'épée, survint par cas fortuit un gentilhomme que je ne nomme point, et qui est aujourd'huy un très bon capitaine et grand seigneur, lequel dist : Tout beau, tout beau, Gensac, je ne souffriray pas que mon compagnon se batte que je ne m'en mesle; parquoy arrestez-vous. A quoy promptement et sans s'estonner répondit Gensac : Et comment, n'a-t-on jamais veu un homme seul se battre contre deux? Et mort Dieu les histoires en sont toutes pleines, e1 pourquoy n'en feray-je tout autant? Ça, ça, venez donc vous deux! Mais ainsi qu'ils estoient à en venir là, ils furent séparez, en quoy on loue la rodomontade dudit Gensac, aller faire telle allégation d'histoire, etc. Et quand on luy demanda ce qu'il pensoit faire, après estre séparez et sur l'accord, il repondit naifveuient : Et mort Dieu je me voulois faire mettre dans les chroniques, »

(94) Selon le Dictionnaire de Trévoux, Rubican est « une couleur du poil du chevSl, lors qu'ayant du poil bai, alezan ou noir, il y a du poil gris ou blanc, semé fort clair sur les flancs, en telle sorte néanmoins que ce blanc ou gris ne domine pas. » M. Littré qui, dans son Dictionnaire de la langue française, donne sous le mot Rubican une citation du Théâtre d' Agriculture d'Olivier de Serres, tire ce mot de l'adjectif bas latin ruhricantem, rougeâtre.

(25) Claude de Lorraine, duc d'Aumale, troisième fils de Claude de Lorraine, duc de Guise, a\ait été nommé général de la cavalerie en 1549. Il fut tué d'un coup de canon au siège de La Rochelle le 14 mars 1573. Il s'était signalé au siège de Metz et, hélas! aussi au carnage de la Saint-Barthélémy. Voir sur lui. comme sur presque tous les capitaines renommés que mentionne notre narrateur, les Commentaires de Monluc et les Œuvres de Brantôme.

(26) C'était le comte Charles de Mansfeld, frère du colonel des reistres Wolrath de Mansfeld. Le président de Thou nous apprend (livre xLvi) que dès la première décharge des batteries si habilement placées par le baron de Biron sur des hauteurs d'oii les ennemis furent écrasés, Charles de Mansfeld fut mortellement atteint avec trois autres cavaliers allemands.

(27) Le futur Henri IV, alors âgé de seize ans, et Henri de Bourbon, prince de Condé, qui n'avait qu'un an de plus que son cousin, n'étaient point à La Rochelle à l'époque indiquée par d'Antras. En toute l'année 1569, le roi de Navarre ne vint à La Rochelle qu'après la défaite de Moncontour; il y passa, auprès de sa mère, une douzaine de jours compris entre le 6 et le 18 octobre.

(28) AVolfgang, duc de Deux-Ponts, avait, en février 1568, amené au prince de Condé sept mille retires (ou cavaliers) et six mille lansquenets (ou fantassins) qui lui étaient envoyés par l'Electeur Palatin. On sait que le duc de Deux-Ponts, qui était un insigne buveur même parmi les Allemands, expia par une fièvre mortelle le tort d'avoir trop aimé les vins de France.

(29) François de Bourbon, fils de Louis de Bourbon, duc de Montpensier, dont il a été fait mention plus haut, portait du vivant de son père le titre de prince dauphin d'Auvergne. Il mourut à Lisieux le 2 juin 1592, après avoir vaillamment servi la cause de Henri IV dans les plaines d'Arqués à la tête de l'avant-garde de l'armée.

(30) Nous empruntons à M. H. Beauchet-Filleau, l'excellent éditeur des opuscules de Liberge, sa note sur ce personnage : « François Le Roy, seigneur de Chavigny et de la Baussonnière en Loudunais,

descendait d'une famille illustre par ses alliances; fut capitaine des gardes du corps du roi après son père, créé comte Clinchamps; arrêta le prince de Condé en 1560. Peu de jours auparavant, le duc de Guise l'avait fait nommer lieutenant général pour le roi en Anjou, Touraine et Maine, sous l'autorité du duc de Montpensier. Il fut plus tard fait par Heari III gentilhomme ordinaire de sa chambre, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, et chevalier du Saint-Esprit, pour le récompenser des bons services qu'il avait rendus dans les guerres de religion. >

(31) Liberge (p. 165) l'appelle comte de Vuistembourg. Le traducteur de V Histoire de J.-A. de Thou l'appelle comte de Vesterbourg.

(32) Liberge signale (p. 165) la présence dans l'armée royale des deux comtes Reingraff frères (Jean-Philippe, comte de Salm, né en 1545, et Frédéric, né en 1547). Davila raconte ainsi la mort de l'aîné des fils du Rhingrave Philippe-François (Histoires des guerres civiles de France, livre v, p. 365 du tome I de la traduction française, 1751, in-4°) : « L'Amiral, qui ne se ménageoit pas davantage, et faisoit les fonctions de général et de soldat, s'attacha au comte Rhingrave, qui l'avoit chargé à la tête de sa cavalerie. Celui-ci le blessa à la joue d'un coup de pistolet, qui lui cassa quatre dents : l'Amiral lui en tira une dans la visière de son casque, et l'étendit mort sur la place. Il ne cessa pas pour cela de combattre, quoique le sang qui couloit de sa blessure baignât tout son casque et son hausse-col. »

(33) Christophe II, baron de Bassompierre, seigneur d'Harouel et de Baudricourt, colonel des reîtres qui étaient au service particulier du roi, mort en 1596, fut le père du célèbre François de Bassompierre, colonel général des Suisses et maréchal de France. Voir ce que disent de Christophe II de Bassompierre les Mémoires de son fils, mémoires qu'il faut consulter surtout dans l'excellente édition donnée pour la Société de l'Histoire de France par le marquis de Chantérac (t. i, 1870, p. 18-32). Fr. de Bassompierre rappelle (p. 21) que le Reingraf tué à Moncontour avait épousé la cousine-germaine de Christophe de Bassompierre, lequel fut estropié du bras droit d'un coup de pistolet en cette bataille, comme il avait été estropié du bras gauche d'un autre coup de pistolet à la bataille de Jarnac.

(34) Raymond de Cardaillac de Sarlabous, chevalier de Tordre, gouverneur d'Aigues-mortes, se distingua au siège de Rouen, en 1562, où il commandait les compagnies du duc de Guise. Il fallait emporter le fort Sainte-Catherine, défendu par de bons et braves soldats. Le

l^il NOTES DES MÉMOIRES.

duc de Guise y envoya ses hommes « conduits par le jeune Sarlabous, autant digne de commander aux gens de pied et surtout de mener les arquebusiers qu'on ayt veu de son temps, et il le montra bien... » Le fort fut pris, et Sarlabous y perdit un bras. « Je le vis blesser, poursuit Brantôme, et menant ses gens vaillamment, aussi c'estoit un vaillant et gentil capitaine, et le fit mestre de camp et son régiment ordonné pour le Languedoc. » De 1563 à 1569, Sarlabous fit, sous le maréchal de Damville, les guerres en Languedoc. Voyez pour les détails l'Histoire des guerres du comtat Venaissin et de la Provence, par Louis de Perussis (ouvrage que l'on devrait bien publier in-extenso d'après le manuscrit autographe qui est conservé dans la bibliothèque d'Inguimbert, à Carpentras). En 1568, Sarlabous, alors colonel d'un régiment de gens de pied, met le siège devant Montpellier. (Histoire de la guerre civile en Languedoc, dans les Pièces fugitives du marquis d'Aubais, tome ii, p. 19.) La même année, le Parlement de Toulouse l'envoie en Bigorre pour mettre ce pays en état de défense. Il réunit les trois ordres des Etats dans l'évêché de Tarbes, le 18 septembre 1568, prononce un discours violent contre les protestants qui, « sous prétexte de la Religion qu'aulcuns soy disants vouloir reformer icelle, ont bien osé prendre les armes pour défendre leurs hérésies, lorsqu'elles aboutissent au mespris et contemnement de l'honneur de Dieu, infraction de ses commandements, anéantissement des Saincts Sacrements, rébellion contre l'autorité royale, trouble du repos public et mille aultres fins très pernicieuses, etc.; » fait nommer les barons d'Antin et de Bazillac pour € défendre, régir et gouverner la Bigorre, » et enjoint aux Etats de leur jurer obéissance « pour le service de Dieu et du Roy. » (Manuscrit de l'abbé Duco.) En 1569, il quitte la Gascogne et va grossir avec son régiment l'armée du duc d'Anjou; est blessé au siège de Mucidan (25 avril) où périt le comte de Brissac. (Perussis, ibid.) Raymond de Sarlabous et son frère aîné, Corbeyran, prirent une part active à la Saint-Barthélémy; ils forcèrent, avec Bême et Caussens, la demeure de Coligny (d'Aubigné, Hist. universelle, t. ii, p. 543). Bême frappe l'amiral, et Raymond de Sarlabous fait jeter son corps par la fenêtre. (Manuscrit de Duco.) Il était, en 1575, gouverneur d' Aygues-morte et accompagnait Henri m dans son voyage à Avignon. Voir dans ces Mémoires la suite des exploits de Sarlabous. Son frère aîné, Corbeyran de Cardaillac, seigneur de Sarlabous, était chevalier de l'ordre du Roi, gouverneur de Dunbar en Ecosse et du Havre-de-Grâce, chambellan du duc d'Alençon, conseiller d'Etat, etc.

Malgré tous ces titres, Brantôme estimait plus le cadet que l'aîné. € Ces deux frères Sarlabous, dit-il, ont eu l'estime d'avoir esté deux fort bons capitaines de gens de pied, mais l'on estimoit plus le jeune. » Corbeyran périt au siège d'Oleron, en 1586, et Raymond mourut à Bagnères, en 1591.

(35) Nous ne pouvons dire quel est ce capitaine La Barthe. Est-ce un membre de la grande maison de La Barthe? Nous ne le croyons pas, il eût été désigné par un nom de fief. Est-ce Ogier de La Roche, seigneur de La Barthe, en Magnoac (cadet des La Roche-Fontenilles), qui reçoit en 1558 ordre du sénéchal d'Armagnac de se tenir prêt à partir pour le service du roi? (Archives du château de La Roche, près Castelnau-Magnoac.) Ce La Barthe, vieux capitaine, puisqu'il commandait un régiment d'arquebusiers, est évidemment celui que Brantôme appelle le gî'os La Barthe, et qu'il dit avoir été avec Mun et Aunous (deux Gascons) mestre de camp du régiment de Piémont qui avait pour colonel Monsieur de Brissac. Il ne vivait plus à l'époque du siège de La Rochelle, où se trouvèrent trois vieux régiments, dit Brantôme, « celui de Cossains des gardes, de Goùas, et de Monsieur du Gua, qui avoit eu la place de Guarrières, qui avoit eu celuy-là de La Barthe mort. » Castelnau dans ses Mémoires fait également mention à la bataille de Moncontour de « la cavalerie italienne, couverte de deux mille arquebusiers, commandez par La Barthe et Sarlabous. »

(36) Les deux Isles étaient Jean et Claude de l'Isle-Marivaux. Deux braves capitaines, deux frères, dont les noms se rencontrent à chaque page dans les Mémoires de la seconde moitié du xvi® siècle. Jean fut tué en duel en 1589, sous les murs de Paris, par Claude de Marolles. Voir sur ce célèbre duel les Mémoires journaux de Pierre de l'Estoile, et tous les historiens d'Henry IV. Brantôme cite « les deux Isles frères, » parmi les « bons et braves capitaines, qui tous seroient aujourd'huy dignes d'estre [généraux d'armées, non pour 'garder ou conquérir un Piedmont, mais tout un grand royaume. »

(37) Onous était un brave mestre de camp des vieilles bandes de Piémont, il s'appelait Antoine de St-Jean, seigneur d'Honnoux, en Lauraguais. En 1558 il faisait la guerre de Piémont sous le maréchal de Brissac, en qualité de capitaine des bandes françaises; le 26 septembre 1558 il tente de pénétrer dans Montcalve, assiégée par les ennemis; le jeune Lioux, fils de Joachim de Monluc, périt dans cette tentative. [Boy vin du Villars, édition Michaud et Poujoulat, p. 305).

Brissac le propose au roi pour le commandeineat d'une compagnie. (Ibid.) A l'époque du siège de Poitiers, Onoux avait déjà une grande réputation; d'Aubigné l'appelle « un des meilleurs hommes de siège qui fut en France. » Le 20 juin 1569, le comte de Lude avec Onoux et Puygaillard (Jean de Léaumont, seigneur de) met le siège devant Niort; les réformés l'obligent à le lever; il court alors se renfermer dans Poitiers après avoir « placé Onoux dans St-Maixent avec deux canons et deux bastardes. » (D'Aubigné, t. ii, p. 410). Coligny va assiéger le comte de Lude dans Poitiers; à cette nouvelle Onoux fait jeter ses canons dans un puits, choisit six cents de ses meilleurs soldats et quitte St-Maixent avec le projet de percer les lignes et d'entrer dans la ville. L'amiral envoie à sa rencontre le capitaine Blacons avec une compagnie de gardes pour l'arrêter; mais Onoux fait neuf lieues en six heures, fausse les gardes de Blacons, gagne les portes de la tranchée, oii Jarrie qui y commandait lui donne la main et entre dans la place. (Aubigné, id.). Ce siège devait être fatal au vaillant mestre de camp. Quelques jours après, Onoux voulut briser an retranchement avancé que les assiégeants avaient fait pour y loger une batterie. Il donna résolument avec sa troupe, mais il « ne put remporter autre chose qu'une arquebusade en la teste, » dont il mourut. (Aubigné, id., Castelnau). Brantôme dit de lui: « Fut mestre de camp des vieilles bandes de Piedmont M. d'Aunous, qui mourut au siège de Poictiers. Digne homme certes de sa charge et le montra bien lorsqu'il partit de St-Maixant et s'alla jetter dans Poictiers qui vint bien à propos et y entra en dépit de l'ennemi qui le tenoit tout environné. >

(38) Gaspard de Saulx de Tavanes, né à Dijon en mars 1509, était fils de Jean de Saulx et de Marguerite de Tavanes. On le retrouve sur tous les champs de bataille, à Pavie, à Cérisoles, à Renty, à Jarnac, à Moncontour. Il fut successivement lieutenant général du roi en Bourgogne, en Dauphiné, en Provence, maréchal de France (novembre 1570), amiral des mers du Levant, etc. Il mourut au château de Sully (Saône-et-Loire), le 19 juin 1573. Ses Mémoires, rédigés en grande partie par son fils cadet Jean, vicomte de Tavanes, renferment un important récit de la bataille de Moncontour. Voir les deux récents ouvrages de M. L. Pingaud : Les Saulx-Tavanes, études sur V ancienne société française (Paris, 1876, grand-in-8°, p. 1-123); Correspondance des Saulx-Tavanes au XVI^ siècle, dans le t. iv de la 3« série des Mémoires de V Académie des sciences, arts et belleslettres de Dijon (1877, in-8^ p. 1-288).

(39) L'hommage rendu par d'Antras à la bravoure du futur Henri III est confirmé par tous les témoignagnes contemporains. Il faut d'autant plus remarquer cet accord, que l'on croit trop généralement, de nos jours, sur la foi de certains romans historiques, que ce prince fut, toute sa vie, le plus vil des efîeminés.

(40) On sait que l'escopette était une arme à feu faite en forme de petite arquebuse, qu'on portait avec une bandoulière et dont se servait surtout la cavalerie. L' escoupetterie était la décharge de plusieurs de ces arquebuses. Le mot est souvent employé par d'Aubigné. Escopetterie se rencontre dans les Mémoires de Saint-Simon, et, au sens figuré, dans les Mémoires du cardinal de Retz.

(41) Arthus de Cossé, comte de Secondigny, seigneur de Gounord (suivant l'orthographe adoptée par M. C. Port dans son savant Dictionnaire historique, géographique de Maine-et-Loire), était l'oncle de Timoléon de Cossé, comte de Brissac, dont il a été déjà question ici, et le frère de Charles de Cossé, comte de Brissac, connu sous le titre de maréchal de Brissac. Arthur de Cossé, né vers 1512, mourut en son château de Gonnord le 15 janvier 1582. Il reçut le bâton en 1567 et devint, à partir de cette époque, pour tous ceux qui ont parlé de lui, le maréchal de Cossé. 11 était gouverneur de Metz lors du siège de 1552, et il s'y fit remarquer entre tous. Gouverneur de l'Orléanais en 1570, il était au siège de La Rochelle en 1573, et, après une disgrâce qui du'-a quelques années, il fut nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1^^ janvier 1579).

(42) On lit dans V Histoire des princes de Coudé (t. ii, p. 92) : « Dans la journée de Moncontour (30 octobre 1569, sic, une faute d'impression ayant changé 3 en 30), après avoir pris rang à la tête de la bataille, ils durent se retirer subitement, non sans larmes et sans regrets, ajoute l'historien protestant [d'Aubigné], et avec encore plus de dommage à l'armée, car il se trouva tant de gens qui se convié^ rent à leur escorte qu'elle en fut affoihlie. »

(43) Léonor d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouteville, grand chambellan de France, gouverneur de Picardie, etc., était né en 1540 et mourut à Blois en 1573, ayant, quoique si jeune encore, eu le temps de donner neuf enfants à sa femme, Marie de Bourbon.

(44) C'est Honorât de Savoy e, marquis de Villars, comte de Tende et de Sommerive, fils de René de Savoye, comte de Villars, et d'Anne de Lascaris. Il fut maréchal et amiral de France, gouverneur de la Guyenne, et mourut en 1580, après avoir reçu, le 1" janvier 1579, le titre de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. Le il/orm de

1759 signale sa participation à la bataille de Moncontour. Biaise de Monluc et Pierre de Bourdeille le mentionnent avec éloges. On trouvera diverses lettres d'Honorat de Savoye dans les Documents inédits relatifs à l'histoire de VAgenais publiés et annotés par l'un de nous (1874, in-8°, p. 116-118), et dans Les vieux papiers du château de Cauzac. Documents inédits, que le même travailleur ne tardera pas à mettre au jour.

(45) Nous empruntons cette fois encore à M. Beauchet-Filleau une de ses intéressantes notes. Voici ce que cet érudit nous dit de Carnavallet (p. 292) : « François de Kernevenoy, dont par corruption on a fait CarnaA^allet, d'une des premières familles de Bretagne, fut premier écuyer de Henri II, gouverneur de Henri III, chef de son conseil, surintendant de sa maison, lieutenant de la compagnie de cent hommes d'armes, gouverneur d'Anjou, Bourbonnais et Forest, chevalier de l'ordre du roi en 1560, mourut en 1571, et fut inhumé en l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois. Ajoutons que ce fut sa veuve, Françoise de La Baume, qui, comme le rappelle M. Ludovic Lalanne (Dictionnaire historique de la France, 1877), acquit du fils du président de Ligneris le célèbre hôtel dit de Carnavalet, construit à Paris par Androuet de Cerceau, orné de statues par Jean Goujon, et qui, au xvn* siècle, fut habité par Madame de Sévigné. »

Nota.

Diaprés la Notice biographique, voici le contenu des deux feuillets 141-142, 143-144 [voyez page 52, ad calcem] :

Le Prince d'Orange fît la retrette fort brave et en bel ordre,

nous le suivîmes jusques à ce que la nuict nous sépara.

Et après avoir longtemps poursuivi les ennemis, M. de La Valette, ayant laissé sa troupe en arrière, se retira pour aller rejoindre Monsieur qui, le voyant, Fembrassa, le caressa beaucoup, le toucha de son èpèe et le fit chevaher ainsy qu'à six gentilshommes qui accompagnoient M. de La Valette, parmi lesquels ètoit Samazan.

Se trouve au siège de Saint-Jean-d'Angély où le baron de Montesquiou (Voyez le texte, page 33.)

(46) Charles IX, alors âgé de dix-neuf ans, accompagné de sa mère, Catherine de Médicis, arriva devant Saint-Jean-d'Angély le 26 octobre. Liberge nous apprend (p. 184) que le roi logea à Landes, Et M. Beauchet-Filleau ajoute (p. 302) que Landes était un château situé à une lieue au nord de Saint-Jean-d'Angély. D'après le Dictionnaire des communes de France, de M. Adolphe Joanne (1864), on voit dans la commune de Landes les ruines de ce château.

(47) P'rançois d'Aydie, seigneur de Guittinières, fils de Geoffroy d'Aydie, seigneur de Guittinières, et de Cécile de Rodarel. M. de Ruble a été induit en erreur quand il a dit dans une note de sa belle édition de Monluc [tome m, p. 31] que Geoffroy d'Aydie était protestant. Nous avons sous les yeux le contrat de mariage de sa fille Anne avec le baron de Pordéac, Bernard de Vicmont, dans lequel il est spécifié que le mariage < sera célébré en face notre mère la sainte Eglise catholique. » Anne était fille d'honneur de la reine, qui donne son consentement à ce mariage, en considération duquel le roi et la reine d'Espagne font à la mariée un don de 12,000 livres [11 juillet 1565]. Si Geoffroy d'Aydie eût été protestant, il n'eût point mis la clause susdite dans le contrat de sa fille; Catherine de Médicis, et surtout le roi d'Espagne, n'auraient pas accordé leurs faveurs à la fille d'un ennemi. Geoffroy est-il le Guittinières signalé parmi les morts de l'armée de Condé à Jarnac? Son fils François lui succéda, et ne vivait plus le 3 janvier 1584; à cette date, son fils Antoine était sous la tutelle de Clinet d'Aydie, vicomte de Carlus, chevalier de l'ordre. Il est cependant sûr qu'à cette époque il y avait un Guittinières dans le camp protestant; Monluc, La Popelinière, Philippi et bien d'autres le citent. Nous ferons remarquer que la branche de Riberac a porté pendant quelque temps le titre de seigneur de Guittinières, bien que cette terre eût été donnée en apanage à Odet, père de Geoffroi, et frère cadet du vicomte d'Aydie-Riberac.

(48) Nous avons déjà parlé du baron de Montesquiou, notes 21 et 36 des Extraits Montesquiou. Brantôme signale, parmi les gentilshommes qui firent en 1566 le voyage de Malte avec Strozzi et Brissac, le baron de Montesquiou, « que j'aymois fort, dit-il, depuis le voyage de Malte, qui au partir de là fut la première fois qu'il vint et se produisit à la cour par le moyen du comte de Brissac, qui le prit en amitié pour estre brave et vaillant gentilhomme, et qui estoit bon homme avec cela; et ledit comte le fit aymer à Monsieur, et luy fit donner cette charge [capitaine des gardes] . »

(49) Adrien d'Aspremont, vicomte d'Orthe, au sujet duquel nous

renvoyons à une prochaine publication de l'un de nous, qui sera formée de lettres inédites du gouverneur de Bayonne, accompagnée d'une Notice biographique et de divers éclaircissements.

(50) Le capitaine Caussens [Jean de Monlezun], auquel M. de Ruble n'a pas consacré la plus petite note, est nommé deux fois par Biaise de Monluc, une fois dans les Commentaires (t. i, p. 36), où son désintéressement est vanté; une autre fois dans les Lettres (t. v, p. 194), où, à la date du 18 juillet 1569, il est question d'une mission confiée au vaillant Gascon par le duc d'Anjou « pour aller en court devers Leurs Majestez. » Nous reparlerons tout à l'heure de lui.

(51) Voici comment d'Aubigné raconte ce fait [Histoire universelle] : « Le lendemain troisiesme décembre, cinq cents hommes de pied et quatre- vints chevaux qui sortoient de la ville furent dévalisez et grand nombre tuez dans le faux bourg de Motha, quelque diligence que le duc d'Aumale fist au contraire, en criant et remonstrant qu'une perfidie à la veuë du Roy ne s'efFaceroit jamais. » L'histoire a flétri cette sauvage violation d'une chose aussi sacrée qu'un traité de capitulation, mais elle a remarqué (voir notamment J.-A. de Thou, livre iLvi) que le futur maréchal de Biron et le capitaine Caussens unirent leurs plus généreux efforts à ceux du duc d'Aumale pour épargner à l'armée royale la honte qui s'attache au mépris de la sauvegarde donnée.

(52) Charles de Lorraine, né à Joinville le 17 fé\Tier 1524, archevêque de Reims à l'âge de quatorze ans (1538), avait été revêtu de la pourpre romaine en 1547. Il mourut à Avignon le 26 décembre

(53) Ne faudrait-il pas lire plutôt c Sansacf » Les mémoires de cette époque écrivent tantôt Sansay, tantôt Sansac. Nous ne saurions dire si ces deux noms désignent le même personnage. Nous serions porté à le croire, et notre opinion semble être confirmée par ce passage de Y Histoire universelle de d'Aubigné, où il dit qu'avant d'aller en Berry Sansac et Gouhas allèrent mettre le siège devant Yézelai. La place se défendit si bien qu'ils furent obligés de se retirer après y avoir perdu 1,400 hommes de pied et près de 400 hommes de cheval. Sansac serait Louis Prévost de Sansac. Nous devons dire cependant qu'il y a dans le Poitou une terre de Sansay, dont les seigneurs portaient le nom de comte de Sansay, et qui a appartenu à la maison de Villedon.

(54) Jean de Biran, seigneur de Gohas, mestre de camp d'infanterie, capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances, capitaine

d'une compagnie de lanciers de la garde, vacante par la mort de Coligny, chambellan du duc d'Anjou, chevalier de l'ordre du roi. Il n'avait jamais été blessé et vint mourir à La Rochelle (1573) d'une arquebusade à la jambe, où la gangrène se déclara. Gohas était compagnon et intime ami de Caussens, un de nos plus fameux Gascons, déjà nommé, et dont nous parlons plus bas, qui mourut au siège de La Rochelle. Brantôme, après avoir raconté la mort de Caussens, ajoute : « Hélas! tous deux [Caussens et Gohas] n'eurent pas grand loisir de jouir du butin beau qu'ils avoient fait [à la Saint-Barthélémy], car conmaej'ay dit Gouas y mourut, dont certes ce fut un grand dommage, car c'estoit un très bon capitaine et digne pour les gens de pied. Monsieur de Monluc luy avoit mis les armes en la main et le loue fort en son livre. Il fut un des lieutenants de M. de Pienne au voyage d'Italie. Il n'était pas si piaffant ni si bravasche comme Cossains son compagnon, mais il estoit aussi mauvais garçon et feu Monsieur de Guise l'estimoit fort. » Gohas avait épousé la fille de Biaise de Pardaillan, seigneur de Lamothe-Gondrin, lieutenant du duc de Guise en Dauphiné, massacré d'une manière si tragique à Valence en Dauphiné, le 29 avril 1562. (Hist. des guerres du comtat Venaissain, dans les Pièces fugitives du marquis d'Aubais,) Il avait encore deux frères du nom d'Antoine. Le premier, tué au combat de Saint- Valéry, avait épousé Marguerite-Françoise de Monlezun; c'est de lui que sont descendus les Gohas-Biran, seigneurs de Lamothe-Gohas. Le second, Antoine dit le jeune, mestre de camp et capitaine de la garde du roi, fut égorgé à Pau, le 24 août 1569, avec les compagnons de Terride, par les ordres de Mongonmery et au mépris de la foi jurée à Orthez.

(55) M. C. Port [Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, t. i, 1874, p. 40), nous apprend que Charles IX, qui avait fait sa première entrée dans Angers le 6 novembre 1565, y revint encore en 1567 et en 1570, et cette dernière fois séjourna les deux mois de janvier et de février, et assista au mariage du duc de Montpensier, dans l'église de Saint-Aubin.

(56) Jeanne d'Albret, née à Pau le 7 janvier 1528, morte à Paris le 9 juin 1572, non empoisonnée à l'aide d'une paire de gants, comme on l'a trop répété, mais frappée d'apoplexie, fit de nombreux et durables séjours à La Rochelle en 1569, 1570 et 1571. On trouvera certainement de curieux détails à ce sujet dans le travail que nous a promis M. le baron de Ruble sur le rôle joué par cette princesse au

milieu des troubles du xvi^ siècle, travail que le monde savant attend

avec impatience et qui sera le digne pendant du remarquable volume intitulé : Le mariage de Jeanne d*Alhret (Paris, Ad. Labitte, 1877, grand in-8*.)

(57) Gabriel de Lorges, comte de Mongonmery, né vers 1530, mourut sur i'échafaud, à Paris, en place de Grève, le 26 juin 1574, avec la réputation d'avoir été le plus habile de tous les chefs du parti huguenot. D'Antras écrit le nom de l'heureux adversaire de Biaise de Monluc comme on l'écrivait alors généralement et comme on l'écrit encore généralement de nos jours, mais M. de Ruble a établi [Commentaires, t. ii, p. 324, note 4) que, d'après la signature de l'involontaire meurtrier du roi Henri II, il faut adopter la forme Mongonmery. L'un de nous a constaté [Trois lettres inédites de Bertrand d'Echaus, évêque de Bayonne, Auch, 1879, p. 32) que le vicomte d'Echaus, père du prélat, dans une lettre à Jeanne d'Albret du 3 septembre 1570, donnait au nom du terrible capitaine la même orthographe que le capitaine lui-même.

(58) Antoine de Lomagne, baron de Terrides, mourut à Eauze chef-lieu de canton du département du Gers, arrondissement de Condom, à 29 kilomètres de cette ville, à 50 kilomètres d'Auch), vers le milieu d'octobre 1569, deux mois environ après avoir capitulé dans Orthez (13 août). Voir sur le baron de Terrides et sur Mongonmery les Commentaires de Biaise de Monluc (passim), et V Histoire de la Gascogne de l'abbé Monlezun, où (t. v, p. 325-381) ont été rapprochés des renseignements fournis par Monluc ceux que nous donnent J.-A. de Thou, d'Aubigné, Scipion Du Pleix, Favin, Olhagaray, Poeydavant. Voir encore sur le malheureux capitaine plusieurs des Sonnets exotériques de Gérard Marie Imbert, notamment les sonnets lxiv, lxvi, lxviii, lxx (édition de 1872, p. 49-52).

(59) Terrides, à l'approche de l'armée de Mongonmery, avait levé, le 6 août, le siège de Navarrenx (département des Basses-Pyrénées, à 22 kilomètres d'Orthez), et s'était en toute hâte réfugié à Orthez. Ce fut le 7 août que Terrides fut attaqué dans Orthez par Mongonmery. La ville fut forcée le jour même de l'attaque, et le château, mal approvisionné, ne devait résister que six jours.

(60) Bernard Roger de Cominges, vicomte de Bruniquel, faisait partie de ce groupe de déterminés capitaines protestants qui se rendirent si célèbres sous ce nom : les vicomtes. Voir sur le vicomte de Bruniquel et sur ses six compagnons d'armes (Bertrand de Rabasteins, vicomte de Paulin, Antoine de Rabasteins, vicomte de Montclar, Géraud de Lomagne, vicomte de Sérignac, le vicomte de

Caumont, le vicomte de Montaigu, le vicomte de Rapin), les Commentaires de B. de Monluc, Y Histoire de Montauban déjà citée, V Histoire générale de Languedoc (t. v), etc.

(61) Antoine de Gelas, seigneur de Léberon, en Armagnac, fils de François de Gelas de Léberon et de Anne de Monluc, sœur du maréchal. Voyez les détails de sa vie dans les Commentaires de Monluc, Son fils, Lysander de Gelas, marquis de Léberon et d'Ambres, fut aussi un vaillant soldat. Voyez dans V Histoire de Du Pleix (règne d'Henry III, p. 122) comment en 1585, âgé seulement de 23 ans, il défit à lui seul trois gendarmes et trois arquebusiers à cheval commandés par un sieur d'Estignos, et quelle générosité il montra après le combat. Quelque temps après, chevauchant en Périgord avec Jean-Bernard de Gohas de Biran, il tomba dans un groupe d'ennemis conduits par le fameux Piles; les deux Gascons jouèrent si bien de l'épée, qu'au dire de Du Pleix, ils renversèrent la cavalerie sur l'infanterie, tuèrent cinq ou six soldats, en blessèrent plusieurs, entre autres Piles de deux coups d'épée et reprirent leur route à toute bride. Le fils de Lysander, Hector de Gelas de Léberon, marquis d'Ambres, épousa la fille aînée et l'héritière du célèbre Bertrand de Vignoles La Hire. Cette race vaillante des Gélas-Léberon-d'Ambres s'est montrée digne de porter en seconde hgne le nom de Vignoles dont se souvenait sans doute le marquis d'Ambres lorsqu'il passait si bravement le Rhin à Tholus :

« La Salle, Béringhen, Nogent, à! AmhreSt Cavois Fendent les flots tremblant sous un si noble poids. »

Boileau lui rend cette justice, et c'est le seul Gascon qu'il ait nommé dans ses vers.

(62) Voir, à ce sujet, une lettre de Jean des Cars, comte de la Vauguyon, à Catherine de Médicis, datée du 11 décembre 1569, et publiée dans les Documents inédits relatifs à V histoire de l'Agenais, 1874, in-8«, p. 104-105.

(63) Henri I", comte de Damville, puis duc de Montmorency, né le 15 juin 1534 à Chantilly, mourut à Agde, le 2 avril 1614. Fils cadet du connétable Anne de Montmorency, il avait obtenu, en 1563, sur la démission de son père, le gouvernement du Languedoc, qu'il devait garder si longtemps. Maréchal de France en février 1567, il fut nommé connétable en décembre 1593.

(64) François de La Valette, seigneur de Cornusson, allait être nommé, un peu plus tard (1576), sénéchal de Toulouse, charge en

laquelle lui succéda son fils, Jean de La Valette. François fut fait chevalier des ordres du roi le 31 décembre 1583, et mourut le 16 février 1586.

(65) D'Antras se rend coupable iei d'un léger anachronisme , car nous lisons dans VArt de vérifier les dates : « Troisième paix faite le 15 août, à Saint-Germain-en-Laye. Cette paix fut appelée la paix boiteuse et mal assise parce que... » (Nous supprimons une explication qui traîne partout.)

(66) Nous avons déjà parlé de Jean-Jacques de Montesquiou, seigneur de Pompignan, frère cadet du baron de Montesquiou. La terre de Pompignan lui venait de sa grand'mère, Jeanne du Faur de Saint- Jorry, dame de Pompignan. Sa tante, anne de Montesquiou, avait épousé, le 8 novembre 1540, Alain de Béarn, seigneur du Saumont en Armagnac. C'était donc chez sa tante, au château du Saumont, que Pompignan se reposa quelques jours en revenant malade du siège de Saint-Jean-d'Angély. Le château du Saumont est dans la commune du même nom, département de Lot-et-Garonne, canton de Nérac, à 11 kil. de cette ville. Voir sur le château du Saumont et sur les anciens possesseurs la savante et curieuse étude publiée par M. Jules de Bourrousse de Laffore sous le titre : Notice historique sur des monuments féodaux ou religieux du département de Lot-et- Garonne, dans la Revue de VAgeAiais de mars et avril 1879, p. 147-

(67) Anne de Montesquiou. L'auteur de ['Histoire des grands officiers de la couronne et La Chenaye-des-Bois se trompent en donnant au baron de Montesquiou et à son frère de Pompignan deux sœurs du nom de Anne; ils n'en avaient qu'une, veuve après un an de mariage de François de Lupé, deuxième fils de Raymond, seigneur de Lupé, Tieste, etc., en Armagnac. Cette querelle dont parle d'Antras, faite à Anne de Montesquiou par ses parents, est conforme à l'esprit de l'époque. Le droit ancien féodal n'admettait pas la succession féodale dévolue aux filles; cela se comprend, femme ne pouvait tenir ni servir fief. On en verra un exemple dans la généalogie de la maison d'Antras, à la fin de ce volume. Jean d'Antras, n'ayant eu qu'une fille de son union avec Jeanne d'Armagnac, laisse par son testament du 3 janvier 1544 tous les fiefs de la maison d'Antras au fils aîné de son frère cadet, ne réservant que la légitime de sa fille. Mais qu'importait la coutume à d'Antras? Son épée fut l'avocat de la dame et gagna la cause.

(68) Anne de Montesquiou épousa Fabien de Monluc, tué

en septembre 1573, à la barricade de Nogaro [aujourd'hui cheflieu de canton de l'arrondissement de Condom], laissant pour fils unique ce célèbre Adrien de Montesquiou-Monluc, connu sous le nom de comte de Cramail, parce qu'il était comte de Caraman par sa femme, Jeanne de Foix. Il ne laissa qu'une fille, mariée au marquis d'Escoubleau de Sourdis, qui vendit la baronnie de Montesquiou au duc de Roquelaure. La fille de Roquelaure épousa Alain-Bretagne de Rohan-Chabot, qui devint par son mariage baron de Montesquiou. Sa succession vendit cette baronnie à Pierre-Paul de Bombarde de Baulieu, riche financier, dont la fille épousa, en 1739, Pierre de Montesquiou- Artagnan. La baronnie de Montesquiou a été possédée jusqu'à la révolution par cette branche de la maison de Montesquiou.

(69) Nous n'avons rien trouvé sur la querelle apaisée qu'eut Fabien de Monluc à la cour, pendant que, comme on lit dans les Commentaires (t. III, p. 519), « toute la France jouit de la paix et du repos. » Nous avons pourtant consulté la plupart des recueils qui semblaient pouvoir nous fournir quelque éclaircissement à ce sujet, notamment les Mémoires sur \Etat de la France sous Charles IX, l'Histoire de J.-A. de Thou, celle de d'Aubigné, les Mémoires de Tavannes, de Vieilleville, de Condé, etc., sans omettre les Œuvres de Brantôme où (Discours sur les duels) il n'est question que d'une leçon donnée sous le règne de François II, à la cour et à Saint-Germain, par le premier duc de Guise à Biaise de Monluc qui avait eu à se reprocher quelques imprudences de langage, mais que du reste, ajoute le chroniqueur, .« M. de Guise aymoit fort, comme il luy monstra despuis en plusieurs endroicts que je dicts en sa vie. »

(70) Notre narrateur commet ici deux anachronismes, un bien gros, car il met en 1571 le drame affreux de la Saint-Barthélémy qui, comme tout le monde le sait, appartient à l'année suivante, et un bien petit, car il donne la date du 24 août au mariage du roi de Navarre et de Marguerite de Valois, mariage qui avait été célébré six jours auparavant, le 18 août.

(71) Monluc n'y était pas non plus, et du cri de joie que d'Antras pousse, en quelque sorte, ici, nous rapprocherons ces lignes des Commentaires (t. m, p. 52) : « Tout le monde fut fort estonné d'entendre ce qui estoit advenu à Paris, et les huguenots encores plus, qui ne trouvoient assés de terre pour fuyr... Je ne leur fis poinct de mal de mon coslé... »

(72) D'Antras est, en ce passage, trahi par sa mémoire : Biaise de Monluc n'était plus, à cette époque, lieutenant de Roy en Guiene,

C'est lui-même qui nous l'apprend en ces termes [Commentaires, t. m, p. 520, sous la date de 1571) : « Or, quoyque je ne feusse lieutenant de Roy, si est-ce que toute la noblesse et tous les trois états de la Guyenne me pourtoient tousjours beaucoup d'honneur et me visitoient. » Monluc, à la page précédente, faisant à mauvais jeu bonne mine, se réjouit ainsi de son remplacement : « Estant plus ayse d'estre deschargé du gouvernement, que si ce pesant faix me feust demeuré sur les espaules. Monsieur le marquis de Yillars, qui en est chargé, s'en acquittera comme ung vieux chevalier et grand cappittaine doibt faire. » Le marquis de Yillars prit possession du gouvernement de Guyenne à la fin de l'année 1570. Venant du Quercy où sa présence est attestée par un document du 22 novembre, il fit son entrée dans Bordeaux le 4 janvier 1571 [Chronique hourdeloise, continuation par Jean Darnal, 1666, in-4o, p. 80).

(73) Beaumarchais, commune du département du Gers, arrondissement de Mirande, canton de Plaisance, à 48 kilomètres d'Auch. Voir dans le Bulletin d'Auch (t. ii, seconde partie, p. li-liv), divers extraits relatifs à Beaumarchais et aux localités voisines, du manuscrit de l'abbé Duco. M. l'abbé P. Larroque avait déjà reproduit en ces pages quelques-unes des citations que nous donnons nous-mêmes.

(74) Bernard, seigneur et baron d'Arros, fut un des principaux acteurs dans les guerres civiles du Béarn au xvi* siècle, et devrait à ce titre trouver un biographe. Monsieur Soulice, bibliothécaire de la ville de Pau, s'est occupé de lui dans une brochure qui a pour titre : Documents pour l'histoire du protestantisme en Béarn, Bernard, baron d'Arros, et le comte de Gramont, 1573. (Pau, 1875, grand in-8°). Yoici d'après Du Pleix, d'Aubigné, Olhagaray, Poeydavant, d'Antras, et les archives de Pau, le sommaire de sa biographie : 1566, le baron d'Arros est présent avec son père Roger, aux Etats de Béarn qui se tinrent à Pau. — 1568, il arme tout le Béarn, passe des revues et fait couper le pont du Gave à Bérens pour empêcher les ennemis d'entrer dans le Béarn; préside les Etats à Pau, au nom de la reine de Navarre; fait voter une levée de soldats et va assiéger Oloron qui tenait pour les catholiques; use inutilement de trahison pour surprendre la ville, défendue par le vieil Esgarrebaque et son fils, est obligé de se retirer. — 1569, nommé lieutenant général du Béarn par Jeanne d'Albret, il va se jeter avec ses deux fils dans Navarrenx, où Terride l'assiège; délivré par Mongoméry, il l'accompagne dans ses courses, pille les églises, met Tarbes à feu et à sang. — 1571, il dirige les délibérations du synode

général tenu à Pau; rend une ordonnance qui porte : « Avons ordonné et ordonnons que sie anihilat, cassât etbanit tout exercice de la religion romane, etc. » — 1573, il insurge les protestants du Béarn contre le roi de Navarre qui avait rendu un édit pour le rétablissement de la religion romaine, surprend à Hagetmau Gramont chargé d'opérer ce rétablissement [Voir à ce sujet dans V Histoire universelle de d'Aubigné (t. ii, livre II, p. 114-115), le récit de la scène dramatique qui se passa entre le vieux baron d'Arros « vieil seigneur qui ayant passé quatre-vints ans, estoit devenu aveugle, et son fils Bernard]; convoque les Etats à Navarrenx et fait rendre une ordonnance pour procéder à la vente immédiate de biens fonds de l'Eglise, afin d'éteindre ainsi l'espoir de son rétablissement; fait mettre luimême aux enchères les biens de l'évêque de Lescar. — 1874, il s'empare de Lourdes, qu'il met aux pillage; les vallées se soulèvent contre lui et l'en chassent; conclut un armistice avec les barons de Bénac et de Castelbajac, députés de Tarbes; viole l'armistice et fait de nouveau saccager Tarbes; craignant le mécontentement du roi de Navarre, se démet de sa charge de lieutenant-général, lève une compagnie, se jette dans la Bigorre, ravage Castelnau-de-Rivière et Plaisance, menace Marciac; repoussé par d'Antras, il s'enfuit avec sa troupe dans l'Agenais, où il reste. — 1580, étant gouverneur de Clairac, il veut attaquer du Bouzet-Roquepine dans Tonneins; sa troupe est taillée en pièce, il reste parmi les morts! Ses deux fils, tués sans doute à la guerre, ne laissent point postérité; des deux filles qu'il avait eues encore de Béarnaise de Barzun, l'aînée, Elisabeth, épouse Pierre de Gontaud, seigneur de Rebenac, qui prend le titre de baron d'Arros, fanatique huguenot, qui complota une Saint-Barthélémy de catholiques dans le Béarn en 1594; la seconde, Isabelle, épousa Jean-Paul de Massolin.

(75) Nous avons déjà donné quelques indications sur le siège de La Rochelle. Ajoutons ici ce passage de V Histoire des Rochelais par M. L. Délayant (La Rochelle, 1870, grand-in-8«, t. i, p. 257) : « C'est au 10 de ce mois [décembre 1572] que les auteurs placent l'ouverture du siège. C'est le 13 qu'eut lieu la première escarmouche à portée des remparts. » Dans cette escarmouche apparaît tout d'abord le baron de Biron, grand-maître de l'artillerie, qui allait être devant La Rochelle ce que fut dans la ville même l'admirable La Noue, c'est-àdire un modèle de courage, d'activité, de vigilance et de dévouement.

(76) On lit dans les Commentaires (t. m, p. 525) : « Voilà tout le monde à La Rochelle; je feuz appelle au festin comme les autres, et

comme je veux que Dieu m'ayde, quand je prins ma résolution de m'y en aller, je fis estât d'y mourir, et que ce seroit là mon tombeau. Ce siège feust grand, long et beau, mais à bien assailly mieux deffendu... » M. de Ruble a cité (ibid., note 1) une lettre de Fabien de Monluc, en date du 26 décembre 1572, où il annonce que son père va se mettre en route pour rejoindre le duc d'Anjou.

(77) Jean de Berrac, seigneur de Cadreils, était archer de la compagnie du roi de Navarre en 1552 [montre du 10 juillet, Hist. de la Gascogne, t. vi). Honmae d'armes de la compagnie de Lamothe- Gondrin en 1560 [ibid.). La même année il fut choisi par Jean de Monluc, chevalier de Malte, pour être son lieutenant. {Hist. de la maison de Galard, par M. J. Noulens, t. m, p. 8.) Lieutenant de Fabien de Monluc en 1572. Il assiste en 1596 au mariage d'Agesilas de Narbonne avec Henrie-Renée de Galard, avec le titre de chevalier de l'ordre du roi. [Ibid., p. 119.) Les seigneurs de Cadreils étaient des cadets de la maison de Berrac, seigneur de Berrac, canton de Lectoure, fondue vers 1560 chez les Galard. La branche des Cadreils s'est éteinte en 93 . Henri-Marie-Madeleine de Berrac-Cadreils mourut en émigration sans postérité; sa succession fut recueillie par les familles de Labarthe et de Montalembert. Le château de Cadreils est situé près de Berrac, dans la commune de Saint-Martin, canton de Lectoure.

(78) Jehan de Mont figure plusieurs fois dans les Commentaires, notamment dans le Préambule (t. i, p. 21), Là, Monluc le comprend dans la curieuse énumération des gentilshommes auxquels il a donné des chevaux de prix : « Ung aultre au cappitaine de Mons, mon guydon, qui avoict demeuré prisonnier ung an à Montauban et est pouvre gentilhomme, lequel m'avoict cousté trois cens quarante cinq escus. » Voir encore t. m, p. 295, 432.

(79) Jean de Bezolles, seigneur de Bezolles, Beaumont, Ayguetinte, etc., etc. Monluc raconte qu'il fut blessé au siège de Rabastens, 1570 : « et me feust blessé six gentilshommes près de moy, dont le seigneur de Bezoles en est ung. » Jean de Bezolles eut de Paule de Narbonne un fils aîné, Bernard, seigneur de Lagraulas, ligueur enragé et fameux capitaine. Du Pleix raconte de lui qu'ayant un jour rencontré le régiment du comte de Panjas, « religionnaire qui roulait entre Condom et Vic-Fezensac, il le chargea brusquement encore qu'il n'eut avec lui que 17 maistre et 12 arquebusiers achevai... mit pied à terre avec les siens et mesla si furieusement cette infanterie que de plus de six vingt qui firent teste il n'en réchappa qu'un seul

(1589). j> Du Pleix cite, parmi les seigneurs gascons ligueurs qui, en 1594, se rangèrent du côté d'Henri lY, Bezolles, Lagraulas son fils. Campagne, Noé, etc., etc.

(80) Bertrand de Montesquieu, seigneur de La Serre, près Marsan. Son père, Jean de Montesquieu, cadet du seigneur de Marsan, avait été apanage en 1526 « de la maison de La Serre, près Marsan, avec justice moyenne et basse. » [Généalogie de la maison de Montesquiou, petit in-4°, 1784.] La branche aînée des seigneurs de Marsan s'éteignit au X7i« siècle, dans la maison de Savère, et au siècle suivant toutes les terres de cette branche rentrèrent par une alliance dans la lignée de Bertrand [Ibid.]. Le maréchal des logis de la compagnie Fabien de Monluc est l'un des ancêtres directs de M. le duc de Montesquiou-Fezensac, auteur de VHistoire de la maison de Montesquiou.

(81) U Histoire de la Gascogne, de l'abbé Monlezun (t. vi), donne le nom de ces « braves et honestes gens » de la compagnie de Fabien de Monluc; Bezoles n'y figure pas.

Rôle de la compagnie de Fabien de Monluc, seigneur de Montesquiou (26 avril 1572).

Fabien de Monluc, capitaine, en place de Biaise de Monluc, qui a pris son congé ce jour 26 avril 1572.

Jehan de Berrac-Cadreils, lieutenant.

Jehan de Labat, enseigne.

Jehan de Mont, Guidon.

Bertrand de Montesquiou, maréchal des logis, etc. Suivent les noms des hommes d'armes et des archers.

(82) Antoine de Roquelaure, devenu plus tard maréchal de France, avait été destiné dès sa jeunesse à l'état ecclésiastique, qu'il quitta pour la profession des armes. Ce passage des Mémoires de d'Antras fixe l'époque de ce changement dont le motif fut sans doute la mort de son frère aîné, tué en 1569, au combat de La Roche-Abeille.

(83) M. Délayant [Histoire des Rochelais, t. i, p. 259) signale parmi les soixante pièces qui tonnaient contre La Rochelle, une pièce « nommée La Frezaie, pour la terreur qu'inspirait son sifflement, et un canon double appelé Mitaine, qui faisait dire qu'on ne prendrait pas La Rochelle sans mitaine. »

(84) L'historien du siège de La Rochelle, Philippe Cariana [de Obsidione Ruppellœ commentarius, édition de 1856, La Rochelle,

in-8°, p. 41), nomme parmi les conseillers préférés du duc d'Anjou : d'Aumale, Biron, Gonzague, Monluc, Retz et Villequier.

(85) Jean-Paul d'Esparbez de Lussan, capitaine de la première compagnie des gardes du roi, mestre de camp du régiment de Piémont, gentilhomme ordinaire de la chambre, chevalier des ordres du roi, sénéchal d'Agenais et Condomois, gouverneur de Blaye, etc., fit ses premières armes en Italie sous Monluc, qui a vanté sa bravoure au siège de Sienne en 1554; se distingua au siège du Hâvre-de-Grâce en 1563. Du Pleix raconte qu'en 1577, étant à Condom, il refusa l'entrée de la ville au roi de Navarre, « en quoi, dit-il [ainsi qu'il le remarque en ses Mémoires), il fut vigoureusement assisté par Jean Dufranc et Robert Imbert, etc. » Lussan, d'après ce passage de Du Pleix, aurait donc laissé des Mémoires? Que sont-ils devenus? C'est en vain que l'un de nous l'a demandé dans la Revue de Gascogne (1869, p 282). Etant gouverneur de Blaye, Lussan, qui s'était déclaré pour la Ligue, soutint, en 1592, contre le maréchal de Matignon, les troupes royales et une flotte anglaise, un siège mémorable où tout l'avantage demeura de son côté. Il mourut fort âgé, en 1616, et fut enseveli dans le couvent des Minimes de Blaye.

(86) Jean de Monlezun, seigneur de Caussens, près Condom. Il est impossible d'exposer dans une simple note le rôle considérable que ce gentilhomme gascon a joué sous le règne de Charles IX; il faudrait de nombreuses pages. L'un de nous les donnera peut-être un jour, si Dieu lui permet de mener à bonne fin un ouvrage dont il recueille les matériaux et où il se propose de grouper, dans une série de biographies, tous nos vaillants capitaines gascons, grands et petits. Voici quelques détails : Caussens assista à toutes les batailles et au premier rang, de 1550 à 1573. En 1553 il était à Metz avec le maréchal de Vieilleville et avait déjà une grande réputation de bravoure. Le maréchal dit de lui dans ses Mémoires (édition Michaud et Poujoulat, p. 196) : « Il estoit brave et furieux soldat qui avoit combattu deux fois en duel tousjours vainqueur et sans blessure, fort dispos de sa personne, bondissant comme un chevreuil, et très adroict aux armes, qui se faisoit au demeurant redoubter en toute la garnison par sa valeur. :& Malgré cette redoutée valeur, Caussens se laissa rosser de coups de bâton par un lansquenet, dans une plaisante aventure, dont on peut lire le récit dans les Mémoires de Vieilleville, à la page plus haut indiquée. Il devint, dans la suite, premier mestre de camp de ce fameux régiment des gardes, si redouté des protestants. Après la division du régiment [Gardes françaises, Picardie et Cham-

pagne], il eut le titre de colonel des Gardes françaises. En 1568, il reçut au siège de Blois une arquebusade qui le perça de part en part; tout autre qu'un Gascon en serait mort sur le coup; Caussens fut guéri en quelques jours. « Je l'ay veu fort sujet aux blessures, dit Brantôme, aussi les reclierchait-il volontiers. Il commandait de bonne façon car il avait le geste bon et la parole de mesme; aussi disait-on : Piaffe de Cossains. Il l'avait de vray mais c'estoit en tout qu'il estoit piaffeur, et en gestes et en paroles. » Caussens avait des mœurs d'une austérité puritaine; après la paix du 8 août 1570, son régiment fut occupé des garnisons rapprochées de Paris; en passant la Loire, au Pont-de-Cé, il fit jeter dans la rivière huit cents filles de joie qui suivaient le régiment. [Brantôme.) Caussens fut un des principaux acteurs de la Saint-Barthélémy. C'est lui qui força la porte de Coligny et poignarda le garde qui la défendait. [Aubigné.] A la tête des compagnies des gardes du roi il courut les rues de Paris massacrant les protestants; aussi l'avait-on surnommé le boucher ! Le souvenir de cette nuit terrible et les remords empoisonnèrent ses derniers jours. 11 partit pour le siège de La Rochelle avec de noirs pressentiments, portant sur son âme un ennui et une tristesse dont il ne pouvait se se défendre. Brantôme, qui était son ami, lui dit un jour en plaisantant « qu'il y mourrait. » Ah ! ne me le dites pas, mon compère, reprit Caussens, car je le scay bien, et maudissait la journée de Saint- Barthélémy. » Il fut tué le 18 avril en faisant une reconnaissance. D 'Aubigné prétend que ses domestiques lui racontèrent d'étranges propos à sa mort. Ses terreurs étonnaient tous ceux qui l'avaient vu si brave sur les champs de bataille. Lorsque Charles IX apprit sa mort, il dit publiquement à son dîner : « Cossains est mort, mais que diriez vous de luy, qui avait si bien fait en beaucoup de lieux, estant au siège de La Rochelle, il n'y a jamais rien fait qui vaille et n'y a montré plus de cœur qu'une putain. » Voilà ce que c'est, ajoute Brantôme, de faire service aux roys, il ne faut qu'un verre cassé pour tout perdre. Caussens était fils de Jean de Monlezun, seigneur de Caussens et coseigneur de La Montjoie, et de Marguerite de Revignan-Ligardes. Il avait épousé, le 8 janvier 1570, Anne de Fages, dite la Grande, dame de Fages, de Saint-Cyprien, du Bousquet, du Sendat, dame d'honneur de la reine de Navarre, fille de Messire Jean, seigneur de Fages, et d'Anne de La Mothe. Anne de Fages était veuve de Joachim de Monluc, seigneur de Lioux, frère du maréchal; elle l'avait épousé le 18 mai 1553. Moréri, le Père Anselme, etc., se trompent quand ils disent que Joachim de Monluc mourut sans al-

liance; il fut marié deux fois et eut de sa première femme un fils qui fut tué en 1558 au siège de Montcalve, en Piémont. Boy^dn du Villars, qui raconte sa mort, ajoute (Edition Michaud et Poujoulat, p. 305) : « Le sieur de Lioux père, ayant sceu la mort de son fils unique, désire que le capitaine Verdusant, brave gentilhomme, ait sa compagnie, et qu'il plaise à Sa Majesté commander que la femme de son fils, qui luy a tant cousté à avoir ne se puisse remarier qu'à un de ses parents, digne d'elle toutesfois; c'est le moins que la valeur de l'un et de l'autre puisse avoir mérité. » Le jeune Lioux avait épousé en 1556 demoiselle Louise du Bois, dame baronne de Bridoire, près Bergerac. Les vœux du père furent exaucés. La veuve du jeune Lioux se remaria avec messire Bertrand de Pardaillan, seigneur de Lamothe-Gondrin [arcli. de M. le comte de Campels, à Puycasquier], fils du fameux Biaise de Pardaillan, si souvent cité par Monluc et dans les Mémoires de Bopdn du Villars, du Bellay, etc., sous le nom de Lamotbe-Gondrin. Revenons à Caussens : il n'eut pas d'enfant de son mariage; sa veuve se remaria avec Jacques de La Tour, seigneur de Fleurac, puîné de la maison de Limeuil [Arch. de la Gironde, t. Il], et mourut elle aussi sans enfants laissant tous ses biens à sa cousine, Anne de Fages, dame du Sendat, épouse de N. de Montlezun, et mère d'Odet de Monlezun, seigneur du Sendat, Fages (1585), guidon de la compagnie du Maréchal de Montmorency [Arch. de la Gironde, ibid.], mort sans enfant de son union avec Marguerite d'Abzac de La Douze; et une fille, Marguerite, mariée à Jacques de Montesquiou Sainte-Colombe, qui hérita de tous les biens de la maison de Fages et forma la branche des Montesquiou-Fages.

(87) D'après VArt de vérifier les dates (t. vi, 1818, p. 188), La Rochelle, « après avoir soutenu neuf assauts, où les assiégeants perdirent beaucoup de monde, consentit, le 24 juin, à traiter avec le duc d'Anjou. D'après V Histoire des Rochelais de M. Délayant (p. 287, 288), les conditions du traité furent signées le 26 du même mois, et, le 10 juillet, « Biron entra dans la ville avec quatre trompettes et un héraut d'armes, et, après avoir été reçu avec de grands honneurs, publia solennellement un édit du roi qui reproduisait le traité. »

(88) Ce fut le 19 juin qu'arrivèrent au camp du duc d'Anjou, non les ambassadeurs polonais, comme d'Antras le répète après Monluc, comme tant d'autres l'ont répété depuis, mais de simples émissaires venus pour annoncer l'élection. M. Délayant nous apprend (p. 286) qu'ils furent salués par une salve innocente des canons de l'armée, et que, le 21, comme pour leur en donner la fête, le roi de Pologne

fit jouer une dernière mine qui manqua tuer quelques-uns des spectateurs. Voir le bel ouvrage de M. le marquis de Noailles : Henri de Valois et la Pologne en 4572 (Paris, 1867, 3 vol. in-8°). On peut voir encore deux publications de l'un de nous relatives à deux illustres gascons qui furent grandement mêlés à l'affaire de la Pologne, Jean de Monluc, le frère cadet du maréchal, et Guy du Faur de Pibrac, le magistrat-poète, le diplomate-orateur : Notes et documents inédits pour servir à la biographie de Jean de Monluc, évêque de Valence (1868, grand in-8°); Vie de Guy du Faur de Pibrac par Guillaume Colletet, de l' Académie française, avec notes et appendices (1871, grand in-8o).

(89) Monluc lui donne un nom quelque peu différent, Ladon [t. m, p. 426), mais peut-être a-t-on mal lu, dans le texte des Commentaires, la dernière lettre de ce nom, et pris Vu pour Yn, confusion si facile à faire dans les manuscrits du xvi® siècle. Ce capitaine fut écharpé le jour de la prise de Rabastens, comme nous l'apprend Monluc en ces termes : « L'on voulloit sauver le ministre et le cappitaine de là dedans, pour les faire pendre devant mon logis; mais les soldats les ostarent à ceux qui les tenoient, et les cuydarent tuer à eulx-mesmes, et les meyrent en mille pièces. »

(90) Antoine de Rivière, vicomte de Labatut, est plusieurs fois mentionné dans les Commentaires et notamment (t. m, p. 422), à propos du siège de Rabastens où il fut blessé. Il était l'aîné des enfants de Jean de Rivière, vicomte dé Labatut, seigneur d'Auriabat, tué à Tarbes, faisant la revue des troupes, en 1576, et de Philippine d'Espagne. Antoine était, au 31 mai 1579, sénéchal de Bigorre et gentilhomme ordinaire de la chambre. Il périt, comme son père, d'une façon tragique. Voici en quels termes le manuscrit de l'abbé Duco fait mention de sa mort : « Cette illustre maison de Rivière- Labatut fut très affligée vers la fin du xvi' siècle. L'auteur du manuscrit des troubles arrivés en France de la part des protestants (Mémoires de Jean d'Antras) (1) raconte, pénétré de douleur, la mort fatale des trois vicomtes de Labatut qui se suivirent de près. Le vicomte de Labatut père fut tué à Tarbes y faisant la revue des troupes qu'il commandait; Antoine, vicomte de Labatut, son fils aîné, et le seigneur de Saint-Lane s'entretuèrent tous les deux sur la place des Ardennes sans mettre l'épée à la main. Le sort d'Annet, vicomte de

(1) Voyez page 144 le même titre donné encore par Duco aux Mémoires de Jean d'Anlras.

Labatut [fivre d'Antoine), fut plus cruel; étant dans un festin de noce, près d'Aignan, à Lasalle, il y fut égorgé parles protestants avec l'époux et l'épouse, les seigneurs de Mauhic et de Me}Tïies y furent aussi tués. » C'est par erreur que nous avons dit dans notre Avertissement que la tragédie du château de Lassalle était postérieure à l'année 1589. C'est au commencement de février 1588 qu'Annet de Rivière fut tué (v. n. 119). Marthe d'Ossun, sa veuve, fit faire l'inventaire des biens délaissés par son mari le 5 mars 1588 [Glanage Larcher]. La partie des Mémoires de d'Antras où l'abbé Duco a puisé ce récit faisait suite à la page 226 du manuscrit original, oii se termine ce qui reste. Antoine de Rivière ne laissait pas d'enfants de son union avec Henriette d'Ossun; la vicomte de Labatut passa avec tous les biens de sa maison à son frère Annet, qui n'eut que trois filles de Marthe d'Ossun, sœur d'Henriette. L'aînée des trois, Henriette, dont nous reparlerons plus loin, épousa en deuxième noces PhiHppe de Barbotan. Leur fils fut substitué au nom et armes de la maison de Rivière-Labatut. Voyez sur cette substitution le travail de l'un de nous, dans la Revue de Gascogne, t. xii, p. 576.

(91) La reprise de Rabastens serait du mois d'avril 1585, d'après ce passage du manuscrit de l'abbé Duco : « Au mois d'avril, le parti de la Ligue prit les armes; aussitôt la Bigorre se mit sur la défensive. La garnison fut installée à Tarbes sous les ordres du capitaine Forgues (Dominique de Lavedan-Horgues, dit le capitaine F orgues, frère cadet de Jean, seigneur de Horgues, près Tarbes), qui en fut élu gouverneur par les Etats. Les Ligueurs n'osèrent l'attaquer; ils se jetèrent dans des places moins deffendues. Castelnau de Chalosse prit le château de Rabastens dont la ville avait été ruinée par le maréchal de Monluc. Il faisait contribuer les lieux voisins; il demandait à la ville de Vie 1,200 livres pour son contingent, etc. Ils ne laissèrent pas de payer les 1,200 livres, ne trouvant aucun moyen de s'en empêcher. Le pays même encore donna leur exemple, puisqu'il donna 15,500 livres pour les faire déloger. » Le récit suivant nous paraît emprunté aux Mémoires de d'Antras; Duco ne cite pas la source où il l'a puisé : « La Bigorre fut fatiguée en plusieurs endroits par ceux de la Ligue. Les compagnies du seigneur de Larboust et autres s'établirent à Bordes. Le seigneur de Bénac, sénéchal du pays, eut beau les menacer d'armer la noblesse et le peuple contre eux, il ne put les déloger. D'un autre côté, le seigneur de La Palu (Pierre de Béon, seigneur de La Palu), à la tête d'un régiment de ligueurs, après avoir vexé les Béarnais, vint se rafraîchir en Bigorre.

Les Béarnais le poursuivirent, l'assiégèrent et le forcèrent dans son quartier de Rivière-Basse et emportèrent d'assaut la tour de Saint- Aunis {près Marciacl). y>

(92) Monluc, avant de se rendre à Agen, s'arrêta quelque temps au château de Cassaigne, résidence d'été des évêques de Condom (à six kilomètres de cette ville) : « Ma femme, » dit-il (t. m, p. 452), « me vint prendre à Marsiac, et m'en appourtarent dans sa lictière, jusques à Cassaigne, maison de l'evesque de Condom, près de Condom, là où la colicque, pour me rafreschir, me tint trois sepmaines, sans me laisser trois jours et me cuyda empourter. -^ Monluc, du château de Cassaigne, fut transporté dans son château d'Estillac, près d'Agen, où il devait passer deux années « affligé de maladies » et de sa « grande blessure, » et « le plus souvent dans le lict. » Brantôme dit au sujet de la blessure de Monluc : « Je luy ay ouï dire, que s'il n'eust eu cette blessure qui estoit fort grande, il eut pensé estre invincible jusques à cent ans. » Il ajoute qu'au siège de La Rochelle un soldat gascon qui se trouvait dans la ville vint un jour sur les remparts et demanda « s'il n'y avoit point là quelqu'un de son pais à qui il pust parler. » Le duc de Guise ayant envoyé le capitaine Bernet, gentil soldat parmi nos bandes, » [un Castelbajac]. Le Gascon « lui demande quels seigneurs et princes il y avoit là et si Monsieur de Monluc y estoit? L'autre luy respondit qu'ouy. Soudain il répliqua et lou naz de Rabastain comment va? L'autre luy respondit que bien et qu'il estoit encore assez gaillard pour faire la guerre à tous les huguenots, conmie il avoit fait. Ah! dit l'autre tousjours en son gascon, nous ne le craignons guères plus en son toure de naz, car le bonhomme en portoit tousjours un comme une damoiselle, quand il estoit aux champs, de peur du froid et du vent, qu'il ne l'endommageast d'avantage. » [Brantôme, vie de Monluc]

[93) Lysier (alias Léger), châtelain pour le roi de la baronnie de Barbazan-dessus, près Tarbes, était un soldat de fortune, huguenot enragé, fils d'un charcutier de Montauban. Il s'était introduit par trahison dans Saint-Sever de Rustan et avait livré l'abbaye au pillage, après avoir massacré tous les religieux. Secondé par le baron de Bourbon-Bazian, il entra quelques jours après de vive force dans Tarbes, faisant main basse sur tout ce qu'il rencontrait. Les chanoines se retirèrent dans la cathédrale où Lysier vint les assiéger. L'un d'eux, nommé Galaubio, lui lança une poutre au moment où il gravissait l'escalier d'une tour et le blessa. Les chanoines capitulèrent et payèrent une forte rançon. Le comte de Gramont leva des troupes

pour venger les habitants de Tarbes. Lysier se fortifia et mit à contribution tous les villages voisins. Celui de Trébons, sur les instigations de Baudéan, gouverneur de Bagnères, refusa de payer impôt et prit les armes. Lysier furieux, partit pour Bagnères avec l'intention de se venger de Baudéan. Apprenant que le gouverneur était sorti de la ville pour aller à la rencontre d'un de ses amis, il s'approcha de lui, déguisé en paysan, le tua d'un coup de pistolet, et courut se jeter dans Trébons où il fit pendre le premier consul et assommer tous les habitants qu'on put saisir. Les seigneurs de Mun et de Lubret vengèrent la mort de Baudéan. Ils excitèrent les habitants de Boulin, près Tarbes, à refuser l'impôt, et espérant que Lysier viendrait les armes à la main demander raison de ce refus, ils se postèrent avec quelques amis dans un taillis près duquel le capitaine devait nécessairement passer. Lysier vint en effet. Aussitôt qu'il parut, Mun, Lubret et leurs amis lui tombent dessus, la mêlée s'engage, Lysier se défend d'abord, mais voyant les siens prendre la fuite et de nouvelles troupes accourir sur lui de Séméac, il tourne bride et s'enfuit versDours. Son cheval tombe dans un bourbier et lui-même, désarçonné, est arrêté par Mun et Lubret qui le suivaient de près. Lyzier demande grâce de la vie. Souviens-toi de Baudéan, lui crient les deux gentilshommes et ils le percent de coups. Les habitants de Trébons, qui arrivaient en ce moment, lui coupèrent les oreilles, en firent un trophée, puis tuèrent son cheval et le jetèrent avec son maître dans un trou creusé à la hâte. (Manuscrit de l'abbé Duco, Essais historiques sur le Bigorre, t. ii, p. 203. Man. de l'abbaye de Saint-Sever. Hist. de Gascogne, t. v.)

(94) Antoine d'Aure, comte de Gramont, d'abord protestant, puis (à partir de 1572) catholique, lieutenant-général au royaume de Navarre et Béarn, mourut en 1576. Monluc parle souvent de ce capitaine, notamment au sujet du siège de Rabastens.

(95) Le manuscrit Duco parle ainsi du siège de Tarbes et de la part qu'y prit d'Antras : « M. de Gramont appela à son secours le valeureux Cornac (1), gouverneur de Marciac, qui s'était fait remarquer pendant les guerres civiles dans plusieurs sièges et dans les batailles de Jarnac et de Moncontour. Il avait mérité l'estime du maréchal de Monluc, des seigneurs La Valette, du marquis de Yillars et des autres fameux guerriers de ce temps-là. Comme les mémoires

(1) Duco met en note : Manuscrit du seigneur de Cornac touchant les troubles arrivés en France sous les roys Charles IX, Henry ÏII, Henry IV. Il raconte ceux dont il fut témoin.

qu'il a laissés en font foi, il se rendit devant Tarbes avec plusieurs de ses amis et quatre pièces de canon de la ville de Marciac. M. de Gramont pressa le siège avec grande activité. Le 7 mai [1574] on gagna l'église et le couvent des Carmes; la nuit suivante on emporta par escalade le Bourg-Neuf. Le 8, on prit le ravelin de la porte du Bourg- Vieux, du côté de Maubourguet, et l'on abattit le pont avec les pièces de canon de campagne que le seigneur de Cornac avait amenées de Marciac. Il fut blessé à la jambe dans cette attaque avec le capitaine Pépieux (Pierre du Garrané, seigneur de Pépieux, près Castelnau-Barbarens (Gers). La blessure de celui-ci fut plus dangereuse, et Cornac se retira incontinent avec sa batterie. Le 9, M. de Gramont en fit dresser une par le capitaine Jégun et par Jean et Bernard Adonnets, canonniers de Campan, à la porte des repenties du côté du Bourg-Neuf. Une lettre que Jean de Cardeillac (seigneur d'Ozon) écrivit à son cousin de Campeils (Guillaume de Boussost, seigneur de Campels et de Mazéres, marié le 23 novembre 1574 avec Isabeaude Laroche, nous apprend bien des particularités de ce siège. Elle est conçue en ces termes : « Dernièrement j'étais prêt à monter à » cheval quand les huguenots se saisirent de Tarbes et les trouvoit qui » faisoient ordinaire [sic] jusques aux portes de ma maison et m'ont

» contraint dy faire résidence avec une troupe de mes soldats Je

» crois avez entendu comme Lysier a été défait et lui avons donné » un stratagème avec cent de ses complices, sur quoi le seigneur de » Gramont est arrivé et sommes allés assiéger le reste qui sont reso- » lus de tenir bon dans Tarbes, attendant du secours du baron d'Ar- » ros qui fait ce qu'il peut pour leur en donner, mais ne s'ose pré- » senter. Nous sapâmes devant-hier le Bourg-neuf d'escalade et ceux » qui échappèrent se retirèrent au Bourg- Vieux, et fimes tomber le » pont et nos gens se logèrent au soir contre ledit ravelin. Aujour- » d'hui on devoit battre l'autre porte pour les assaillir de tous cotés. » Je arrivai au soir du camp et m'en retourne à l'heure présente. Le » capitame Pépieux y a été blessé; l'on ne sait encore s'il y aura » danger, je prie Dieu pour lui comme aussi fait Monsieur mon cou- » sin vous tenir en sa sainte garde, me recommandant très humble- » ment en vos bonnes grâces. De Ozon chez vous ce 9 mai 1574. » Votre très h"umble, etc., Jean de Cardaillac. A mon cousin M. de » Campels à Mazères en Astarac. » Le siège étant dans cet état et les assiégés sans espérance d'être secourus par le baron d'Arros abandonnèrent la place pendant la nuit du 9 mai. M. de Gramont

entra le lendemain dans le Bourg-Vieux et y mit en garnison les

146 xNOTES DES MÉMOIRES.

compagnies des capitaines V.s. [sic] et Tilhouse réduites à 140 soldats sans comprendre les officiers. »

(96) Barthélémy de Mun, seigneur de Mun, guidon de la compagnie de Ra}'mond de Cardaillac-Sarlabous, fit avec son capitaine les guerres de Gascogne. Il était en 1576 au siège de Mirande.

(97) Arnaud de Chelles, seigneur de Lubret, fils de Pierre de Chelles et de Anne dé Castelbajac, dame de Lubret. La terre de Lubret (canton de Trie (Hautes-Pyrénées) était depuis le xiii® siècle dans la maison de Castelbajac. Odet de Castelbajac, seigneur de Lubret, fit bâtir en 1470 l'église de Lubret. Il n'eut que deux filles dont l'aînée, Anne, porta la terre de Lubret dans la maison de Chelles, qui la possédait encore en 1665. Arnaud avait épousé Marguerite de Navailles. [Arch. de Pau, 1556-1562, E ^626.]

(98) Antoine de Baudéan, seigneur et baron de Baudéan, fils d'Arnaud, baron de Baudéan, et d'Andrive de Rivière-Labatut, gouverneur de Bagnères. Baudéan fut tué par le capitaine Lisier dans les circonstances relatées plus haut. Il était sorti de Bagnères, accompagné de deux bourgeois qui n'avaient comme lui que leur épée, allant au-devant de Saint-]\Iartin qu'il attendait à dîner. Il prit Lysier pour son convive et fut à sa rencontre; mais il reconnut bientôt sa méprise, et comme il s'arrêtait, Lysier lui cria : Baudéan, rends-toi ! Le brave gouverneur répondit en mettant l'épée à la main. Ses deux compagnons prirent lâchement la fuite le laissant aux prises avec un adversaire mieux armé. Néanmoins la lutte fut longue. Lysier voulait faire Baudéan prisonnier, mais à la fin, ne pouvant le déterminer à se rendre, il l'étendit mort à ses pieds d'un coup de pistolet. En le voyant tomber, il prévit les ressentiments qu'il avait amassés sur sa tête : Malheureux ! s'écria-t-il, je viens de me tuer moi-même ! Il disait vrai. Ces détails, extraits des auteurs cités à la note sur Lysier, difîerent de ceux que donne V Information faite en 4575 par le sénéchal de Tardes. Il y est dit que le château de Cachou [sic. Caixon], appartenant à i'évêque de Tarbes, fut investi et saccagé par Lysier, et que Baudéan n'ayant point voulu le livrer, ainsi qu'on l'en sommait, expia son refus par la mort, 1573. [Poeydavant, t. ii, 86.] Baudéan fut remplacé au gouvernement de Bagnères par Jean de Cardaillac, seigneur d'Ozon.

(99) Henriette d'Ossun, fille du vaillant Pierre, seigneur d'Ossun, et de Jeanne de Roquefeuille, épousa en premières noces Antoine de Rivière, vicomte de Labatut, et en deuxièmes Roger de Montesquiou,

vicomte de Sadirac, avant 1591, date du testament dudit Roger de Montesquiou.

(100) Pierre, baron d'Ossun, seignem* de Seysses, Saint-Luc, Miramont, etc., etc., gentilhomme ordinaire de la chambre, chevalier de l'ordre du roi, épousa, en 1574, Françoise d'Espagne, deuxième fille de Jacques-Mathieu d'Espagne, baron de Seysses-Tolosanne et Panassac, seigneur de Loubersan, Mongardin, Bezues, etc., etc., et de Catherine de Narbonne. La sœur aînée de Françoise, Jeanne- Germaine, se maria quatre ans plus tard (21 juin 1578) avecmessire Henri de Noailles d'Ayen.

(101) Ce nom propre est mal écrit dans le manuscrit original des Mémoires. On peut lire Barhachyn et Bardachyn. Barbachyn serait Claude de Bazillac, dame de Barbachyn [village du canton de Rabastens (Hautes-Pyrénées], mariée à Jean de Montesquiou- Artagnan. Il y avait aussi une famille du nom de Bardachyn, dont l'existence nous est révélée par l'inventaire des titres de la maison du Haget de Vernon. Jean du Hagèt, seigneur du Haget, en Magnoac, avait épousé en deuxièmes noces demoiselle Marguerite de Bardachin, laquelle était veuve de lui en 1578. Son fils aîné Jérôme, seigneur du Haget, est dit, en 1573, héritier de messire Philippe de Bardachin, seigneur de Saint-Jean.

(102) Ce « chasteau de la comté de Foix, » assiégé et rasé par La Valette, était le bourg de Camarade (canton du Mas-d'Azil (Ariège). Olhagaray (t. ii, p. 642) rappelle, sous l'année 1574, le siège de Camarade, dans ce passage où il dit que les habitants de Bordes, ayant chassé les prêtres et juré tous de mourir pour la religion, furent « menacés d'être assiégés par La Valette qui battait furieusement Camarade; à quoy la venue du sieur Lèvega appelé en la place de Montagut fut fort utile. Néantmoins ce lieu ayant été rasé, les habitants furent préservés et se sauvèrent au Mas. » Les « bandoliers » qui s'étaient joints aux « gens voleurs » du château de Camarade étaient des huguenots de Bordes. Le Dictionnaire de Trévoux dit au mot bandouliers : « sorte de vagabonds. Voleurs de campagne, qui volent en troupe ou avec armes à feu. Latrones, granatores. Les montagnes des Pyrénées sont pleines de bandouliers, et ce sont les voleurs de ce lieu-là qui ont donné le nom à tous les autres. Ils sont nommés ainsi de ce qu'ils vont en bande, comme qui dirait : han de voleurs, bande de voleurs. »

(103) Pierre de Béon, seigneur du Massés, dans le canton deMasseube (Gers), était fils de Méric de Béon, seigneur du Massés, capi-

taine de cinquante hommes d'armes des ordonnances, et chevalier de l'ordre, brave capitaine souvent cité par Monluc et Brantôme, mort en 1569. [Voyez Commentaires, édition de Ruble, t. v, p. 185.] Pierre, aussi chevalier de l'ordre, était à Marciac avec d'Antras au mois de mars 1577. [Voyez à ï Appendice I\3l lettre écrite par Cornusson à d'Antras.] On lira plus loin le récit de sa mort à l'attaque du château de Saint-Julien, page 68. Il eut, de Marguerite de Faudoas-Sérillac, Jean-Pierre de Béon, seigneur du Massés, qui a continué les seigneurs du Massés, Rouède, Mont-d'Astarac, éteints à la fin du xvii« siècle, dans la maison de Timbrune- Valence.

(104) Bernard de Béon-Massés, seigneur d'Esclassan, frère du précédent, un de nos plus illustres gascons. Courcelles, dans son Dictionnaire historique et biographique des généraux français [t. ii, p. 123], lui consacre les lignes suivantes : « Bernard de Béon du Massés, maréchal de camp (lisez mestre de camp) servait dans les bandes de Picardie, lorsqu'au rétablissement des gardes françaises, le 1" octobre 1574, il y obtint la place de lieutenant-colonel. Il se trouva en cette qualité à la bataille de Dormans, en 1575; au siège de Brouages en 1577, et au siège de La Fère en 1580. Ayant obtenu, le l"mai 1584, le gouvernement de Carmagnole, il se démit de la lieutenance colonele du régiment des gardes. Créé maréchal de camp le 16 novembre 1585, il fut employé dans l'armée du Dauphiné, commandée par le marquis de Valette, et servit au siège de Chorges. Il obtint l'agrément de lever une compagnie de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi, et on lui donna la lieutenance générale des gouvernements de Saintonge, Angoumois, Aunis et La Rochelle au mois de mars 1589. S'étant démis du gouvernement de Carmagnole, il fut nommé conseiller d'Etat en 1597 et chevalier des ordres du roi en 1604. Il commanda en Saintonge et en Aunis jusqu'à sa mort, qui eut lieu en 1608. » Il avait épousé en premières noces, le 1" janvier 1572, Gabrielle de Marrast, dame d'Esclassan, près Masseube (Gers), veuve de Jean de Saint-Lary-Bellegarde dit le capitaine Montastruc, et fiUe de Jean de Marrast, seigneur d'Esclassan, et de Jeanne de Devèze. Il épousa en deuxièmes noces Louise de Luxembourg-Brienne.

(105) Jacques de Béon, vicomte de Sère, fils de Bernard de Béon, seigneur de Ricau, et de Miramonde de Montant, avait hérité de la vicomte de Sère à la mort sans enfant mâle de son oncle, Sébastien de Béon, vicomte de Sère. Il avait épousé, par contrat du 24 juillet 1569, Philiberte de Béon du Massés, sœur de Massés et d'Esclassan,

et se remaria avec Catherine de Faudoas, veuve de messire Carbon de Marrast, seigneur de Mont-de-Marrast, capitaine aux gardes.

(106) Carbon de Marrast, seigneur de Mont-de-Marrast (canton de Miélan (Gers), capitaine aux gardes, fils de messire Carbon de Marrast, seigneur de Mont-de-Marrast et gouverneur du comté de Pardiac, mort avant 1546. Carbon est aussi qualifié de gouverneur du Pardiac, dans une transaction du 17 octobre 1546 avec les habitants de Mont-de-Marrast, au sujet des droits féodaux. (Etude de M. Magné, notaire à Mirande.) Mont-de-Marrast accompagnait Henry de Navarre lorsqu'il s'évada de la cour, le 1®"" février 1576. [Voyez du Pleix, Aubigné, etc.] On lira plus loin le récit de sa mort au siège de Sainte-Bazeilhe, en 1580 (p. 72). Sa veuve, Catherine de Faudoas, se remaria avec Jacques de Béon, vicomte de Sère, dont nous venons de parler, et sa fille Anne, épousa François de Béon, fils aîné de Jacques, vicomte de Sère, et de Philiberte de Réon-Massés, sa première femme. D'après le Glanage Larcher, la maison de Marrast porte : d'or à deux loups de gueules, passant Vun sur Vautre.

(107) Jacques de Labarthe-Giscaro, seigneur de Valentine, dit le capitaine Giscaro, le second des trente-deux enfants de Paul de Labarthe, seigneur de Giscaro, et de Marie de Béon d'Armentieu de La Palu, auteur de la branche dite de Giscaro- Valentine. Il s'était emparé de la ville d'Auch, où le roi de Navarre tenait garnison. La lettre sévère que lui écrivit Henry, à cette occasion, n'est pas dans le recueil de M. Berger de Xivrey :

« Capitaine Giscaro, l'on m'a dit que pour vous excuser de vous estre mitz dans ma ville d'Aux vous alléguez que c'est par commission expresse du roy monseigneur, ce qu'estant icy Monsieur de Montpensier mon oncle, je lui ay demandé s'il en eust esté despéché aulcune par Sa Magesté en mon gouvernement, qui m'a asseuré que non. Toutesfois que s'il en eust esté austrement je m'esbahis bien premièrement que telle charge vous ayt esté adressée, segondement que vous ne me Fayés incontinent envoyée montrer et avant qu'entreprendre d'entrer avec forces dans ma dite ville et estre le premier voir le seul qui ayt commencé la guerre en mon dit gouvernement, et me semble bien que vous vous debvies contenter que vous ne faisies guère que de sortir de mon château de Nérac, vous y estant tellement comporter que chascun scait sans ajouter à cela vostre dernière main et ne chercher autre sujet de faire la guerre qu'a mes terres et à moy qui suis d'assez bonne mayson et n'ay que trop de

moyens pour m'en revancher si vous ne reparés votre faulte et vous retirés promptement hors de ma dite ville, comme je veulx croire que vous fayrés. Priant Dieu sur ce capitaine Giscaro vous tenir en sa garde. — Escrit d'Agen le xi février 1577. — Le bien votre, Henry. [Original aux archives de M. le comte de Labarthe-Giscaro. Nobil. de Guy. et Gasco., t. i, p. 247.] Six jours après, le roi de Navarre lui commanda de nouveau de sortir de la ville. Cette seconde lettre est imprimée dans le recueil de M. B. de Xivrey; nous en détachons ce passage : « Si est-ce qu'il m'a semblé vous debvoir escrire ceste cy pour vous prier et exhorter, oii vous l'auriés entreprins, vous en despartir, puisque vous n'avés rien à commander sur ce qui m'appartient, comme faict la dicte ville. Aultrement, où vous vous oublieriés de tant que de l'entreprendre, vous pouvés penser que je ne suis pas pour le souffrir sans en avoir ma revanche en quelque temps que ce soit. » [17 février 1577.] Sur l'occupation de la ville d'Auch par Giscaro, voyez Histoire de la ville d'Auch, par M. Prosper Lafforgue, t. I, p. 207.

(108) Probablement Antoine de Mont, écuyer, habitant de Lupiac, fils de Jean de Mont, écuyer. Il mourut à Beaumarchez, en 1581, laissant de sa femme Jeanne de Navarre, un fils, Charles, mort jeune. Jean de Mont, écuyer, sieur du Castéra, frère d'Antoine, recueillit sa succession. Enquête faite contre Jean de Mont, sieur du Castéra, habitant de Beaumarchés, 4606, dans laquelle il est dit qu'Antoine était mort depuis vingt-cinq ans, et Jean, son père, depuis cinquante. (Archives du château de Coutens, près Marciac.)

(109) Jean- Alexandre de Lasseran, seigneur de Mansencôme, Moncla, etc., avait épousé en 1563 Raymonde de Martres, et habitait le château de Moncla, à six kilomètres de Mirande. (Voyez dans la Revue de Gascogne, t. xv, p. 145, une intéressante notice sur le château de Moncla et ses seigneurs, par M. Paul La Plagne-Barris.) Les seigneurs de Mansencôme et de Moncla étaient, depuis la fin du xv" siècle, des Baylens-Poyanne, cadets de la grande maison de Baylens, seigneur de Poyanne, dans les Lannes, près Saint-Sever- Adour, substitués aux vieux Lasseran, issus de la maison de Montesquiou. Jean de Lasseran, seigneur de Mansencôme, marié en 1415 avec Catherine d'Astarac, dame de Moncla, nièce du comte d'Astarac, n'avait eu qu'une fille, Isabeaude Lasseran, qui épousa Charles- Aymeri de Baylens de Poyanne, seigneur de Nousse et Gamarde, dans les Lanixes, chambellan des rois Charles YIII et Louis XII. Il fut stipulé dans le contrat que leurs enfants porteraient les noms et

armes de la maison de Lasseran. Charles de Poyanne et Isabeau de Lasseran eurent pour enfants : François de Lasseran-Poyanne, seigneur de Nousse et Gamarde, marié en 1513 avec Agnès de Verduzan de Miran, qui fit son testament en 1527 en faveur de son frère, autre François de Lasseran de Poyanne, seigneur de Mansencôme et Moncla. C'est de ce dernier que descendait le seigneur de Mansencôme, dont il est ici question, et les barons de Lagarde, en Astarac, plus tard marquis de Lagarde et de Mordue, après l'extinction de la descendance mâle du maréchal. (Voyez note 17 des Extraits Moniesquiou.)

(110) Jean de Montlezun, seigneur de Baratnau et Montastruc (près Fleurance (Gers), sénéchal d'Armagnac. Il devait apporter d'autant plus d'ardeur au siège de Mirande, que le roi de Navarre venait de le chasser de Lectoure, 1576; il avait osé appeler canaille ceux de la religion et proférer des menaces de mort contre ledit roi en bonne compagnie. (Bibliothèque de Toulouse, manuscrit C 10 cité par M. Ch. Pradel, dans son édition des Mémoires de Jacques Gâcher, Paris 1879.) Baratnau était un vieux et brave capitaine, ses états de service en font foi. En 1562, il reçut commission pour lever en Armagnac une compagnie de cinq cents hommes de pied, et fut tenir garnison à Auch (Registres consulaires). Il était, la même année, au siège de Lectoure avec sa compagnie (Monluc) . Nous le retrouvons à Castres, au 22 mars 1565, capitaine d'une compagnie de deux cents fantassins. [Journal de Faurin sur les guerres de Castres, dans les Pièces fugitives, etc., du marquis d'Aubais.) Gâcher raconte (p. 64, sous l'année 1567) que le capitaine Baratnau se jeta dans l'abbaye de Saint-Pierre, à Montpellier, avec sa compagnie et bon nombre de catholiques, y fut assiégé par les protestants, soutint un siège de quarante-huit jours, et « fut contraint, après avoir souffert la faim, mangé chevaux, mulets, chiens et cave huit pans en terre pour attraper un rat de se rendre à M. Dassier, a composition honorable laquelle luy fut gardée et la ville demeura à ceux de la religion; 18 novembre. » Jean de M., seigneur de Baratnau et Montastruc, est qualifié chevalier de l'ordre du roi, le 23 octobre 1572, dans un acte où Alexandre de Preissac, baron d'Esclignac, et Bertrand d'Astugue, seigneur de Corné, procureurs fondés de Michel d' Astarac, baron de Marestang, se rendent cautions de la restitution de la somme de 7,500 livres, pour le cas où ledit Baratnau n'obtiendrait pas du roi de Navarre l'office de sénéchal du comté d'Armagnac, avec les capitaineries des châteaux de Lectoure et de Lavit de Lomagne et tout ce

qui en dépendait; office dont ledit baron de Marestang avait fait la résignation entre les mains du roi de Navarre en faveur dudit Baratnau. (Archives nationales, cabinet des titres.) Les archives du château de La Tour (à M. le comte de Lary) renferment, sous la date de 1573, une requête adressée par Monluc au duc d'Anjou pour demander la punition de Baratnau qui avait enlevé la dame veuve de La Tour (Françoise de Bezolles veuve de Bernard de Lary, seigneur de La Tour) et massacré tous ses serviteurs. Il est dit dans la requête que le sieur de La Tour ayant été tué au siège de La Rochelle, Baratnau, sous prétexte d'aller porter ses consolations à sa veuve, se rendit au château de La Tour avec plusieurs de ses valets, enleva la veuve, etc. Brantôme { Vie du prince de Condé) signale parmi les « belles choses » qui se firent au siège de La Rochelle, une escalade que l'on donna « le plein jour, le matin à six heures en esté, » oii La Tour se distingua. « Monsieur fist la première pointe, qui la fit très bien, et la fit beau voir à tous leurs beaux mandils neufs de velours jaune, avec du passement d'argent et noir. Entr'autres premiers fut un La Flesche d'Anjou, un La Cassagne (Jean de Vezin) et un La Tour, Gascons, qui ne venoient que de frais du siège de Monts, d'avec Monsieur de La Noue, très braves et renommez soldats. •» Les échelles sont placées, les soldats, La Cassagne et La Tour en tête montent et vont entrer dans la ville. Lorsque « l'ennemy s'esveille, s'assure, prend les armes, commence à tirer à ceux des nostres qui estoient montez, qui prirent l'espouvante de telle façon que nous les vismes tomber avec si grande confusion et peur sur nous, qui estions prests à monter, et à deux eschellons, qu'ils nous renversèrent par terre et cuidames estre crevez et mesmes les corcelets. » Bien que Brantôme ne dise pas que La Tour fut tué dans cette affaire, il y a tout lieu de croire que le brave gentilhomme n'en revint pas; remarquez que l'escalade eut lieu en « plein esté » et que la requête des gentilshommes contre Baratnau est du mois de juin. Nous en dirons de même de La Cassagne, dont on ne retrouve plus le nom dans les Commentaires à partir de cette date. Les deux Gascons qui étaient montés les premiers sur la muraille, durent être aussi les premiers frappés. Quoi qu'il en soit, Baratnau enleva la veuve de La Tour et l'épousa. Mais là ne se bornèrent pas ses méfaits; quelques années après, il tua, dans les rues de Fleurance, le fils aîné de sa femme, Bernard de Lary de La Tour, et s'enfuit en Espagne pour éviter la justice du roi. Une lettre d'Henry IV au marquis de La Force, lieutenant en Béarn, nous apprend qu'il fut arrêté à Pampe-

lune : « J'ay esté bien aise d'apprendre par la vostre que le sieur Montastruc-Baratnau ait esté arrester prisonnier par la chancellerie de Pampelune, pour le meurtre qu'il avait cidevant commis en la personne de son neveu, le sieur de La Toiu", mais je ne crois pas pour cela qu'ils en fassent justice et comme vous me mandez tiendront cette affaire en longueur, pour par la pratiquer quelques uns

au préjudice de mon service Paris, 26 juillet 1609. » [Mém. de

La Force, t. ii, p. 239.) Le recueil des lettres d'Henry IV, de M. Berger de Xivrey, renferme une lettre adressée le 24 novembre 1576 à « M. de Barannau, chevalier de l'ordre du roy, mon seigneur, mon conseiller au seneschal de mon comté d'Armagnac. » Au 15 mai 1586, Baratnau, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances, passe la revue de sa compagnie à Auch. (Voyez Monlezun, Hist. de Gascogne, t. vi, p. 194.) Il vivait encore le 7 septembre 1612. A cette date, il transige avec Frédéric de Lastours, seigneur d'Andoufielle, au sujet d'une somme de 5,000 livres due par lui; il est qualifié dans l'acte de transaction : « Messire Jean de Molezun, sieur et baron de Barannau, chevalier de l'ordre du roy, cappitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, et cydevant seneschal d'Armagnac... » Baratnau eut de Françoise de Bezolles : 1» François, qui de Jeanne de Malvin eut Geoffroy, seigneur de Baratnau; 2° Jean; 3° Diane, mariée par contrat du 6 décembre 1593 à Odet de Monlezun, baron de Campagne et Projan.

(111) Philippe de La Roche, seigneur et baron de Fontenilles, gentilhomme de la chambre, chevalier de l'ordre, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances, très connu parles Commentaires de Monluc. Il avait épousé en 1567 Françoise de Monluc, fille du maréchal, et se remaria avec la célèbre Paule de Viguier dite la belle Paule, dont la merveilleuse beauté arracha au connétable de Montmorency cette enthousiaste exclamation : « La baronne de Fontenilles est une des merveilles de l'univers, c'est l'honneur de Toulouse et de son siècle . »

(112) François de Cassagnet-Tilladet, seigneur de Saint-Orens, €hevalier de l'ordre, capitaine de cinquante hommes d'armes, sénéchal du Bazadais, très souvent cité dans les Commentaires de Monluc, ainsi que son frère aîné, JVntoine, seigneur de Tilladet. Il testa le 13 avril 1588 et fut inhumé dans la cathédrale de Condom. Il avait épousé Jeanne de Monlezun, dame de Larroque-Fimarcon, dont il n'eut que deux filles. L'aînée, Françoise, dame de Larroque, fut mariée à un capitaine gascon de grand renom, Jacques du Lau, fils de Carbon, seigneur de Lau. (Voyez note 144.)

(113) Nous n'avons pu retrouver le nom de ce brave gouverneur de Mirande. Nous savons seulement qu'il était de la maison de St-Criq, seigneur d'Arance, en Béarn. Du Pleix [Hist. de Henry III, p. 58), parle de lui en ces termes : « St-Criq gentilhomme catholique mais serviteur affidé du Navarrais, tenant Myrande pour luy, y fut forcé par la noblesse et s'estant retiré au château y fut brûlé avec tous ses compagnons. » Cette façon d'agir qui rappelle un peu les procédés de Monluc, ne fut pas celle des compagnons de d'Antras; on voit par le récit des Mémoires, que cette assertion de Du Pleix est inexacte. Le roi de Navarre eut grand regret de la mort de St-Criq; il écrivit une lettre de condoléance à son frère Timothée de St-Criq. Poeydavant qui fait mention de cette lettre [Histoire des troubles du Béarn, t. xi, p. 118), ajoute en note : « Le collationé de cette lettre est entre les mains de M. de St-Criq d'Arance. » Nous avons recherché inutilement les archives de la maison de St-Criq, éteinte au commencement de ce siècle. Le château qu'habitaient les St-Criq, à Arance, vient d'être démoli; sur le sommet de la porte d'entrée était sculpté en relief un écusson écartelé, au i^^ et 4® de... à deux bandes de... au 5® et 3^ de... à l'étoile à cinq raies de...

(114) Jean de Montesquiou, seigneur de St-Jean-d' Angles, tué au siège de Mirande, était d'une branche latérale de la maison de Montesquiou, apanagée en 1354 de la terre de St-Jean-d'Angles. La généalogie de cette branche n'est rapportée par aucun auteur. Elle avait pour tige Guillaume-Arnaud de Montesquiou, dix-huitième fils de Raymond Emeric, baron de Montesquiou, et de Longue de Montaut. Jean était le dernier de sa branche; il laissait une fille, Antoinette, qui porta la terre de St-Jean dans la maison de Busca, par son mariage avec Jean-François de Busca, seigneur de Peyrusse, du 19 décembre 1598.

(115) Raymond de Pujo, dit le capitaine Pujo, était fils de Jean de Pujo, habitant de Vic-Bigorre, et d'Anne de Barrière. Au mois de mai 1574, après la prise de Tarbes, Gramont chargea le capitaine Raymond Pujo d'aller chasser du château de Cayon le capitaine Sempé, qui s'en était emparé. Il y réussit et tranquillisa les lieux voisins (Manuscrit Duco). Blessé à mort au siège de Mirande, il fut porté dans la maison du sieur Raymond Catout, oii il testa comme il suit : « Au nom du père et du fils, etc., Saichent tous présents et advenirs que ce jourd'huy 27^ jour du mois d'apvril 1577, à Myrande, seneschaussée de Tholose et diocèse d'Aux et dans la maison de Raymond Catout, marchand du dit Myrande, a este constitué en

personne Sire Raymond de Pujo, de la ville de Vic-Bigorre, habitant; lequel estant blessé d'un coup d'éclat d'une pièce de mosquet sur sa teste, à la reprinse du dit Myrande et pour la remettre à l'oubeyssance du Roy, lequel voyant, parlant, entandant parfaictement, a ordonné son dernier et valable testament en la personne de moy notaire et témoins bas nommés, etc. Fait des legs à Clarmontine et Guirautine de Pujo, ses sœurs; à Bernard, Jean et Raymond, ses frères, institue son héritier universel Pierre- Jean de Pujo, son frère aine, et demande à être enseveli dans l'église de Mirande au tombeau du dit Raymond Catout. Retenu par Jean Espès, notaire de Mirande. [Glanage Larchcr]. Pierre-Jean de Pujo, héritier de Raymond, était, en 1592, gouverneur de Vic-Bigorre et capitaine d'une compagnie d'arquebusiers, par brevet du 20 septembre 1592. Il acquit la terre de Lafitolle et fut la souche des Pujo, seigneurs et plus tard marquis de Lafitolle. Il avait épousé, le 14 août 1571, Gratiane de Lalanne. [Ibid.]

(116) Bertrand de Monlezun, seigneur de Las et Marceillan en Pardiac. La branche des Monlezun-Las, qui n'est rapportée nulle part, était issue de celle de St-Lary. Elle avait pour auteur Bernard de M., seigneur de Las, Marceillan, et Caussade, troisième fils de Bernard de M., seigneur de St-Lary, etc., et de Tiburge de Teulé. (Voyez La Chenaye des Bois.) Bernard rendit hommage en 1424 pour les terres de Las, Marceillan, etc., et fut père de Bertrand, qui de Flore d'Avillac de Villepinte, eut : Pierre, marié avec Jeanne de Roquelaure. Jean, son fils, épousa Marie de Lupé, des seigneurs de Lupé et Lasserrade, et en eut Amanieu, qui épousa en 1538 Anne de Béon d'Armentieu. Bertrand, le « bon et intime amy » de d'Antras, était leur fils.

(117) Jean de Monlezun-Baratnau, sieur de Magensan, frère cadet du fameux Baratnau, est probablement celui que Monluc appelle le « Jeune Baratnau » et qui lui sauva la vie au combat de Ver, en 1562. Le « Jeune Barannau » occupait Pamiers en 1565, sous les ordres de Damville avec le capitaine Gonnelieu. Ils y commirent les plus grands excès. [Archives curieuses, t. vr, p. 313). Magensan avait épousé avant 1585 demoiselle Indie Dupuy, fille et héritière de feu maître Jean Dupuy, docteur et avocat, habitant de Castelnau de- Rivière-Basse, et de Marie de Toujouse, dame de Pontac. Le 13 août 1585, il fait un échange avec Bertrand de Toujouse, seigneur de Maupas, lui donne la métairie noble de Camicas, jurisdiction de Viella, en échange de la salle de Montus avec les fonds et droits

seigneuriaux en dépendants. {Glanage Lar cher.] Marie de Toujouse, dame de Pontéac, teste le 16 février 1609. Déclare qu'elle a épousé en premières noces M. Jean Dupuy, duquel elle a eu Indie, mariée au sieur de Magensan, qu'elle institue héritière universelle, fait des legs à Jean et François de Monlezun et à Marie de Monlezun ses petits enfants; dit qu'elle a épousé en deuxièmes noces noble Pierre de Pomiez, et en troisièmes Isaac de Breschan, de la ville de Montguillem, lequel l'a maltraitée et obligée de se retirer à Pontéac; qu'il avait vendu ladite terre de Pontéac à Pierre de Médrano, seigneur de Maumusson, et voulait l'obliger à ratifier cette vente, ce à quoi elle déclare ne pas consentir. [Ibid.] Marie de Monlezun, fille de Magensan, épousa François Ogier de Bonlouix, fils aîné de Béraud et de Diane de Batz (6 août 1413). (Voyez note 11 des Extraits Montesquiou.)

(118) Jean de Media villa-Baure, seigneur de Juillac et Coutens, près Marciac, fut admis à faire le service personnel, à Fleurance, dans la compagnie de Jean de Montlezun, seigneur de Baratnau, pour raison des seigneuries de Juillac et Coutens et de la huitième partie de Samazan, ainsi qu'il conste par un certificat dudit Baratnau, daté du 20 mai 1573. (Glanage Lar cher.) La terre de Juillac appartenait primitivement à la maison de Monlezun-Campagne. Elle fut aliénée le 10 juin 1537 en faveur de Gaillard de Baure, marchand de Marciac, par Louis de Monlezun, seigneur de Campagne. Baure laissa cette terre à son neveu, Jean de Mediavilla, avec charge de porter son nom. La terre de Coutens avait été acquise par le même Gaillard Baure de messire Thomas de Podenas, seigneur de Marambat, pour la somme de 2,000 livres tournoises, le 30 avril 1554. Jean de Mediavilla-Baure n'eut point d'enfants de demoiselle Jeanne d'Abbadie Saint-Castin, fille de Bernard d'Abbadie, évêque de Lescar. Tl fit un premier testament, le 20 septembre 1630, en faveur de Pierre de Resseguier, président au parlement de Toulouse, déshéritant sa femme qu'il accusait d'avoir emporté ses économies en Béarn. Il disposa de nouveau de ses biens en faveur de sa sœur, Diane de Mediavilla, femme de Jean-Antoine de Lasseran-Cazaux, seigneur de Sanous, à charge de faire prendre à ses enfants le nom et armes de

Mediavilla. Le testament est clos d'un cachet qui porte : de à

deux arbres de accostés de deux pointes de rocher; au chef de

chargé de trois étoiles de Ce dernier testament fut l'occasion d'un procès entre le seigneur de Sanous et le président de Resseguier, à la suite duquel ce dernier fut maintenu dans la possession

des terres de Juillac, Coutens et Caumont. Ses descendants les possèdent encore aujourd'hui.

(119) Guy de Lavardac, seigneur de Meymes. Les protestants se montrèrent peu reconnaissants de son intervention. Il fut assassiné par eux au château de Lassalle (près d'Aignan (Gers), où il assistait à un festin de noces, avec Annet de Rivière, vicomte de Labatut (v. n. 90), Pierre de Laur, seigneur de Mauhic, et une foule d'autres gentilshommes. Les protestants tombèrent sur eux à l'improviste, massacrèrent les deux époux et les convives et pillèrent le château. [Manuscrit Duco, d'après les Mém. de d'Antras.) Nous nous sommes trompés quand nous avons dit dans notre Avertissement que le récit des massacres du château de Lassalle appartenait à la seconde partie des Mémoires (1589-1610); Annet de Rivière, l'une des victimes, était mort avant le 5 mars 1588, date de l'inventaire de ses biens fait à la requête de sa veuve, Marthe d'Ossun (v. n. 90). Cet événement dut avoir un grand retentissement en France, car nous le trouvons mentionné dans les Mémoires-Journaux de Pierre de l'Estoile, sous l'année 1588 : « Au commencement de février, au pays d'Armaignac, un gentilhomme huguenot du pays, et partisan du roy de Navarre, bien armé et accompagné, entra de force en la maison d'un sien voisin, gentilhomme, qui marioit sa fille, le tua et tous les gentilshommes au nombre de trente-cinq, qui étoient au festin; on disoit que ce carnage avoit été fait du consentement du roy de Navarre qui étoit bien averti que sous couleur de nopces, on y brassoit une entreprise contre sa vie; la vérité est que tous ceux qui avoient été appelles étoient de la Ligue. » Quel malheur que cette partie des Mémoires de d' Antras ait été détruite ! Elle nous aurait donné les détails de cette horrible tragédie, peut-être les noms des bourreaux et des victimes.

(120) Il est fait mention du pillage de Coutens dans une enquête de 1606 en faveur de Jean de Mediavilla, seigneur de Juillac. Un des témoins de l'enquête dépose: « Estre souvenant qu'environ cinquante ans peuvent être passés que la maison seigneuriale de Coutens fut pillée et saccagée; et du depuis encore l'a esté pour la seconde fois environ trente ans peuvent être passés, et ce par ceux de la prétendue religion reformée, jusques ny avoir rien laissé de tout ce qui leur agréât et à son avis pense bien qu'ils emportèrent les papiers et documents de la dite maison, et plus n'a dit savoir sur le contenu de cet article sinon aussi que la ville de Marciac fut prinse et saccagée par ceux de la religion prétendue reformée comme fut aussi bien la

maison diidit sieur de Juillac qu'il avait en la ville deMarciac, outre celle dudit Coûtons. Et tout ce dessus a dit savoir pour l'avoir vu. » (Arch. du château de Coutens.)

(121) Nous avouons humblement que ce mot de rame/e^ nous a embarrassé. Nous nous sommes adressé à notre savant maître et ami, le brillant et si goûté professeur de littérature étrangère de la Faculté catholique de Toulouse. Voici la note que nous a envoyée M. Léonce Couture :

« Ramelet signifiait étjonologiquement petit rameau, mais ce » mot avait pris en languedocien -^-ulgaire le sens de bouquet. C'est » assurément dans ce sens, avec un détournement métaphorique, » que Pierre Goudelin a intitulé son célèbre recueil, qui parut pour » la première fois en 1617, leRamelet moundi (leBouquet toulousain). » Plusieurs des pièces liminaires du Ramelet parlent à Goudelin » des « fleurs » de son « bouquet. » Un poète latin, nommé Malard, » comme plus tard le P. Tanière, traduit Ramelet moundi par ser- » tum tolosanum. — Mais on donna depuis à Toulouse le nom de » Ramelet à des réunions joyeuses, où concouraient plusieurs quar- » tiers, et où les jeunes gens prenaient des uniformes ou des dégui- » sements caractéristiques. M. le D"" Noulet, l'homme aujourd'hui le » plus versé dans ces curiosités de la langue et des mœurs langue- » dociennes, a bien voulu me communiquer une brochure toulou- » saine de 1784, intitulée le Ramelet de Sent-Graspasy. 11 s'agit de » la fête votive et populaire de Saint-Caprais, aujourd'hui Croix » Daurade. Le poète anonyme dit dans son Abis al lectou :

Espèri qu'a mous bers non faran pas grimasso, E que tu, cher lectou, se trobas a prespaous, Bengos al Ramelet dansa dambe nous aoux.

» Bans la poésie même l'auteur a soin de décrire l' Uniformo del T> cartie des nègres (Pénitents noirs), des blancs [Pén. blancs), del » bary Sent-Estienne (Faubourg Saint-Etienne), de Visio de Tou- » nis, etc. — Ainsi, le Ramelet était, en même temps qu'une fête » populaire, un ballet paré. Il n'est donc pas surprenant que d'An- » tras ait donné le même nom à un vrai ballet aristocratique. »

Léonce Couture.

Nous nous demandons si aux beaux exercices dont parle d'Antras ne se rattacherait pas le divertissement pastoral qui a fourni à M. Philippe Lauzun le sujet d'une bien intéressante plaquette. [Un ballet agenais au commencement du XVll" siècle, Agen, F. Lamy, 1879,

in-8o.) Comme rien ne prouve que le ballet ait été un ballet agenais, et qu'il doive être attribué au commencement du xvii« siècle, nous avons grande envie d'y reconnaître un ^a//e^ gascon du dernier quart du xvi« siècle. Ce qui rend pour nous cette supposition fort tentante, c'est que l'on y voit figurer (p. 32), sous le nom de Damon, « un Monsieur de Samazan » qui a bien l'air d'être notre héros lui-même. Deux des personnages masculins et féminins sont purement gascons (Mademoiselle de Marin, qui était de l'illustre maison des Du Bouzet, et M. de Sainte-Colombe, qui doit être Jean du Bouzet, né vers 1558); les autres, s'ils appartiennent à l'Agenais, peuvent être considérés comme ces « gentilshommes voisins » qui, d'après l'assertion de d'Antras, vinrent se joindre aux hôtes mêmes de Marciac. M. de Saint- Amans, dans les papiers duquel M. Ph. Lauzun a retrouvé le prétendu ballet ageîiais, l'appelait, sous le premier empire, « une production poétique imprimée à Agen il y a plus de deux siècles. » La petite pièce a parfaitement pu être imprimée à A gen sans qu'il en résulte qu'elle y ait été jouée. La date précise manquant, nous pouvons, ce nous semble, profiter de l'élasticité de la formule de M. de Saint-Amans : il y a plus de deux siècles, pour reporter notre ballet à l'année 1577. Ajoutons que les efforts faits par M. Lauzun pour identifier les personnages de la Troupe de bergers et de bergères, avec des personnes qui auraient vécu, soit à Agen, soit aux environs de cette ville, vers 1605, ont abouti à des conclusions toujours ingénieuses, mais jamais irrésistibles, et qu'il a dti renoncer à deviner quel était le Monsieur de Samazan qui, pour nous (nous ne donnons notre opinion que comme probable), serait Jean d'Antras, du moins tant que l'on n'aura pas trouvé à nous opposer un argument tiré d'un document correct et d'une date décisive, et qui déchirerait à jamais le frêle tissu de nos conjectures.

(122) Simon de Bajourdan, seigneur de Bajourdan en Magnoac, chevalier de Tordre du roi et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, était fils de Pierre, seigneur de Bazourdan, et de Paule de La Barthe-Termes, sœur du maréchal. Son frère aîné, Hugues, est cité par les historiens du xvi® siècle comme un brave capitaine. Brantôme (vie de l'amiral de Châtillon) dit : « Monsieur de Boisjourdan l'aisné, très brave et vaillant gentilhomme, neveu de Monsieur le maréchal de Termes. » Il fit avec distinction les guerres d'Italie et de Gascogne et fui tué, en 1562, au siège de Montauban. <l Etant allé reconnaître une batterie et destournant quelque peu sa rondache, fut atteint d'une arquebusade audessus du

tétin gauche dont il mourut k l'instant. » [Histoire des cinq rois). « Sans sa mort les choses fussent allées mieux, dit Monluc, car c'estait une saige teste et homme de guerre. » Simon devenu l'aîné, tint avec succès l'épée de son frère. Il se distingua au siège de Poitiers en 1569 (Aubigné) et au siège de La Rochelle en 1573 (Id.)y fit la guerre en Languedoc sous le maréchal de Damville (Pérussis). Simon avait épousé Rose de Montpezat de laquelle il eut sept enfants : Jacques, François, Paul, assassiné en 1620, Simon- Carbon, Françoise, Anne et Louise. De ces sept enfants, une fille seule laissa postérité; ce fut Anne, mariée à Louis de Carbonnau, seigneur de Lassalle-Goulens. Simon de Bajourdan avait acquis en 1595, de dame Claire d'Espagne-Panassac, épouse d'Henri de ISoailles, d'Aven, les terres de Panassac, Bézues, Loubersan, Mongardiu. Le défaut de postérité de ses enfants et les complications d'une succession embrouillée firent que ces terres furent le sujet d'un procès qui dura 200 ans, n'ayant été jugé définitivement qu'au commencement de ce siècle, en faveur de la baronne de Ségla-Monbardon. Un certificat de service militaire, délivré en 1588 par Simon de Bajourdan et scellé de ses armes, porte sur un sceau ovale un écu entouré du coUier de l'ordre chargé d'un bélier sautant sur champ de... Simon signe Bazordan. (Archives de madame la comtesse de Raymond). Il avait encore un frère nommé Jacques, qui fut abbé de Mongranier.

(123) Jean de Montpezat-Carbon, seigneur de Touilles et Salies, en Comminges, second fils de Bernard de Montpezat-Carbon, seigneur de St-Martory, Tajan, Touilles, Salies, Mansieux, et écuyer tranchant du dauphin, gouverneur de La Réole et sénéchal du Bazadais, et de Catherine de Montpezat-Aiguillon, et petit neveu du fameux Carbon (Jean de Montpezat), général des armées du roi de Navarre et sénéchal du Bazadais. Cette maison de Carbon a joué un rôle considérable dans les guerres des xvi« et xvii« siècles. [Voyez du Bellay Boyvin du Yillars, Monluc, etc., etc.]. L'impossibilité de trouver la position géographique de Carbon nous a fait penser que ce nom n'était peut-être qu'un nom de guerre. C'est une tradition de famille chez les Montpezat que ce nom a été donné par un roi de France à un de leurs auteurs dont le teint bruni à l'excès par les guerres, se, rapprochait de la couleur du charbon (Carbon). Cette tradition semble être confirmée par ce passage d'une lettre de Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre, écrite au maréchal de Montmorency en 1536 : « J'ay trouvé Carbon et sa compaignie... et croy

si l'empereur (Charles Quint) avoit veu les beaux visaiges de cette compaignie, tous du taint de Carbon, ilz lui feroient si grant paour qu'il n'en ouzeroit approcher. » Il s'agit ici de Jean de Montpésat- Carbon, un des familiers de la reine de Navarre. C'est lui que M. Félix Frank a cru retrouver dans U Heptaméron, sous le pseudonyme de Sa/redant, et Françoise de Lomagne sa femme, sous celui de Nomerfide [Introduction à VHeptaméron de la reine de Navarre, Paris, Isidore Liseux, 1870). Nous n'admettons ni ne rejetons cette explication du nom de Carbon; nous dirons même qu'on pourrait lui opposer le titre de baron de Carbon pris en tête d'une ordonnance par Géraud-Antoine de Montpezat, seigneur de Touilles, Prat et Vidaussan, sénéchal du Nébouzan, petit-fils de celui qui fait le sujet de cette note. Mais où se trouve cette baronnie de Carbon? Revenons à notre capitaine. Jean de Montpezat-Carbon épousa par contrat du 10 juin 1581, au château de Prat en Couzerans, Claire de Mauléon, fille de François, baron de Mauléon, et de Catherine de Gramont- Aster. Il en eut : Jean-Antoine, chevalier de l'ordre, gentilhomme de la chambre, enseigne des gardes de la reine, maréchal de camp et sénéchal du Nébouzan, tué au siège de Montauban le jeudi 2 septembre 1621, à quatre heures de l'après-midi, en voulant emporter une demi-lune. [Mém. de Bassompierre], Il avait épousé Louise de St-Paul- Vidaussan, petite-fille de François de St-Paul, seigneur de Vidaussan, gouverneur de Calais, tué sur la brèche à la prise de cette ville en 1592; siège mémorable par l'héroïque conduite d'un autre capitaine Gascon, Michel de Patras de Campaigno, dit le Cadet noir, Jean-Antoine eut pour fils Bernard, Géraud Antoine, dont nous avons parlé plus haut; Jean, évêque de St-Papoul, puis archevêque de Toulouse, transféré à Sens en 1686; Joseph, évêque de St-Papuul et archevêque de Toulouse après son frère. Nous devons ajouter pour compléter cette note que le frère aîné de Jean de Carbon, appelé aussi Jean, seigneur de St-Martory, Tajan, Mancieux, et fils de Bernard, épousa l'héritière de la maison de Ste-Colombe-Esgarrebaque, en Béarn, Jeanne, dame d'Esgarrebaque, et qu'il en eut une fille, Catherine, mineure en 1575, mariée à Jean de Monlezun-Moncassin, capitaine de 50 hommes d'armes, chevalier de l'ordre du roi, et son lieutenant en Saintonge, souvent cité dans les Mémoires de la fin du XVI® siècle, et particulièrement dans la Vie du duc d'Espernon, par Gérard, sous le nom de Tajan, cousin du duc d'Espernon. Il était fils de Bernard de Monlezun-Lupiac, seigneur de Mon-

cassin, et de Hélène de Nogaret de La Valette. Son frère, Antoine

de MonlezuD, seigneur de Houeillès, dit le capitaine Houeillès, tue en 1589 au siège de Gergeau (Aubigné), mérite aussi d'être mentionné parmi nos plus braves capitaines Gascons.

(124) Bernard de Benque, seigneur d'Espujos (près Biran (Gers), capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances du roi, ainsi qualifié dans un acte du 14 septembre 1586, où il est dit qu'il avait emprunté à noble Jacques de La Boutique, sieur de Janyat, la somme de 333 écus sols un tiers, pour acheter un cheval d'Espagne et que pour l'indemniser il lui cède la métairie du Tarauquet, assise en la jurisdiction de Biran. Il était fils de Jean de Benque, seigneur d'Espujos, mariée en 1547 avec Isabeau de Rivière, veuve du sieur de Larboust.

(125) [Marquée i^Spar erreur']. Voyez dans V Histoire universelle de d' Aubigné, l'héroïque défense de Manciet. Le capitaine Mathieu qui y commandait se nommait Mathieu Langla. Il était de Manciet même et sa famille y était engagiste du domaine comtal. Il revint à Manciet et fut de nouveau capitaine de la ville et château par commission du roi de Navarre. (Archives de Pau.)

(126) Jean de Durefort, seigneur de Duras, fils aîné de Symphorien de Durefort, seigneur de Duras-Rozan, etc. Lui et son frère cadet, Jacques de Durefort dit le jeune Rosan, se battirent en duel sur le gravier d'Agen au mois de mars 1579, contre Henri de La Tour, vicomte de Turenne, et le baron de Salignac, Jean de Gontaut-Biron, <L auquel combat le vicomte demeura blessé de dix-sept coups. » [Pierre de l'Estoile, Journal de Henri III]. Il fut tué au mois de février 1587 au lieu de St-Sauvin-sur-l'Isle, près Libourne, sans laisser de postérité de Marguerite de Gramont-Aster. Son frère Jacques prit à sa mort le titre de vicomte de Duras. Il est l'ayeul des maréchaux de Duras et de Lorges.

(127) Roger de Comminge, baron de Péguilhan, chevalier de Tordre du roi. La terre de Péguilhan, première baronnie du Comminge, est sise près de Boulogne-sur-Gesse (Haute-Garonne). La branche de Comminge-Péguilhan, d'où sont sortis les seigneurs de Lastronques, de St-Lary, de Mancieux, de Vervins, etc., s'est éteinte en 1632, dans la maison de Villemur-Paillez.

(128) Savaric d'Aure, baron de Larboust et de Lapeyre, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes, sénéchal du Nebouzan et gouverneur des pays d'Arros et Adour.

(129) Bertrand de St-Pastou, seigneur de Salerm (près l'Isle-en- Dodon (Haute-Garonne), était en 1567 homme d'armes de la com-

pagnie de François de Deveze, seigneur d'Arné. (Voyez note 12, Extrait Montesquiou). Il avait épousé demoiselle Paule de Benque, dame d'Escanecrabe.

(130) Jean de Bazillac, seigneur et baron de Bazillac, Tostat, Sadournin, etc., en Bigorre, était au nombre des prisonniers faits à Navarreins par Mongonmery. Il échappa au massacre de Pau, grâce à un soldat de la garnison qu'il avait gagné. Celui-ci lui fournit une corde à l'aide de laquelle il se laissa glisser en dehors des remparts. (Manuscrit Duco). Il mourut vers 1583. Son fils, Paul, fut chevalier de l'ordre et sénéchal du Nébouzan, après Savaric d'Aure de Larboust.

(131) Jean-Jacques de Castille, baron de Castelnau-Chalosse, était fils de cet infortuné baron de Castelnau qui périt si tragiquement à Amboise, victime de la haine des Guises. (Voyez dans les Mémoires de Vieilleville ceux de Michel de Castelnau, et dans YHistoire de VEstat de France attribuée à Régnier de la Planche les détails émouvants de son procès et de sa mort). Jean- Jacques eut une vie fort agitée, tantôt ligueur, tantôt royaliste, il fut capitaine de 50 hommes d'armes, gentilhomme de la chambre, chevalier de l'ordre, sénéchal du Béarn, où il ne fut jamais accepté, n'étant pas Béarnais. Il avait été nommé à cette charge en 1592. Le Parlement refusa d'enregistrer ses lettres et la Cour des Comptes de payer ses gages. Le 24 mai 1597, Henri IV écrivit aux « amés et féaux les gens tenant la chambre des Comptes à Pau » d'avoir à payer à Castelnau les gages de l'année courante et tout l'arriéré à dater de ses lettres de provisions. La Cour des Comptes déclara que Castelnau n'étant pas reçu et les coffres étant vides elle ne pouvait obéir au roi. (Archives Castelnau). Jean-Jacques fut obligé de se démettre. En 1588 il faillit perdre la vie dans une querelle qu'il eut avec Bertrand de Poyanne, gouverneur de Dax. Le roi le nomma en 1597 gouverneur de Montde-Marsan. Castelnau fut catholique à la Cour, protestant à l'assemblée de La Rochelle, révolté à Mont-de-Marsan, dont Louis XIII lui enleva le gouvernement; il finit enfin par aller mourir de la peste dans le petit village de Dieupentale, au retour du siège de Montauban, où il avait assisté en qualité de maréchal de camp, 1621. (Arch, Castelnau). Son corps fut transporté à Geaune, dans les Landes, et enseveli avec une grande solennité dans le chœur de l'église des Augustins, fondée par ses ancêtres. (Ibid.) Son fils cadet fut tué deux mois après au siège de Tonneins. (Ibid., Mémoires de Vignolles.)

(132) Géraud de Baudéan, seigneur de Baudéan, Aux, Lannefrancon, etc., fils du gouverneur de Bagnères dont nous avons

raconté la mort, devint dans la suite maréchal de camp des armées du roi, après avoir été successivement guidon (1580) et enseigne (1586) de la compagnie de Baratnau. Il fut tué sous les murs du château de St-Blancard après 1590. Il était fils d'Antoine, seigneur de Baudéan, et de Catherine de Barrau, et avait épousé Olympe de Montastruc, dont il eut : Jean-François, marié en 1599 à Françoise de Comminge-Péguilhan, et Emmanuel, seigneur d'Aux et Lannefrancon, dont la Revue de Gascogne s'est occupée, à propos de la légendaire bataille de Miélan {Revue de Gascogne, t. xvi, p. 39, 92).

(133) Philibert, comte de Gramont et de Guiche, n'avait que vingthuit ans quand il fut tué devant La Fère, laissant, après sept ans de mariage, une veuve qui, dit-on, ne tarda pas à se consoler, Diane Corisandre d'Andouins, si célèbre sous le nom de la Belle Corisandre. L'éloge que donne ici d'Antras au grand-père du maréchal de Gramont est ainsi confirmé par Pierre de l'Estoile [Mémoires- Journaux, 1875, 1. 1, p. 367) : « Au commencement du mois d'aoust, le seingneur de Grammont [le chroniqueur donne à tort les deux m à ce nom, comme plusieurs des contemporains de Biaise de Monluc donnent à tort un f à cet autre nom], gentilhomme Gascon, jeune seingneur de grande espérance et valeur, eust le bras emporté d'une mousquetade devant La Fère, dont le Roy fust fort desplaisant. On disoit à la Cour que c'estoit une mauvaise beste que ceste Fère là, de dévorer ainsi tant de mignons. »

(134) Philippe de La Roque, seigneur de La Roque-Ordan, près Auch, fils du brave Manaud de La Roque, tué en 1562 au siège de Lectoure, «ung des vaillans gentilhommes qui sortist, il y a cinquante ans, de la Gascoigne, et quelques autres, » (Monluc) et de Jeanne d'Esparbès. Philippe était encore lieutenant de Baratnau au 15 mai 1586. D'Antras à cette date avait cédé l'enseigne à Géraud de Baudéan.

Revue passée à Auch le Î5 mai 4586.

Jean de Monlezun, seigneur de Barannau, capitaine;

Philippe de Larroque, lieutenant;

Géraud de Baudéan, enseigne;

Raymond de Saillas ^Adoue), guidon;

Phihppe de Pardies (d'Anes, seigneur de) maréchal-des-logis.

HOMMES d'armes.

Ph. d'Ardens, Bernard de Mons, etc. [Hist. de Gascogne, t. vi,

p. 194). Philippe de La Roque-Ordan avait épousé en 1363 Mathurine de Bar de Villemade.

(135) Béraut de Monlezun, seigneur d'Aussat, eut un procès en 1578 avec Henri Groslot, procureur du roi de Navarre comte d'Armagnac, pour le fait d'usurpation de la justice en sa terre d'Aussat. (Archives de Pau. E.) Béraut paraît avoir été le dernier de la branche des Monlezun, seigneur d'Aussat. Il était mort avant 1392; sa veuve Louise de Préchac se remaria en la salle noble d'Aussat , le 12 mai 1592, avec Ogier de Sariac, seigneur de Navarron, et testa en ce même lieu le 24 juillet 1617. (Arch. La Plagne-Barris.) Aussat est une des seigneuries dont fut apanagée la branche puînée des comtes de Pardiac, du nom de Monlezun, avec St-Lary, Betplan, Haget. Le 18 avril 1458, Jean de Monlezun, seigneur de St-Lary, rend hommage au comte d'Armagnac pour les terres de Betplan, Haget et Aussat en Pardiac. Un cadet de St-Lary a formé la branche des seigneurs d'Aussat, dont Béraut est le seul membre qui nous soit connu. Les Monlezun, seigneurs de Gardères, ont la même origine.

(136) Nos meilleurs médecins d'aujourd'hui ne connaissent pas un plus efficace remède de la coqueluche que le prompt changement d'air. Cette maladie fit des ravages non-seulement en France, mais aussi à l'étranger. Du Pleix (Histoire d'Henri III), page 82, donne force détails sur les symptômes de ce mal, qui emporta son père et sa mère. Louis de Pérussis, dans son Histoire des guerres du comtat Venaissain et Provence, dit à ce sujet : « La coqueluche fait beaucoup de mal en France depuis trois mois. J'ai une fièvre lente, folâtre et dangereuse. Il mourut à Rome plus de 6,000 personnes; le cardinal se retrancha dans le palais (à Avignon) et le général au petit palais. » Du reste, tous les historiens, comme tous les auteurs de Mémoires, ont mentionné la coqueluche de 1580, le président de Thou aussi bien que d'Aubigné, Pierre de l'Estoile aussi bien que François de Syrueilh. Ce dernier annaliste confirme et complète ainsi lé récit de d'Antras (p. 81) : « Il survint une grande maladie au camp dont plusieurs en moururent, qui fut cause que beaucoup de soldatz s'en alloint du camp; et plusieurs gentilshommes lumbarent malades et s'en aloirent à la file, dont mondict sieur mareschal de Biron, marri et fasché luy-mesme, tumba malade et enfin fut contrainct, sur le commancement du moys d'aoust, de licentier ung chascun pour s'aller repatrier et changer d'air, à la charge de le venir retrouver dans quinze jours ou troys sepmaines après. »

(137) Henri de Rivière, baron de Lengros (section de Saint- Aunis, canton de Plaisance (Gers), cousin-germain d'Antoine et d'Annet de Rivière, vicomte de Labatut, était fils de Bernard de Rivière-Labatut et de Jeanne de Louvie, sa première femme. Il avait épousé, le 10 mai 1561, Françoise de Bégole, fille de Jean de Bégole, seigneur de Bégole, et sœur de Roger de Bégole, capitaine, fils aîné de Jean. Il eut de son mariage : Pierre, Adrien, François, auteur des seigneurs de Baziet, et Jean, l'aîné, qui fut vicomte de Labatut, parce qu'il enleva à main armée et épousa Henrietto de Rivière, sa cousine, héritière de Labatut. Henry IV écrivit au sujet de cet enlèvement à M. de La Force, gouverneur du Béarn : « Monsieur de La Force, sur ce que » j'ai esté averti que l'héritière de Labatut a été ravie d'entre les » mains de sa mère et menée dans la maison de M. de Sauveterre » (François de Lavedan, seigneur de Sauveterre, tuteur, en 1602, des » trois frères de Jean) ou quelqu'autre de votre gouvernement de » Bigorre, je vous commande très expressément de vous transporter » où ladite héritière de Labatut aura été emmenée et vous en saisir » et arrêter le cours des querelles et assemblées qui se sont faites » pour ce sujet; qu'elle soit bien et sûrement gardée pour après être » mise entre les mains de ses plus proches, ainsi que la justice en » ordonnera, à quoi vous tiendrez la main de tout votre pouvoir, » d'autant qu'en cela il y va de mon serA-ice et que c'est chose que » j'afî'ectionne, et celle-ci n'étant à autre fin, je prie Dieu, etc. Ecrit » à Orléans le 24 de juin 1599. Henry. » [Mémoires de La Force, t. I, p. 313.) Malgré l'intervention royale, Jean de Rivière épousa sa cousine et en eut quatre enfants morts en bas âge. [Glanage Larcher.] Henriette se remaria avec Philippe de Barbotan. [Voyez note 90.]

(138) Serait-ce ce même capitaine Hitton, « capitaine du Persan de Trebiel, » auquel Louis XIII écrivit, le 14 octobre 1615, pour lui ordonner d'empêcher les levées de troupes du marquis de La Force, lieutenant du roi en Béarn? [Mémoires de La Force, t. ii, p. 424.] Serait-ce Jean de Hitton, seigneur de Vicnau, en Béarn, qui est témoin, en 1602, au mariage de messire Tristan, seigneur de Corbères, avec Jeanne de Laborde-Lagor? [Arch. de Pau, E 1340.] Ce capitaine Hytton de Byarn appartient évidemment à la maison de Hitton, seigneur de Saint- Jean-Poudge et Gerderest (canton de Garlin, près Pau). En 1666, 3 août, Jeanne de Hitton, fille de feu noble Pierre de Hitton, baron de Saint-Jean-Poudge et Gerderest, et de Jeanne de Miresou, épouse noble Jean de Crotte de Perron, seigneur

de Saint-Lane et Perron, en Rivière-Basse. [Arch. du château de La Plagne, à M. P. La Plagne- Barris.']

(139) Jacques de Montaut-Bénac, seigneur de Larroque, dit de Larroque-Bénac, deuxième fils de Jean- Marc de Montaut-Bénac et d'Ame de Lévis, sa deuxième femme, et petit-fils d'Annet de Montant, baron de Bénac, et de Catherine de Larroque^ sa première femme. Larroque-Bénac et ses frères eurent avec le marquis de La Force, gouverneur du Béarn, de grands démêlés, racontés en détails dans les Mémoires de La Force. La cour les réconcilia en 1621. Une lettre de la marquise de La Force, datée de Paris, 15 mai 1615, parle en ces termes d'un duel de Larroque-Bénac : « La Beause et » La Roque-Bénac eurent querelle au jeu de paume sur peu de sujet, » et après avoir été accordés par M. de Cliatillon, La Roque dit à » l'autre que nonobstant il vouloit se battre, ce qu'ils firent; et La » Beause fut blessé du premier coup à la cuisse, qui lui coupoit le » gros vaisseau, dont il est mort deux jours après. » [Mém. de La Force, t. ii, p. 405.]

(140) Paulon de Forgues, seigneur de Gensac de Bigorre, près Rabastens, est témoin, le 4 août 1572, de la quittance de tutelle donnée par Jean de Montesquiou, seigneur d'Artagnan, à Claude de Tersac, sa mère. [Généal. de la maison de Montesquiou-Fezensac, Paris, 1784, preuves, p. 113.] M. Noulens {Maisons historiques de Gascogne, Généal. Baulat) dit, sans indiquer la source où il a puisé, que « Paul de Forgues commanda le château de Mauvezin (lequel?) durant les troubles de la Ligue, ainsi qu'il appert des lettres des consuls de Mauvezin, du maréchal de Matignon et d'Henry IV. » Il était fils de Pierre de Forgues, seigneur de Gensac, et de Madeleine de Durban La Bassère, sa troisième femme,

(141) Le capitaine Blancastet était, en 1562, gouverneur de Montde-Marsan : « Estât de ce que monte le paiement pour ung mois entier des gens de guerre à pied qui sont restés en garnison pour le service du roy es villes et chasteaude la Guyenne. Toulouse, 4 mars 1562 : à Mont de Marsan : Trois cens hommes soubz la charge du cappitaine Blanqcastel. Le paiement monte 2,700. » Pièce citée dans le Monluc de M. de Ruble, t. iv, p. 199. Ce capitaine Blanqcastel SQ nommait Auger de Lavardac, seigneur de Blancastets, près Manciet (Gers), fils de Bertrand de Lavardac, seigneur de Blancastets, et de Jeanne de Monlezun-Campagne. Auger de Lavardac était de la branche des seigneurs d'Ayzieu, près Cazaubon (Gers). Il est témoin, en 1561, sous le nom d' « Ogier d'Aissieu, seigneur de Blancastets,

en Armaignac, ^ du mariage d'Antoine de Lamezan, seigneur du Bézéril, avec Marguerite de Grossolles, dame du Tancouet et Larouquau. [Arch. Lamezan.] En 1597, il est nommé « Auger de Lavardac, seigneur de Blancastets, » dans le contrat de mariage de Rolland de Benquet, seigneur d'Arblade Brassai, avec Anne de Yerduzan. [Armorial des Landes, baron de Cauna, t. i, p. 109.]

(142) Georges de Benquet, seigneur d'Arblade-le-Brassal, gouverneur du bas comté d'Armagnac par lettres patentes du 29 juillet 1571, signées de Jeanne, reine de Navarre; confirmé dans cette charge par Henry de Navarre le 3 octobre 1576. [Armoriai des Landes, baron de Cauna, t. i, p. 108.] Le seigneur d'Arblade, qui est du nombre des quarante-cinq Gascons d'Henri m, meurtriers du duc de Guise en 1588, n'appartient pas à la maison de Benquet. Ce ne peut être Georges de Benquet, mort en 1582, ni son fils, Rolland, néen 1576, ni le frère de Georges, Jean-Jacques, mort au service à 19 ans. [Armoriai des Landes, ibid.] Il existe en Armagnac deux terres du nom d'Arblade, Arblade-le-Bas ou Arblade-Brassal, canton de Riscle, qui appartenait à la maison de Benquet; et Arbladele-Haut ou Arhlade-Comtal, canton de Nogaro, qui avait pour seigneur une branche de la maison de Lupé. C'est Jean de Lupé, seigneur et baron d'Arblade-Comtal, qu'il faut inscrire au rôle des « quarante-cinq diables, coupe-jarrets et assassinateurs gascons. »

(143) Jacques de Savoie, duc de Nemours, fils de Philippe de Savoie, duc de Nemours, et de Charlotte d'Orléans, né le 12 octobre 1531, mourut à Annecy le 15 juin 1585. Tous les Mémoires du temps, et surtout ceux de Brantôme, sont remplis du bruit des exploits de ce capitaine qui fit brillamment ses premières armes au siège de Metz (1552), et qui, ayant épousé la fortune des Guises, doit, comme eux, être mis au nombre des plus ardents adversaires des huguenots.

(144) Jacques de Lau (ou du Lau) seigneur et baron de Lau, etc., fils de Carbon de Lau dont nous avons déjà parlé, et de Françoise de Gondrin, fut capitaine de cinquante hommes d'armes, chevalier des ordres da Roi, etc. Il épousa Françoise de Cassagnet-Saint- Orens, dame de Larroque-Fimarcon, fille ainée du capitaine Saint- Orens (Voyez note 112), et devint par ce mariage seigneur des deux tiers de Larroque qui prit dès lors le nom de Larroque-durLau. Son fils, Hector, acquit l'autre tiers de cette terre à François du Chic, seigneur de Rocain, près Larroque, par acte du 8 avril 1618. Plus tard, Larroque s'appela Larroque-Engalin, parce que le seigneur

d'Engaliû en Fezensaguet, Elisée d'Astugue, possédait des fiefs ea Larroque du chef de sa mère, Armoise de Monlezun-Mérens, dame d'Engalin. (Archives municipales de Larroque.) Jacques du Lau embrassa avec ardeur en 1589 le parti de la Ligue. Le Glanage Larcher cite « ce qui est rapporté par le sieur de Cornac dans le » manuscrit qui est chez M. de Gardères, à Marciac, sous le titre » de la Vie du pouvre capdet de Gascoigne. 11 y est dit que les » Béarnais s'étant emparés de l'église de Beaumarchez, il manda » en diligence en Armagnac vers les seigneurs de Campagne, de » Lau, d'Arblade, de Blancastets et autres, qu'ils arrivèrent le » lendemain et chassèrent les ennemis de ce poste. (Voyez p. 77.) Il » dit ailleurs que [Monsieur de Lau s'empara de la ville de Mar~

> ciac pour la ligue, moitié de gré moitié de force, les habitants ne » voulant personne pour les commander.) 11 fit une citadelle à » Marciac. Les habitants la détruisirent contre son gré. 11 en fut » mortifié, la destruction ayant été faite avant la paix, quoique les » habitants soutinssent le contraire. » Voilà encore un fragment nouveau des Mémoires qu'il faut, d'après notre division, rapporter à la seconde partie de 1589 à 1610. La phrase en lettres italiques est placée dans Larcher entre parenthèse, ce qui indique qu'elle est extraite mot à mot des Mémoires. L'extrait suivant de Larcher prouve que la prise de Marciac par de Lau eut lieu avant le 11 juin 1590 : « Le marquis de Villars, général de l'armée de la Ligue, » étant le 11 juin 1590 à Gimont, ordonna de payer 2,211 écus » 20 sols 6 deniers au sieur de Lau, capitaine de cinquante hommes » d'armes, pour les gages de sa compagnie. Saubat Dyharse, rece- » veur des décimes du diocèse de Tarbes, fut chargé du paiement » et en indiqua partie sur l'abbaye de l'Escale-Dieu. Cette compa- » gnie était alors en garnison à Marciac, et Jacques de Lau envoya » MM. de Bonas, Cadouins (Andouins ?) et Montant qui en étaient » gens d'armes, chercher 315 livres daus cette abbaye avec une » lettre pour l'abbé, le 20 juillet. » L'un de nous a publié dans la Revue de Gascogne (t. xvni, p. 45), une lettre adressée par le maréchal de Matignon à Jacques du Lau le 23 mai 1596. Cette lettre renferme le post-scriptum suivant, qui pourrait donner la date de la destruction de la citadelle de Marciac par les habitants : « Monsieur

> vous entendrez plus particulièrement de mes nouvelles par M. de » Roquepine qui m'a parlé du faict de Marciac. Je vous prie de le » croire sur ce qu'il vous en dira de ma part. » Jacques de Lau quitta le parti de la Ligue après la soumission d'Henry IV. Du Pleix

le cite parmi les seigneurs gascons « qui se rangèrent au devoir et par leur réduction apportèrent un grand repos à la Gascogne. » Le maréchal de Matignon, dans une lettre adressée à Henry IV et publiée par l'un de nous dans les Aixh, de la Gironde, t. xiv, précise la date de sa soumission : « 22 octobre 1594. Sire, lorsque je m'acheminaiz aux baings de Bagnières les sieurs de Lau et de Campagne me vindrent trouver entre Riscle et Vic-Bigorre en qualité de serviteur de Votre Magesté... .» Pendant le temps qu'il occupa Marciac pour la Ligue, de Lau se rendit si terrible aux huguenots qu'il fut décidé dans le cons^^il de la régente du Béarn, Catherine de Bourbon, qu'on engagerait le maréchal de Matignon à faire le siège de Marciac 1591 (Poeydavant, t. ii, p. 275). Poeydavant présente Sus comme l'ennemi personnel de Jacques de Lau. Il serait trop long de raconter les exploits de de Lau. En voici le sommaire; nous renvoyons pour les détails aux sources : 1588, défait Sus aux environs d'Auch, Aubigné, t. ii, p. 195.) — 1589, s'empare de Marciac pour la Ligue. — 1591, assiège et prend Barcelonne (Gers), (Revue de Gascognet t. xvii, p. 457.) — 1592, assiège Lourdes et Pontaq avec ie marquis de Villars; commet des atrocités à Pontaq [Poeyd' Avant, Olhagaray, Monlezun, etc.) — 1593, assiège et prend Saint-Palais (ibid.) — 159-4, se soumet à Henry IV. — 1595, s'empare de Plaisance pour le Roi. (Arch. de la Gironde, t. xiv, p. 340. Revue de Gascogne, t. iv, p. 467 et t. xvii, p. 459.) Jacques de Lau fut père d'Hector, qui épousa Anne de Monlezun-Tajan, veuve de Jean d'Hébrail, baron Dalon et fille de Bernard de Monlezun, seigneur de Tajan et de Catherine de Perusse d'Escars, et petite fille de Jean de Monlezun-Moncassin et de Catherine de Montpezat-Carbon, dame de Tajan, Saint-Martory, Preissac, etc. (Voyez note 123). Jean- Joseph de Lau, petit fils d'Hector, épousa le 27 septembre 1676 l'héritière de la maison de Luzignan, Anne, et prit le nom de Laude-Lusignan. Son fils, Armand-Joseph, ajouta aux gloires des Lau et des Lusignan l'illustration des descendants de Pothon de Xaintrailles, en épousant, le 22 mai 1724, Jeanne de Moatesquiou-Xaintrailles. (Etude sur le château de Xaintrailles, par M. Philippe Lauzun, Agen, 1874.) La maison de Lau porte : Losange d'or et d'azur; et pour devise : Lau est aux petites gens, ce que Vor est à Vargent.

(145) M. Paul La Plagne-Barris parlant dans la Revue de Gascogne, t. xvii^ p. 458, du capitaine Sus, dit : « un partisan dangereux, qu'on nommait le capitaine Sus parce qu'il était Suisse,

mais dont on ne connaît pas le véritable nom. » La science si incontestable et habituellement si sûre de l'historien nous semble avoir été surprise; c'est plutôt César, lieutenant de Sus, que la Suisse a le droit de revendiquer pour elle. D'Aubigné, Poeydavant, Olhagaray, etc., affirment que Sus était Béarnais. Il y avait en Béarn une maison de Sus représentée à l'époque des guerres de religion par Antoine-Gabriel de Sus, seigneur de Sus, près Navarrens, marié en 1559 avec Jeanne de Montaut-Bénac. Le capitaine Sus a attaché une grande célébrité à son nom. Le récit de ses exploits se trouve dans tous les historiens qui se sont occupés de la Gascogne, et particulièrement dans d'Aubigné, qui en fait un grand éloge. Sus était gouverneur du château de Mauvezin, en Nébouzan. (Monographie du château de Mauvezin, par M. A. Curie-Seimbres, Tarbes, 1868.) En 1586 il surprit la ville de St-Bertrand-de-Comminges et s'y livra à toute sorte d'excès et de pillage. Urbain de St-Gelais, évêque de Comminges, vint l'assiéger dans la ville et l'obligea à sortir après un siège de quarante-huit jours. En mémoire de cette délivrance, Urbain établit une fête au 8 juin. D'Aubigné assigne à la prise de St-Bertrand la date de 1584. Les annales de St-Bertrand et la fête commémorative donnent celles de 1586. [Vie et miracles de St-Bertrand, par M. Louis d'Agos, St-Gaudens, 1854.) Le manuscrit de l'abbé Duco donne aussi la date de 1586. Il ajoute que Sus fut chassé de St-Bertrand par les seigneurs de Labatut, de Cornac et Lengros. Est-ce dans les Mémoires de d'Antras que l'historien de la Bigorre a puisé ce détail? Voici ce passage : a En effet, ils (les Béarnais) passèrent en Comminges sous la conduite du capitaine Sus, où ils se saisirent de la ville de St-Bertrand. Ils y furent assiégés par les seigneurs de Labatut, de Lengros et de Cornac. Les Béarnais se rendirent à composition et sortirent avec armes et bagages. » En 1588, Sus, rentré en Gascogne, fut défait aux environs d'Auch par Jacques de Lau. (Aubigné.) Le 23 septembre 1589, « il s'empara par surprise de Solomiac (près Mauvezin (Gers) et s'introduisit la nuit du 20 octobre dans Samatan, où il se maintint jusqu'au 20 janvier suivant. :& [Hist. de Gascogne, t. v, p. 457.) D'Aubigné raconte à la même époque les exploits de Sus à l'Isle-Jourdain, à Gimont, à Mérens. Sus ne vivait plus en 1594; Poeydavant commence son récit du siège de St-Palais (1594) par ces mots : « Après la mort de Sus, capitaine béarnais, plein de valeur et de courage, on vit Dulaur (de Lau), son adversaire, fier de n'avoir plus de rival capable d'arrêter sa fougue, se jeter sur la Basse-Navarre, etc, »

(146) Emmanuel de Savoie, marquis de Villars, fils aîné de l'amiral de Villars, fut chevalier de l'ordre du St-Esprit, et mourut eu 1626. Il avait été nommé par Mayenne lieutenant-général pour la Ligue en Gascogne, 1588-89.

(147) La date de 1590, placée en tète de ce paragraphe, est un simple jalon pour arriver à une date plus précise. Nous avons démontré, note 144, que de Lau s'était emparé de Marciac avant le 11 juin 1590; on a vu, note 145, que Suz était en Gascogne en 1588 et 1589, et qu'il fut battu près d'Auch, par de Lau, en 1588. Il se pourrait que l'entreprise de Suz sur Marciac fût une revanche de la défaite d'Auch; il faudrait alors circonscrire ce fait entre les années 1588 et 1590. Suz ne viA^ait plus en 1594.

(148) Vital de Ponsan, seigneur de Tourdun, près Marciac, épousa, le 21 janvier 1578, demoiselle Marguerite de La Peyrie du Blanin, veuve de Pierre de Lafitte, seigneur de La Roque. [Courcelles, t. vi, Généalogie de Lafilte-AIontagut ]

(149) Jean de Lons, seigneur de Lons, obtint, le 16 juin 1570, une commission pour être mis en possession du gouvernement du comté de Pardiac et château de Monlezun, dont la reine de Navarre l'avait pourvu. Le 28 septembre 1576, Henry de Navarre le nomma premier écuyerde son écurie, le 25 mai 1577 gouverneur de Mont-de-Marsan et commandant des vicomtes de Marsan, Tursan et Gavardan, le 22 février 1591 chambellan ordinaire du roi, et le 22 mars 1591 colonel général de l'infanterie et grand maître de l'artillerie du royaume de Navarre. Jean de Lons avait épousé en 1565 Aymée de Rivière- Labatut, fille aînée de Jean de Rivière, vicomte de Labatut et de Paule d'Espagne. [Voyez Armoriai des Landes, par M. le baron de Cauna, t. iir, p. 316.]

(150) Antoine de Bégole, seigneur de Bégole, fils de Jean, seigneur de Bégole et de Quiterie d'Ossun, épousa, le 31 janvier 1581, Jeanne de Bourbon-Lavedan, fille d'Anne de Bourbon, vicomte deLavedan et d'Anne de La Douze. Antoine de Bégole était cadet; son frère aîné Roger ne vivait plus en 1581 et paraît être mort sans postérité, puisque Antoine est qualifié de seigneur de Bégole et de « fils unique de feu Jean de Bégole. » Voyez le Glanage Larcher. Sur les « deux Bégole, neveux de Monsieur d'Ossun, » voyez les Com^nentaires de Monluc.

(151) Bernard de Baudéan, seigneur de Parabère, avait été jusquelà du parti de la Ligue; le désir de venger la mort tragique de son frère aîné, gouverneur de Beaucaire, massacré dans cette ville par

l'ordre secret du maréchal de Damville, le jeta dans le parti du roi de Navarre. Pierre de Baudéan-Parabère avait encouru la haine de Damville pour avoir gagné le cœur de la dame de la Tourette, de la maison de Villeneuve, auquel le maréchal prétendait. Il souleva contre Parabère le peuple de Beaucaire, et le dimanche matin, 7 septembre 1578, il fut massacré avec sa maîtresse au moment où ils revenaient de faire leurs dévotions à l'église. « Parabère tout blessé gagna une maison où suivi fut achevé, massacré et tout poinssoné, et la tête du corps astée mise avec une bigue sur l'une des portes de la ville, accoutrée en matassin, » (Pérussis, Hist. des guerres du comté Venaissin et Provence.) Paul Baudonet, lieutenant de Parabère, vengea la mort de son capitaine et mil le feu à la ville. Le jeune Parabère, Bernard, quitta immédiatement l'armée de Damville et vint offrir son épée au roi de Navarre. Il fut le fameux Parabère, lieutenant-général en Poitou, dont le nom se trouve mêlé à toutes les guerres de la fin du xvi" siècle.

(152) Charles de Monluc, seigneur de Caupenne, fils de Peyrot de Monluc (Pierre-Bertrand), fils aine du maréchal. Tous les fils du maréchal étaient morts à cette date (1580), et Charles est le seul de ses petits-fils qui fût en âge de porter les armes et encore n'avait-il que 17 ans. Si ce jeune homme ne s'appelait pas Monluc, on s'étonnerait de le voir capitaine à dix-sept ans et commander à de vieux guerriers comme était d'Antras. Mais :

chez les âmes bien nées,

La valeur n'attend point le nombre des années.

Charles de Monluc fut tué au siège d'Ardres en 1596. Il laissait de Marguerite de Balaguier-Montsalès une fille, Suzanne, mariée en 1606 à Antoine de Lauzières, fils aîné du maréchal de Thémines. Marguerite de Balaguier se remaria avec un de nos illustres et braves Gascons, Bertrand de Vignoles-la-Hire. On trouvera divers documents sur Charles de Monluc dans un savant mémoire de M. Ad. Magen, intitulé : La ville d'Agen sous le sénéchalat de Pierre de Peyronenc, seigneur de Saint-Chamarand (1865, in-8«.) L'un de nous publiera bientôt quelques lettres de lui dans un petit recueil intitulé : Lettres inédites de divers membres de la famille de Monluc.

(153) Odet de Monlezun, seigneur de Campagne, Projan, Segos, etc., chevalier de l'ordre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes, et gentilhomme ordinaire de la Chambre, ardent ligueur,

ne se soumit à Heury IV qu'après son abjuration (voyez note 144.) Il avait épousé, le 25 novembre 1592, Diane de Monlezun, fille de Jean, seigneur du Baratnau, séuéchal d'Armagnac, et de Jeanne de Bezolle.

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