‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 19 sur 117 · LE SÉNATEUR · texte numérisé non relu

LE SÉNATEUR

règne est persiflé d*un bout à Pautre dans cette satire, qui a pris » pour passer à travers les armées du conquérantet les regards d*une police ombrageuse, les ailes fugitives de Tesprit.

Quelques courtisans» voulant perdre le poëte, qui alors occupait un modique emploi de douze cents francs au ministère de la guerre, dénoncèrent la chanson et le chansonnier a Tempereur :

<c Qui a fait cette chanson? demanda le héros , de qui la fortune se dérangeait

— Sire, c'est un employé à l'Université.

— Combien gagne-t-il?

— Douze cents francs, sire.

— Eh bien, vous lui en donnerez quinze. »

Voilà comment le vainqueur du monde se vengea de la plus foudroyante diatribe du temps. En avait-il bien conscience, et n'est-ce pas encore la forme modeste de la chanson qui sauva le poëte? Supposez la chanson, avec toutes ses idées, une satire de Juvénal, le poëte est perdu.

La chanson du Sénateur^ datée également de 4813, continue son rôle d'opposition :

Mon épouse fait ma gloire,

Elle a de si jolis yeux !

Je lui dois, on peut m'en croire.

Un ami bien précieux.

Le jour où j'obtins sa foi,

Uii sénateur vint chez moi.

Quel honneur !

Quel bonheur !

Ah ! monsieur le sénateur.

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