BRANCHE DES SEIGNEURS DE CORNAC ET PALLANE
X. JEAN D'ANTRAS, seigneur de Pallane, en vertu de la donation que lui fit de cette terre Bernard IV d'Antras, son oncle, après la mort sans enfant mâle de Bernard V, son frère (30 novembre 1571), est l'auteur des Mémoires que nous publions; nous y renvoyons pour les détails biographiques. Il épousa, par contrat du 20 octobre 1374, demoiselle Françoise de La Violette, fille et héritière de noble Lancelot de La Violette, seigneur de Cornac, et du fief noble de Saint-Julien, et de Frise de Baudéan d'Aux. Françoise fut assistée de messire Antoine de Rivière, vicomte de Labatut, son tuteur, de noble André-George de Baudéan, seigneur de Clermont, son oncle maternel, de noble Henri de Rivière, seigneur de Lengros, son cousin, de noble Thomas de Batac, seigneur de Courions, son cousin, de noble Bertrand de La Violette, seigneur duCassagnau, son proche parent, de messire Pierre d'Ossun, seigneur dudit lieu, et de noble Carbon du Lau, seigneur de Mauhic.
La terre de Cornac, que Françoise de La Violette apportait à son mari, relevait, au xv' siècle, de la maison de Tronçons. Le plus ancien titre féodal de cette terre que nous fournissent les archives de la maison d'Antras est l'hommage du 18 avril 1438 rendu au comte d'Armagnac par Jacques de Tronçons, seigneur de Blousson, de la quatrième partie de Samazan, de Cornac et de Portait :
Dictus senhor nomine quo supra, dixit, recognovit, confessus fuit se tenere ac tenere velle et debere in feudum nohile ac sub homatgio et fidelitatis juramento a dicto domino Comité predicta territoria, yidelicet quartam partem territorii de Samazano, territorium de Blossonio territorium de Cornaco et territorium de Portali.
Le 1" août 1466 intervient une transaction entre noble Jacques de Tronçons, seigneur de Blousson, et damoiselle
20? APrENDICE II.
Domenges de Troncens, sa sœur, épouse de noble Pierre de Lus, alias Savoya, au sujet de la constitution dotale de ladite Domenges. Jacques, tant pour lui que comme héritier de Arnaud et Garcie de Troncens, ses frères, et Guiraude d'Andurin, sa mère, reconnaît que Manaud de Troncens, son père, Ta chargé, comme son héritier, de payer à ladite Domenges sa constitution dotale; ce pourquoi faire il donne, cède, transporte à sa dite sœur la seigneurie de Cornac. Domenges de Troncens dut vendre la terre de Cornac à noble Jean de La Violette, car les archives d'Antras nous fournissent, à la date du 12 janvier U68, un acte par lequel Jacques de Nemours délègue le seigneur de Sainl-Paulet pour recevoir en son lieu et place l'hommage de :
« Jehan de La Violette, escuyer, seigneur de Cornac en notre comté de Pardiac, » lequel « ne pouvant encores faire ses foy et homaiges quil nous est teneu faire du susdit Cornac, à cause de notre chastellenie de Monlezun, et que obstant ses occupations et affaires ne peult venir devers nous... vous mandons de notre grâce vouloir et parole que vous receviés du susdit de La Violette, ses foy et homaiges qu'il nous est teneu faire, etc. »
Jean d'Antras eut de son mariage avec Françoise de La Viollette :
1° Jean-François, seigneur de Cornac, qui suit;
2° Annet, sieur de Carchelles, auteur de la brandie de Gardères, rapportée en son lieu;
30 Marguerin, seigneur de Gardères et du Pouton, épousa, par contrat du 24 avril 1631, retenu par Jean Rouger, notaire de Malabat, demoiselle Isabeau de Benque de Marun, veuve de feu noble Jean d'Aure, seigneur de Moncla, et fille de noble Philippe de Benque, seigneur de Marun, en Astarac (Isabeau avait été mariée avec le feu seigneur de Moncla, par contrat du l^i- décembre 1613, retenu par Forgues, notaire de Villeneuve de Rivière; lequel sieur de Moncla était décédé sans enfants, instituant pour son héritier Bernard d'Aure, son frère.) Le l^»" juin 1632, Marguerin d'Antras, acquit de noble Antoine de Béon d'Armentieu de La Palu la
seigneurie de Gardères, en Monlezun, laquelle seigneurie ledit seigneur d'Armentieu avait acquise de noble Alexandre de Sedillac, seigneur de Bonas. Garder es avait appartenu anciennement à une branche de la maison de Monlezun. Les archives d' Antras renferment un hommage de Gardères rendu à Bernard, comte d'Armagnac, le 27 octobre 1424, par noble Bernard de Monlezun, coseigneur de Riguepeu (de Rigapilo), lequel existens coram domino comité Pardiaci, flexis genibuSj manibus jimctis inier manus dicli domini ComitiSj caputio et zona amotis, gratis recognovit, tenere a dicto domino Comité Pardiaci in feudum nobile territorium i;ocatum de Garderiis cum suis pertinentis, etc. Marguerin d' Antras ne laissa pas postérité. Par son testament du 24 avril 1631, retenu par Bertrand Ducos, notaire de Tillac, il fait des legs à Jacquette et Isabeau d'Antras, ses nièces, filles d'Annet, son frère; à Marguerin de Cazaux, son neveu et filleul, 200 livres; à Jean-François et Henri de Cazaux, ses neveux, 15 écus sols, et institue Isabeau de Benque son héritière, à charge de donner ladite hérédité à celui des enfants mâles d'Annet d'Antras, sieur de Carchelles, son frère, qu'elle voudra désigner;
4*^ Jean-George, seigneur de Saint-Julien, a formé la branche de Sérian, rapportée plus bas;
5<> Jeanne, mariée à noble Jean d'Estève, vice-sénéchal d'Armagnac;
6° Henriette, mariée à noble Hugues de Cazaux-Laran , seigneur de Gaussan;
7» Géraude, mariée en premières noces à M. Vital Despaulx, docteur et avocat, juge royal de la ville de Miélan, lequel mourut sans enfants, instituant sa femme son héritière universelle. Géraude se remaria avec noble Carbon de Brux, seigneur de La Broquisse, en Chalosse.
Elle testa le 19 octobre 1659 dans la paroisse de Bats, près Saint-Sever, rappela dans son testament son premier mariage avec Vital Despaux, et son second avec Carbon de Brux « lequel est parti depuis trois ans pour la guerre sans donner signe de vie, » et laissa tous ses biens en égale portion à ses deux frères, Annet et Georges. Carbon de Brux fît son testament le 15 octobre 1669. Il laissa la somme de 7,000 livres à noble Gérard d'Antras, neveu de feu
Géraude d'Antras, sa femme, à condition qu'il épouserait sa filleule, fille de noble Marc de Brux, son neveu, et institua pour son héritier universel noble François de Brux, seigneur de Brux, en Chalosse, son neveu;
S^ Anne, mariée à noble Jean-Gabriel de Sariac, seigneur d'Ardenne;
9° 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, morts jeunes.
XI. JEAN-FRANÇOIS D'ANTRAS, seigneur de Cornac et de Pallane, épousa en premières noces demoiselle Charlotte de Latour, fille demessire Guy de Latour, seigneur de Lieux, en Gomminges, et de Anne d'Espagne-Ramefort, le 21 avril 1618. Charlotte mourut Tannée suivante sans enfants. Jean- François se remaria avec demoiselle Marthe d'Escoussalens, fille de noble Arnaud d'Escoussalens, seigneur de Montaigut. Les archives d'Antras renferment un acte de ratification des pactes de mariage de Jean-François d'Antras avec Marthe d'Escoussalens, daté du 23 septembre 1626, dans lequel il est dit que Marthe était veuve de noble Jean d'Abbadie, sieur de La Rose et de Saint-Germain, et que noble Jean d'Abbadie, sieur de La Rose, homme d'arme de la compagnie de M. d'Epernon, majeur de 2o ans, était le fils de ladite Marthe et dudit feu Jean d'Abbadie, et que Jean de Larroux, seigneur de Tirac, était son beau-frère, en présence de nobles Emmanuel de Baudéan, seigneur de Lannefrancon, et de Jean-François de Baudéan, seigneur de Puylausic. Marthe mourut également sans laisser d'enfants de son second mariage, et Jean-François se remaria en troisièmes noces, par contrat du 28 avril 1640, avec demoiselle Marie de Brux, fille de noble Pierre de Brux {Alias Briiix), du pays de Chalosse. Marie de Brux était , veuve lorsqu'elle testa le 15 :.oùt 1667, fit des legs à François et Guiraude d'Antras ses enfants, institua son fils aîné, Théodore d'Antras, héritier universel, et nomma pour ses exécuteurs testamentaires noble Carbon de Brux, seigneur de la Broquisse, son oncle, et François d'Antras, seigneur de Gardères, son neveu :
1° Théodore, seigneur de Cornac, qui continue la descendance; 2° François, seigneur de Pallane, a formé la seconde branche de
Cornac et Pallaney rapportée après celle-ci; 3<* Guiraude.
Xil. JACQUES-THÉODORE DWNTRAS, seigneur de Cornac, fut maintenu dans sa noblesse de race par jugement de M. Foucault, intendant de la sénéchaussée de Montauban, daté du 0 juillet 1674. Il épousa en premières noces, par contrat du 1" février 1665, retenu par Jean-Pierre de Monda, notaire de Baliron, demoiselle Isabeau de Gascor, fille de noble Paul de Gascor, seigneur de Baliron, et de Françoise de f.omagne-Terride; il était assisté de François, seigneur de Pallane, son frère, de nobles Pierre de Brux, seigneur de Brux, et Marc de Brux, écuyer, ses oncles; Isabeau de Gascor Pétait de noble Jean de Gascor, seigneur de Baliron et Camalès, son frère, de Jean de Gascor, curé de Larreule, son oncle, de noble Guillaume de Gascor et noble Jacques de Lomagne-Terride, seigneur de Floris, ses oncles, de noble Pierre de Cazaubon (du Fourc), seigneur de Camalès et Baliron. (Marie de Gascor, sœur dTsabeau, épousa, le 25 août 1671, noble Jean-Bernard de Bordes, sieur du Haget, près Montesquiou.) {Archives du château de La Plagne.)
Jacques-Théodore d'Antras se remaria, le 2 février 1676, avec demoiselle Marguerite d'Audebar, Il testa le 30 mai 1706, institua son fils François son héritier universel à charge de donner une légitime à Madeleine, sa fille naturelle. Il laissait deux enfants de sa première femme :
1° François, qui suit;
20 Géraude, qui entra en religion le 4 août 1692;
3° Madeleine, fdle naturelle.
XIII. FRANÇOIS D'ANTRAS, seigneur de Cornac, ne laissa pas postérité. Le 8 août 1722, il assista au mariage de son cousin, Dominique d'Antras, seigneur de Pallane, et lui fit, en considération de son mariage, donation de la seigneurie
de Cornac. Il testa le 10 décembre 1741, fit un legs de 1,000 livres à messire François-Antoine de Villemur-Paillès, seigneur de Samazan, son ami; 400 livres à François de Sèdillac, fils puîné de feu Simon de Sédillac, seigneur de Moncorneil, et de Françoise de Rességuier; et institua son héritier général noble Louis de Sèdillac, seigneur deLamothe, habitant de Monlezun, à charge de payer une somme de 400 livres à Jean de Bordes du Haget, son cousin-germain.