ADIEU
belles-lettres, toi le sage défenseur de la liberté de penser, de la liberté de conscience, de la liberté^ notre mère à tous !
Béni sois-tu, s'écrie la patrie, béni sois-tu, toi qui as cicatrisé mes blessures, qui les as parfumées des fleurs de ton génie; toi qui as consolé ma gloire; reconquis par tes chants le barbare qui murmure en secouant ses frimas : Honneur aux enfants de la France!
Bon Béranger^ tu croyais à un autre monde, toi ; si quelque chose pouvait emporter au ciel mon esprit qui doute, mon esprit qui cherche, cette âme qui n*a pas encore pu trouver dans son vol inquiet le rameau où elle devra s'abriter un jour, si quelque chose pouvait fixer ma foi et donner un essor certain, un but définitif à ma pensée errante, c'est la reconnaissance que tu as mise dans mon cœur^ c'est l'amour que tu as mis en moi. // est un Dieu t il est un autre monde 1 un monde où renaît Béranger ! un Dieu auprès de qui il est ! Pour te rejoindre, pour te revoir, je crois à ton monde, je crois à ton Dieu, comme j'ai cru par toi à la gloire, à la patrie et à la liberté.
Mon Dieu, me garderez-vous une place auprès de celui qui m'a tant encouragé ici-bas, auprès de celui qui fut mon père? Je crois ce que ce grand cœur croyait. Ma dernière prière sera celle-ci :
Mon Dieu! permets-moi de revoir le bon chansonnier. C'est à lui que je dois de te connaître : que je ta doive de revoir un père !