‹ Mémoires sur divers sujets de médecineChapitre 11 sur 21 · L. — Ganglion ophthalmique · texte numérisé non relu

L. — Ganglion ophthalmique

M. — Nerfs ciliaires.

N. — Ganglion semi-lunaire ou de Gasser.

O. — Grand symphatique.

P. — Ganglion cervical supérieur.

Q. — Et ganglion sphéno-palatin.

Article II.

Nerfs optiques .

(Nerfs de sensation spéciale).

Les nerfs de la deuxième paire crânienne sont les plus considérables de l’œil.

Indépendamment de leur névrilème, ces nerfs sont enveloppés d’un prolongement de la dure-mère, jusqu’à la partie postérieure de l’œil.

Origine . Les anatomistes ont beaucoup discuté sur cette origine, et aujourd’hui l’on sait positivement que les nerfs optiques ont une double provenance, qu’ils communiquent avec la moelle allongée, d’abord par un filet qui remonte des tubercules quadrijumeaux postérieurs (nates et testes) jusqu’à un petit renflement grisâtre nommé corps genouillé interne ; en second lieu, par un autre filet qui provient de la lame superficielle de la couche optique, et qui se termine également à un petit renflement placé en dehors du précédent, et qu’on nomme corps genouillé externe.

Comme l’a fort bien démontré Tiedmann, cette double origine n’existe pas avant les six premiers mois de la vie intra-utérine.

Les nerfs optiques, après être partis séparément du lieu de leur naissance, parcourent un assez long trajet, puis se séparent de nouveau sans se subdiviser, sortent du crâne, entrent par les trous optiques pour se rendre chacun à l’œil correspondant. Ces nerfs percent l’organe visuel par de nombreux filaments, dans la partie postérieure, non à son centre, mais plus vers le nez. Les nerfs optiques sont flexueux, cylindriques ou poreux et très- élastiques ; de là, la possibilité des exophthalmies et des luxations traumatiques de l’œîl, la réintégration de cet organe dans sa place, et la reprise de ses fonctions aussitôt la cause enlevée.

Fonctions. Les nerfs optiques sont entièrement indépendants des autres nerfs, et ont reçu ce nom parce qu’ils sont chargés exclusivement de la vision.

Nul autre nerf ne peut les suppléerdans leurs fonctions. Ces nerfs, comme l’on sait, livrent passage ou servent de tube à l’artère et à la veine centrale de la rétine venant de la cérébrale antérieure. Un filet du ganglion ophthalmique (nerf ciliaire) accompagne parfois l’artère susmentionnée.

Terminaisons. Les nerfs de la deuxième paire cérébrale s’épanouissent en membrane nommée rétine, laquelle se termine aux procès ciliaires et non au-delà.

Entrecroisement. Quant aux diverses opinions émises sur le mode de jonction des nerfs optiques, aucune jusqu’à ce jour n’a satisfait pleinement les anatomistes. Les uns en font un entrecroisement; d’autres, une juxta-position complète ou partielle. Vésale a vu les nerfs

optiques non réunis sur la ligne médiane. Haller les a vus manquer chez l’homme, en partie ou totalement.

Quoiqu’il en soit, il n’est pas possible jusqu’à présent de saisir les relations qui existent entre cette disposition anatomique et la fonction visuelle. (Longet.)

Généralités. M. Magendie a trouvé que les nerfs optiques étaient insensibles aux irritations mécaniques.

Enfin, les nerfs optiques peuvent s’atrophier dans une partie seulement de leur étendue, ou bien s’atrophier totalement et même s’ossifier. (Lelut.)

Article III.

Nerf moteur oculaire commun.

(Nerf du mouvement).

Ce nerf naît avec son congénère, de la partie interne des prolongements crâniens antérieurs de la protubérance cérébrale, entre cette éminence et les tubercules mamillaires. II chemine obliquement en avant et en dehors, arrivé à la tente du cervelet, il conserve la même direction, et entre dans un canal membraneux qui l’entoure jusqu’à la fente sphénoïdale, où il se partage en deux rameaux avant d’y pénétrer. Ces deux rameaux entrent dans l’orbite par la fente sphénoïdale sans s’anastomoser.

1° L'un supérieur , se rend à la face inférieure du muscle droit supérieur de l’œil (élévateur), et se subdivise en ramuscules divergents qui se perdent dans l’épaisseur de ce muscle, dans l’élévateur de la paupière et dans une partie du muscle orbiculaire.

2° L'autre inférieur , se divise à son tour en trois ramuscules.

A. L’interne, s’épanouit dans le muscle droit interne (adducteur).

B. Le moyen, se distribue dans le muscle droit inférieur (abaisseur).

C. L’externe, communique par anastomose avec le ganglion ophthalmique, ensuite il cotoie seulement le bord externe du muscle droit inférieur, et va se perdre dans l’épaisseur du muscle petit oblique (petit rotateur).

En résumé : Le nerf moteur oculaire commun se distribue à presque tous les muscles de l’œil ; il fournit la racine motrice du ganglion ophthalmique qui constitue les filets ciliaires. Il communique soit avec le ganglion cervical supérieur, soit avec son rameau carotidien, avec

une partie du trijumeau, la branche ophthalmique et même parfois avec le moteur oculaire externe.

Fonctions. La troisième paire préside aux mouvements de la membrane iris, par l’intermédiaire du ganglion ophthalmique, et règle les contractions des muscles qui reçoivent de ses rameaux.

Article IV.

Nerf ; pathétique .

(Nerf du mouvement).

C’est à l’existence des nerfs crâniens que les yeux doivent la faculté d’exprimer les diverses affections de lame. Ils naissent derrière la partie postérieure des tubercules quadrijumeaux, du faisceau antéro- latéral de la moëlle, à côté de la valvule de Vieussens. Ces nerfs sont trèsflexueux, se portent antérieurement jusqu’à l’apophyse clinoïde postérieure. Au bout d’un certain trajet, ils entrent dans l’orbite par la partie large de la fente sphénoïdale, et traversent une ouverture entièr rement fibreuse de la dure-mère. Arrivés dans l’orbite, ils se ramifient, et se distribuent vers l’angle interne de l’œil, au muscle grand oblique (grand rotateur de l’œil).

Les nerfs pathétiques ne se subdivisent pas et empruntent des filets de sensibilité à la branche ophthalmique du trijumeau, pour les muscles qu’ils doivent animer.

Article V.

Nerf moteur oculaire externe ,

(Nerf du mouvement).

Il naît de plusieurs filets réunis du sillon qui sépare la protubérance cérébrale, d’avec le faisceau antéro latéral de la moëlle vertébrale, et de cette protubérance elle-même, tout à côté du moteur oculaire commun et du pathétique. Il se dirige obliquement en avant et en dehors, et parvenu aux côtés de l’apophyse basilaire, il parcourt le sinus caverneux, puis passe par une ouverture de la dure-mère, et entre dans l’orbite par la partie interne de la fente sphénoïdale. Là, il se porte plus en dehors et va se perdre en plusieurs filets dans le muscle droit externe (abducteur de l’œil). Ce nerf, ainsi que le pathétique, est égaler ment destiné à un seul muscle qu’il anime.

Le nerf moteur oculaire externe reçoit dans son parcours du sinus caverneux deux ou trois filaments partis du ganglion cervical supérieur, provenant de la division du rameau carotidien.

Une autre anastomose a encore lieu à peu près au même point avec la branche ophthalmique qui lui fournit sa sensibilité. Parfois aussi le nerf en question s’adjoint au moteur oculaire commun et au rameau nasal de l’ophthalmique.

Article VJ.

Nerf trijumeau - trifacial .

(Nerf de sensibilité générale).

La cinquième paire est ainsi nommée à cause de sa trifurcation.

Vésale a constaté le premier que le trijumeau devait une double origine, à des sources différentes.

L’une nommée grosse racine, ganglionaire ou sensitive , l’autre petite racine , non ganglionaire ou motrice.

Le tronc du trijumeau est donc le résultat de la fusion de ces deux ordres de racines, qui naissent de la partie interne et supérieure du pédoncule cérébelleux moyen et de la fissure qui sépare ce pédoncule de la protubérance annulaire. (Longet.)

Le trifacial se dirige en haut, en dehors et en avant vers le bord supérieur du rocher, et avant de sortir du crâne dans la fosse temporale interne, il se divise en trois branches qui sont : l’ophthalmique, la maxillaire supérieure, et la maxillaire inférieure.

Sur la division du trijumeau, Gasser a découvert un petit corps qui porte son nom ou celui de ganglion semi-lunaire. Ce ganglion est intimement entrelacé avec les fibres sensitives du nerf trifacial, de sorte qu’il fait corps avec ce nerf.

Nous décrirons ce ganglion de Gasser plus loin.

Fonctions du trijumeau. Comme il y a fusion de la grosse racine du trijumeau avec le prolongement du cordon sensitif de la moëlle, il en résulte que ce nerf préside à la sensibilité et non aux mouvements des parties où il se rend. De plus, des observations nombreuses recueillies chez l’homme et même chez des animaux, prouvent à l’évidence, que le nerf trijumeau a une influence directe sur la nutrition et les sécrétions de l’organe optique. Ces fonctions sont d’autant plus troublées que le ganglion semi-lunaire et ses relations avec legrand sympathique ont été plus compromises. Ainsi, dans une lésion morbide du nerf trifacial, l’œil correspondant s’irrite, s’enflamme ; il y a sécrétion anor-

male de la conjonctive palpébrale, exsudation de lymphe plastique dans la pupille; la cornée se ramollit, se trouble, s’ulcère avec accompagnement de vives douleurs, et l’organe visuel se fond ou s’atrophie d’ordinaire. Nous avons, pour notre part, publié deux observations de ce genre. Enfin, il n’est plus permis aujourd’hui d’admettre que le nerf trijumeau puisse suppléer directement ou indirectement les fonctions des nerfs optiques.

Article VII.

Nerf ophthalmique - Orbito- frontal.

Branche du trijumeau. (Nerf de sensibilité générale).

C’ést la première, la plus antérieure et la plus petite des branches de la division du trijumeau.

L’ophthalmique naît exclusivement de la grosse racine ou du renflement du trijumeau, elle est plexiforme et se divise en entrant dans l'orbite au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure en trois rameaux, lesquels pénètrent séparément par la fente sphénoïdale. Ces rameaux sont le nasaly le frontal et le lacrymal , qui se distribuent à presque toutes les parties de l’œil.

La branche ophthalmique de Willis s’anastomose dans le sinus caverneux, avec les nerfs moteur oculaire commun, pathétique et moteur oculaire externe. L’orbito-frontal a des connexions avec les divisions du rameau carotidien du ganglion cervical supérieur du grand sympathique, et communique aussi avec le rameau lacrymal par l’entremise des branches maxillaires supérieure et inférieure.

Article VIII.

Nerf nasal . — Rameau interne de V ophthalmique.

(Nerf de sensibilité générale).

Après avoir abandonné la branche ophthalmique, ce nerf entre dans l’orbite en traversant l’extrémité postérieure du muscle droit externe, conjointement avec le moteur oculaire commun et le moteur oculaire externe. Il rampe le long de la paroi interne de l’orbite, où il est recouvert par le muscle droit supérieur. Dès son entrée dans cette cavité, il fournit un petit filament à l’angle postérieur et supérieur du ganglion ophthalmique ; il donne en outre des filets ciliaires indépendants.

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